Swartkrans

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Swartkrans
Swartkrans
Crâne de Paranthropus robustus (SK 48) découvert à Swartkrans
Localisation
Pays Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Province Gauteng
Sites des hominidés fossiles d'Afrique du Sud
Protection Patrimoine mondial
Coordonnées 25° 55′ 45″ sud, 27° 47′ 20″ est

Géolocalisation sur la carte : Gauteng

(Voir situation sur carte : Gauteng)

Géolocalisation sur la carte : Afrique du Sud

(Voir situation sur carte : Afrique du Sud)
Histoire
Époque Pléistocène inférieur

Swartkrans est un site préhistorique en grotte situé dans la province du Gauteng, au nord-ouest de Johannesbourg, près de Krugersdorp, en Afrique du Sud. Proche de Sterkfontein, il a également livré de nombreux vestiges fossiles, notamment des ossements de Paranthropes.

Plan de la grotte de Swartkrans montrant le carroyage de fouille de Charles K. Brain

Géologie[modifier | modifier le code]

Swartkrans est une grotte calcaire divisée géologiquement en cinq membres. Le membre 1 se compose de deux ensembles appelés Hanging Remnant et Lower Bank.

L'âge des plus anciens dépôts sédimentaires du réseau est estimé autour de 2 millions d'années. Les couches les plus récentes ont environ 1,5 million d'années[1].

Étapes de la formation de la grotte de Swartkwans - A - Dolomite ; B - Eau ; C - Travertin; D - Membre 1 (Lower Bank); E - Membre 1 (Hanging Remnant); F - Membre 2; G - Membre 3; H - Membre 2 stratifié.

Historique[modifier | modifier le code]

La grotte de Swartkrans fut découverte en 1948, et les premières fouilles furent conduites par Robert Broom. Son équipe mit au jour plusieurs fossiles de Paranthropus robustus et d'Homo anciens. C'était le premier site où l'on trouvait à la fois des Paranthropes et des humains dans les mêmes couches stratigraphiques, montrant ainsi qu'ils étaient contemporains[1].

Après une interruption, Charles Kimberlin Brain reprit les fouilles à la fin des années 1960. Elles lui inspirèrent en partie l'ouvrage The hunters or the hunted, dans lequel il démontre que les hominines qui occupaient le site n'étaient pas des singes tueurs mais plutôt qu'ils étaient eux-mêmes victimes de prédations par de grands félins[1].

Le site de Swartkrans a été acquis par l'université du Witwatersrand en 1968.

Vestiges fossiles[modifier | modifier le code]

Des restes d'Homo et de Paranthropes ont été trouvés dans les membres 1 et 2[1].

Les fossiles d'hominines les plus nombreux mis au jour à Swartkrans appartiennent à l'espèce Paranthropus robustus :

Certains fossiles controversés ont été attribués en 2010 par l'Australien Darren Curnoe à la nouvelle espèce Homo gautengensis :

  • SK 847 : 1952 par John T. Robinson

Quelques fossiles sont attribués à Homo ergaster.

Vestiges archéologiques[modifier | modifier le code]

La présence de 270 os brulés datés d'environ 1,5 million d'années suggère que les occupants de la grotte commençaient à connaitre le feu. L'absence de foyer montre qu'ils ne le maitrisaient pas encore[2].

Certaines des plus anciennes preuves d’outils en os modifiés ont également été trouvées à Swartkrans et à Sterkfontein. Les plus anciens ont été découverts à Swartkrans et datent d’il y a environ 1,8 million d’années. Ces outils ont peut-être été fabriqués par les premiers Homo, qui fréquentaient la grotte à la même époque que les Paranthropes[3].

Culture et techniques[modifier | modifier le code]

On a d'abord supposé que les outils en os de Swartkrans servaient à déterrer des tubercules, mais une autre hypothèse est qu'ils ont peut-être servi à récolter des termites qui étaient présentes lors de l'occupation de Swartkrans. Bon nombre de ces outils peuvent avoir été polyvalents. La réévaluation de l'usure des outils de pierre et d'os découverts par Charles Brain lors de fouilles antérieures et d'expériences menées par des chercheurs a permis de conclure que les termites, une source élevée de nutriments, constituaient une source de nourriture supplémentaire pour les premiers hominines. Les outils en os auraient permis une extraction plus facile des insectes que les pierres[4],[3].

Protection[modifier | modifier le code]

Avec les sites préhistoriques voisins de Sterkfontein, Kromdraai, Wonder Cave, et une dizaine d'autres, Swartkrans a été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2000 sous le nom de « Sites des hominidés fossiles d'Afrique du Sud »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Edward J. Odes, Patrick S. Randolph-Quinney et al., « Earliest hominin cancer : 1.7-million-year-old osteosarcoma from Swartkrans Cave, South Africa », South African Journal of Science, vol. 112, nos 7-8,‎ (DOI 10.17159/sajs.2016/20150471).
  2. (en) C. K. Brain & A. Sillent, « Evidence from the Swartkrans cave for the earliest use of fire », Nature, no 336,‎ , p. 464-466 (DOI 10.1038/336464a0).
  3. a et b (en) Lucinda R. Backwell et Franceso d'Errico, « Evidence of termite foraging by Swartkrans early hominids », PNAS, vol. 98, no 4,‎ , p. 1358–1363 (DOI 10.1073/pnas.021551598)
  4. (en) J. Lesnik et J. F. Thackeray, « The efficiency of stone and bone tools for opening termite mounds: implications for hominid tool use at Swartkrans », South African Journal of Science, vol. 103, nos 9-10,‎ , p. 354–356.
  5. « Sites des hominidés fossiles d’Afrique du Sud », sur UNESCO.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clarke, R.J., Howell, F.C. et Brain, C.K. (1970) - « More evidence of an advanced Hominid at Swartkrans », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1219-1222.
  • Leakey, M.D. (1970) - « Stone artefacts from Swartkrans », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1222-1225.
  • Brain, C.K. (1970) - « New finds at the Swartkrans Australopithecine site », Nature, vol. 225, n° 5239, pp. 1112-1119.
  • Brain, C.K. (1981) - The Hunters or the hunted ? An introduction to African cave taphonomy, Chicago, University of Chicago Press, 365 p.
  • Clark, J.D. (1990) - « Les assemblages d'artefacts lithiques de Swartkrans, Transvaal, Afrique du sud », L'Anthropologie, t. 94, pp. 195-210.
  • Clark, J.D. (1993) - « Stone artefact assemblages from members 1-3, Swartkrans cave », in: Swartkrans - a cave's chronicle of early man, Brain, C.K., (Éd.), Pretoria, Transvaal Museum Monograph n° 8, chap. 7, pp. 167-194.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]