Swartkrans

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Swartkrans
Swartkrans
Crâne de Paranthropus robustus (SK 48) découvert à Swartkrans.
Localisation
Pays Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Province Gauteng
Protection Patrimoine mondial de l'Humanité
Coordonnées 25° 55′ 45″ sud, 27° 47′ 20″ est

Géolocalisation sur la carte : Gauteng

(Voir situation sur carte : Gauteng)

Géolocalisation sur la carte : Afrique du Sud

(Voir situation sur carte : Afrique du Sud)

Swartkrans est un gisement préhistorique et paléoanthropologique en grotte situé dans la province du Gauteng, au nord-ouest de Johannesburg, près de Krugersdorp, en Afrique du Sud.

Descriptif[modifier | modifier le code]

Proche de Sterkfontein, il a également livré de nombreux vestiges archéologiques et en particulier des fossiles d'Hominidés. Il a été acquis par l'université de Witwatersrand en 1968. L'âge des plus anciens dépôts sédimentaires du réseau est estimé entre 1,8 et 2 millions d'années.

Les fossiles mis au jour à Swartkrans incluent des restes attribués à Telanthropus capensis (aujourd'hui assimilé à une variété d'Homo ergaster), Paranthropus et Homo habilis.

Plan de la grotte de Swartkrans montrant le carroyage de fouille de C. K. Brain.

Les fouilles ont été conduites initialement par Robert Broom puis par Charles Kimberlin Brain. Elles inspirèrent en partie à ce dernier l'ouvrage The hunters or the hunted dans lequel il démontre que les hominidés qui occupaient le site n'étaient pas des singes tueurs assoiffés de sang mais plutôt qu'ils étaient eux-mêmes victimes de prédations par de grands félins.

La présence de 270 os brûlés suggère que les hommes commencent à apprivoiser le feu mais ne le maîtrisent pas encore[1].

Certaines des plus anciennes preuves d’outils en os modifiés ont également été trouvées à Swartkrans et à Sterkfontein. Les plus anciens ont été découverts à Swartkrans et datent d’il y a environ 1,8 million d’années. Ces outils ont peut-être été fabriqués par Australopithecus robustus ou une espèce primitive d'Homo, qui habitaient tous deux la grotte à peu près au même moment[2]. Ces outils ont d'abord été supposés avoir été utilisés pour déterrer des tubercules, mais une autre hypothèse est qu'ils ont peut-être servir à récolter des termites qui étaient présentes lors de l'occupation de Swartkrans. Bon nombre de ces outils peuvent avoir été polyvalents. La réévaluation de l'usure des outils de pierre et d'os découverts par Brain lors de fouilles antérieures et d'expériences menées par des chercheurs a permis de conclure que les termites, une source élevée de nutriments, constituaient une source de nourriture supplémentaire pour les premiers hominidés. Les outils en os auraient permis une extraction plus facile des insectes que les pierres[3],[2].

Protection[modifier | modifier le code]

Avec les sites archéologiques voisins de Sterkfontein, Kromdraai et Wonder Cave, Swartkrans a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2000 sous le nom de « Berceau de l’Humanité »[4].

Géologie[modifier | modifier le code]

Swartkrans est une grotte calcaire divisée géologiquement en cinq membres. Le membre 1 se compose de deux ensembles appelés Hanging Remnant et Lower Bank. Des restes d'Homo ergaster et de Paranthropus robustus ont été trouvés dans les membres 1 et 2[5].

Étapes de la formation de la grotte de Swartkwans
Étapes de la formation de la grotte de Swartkwans - A - Dolomite ; B - Eau ; C - Travertin; D - Membre 1 (Lower Bank); E - Membre 1 (Hanging Remnant); F - Membre 2; G - Membre 3; H - Membre 2 stratifié.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) C. K. Brain & A. Sillent, « Evidence from the Swartkrans cave for the earliest use of fire », Nature, no 336,‎ , p. 464-466 (DOI 10.1038/336464a0).
  2. a et b (en) Lucinda R. Backwell et Franceso d'Errico, « Evidence of termite foraging by Swartkrans early hominids », PNAS, vol. 98, no 4,‎ , p. 1358–1363 (DOI 10.1073/pnas.021551598)
  3. (en) J. Lesnik et J. F. Thackeray, « The efficiency of stone and bone tools for opening termite mounds: implications for hominid tool use at Swartkrans », South African Journal of Science, vol. 103, nos 9-10,‎ , p. 354–356.
  4. « Sites des hominidés fossiles d’Afrique du Sud », sur UNESCO.
  5. (en) Edward J. Odes, Patrick S. Randolph-Quinney, Maryna Steyn, Zach Throckmorton, Jacqueline S. Smilg, Bernhard Zipfel, Tanya N. Augustine, Frikkie de Beer, Jakobus W. Hoffman, Ryan D. Franklin et Lee R. Berger, « Earliest hominin cancer: 1.7-million-year-old osteosarcoma from Swartkrans Cave, South Africa », South African Journal of Science, vol. 112, nos 7-8,‎ (DOI 10.17159/sajs.2016/20150471).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brain, C.K. (1970) - « New finds at the Swartkrans Australopithecine site », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1112-1119.
  • Brain, C.K. (1981) - The Hunters or the hunted ? An introduction to African cave taphonomy, Chicago, University of Chicago Press, 365 p.
  • Clark, J.D. (1990) - « Les assemblages d'artefacts lithiques de Swartkrans, Transvaal, Afrique du sud », L'Anthropologie, t. 94, pp. 195-210.
  • Clark, J.D. (1993) - « Stone artefact assemblages from members 1-3, Swartkrans cave », in: Swartkrans - a cave's chronicle of early man, Brain, C.K., (Éd.), Pretoria, Transvaal Museum Monograph n° 8, chap. 7, pp. 167-194.
  • Clarke, R.J., Howell, F.C. et Brain, C.K. (1970) - « More evidence of an advanced Hominid at Swartkrans », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1219-1222.
  • Leakey, M.D. (1970) - « Stone artefacts from Swartkrans », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1222-1225.
  • Robinson, T.D. (1970) - « Two new early Hominid vertebrae from Swartkrans », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1217-1219.

Voir aussi[modifier | modifier le code]