Musée d'archéologie nationale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Musée d’Archéologie nationale, domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Façade ouest du château vue depuis la place Charles de Gaulle.
Façade ouest du château vue depuis la place Charles de Gaulle.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Saint-Germain-en-Laye
Adresse Place Charles de Gaulle
78100 Saint-Germain-en-Laye
Monument Château
Coordonnées 48° 53′ 52″ Nord, 2° 05′ 46″ Est
Informations générales
Date d’inauguration
Collections Paléolithique
Néolithique et Âge du Bronze
Âge du fer
Gaule romaine
Premier Moyen Âge
Archéologie comparée des 5 continents
Nombre d’œuvres environ 30000 exposés
3 000 000 au total
au 4 octobre 2014[1]
Superficie Collection permanente : 3 300 m2, Exposition temporaire : 375 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 98 691 (2012)
100 721 (2013)

110 935 (2014)[2]

Site web musee-archeologienationale.fr

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Musée d’Archéologie nationale, domaine national de Saint-Germain-en-Laye

Le musée des antiquités nationales, devenu musée d'archéologie nationale, domaine national de Saint-Germain-en-Laye en 2009[3] est un musée consacré à l'archéologie de la France et présente une riche collection d'archéologie comparée des 5 continents. Il est installé dans le château de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), restauré par Eugène Millet, élève de Eugène Viollet-le-Duc pour accueillir les salles d'exposition du musée.

Le nom du musée a évolué à plusieurs reprises depuis sa création en 1862 :

  • Musée des Antiquités celtiques et gallo-romaines, 1862
  • Musée des Antiquités nationales, 1879
  • Musée d'Archéologie nationale, 2005
  • Musée d'Archéologie nationale, domaine national de Saint-Germain-en-Laye, 2009

Histoire[4][modifier | modifier le code]

Du château au musée : les origines de l'institution[modifier | modifier le code]

Le décret de création du Musée des antiquités celtiques et gallo-romaines[5] fut signé par Napoléon III le 8 mars 1862, et s'inscrit dans le contexte des grandes fouilles archéologiques menées sur le territoire national durant le Second Empire. Avec les fouilles de Gergovie, d'Alésia, les antiquités gallo-romaines s'inscrivent dans le développement d'une archéologie de terrain voulue par l'état impérial. Napoléon III est par ailleurs lui même passionné d'histoire et d'archéologie : il écrit ainsi une biographie monumentale de Jules César. Dans le contexte d'une opposition montante entre la Prusse et la France, la mise en valeur de la société gallo-romaine, d'une revendication des "racines gauloises" de la nation française, la création du musée et ces fouilles permettent de répondre à un objectif politique : celui de la constitution d'une identité nationale ; la Prusse quant à elle exalte dans le même temps la résistance germanique, et la bataille de Teutobourg, par exemple.

Dans un premier temps, les collections sont essentiellement issues du rassemblement des objets présentés au château de Compiègne. Le décret de fondation de 1862 fonde alors l'institution sous le nom de "Musée d'Antiquités celtiques et gallo-romaines", dont Claude Rossignol est le premier directeur, jusqu'en 1866. Toujours dans un contexte de patrimonialisation des édifices historiques du pays, le château est classé Monument Historique le 8 avril 1863, faisant de celui-ci un écrin pérenne pour le musée. Ce classement est le point de départ d'une restauration massive et vigoureuse conduite par Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc, alors chargé par la Commission supérieure des Monuments Historiques de rétablir le monument dans son état Renaissance. La cour est faiblement affectée par les travaux, mais les cinq pavillons de Hardouin-Mansart sont détruits, permettant de dégager la façade de la chapelle royale, côté douves. La structure même des salles et du monument est profondément bouleversée pour servir le fonctionnement du musée et les restaurations, poursuivies par les architectes Lafollye et Daumet, durent jusqu'en 1907. Les sept premières salles d'exposition furent ouvertes le 12 mai 1867 à l'occasion de l'Exposition universelle de la même année, sous la direction d'Alexandre Bertrand. Le musée est alors ouvert trois jours par semaine, et présente les produits des fouilles de Napoléon III (Alésia, Gergovie), des moulages et maquettes relatives aux événements et lieux de la guerre des Gaules, la collection faite par Boucher de Perthes à partir de ses travaux dans la Somme ayant permis de certifier la nature antédiluviennes des sociétés préhistoriques. Il présente aussi des collections offertes par le roi Frédéric VII de Danemark, premier embryon du département d'Archéologie comparée du musée.

Dès 1880, grâce à l'impulsion d'Alexandre Bertrand, directeur depuis 1866 (et jusqu'en 1902), mais aussi de Gabriel de Mortillet (attaché au musée de 1868 à 1885), et de Salomon Reinach (conservateur-adjoint de 1893 à 1902), le musée compte déjà 44 salles d'exposition. Les collections grandissent, se diversifient, et ouvrent au public progressivement. Le musée se dote ainsi d'une bibliothèque, d'un atelier de moulage, d'un atelier photographique, suivant donc le développement des techniques muséales. En 1879, le musée change de nom et devient le Musée des Antiquités nationales. Le château-musée entre aussi dans les vicissitudes de son temps, le 10 septembre 1919 il est le lieu de signature du traité de paix entre les Alliés et l'Autriche.

De 1902 à 1932, c'est Salomon Reinach qui reprend la tête du musée, suivi de 1932 à 1956 par Raymond Lantier. Les collections s'enrichissent toujours, grâce à une longue liste de donations et de legs au titre desquels on peut mentionner : Edouard Piette en 1904 (découvreur de la Dame de Brassempouy dans les Landes, œuvre mondialement connue), Léon Henri-Martin en 1936 (fouilleur du gisement préhistorique de la Quina en Charente). Cette période voit œuvrer d'autres pionniers : Henri Hubert par exemple, présent à Saint-Germain de 1868 à 1927, d'abord comme attaché puis comme conservateur-adjoint, qui fit émerger la salle actuelle d'Archéologie comparée, avec la collaboration active de Marcel Mauss et d'Emile Durkheim. À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, le musée est un établissement qui s'est pleinement intégré dans les développements récents de l'archéologie préhistorique et protohistorique, et renferme une des plus grandes collections européennes en archéologie.

Le musée sous l'occupation[modifier | modifier le code]

Le contexte des années 1930, avec la montée des tensions internationales, se ressent particulièrement au musée. Dès 1936, des notes de la direction du musée établissent des plans d'urgence pour sauver des œuvres, incluant une liste de pièces importantes, des achats et aménagements à prévoir pour réaliser une évacuation. L'architecte Jean Hulot est même mandaté pour prévoir des aménagements à cet effet. Il conclut d'ailleurs avec Raymond Lantier qu'on ne peut pas faire grand chose pour protéger le musée, à l'exception de la mise en place de protections en sacs de sable. Les caves sont prévues dès lors pour être des refuges pour le personnel : leurs voûtes font en effet 2,70 mètres d'épaisseur, et on peut même y installer un poste de secours. Des masques à gaz rejoignent l'inventaire de l'équipement destiné au personnel. Le lieu de destination des œuvres les plus importantes est débattu, mais on s'arrête alors sur l'idée de les mettre dans les caves de la Banque de France. On fabrique donc de nombreuses caisses de bois pour prévoir le transport. Les rapports de l'époque concluent qu'il faudrait 12 grands camions pour évacuer les objets, 10 vers la province, 2 vers Paris, cependant ces camions prévus seront réquisitionnés par l'armée dès 1938. Si les accords de Munich apaisent un temps les tensions, le 24 août 1939, la direction appelle le musée pour prévenir que les musées nationaux fermeront le lendemain, et doivent être évacués. Une partie des collections part pour Chambord, ou pour Cheverny. Le 11 juin 1940, un poste militaire est établi dans la loge du concierge. Le personnel du musée est alors extrêmement réduit. Dès le 24 juin 1940, le musée est occupé par les troupes allemandes. Commencent alors quatre années de lutte pendant lesquelles Raymond Lantier essaye par tous les moyens de contenir la présence allemande au château et dans les réserves du musée. La salle d'exposition I est cependant convertie en salle de réunion pour les autorités allemandes d’Île-de-France. Au gré des exercices de tir menés dans les douves, et des réquisitions de salles, le musée est progressivement occupé par les troupes du Reich. Le château souffre dès 1942 des bombardements, notamment celui du pont du Pecq, et voit ses vitraux en partie soufflés. Avec le débarquement allié et la libération de la France, les événements se précipitent. Le 26 août 1944 le drapeau français est hissé sur la porte du château et sur l'une des tours. Durant ces années d'occupation et de relative léthargie, le musée avait réduit son régime d'activité, mais acquis quelques objets. Les pièces et collections reviennent progressivement après la fin de la guerre, et le musée rouvre le 2 octobre 1945. Il faudra attendre le 15 mars 1946 pour que le rapatriement s'achève. Le musée sort ainsi de la guerre relativement épargné[6].

L'après-guerre et l'ère Malraux : une refondation complète[modifier | modifier le code]

La présentation des salles du musée avait peu évolué avant 1900, et apparaissait vétuste et inadaptée aux nouvelles exigences du public après la Seconde Guerre mondiale. C'est dans ce contexte qu'intervient André Malraux, ministre des Affaires culturelles de 1959 à 1969, passionné d'archéologie. Le musée fait donc l'objet d'un vaste et ambitieux programme de rénovation, dès 1961[7], sous sa direction ainsi que celle de René Joffroy (conservateur puis directeur en 1957 et 1984). D'autres experts participent à ce programme : Paul-Marie Duval, Claude Poinssot, Pierre Quoniam. Le parcours muséographique est refondé : de quatre niveaux il n'en occupe plus que deux, l'entresol et le premier étage. Le nombre de salles est ramené à 19 : le rez-de-chaussée est dévolu aux espaces d'accueil, les anciennes salles du deuxième et dernier étage deviennent des réserves. Les moulages disparaissent des espaces d'exposition et sont mis en réserve. La collection exposée est limitée à 30 000 objets, mettant fin à la muséographie "encyclopédique" et foisonnante précédente. L'architecte André Hermant prend le parti de "calmer l'étrange décor" du château, en dissimulant une grande partie des restaurations de Millet, en occultant une partie des fenêtres. Ce nouveau musée est visité par Charles de Gaulle le 25 mars 1965, et est inauguré par André Malraux le 9 avril de la même année. Les rénovations suivent ensuite leur cours, se concentrant sur l'entresol et permettant l'ouverture des salles sur le Deuxième âge du Fer en 1971, celles sur le Premier âge du Fer, l'âge du Bronze, et le Néolithique en 1973. Deux conservateurs successifs sont alors à la manœuvre, Jean-Pierre Mohen et Alain Duval, qui seront chacun directeur du musée de 1987 à 1992 pour le premier, et de 1992 à 1996 pour le second. Les salles du Paléolithique sont inaugurées en 1976 sous la férule d'Henri Delporte (conservateur depuis 1966, puis directeur de 1984 à 1987). L'ensemble de ce nouveau programme muséographique est parachevé en 1984 avec l'ouverture de la salle d'Archéologie comparée, installée dans la plus grande salle du château, la salle de Mars.

Le château fit ensuite l'objet de nouvelles campagnes de restauration : les façades de la cour entre 1998 et 2000, ayant permis de restituer les appareillades de briques en trompe-l'œil sur les parties basses. Depuis 1999, ce sont les salles de l'entresol qui ont été restaurées de même, en attendant une ultérieure restructuration complète du musée. Toutes les salles du Paléolithique à l'âge du Fer ont d'ores et déjà été rénovées au cours d'une campagne qui a pris fin en 2006. On notera aussi le projet de construction d'une réserve de proximité pour le musée, afin d'accroître la surface des salles d'exposition de 1 800 m2. Le musée a aussifait l'objet d'un important programme de modernisation de sa structure au cours des années 2001-2003.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Le 29 novembre 2008, la salle Piette a été rouverte au public. Elle présente la collection donnée par Édouard Piette au début du XXe siècle, comprenant quelques-unes des plus célèbres œuvres préhistoriques connues, notamment la Dame de Brassempouy et la statuette féminine dite le Polichinelle, datant du Gravettien (environ -25 000 ans) ou encore la dent de cachalot aux deux bouquetins et la tête de cheval du Mas-d'Azil, datant du Magdalénien. Conformément aux vœux du donateur, la présentation de la collection reconstitue le dessin de la salle et le classement des pièces imaginés par Édouard Piette. Sur le plan institutionnel, 2010 fut marquée par le rapprochement entre le musée et le domaine national, fusionnant en un même établissement, un service de compétence nationale : le Musée d'Archéologie nationale - Domaine national de Saint-Germain-en-Laye. A l'heure actuelle, courant 2015, ce sont les façades extérieures du château qui sont en cours de restauration.

Liste des directeurs[modifier | modifier le code]

  • Raymond Lantier (1932-1956)
  • André Varagnac (1956-1964)
  • René Joffroy (1964-1984)
  • Henri Delporte (1984-1987)
  • Jean-Pierre Mohen (1987-1992)
  • Alain Duval (1992-1996)
  • Patrick Perrin (1996-2012)
  • Hilaire Multon (2012-)

Collections[modifier | modifier le code]

Ce musée présente environ 30 000 objets archéologiques exposés et en conserve environ 3 millions dans ses réserves, ce qui en fait l’une des plus riches collections d'Europe. Ces objets, découverts sur le territoire national, couvrent différentes périodes chronologiques : le Paléolithique, le Néolithique, l'Âge du Bronze, l'Âge du Fer, la période romaine (Gaule romaine) et le premier Moyen-Age (Gaule mérovingienne). Une partie des collections provient de l'étranger et a été collectée dans un but comparatiste. Cette collection des cinq continents comporte à la fois des objets archéologiques et ethnologiques, présentée dans la salle d'Archéologie comparée.

Paléolithique[modifier | modifier le code]

Les collections paléolithiques comprennent des objets liés au travail de la pierre, tels que galets aménagés, bifaces, ou microlithes, à celui de l'os et du bois de renne, tels qu'aiguilles, poinçons ou harpons. Au paléolithique supérieur apparaissent les plus anciennes manifestations de l'art, comme des représentations stylisées d'organes sexuels.

Le parcours du musée permet d'appréhender l'évolution de l'homme depuis l'homo erectus, grâce à des moulages de crânes.

Parmi les objets les plus connus des collections paléolithique du musée se trouve la dame de Brassempouy, issue des nombreuses fouilles d’Édouard Piette dans les Pyrénées. Parmi les nombreux objets de sa collection donnée au musée, environ 10 000 sont exposés aujourd'hui dans la salle Piette. Cette salle, accessible sur réservation avec un accompagnant du musée, a été restaurée et rouverte en 2008, avec comme volonté de respecter la muséographie du XIXe siècle.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Le Néolithique (vers 5800 à 2100 ans av. J.-C.) est la deuxième période de la Préhistoire. L'homme y devient producteur de ses subsistances et non plus prédateur et il influe désormais sur son environnement. C'est le moment où les populations se sédentarisent avec l'apparition de l'agriculture et de l'élevage. Les hommes construisent les premiers villages et élèvent des mégalithes, les premiers témoignages d'architecture monumentale. Cette période se caractérise notamment par des innovations techniques telles que le polissage de la pierre, l'apparition de la céramique et le tissage. Les premiers réseaux d'échange à longue distance se constituent.

Une salle est consacrée à ces collections dans le parcours du musée. Cette présentation est thématique et régionale :

  • Les témoignages des premières pratiques agricoles et de l'élevage.
  • Les inventions et techniques majeures : le polissage des outils de pierre, la céramique, le tissage.
  • L'évocation des premières mines de silex.
  • La parure : perles et pendentifs en coquillages, dents animales perforées.
  • L'expression de la pensée religieuse : statuettes féminines et statues-menhirs.
  • Le mobilier funéraire de sépultures mégalithiques (dolmens).
  • Apparition de la métallurgie (cuivre).

Une vitrine au centre de la salle présente une sépulture, retrouvée à Cys-la-Commune (Aisne),et datée de 5000 ans av. J.-C. On peut y voir le squelette d'une femme entourée de différents éléments de parure.

Des polissoirs sont visibles en accès libre dans la cour du château.

Haches de prestige en pierre polie du Néolithique (dépôt dit de "Bernon"). Taillées dans de la fibrolite et dans de la roche verte probablement extraite dans les Alpes

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

À l'âge du Bronze (vers 2100 à 750 av. J.-C.), la société reste assez similaire à celle du néolithique, mais l'avancée technique que représente le bronze va faire évoluer la société qui se hiérarchisera de plus en plus.

L'abondance de l'or à l'âge du bronze explique le grand nombre d'objets et bijoux fabriqués dans ce matériau à cette époque.

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Le premier Âge du fer (780-480 av. J.-C.), correspondant à la civilisation de Hallstatt, est une période pendant laquelle des défunts privilégiés sont inhumés sous tumulus (Bourgogne, Lorraine, Franche-Comté, Berry...) : Vix, Sainte-Colombe-sur-Seine, Magny-Lambert, Apremont[8]...

Le second Âge du fer (480 av. J.-C. - début de notre ère) est marqué par une société guerrière qui monte en puissance du Ve siècle av. J.-C. au IIIe siècle av. J.-C.. Les Gaulois excellent notamment en poterie, verrerie, métallurgie (bronze et fer).

Les collections du musée montrent les transformations de la Gaule et la vie des Gaulois avant la conquête romaine. La collection d’art celtique est l'une des plus importantes au monde[8].

Gaule romaine[modifier | modifier le code]

La Gaule romaine (de 52 av. J.-C. à fin du Ve siècle apr. J.-C.) : à la suite de la conquête de la « Gaule chevelue » par Jules César, la Gaule est intégrée dans l’Empire romain. L’urbanisation avance avec l'arrivée des villes et la construction d’édifices publics ; un réseau routier se constitue à travers toute la Gaule.

Les 6 salles du département gallo-romain montrent les dieux, le monde des morts, la présence de l’armée romaine en Gaule, les types d’artisanat et la vie quotidienne (alimentation, costume, parure, loisirs, cadre domestique, médecine, transport, écriture...)[9].

Gaule mérovingienne[modifier | modifier le code]

Le premier Moyen Âge (du Ve au VIIIe siècle apr. J.-C.) commence avec la dynastie des Mérovingiens, fondée par Clovis. La Gaule devient alors progressivement franque et sa christianisation progresse. De cette période, ont été trouvés de nombreux bijoux cloisonnés avec des grenats sertis dans des cloisons métalliques, mais aussi des boucles de ceintures damasquinés avec des fils d'argent ou de laiton insérés dans des sillons gravés dans le fer[10].

Archéologie comparée[modifier | modifier le code]

Parce que les vestiges sont muets, l'archéologue fait parfois appel à d'autres sciences humaines telles que l'ethnologie ou la sociologie pour interpréter les traces du passé.

C'est dans cet esprit que la salle d'archéologie comparée des cinq continents a été conçue au début du XXe siècle par Henri Hubert et Marcel Mauss qui souhaitaient illustrer « l'histoire ethnographique de l'Europe et de l'humanité » depuis les origines de l'homme jusqu'au Moyen Âge. Henri Hubert a conçu le plan général de cette salle selon deux idées novatrices pour l'époque[11] :

  • en tant que sociologue[12], il estime que seule une vision globale (spatiale et temporelle) des cultures humaines peut mener à une juste compréhension du phénomène sociologique ;
  • pour lui, la comparaison des traces des sociétés humaines doit se faire selon une présentation de leur niveau technique.

Cette approche comparatiste a connu une grande vogue au XIXe et au XXe siècle, même si certains rapprochements n'ont pas résisté à une critique sévère (par exemple la comparaison des chausseurs magdaléniens avec les esquimaux) mais la méthode comparatiste, conçue avec rigueur et soumise à certaines conditions, est omniprésente dans toute démarche archéologique. Il était également nécessaire pour éclairer les phénomènes culturels anciens dans leur espace réel, de sortir des limites du territoire français et d'une approche nationaliste.

Au musée d'Archéologie nationale cette approche a débouché sur deux axes de présentation qui se recoupent :

  • l'axe longitudinal de la salle où sont évoquées les étapes techniques selon leur ordre d'apparition depuis le Paléolithique jusqu'au Moyen Âge : taille de la pierre, travail de la terre cuite, métallurgie.
  • et plusieurs axes transversaux qui permettent de comparer différentes aires géographiques : Afrique, Asie, Proche-Orient, Europe, Amérique et Océanie.

Ce parcours permet de souligner les ressemblances et les différences d'évolution entre les cultures des différentes régions du monde. La présentation actuelle est héritée de celle réalisée par Henri Hubert entre 1910 et 1927 mais le parcours a été rénové entre 1978 et 1984.

Le visiteur fait successivement la connaissance des cultures paléolithiques et néolithiques d'Afrique (Maghreb, Afrique du Sud, Éthiopie, Bénin, Congo, Côte d'Ivoire, Zaïre etc... ). Puis il est confronté à la naissance des civilisations du Bassin méditerranéen et du Moyen-Orient (Égypte pré-dynastique, ancienne Suse en Iran, ancienne Thrace bulgare). Ensuite, il peut comparer le développement et la maîtrise technique des métallurgistes des Âges du Bronze et du Fer dans le Caucase et en Europe (objets provenant de Chypre, de Grèce, d'Italie, d'Espagne, de Hongrie, d'Allemagne, du Danemark, de Suède, d'Azerbaïdjan, d’Ossétie du Nord, etc... ). D'un continent à l'autre et parfois à des époques différentes, les objets exposés montrent un état de développement similaire (passage de l'état de chasseur-cueilleur à l'état de producteur), l'utilisation d'une même technique (exploitation du silex ou de l'obsidienne) ou au contraire des formes ou des décors extrêmement différent (comparaison Asie-Amérique, rendue possible par des objets provenant de Chine, du Vietnam, du Japon, de Malaisie, du Pérou, des Caraïbes, du Groenland, d'Amérique du Nord etc...).

La majorité des collections est entrée avant la Première Guerre mondiale. Le premier apport a été la collection scandinave offerte en 1862 par le roi du Danemark, Frédéric VII. Les autres grandes collections sont arrivées par l'intermédiaire d'Ernest Chantre pour les séries du Caucase ou de Jacques et Henri de Morgan grâce aux produits de leurs fouilles dans le Talyche persan, à Suse en Iran et dans les nécropoles pré-dynastiques d'Égypte[13],[14].

Depuis 2014, la salle abrite de nouveau les collections d'origine océanienne grâce à la présentation de séries ethnographiques de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La salle d'Archéologie comparée se trouve dans l'ancienne salle de bal du château, aussi appelée la salle de Mars.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, le musée connait une progression constante de sa fréquentation[15]. Le nombre annuel de visiteurs en 2005 est de 66 000 dont 45 000 entrées gratuites, notamment groupes scolaires[16]. Il fait partie des musées dont l'accès est gratuit à titre expérimental au cours du premier semestre 2008[17].

En 2014, le musée a accueilli 110 935 visiteurs[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Volume des collections : synthèse statistique du bilan national de récolement décennal des musées de France, p. 2, 4 octobre 2014, base Joconde, site culture.gouv.fr
  2. Tableau de fréquentation des musées de France 1979 - 2013 Veille Info Tourisme
  3. Arrêté du 29 décembre 2009 portant création du service à compétence nationale du musée d'archéologie nationale et domaine national de Saint-Germain-en-Laye
  4. Patrick Périn, MUSÉE D'ARCHÉOLOGIE NATIONALE (SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, YVELINES), Paris, Fondation BNP Paribas : Réunion des musées nationaux, , 127 p. (ISBN 2-7118-4804-3), p. 9-15
  5. revue Archéologia no 497 mars 2012 p. 26 et 31, "Les Gaulois à l'origine du musée d'archéologie nationale" article de S Pioda
  6. Marie-Thérèse Berger, « Le Musée des Antiquités nationales pendant la guerre de 1939 », Antiquités Nationales, no 20,‎ , p. 83-89 (ISSN 0997-0576)
  7. http://www.musee-archeologienationale-amis.fr/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=8&Itemid=27
  8. a et b http://www.musee-archeologienationale.fr/template.php?MENU_ID=2&SUBMENU_ID=2&SELECTED=4
  9. http://www.musee-archeologienationale.fr/template.php?SPAGE=223
  10. http://www.musee-archeologienationale.fr/template.php?SPAGE=222
  11. http://www.musee-archeologienationale.fr/template.php?SPAGE=221
  12. Christine Lorre, "Henri Hubert et les perspectives sociologiques mises en œuvre au musée des Antiquités nationales", in Christine Laurière (dir.), 1913, la recomposition de la science de l'Homme, Lahic / DPRPS-Direction des patrimoines, coll. "Les Carnets de Bérose", 7 (2015). [En ligne]. Disponible sur : http://www.berose.fr/?1913-la-recomposition-de-la-675.
  13. Archéologie comparée: Afrique, Europe occidentale et centrale : ouvrage collectif établi par la conservation du Musée des antiquités nationales., Ministère de la culture : Ed. de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 2-7118-0221-3 et 9782711802210, lire en ligne)
  14. Archéologie comparée: Europe orientale, Asie, Océanie, Amérique ; ouvrage collectif établi par la conservation du musée des antiquités nationales., Ministère de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire, éditions de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 2711821749 et 9782711821747, lire en ligne)
  15. Tableau de fréquentation des musées de France 1979 - 2013
  16. Chiffres-clés de la culture, édition 2007, entrées par musées nationaux, p. 36. [PDF]
  17. Expérimentation de la gratuité des musées sur le site du Premier ministre
  18. Carte de vœux 2015 avec le bilan de la fréquentation 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]