Crise de Berlin (1958-1963)

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Crise de Berlin
1958 - 1963
Carte de Berlin avec le tracé du mur en violet. Elle mentionne également les passages frontaliers et les réseaux métropolitains (Utilisez la carte interactive)
Carte de Berlin avec le tracé du mur en violet. Elle mentionne également les passages frontaliers et les réseaux métropolitains (Utilisez la carte interactive)
Informations générales
Date
(ultimatum soviétique relatif au règlement de la question allemande)

(fin des revendications soviétiques, maintien du statu quo de partition de fait relatif à l'Allemagne et à Berlin, pérennisation du Mur de Berlin)
Lieu Berlin, Allemagne
Issue Construction du mur de Berlin
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Soutenus par :
Flag of NATO.svg OTAN
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est
Soutenus par :
Logo The Warsaw Pact.jpg Pacte de Varsovie
Commandants
Drapeau des États-Unis Dwight David Eisenhower
Drapeau des États-Unis John Fitzgerald Kennedy
Drapeau des États-Unis
Drapeau : Allemagne de l'Ouest Konrad Adenauer
Drapeau de l'URSS Nikita Khrouchtchev
Drapeau de l'Allemagne de l'Est Walter Ulbricht
Guerre froide

La seconde crise de Berlin constitue la plus longue et l'une des plus dangereuses de celles qui ont émaillé la Guerre froide. Bien qu'ayant moins fait l'objet d'attention de la part des historiens que la Crise des missiles de Cuba ou bien l'insurrection de Budapest, elle constitue le moment culminant de la Guerre froide en Europe dont l'aboutissement en structurera une fois pour toutes les contours jusqu'à l'effondrement du bloc communiste en 1990 [1].

La crise commence le 27 novembre 1958 avec « l'ultimatum de Khrouchtchev » par lequel le dirigeant soviétique exige des Occidentaux qu'un règlement soit trouvé dans les six mois concernant le statut de Berlin. Dès lors s'amorce une longue période de négociations articulée autour des rencontres de Nikita Khrouchtchev avec Dwight David Eisenhower en 1959 et 1960, puis avec John Fitzgerald Kennedy en juin 1961. Ces trois sommets américano-soviétiques ne se soldent finalement par aucun accord. À la suite de quoi, Khrouchtchev décide avec les dirigeants de la République démocratique allemande de la construction du mur de Berlin (en allemand Berliner Mauer) en août 1961, qui séparera physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant plus de vingt-huit ans, mettant ainsi fin à l'exode croissant des habitants de la RDA vers la République fédérale d'Allemagne (RFA). Pour autant, Khrouchtchev continue d'exiger la conclusion d'un accord définitif relatif au statut de l'Allemagne et de Berlin. Il souffle le chaud et le froid, alternant propositions de paix et chantage nucléaire. Les tensions sont à leur maximum en octobre 1962, lors de la crise de Cuba, que Kennedy lie directement à Berlin.

Finalement, le statu quo qui enracine la RFA au sein du bloc occidental et la RDA au sein du bloc de l'Est, s'installe définitivement début 1963. Si les Occidentaux n'ont cédé en rien aux exigences du Kremlin, cette crise marque cependant la reconnaissance définitive de l'Union soviétique comme grande puissance, disposant de l'arme nucléaire, capable de discuter d'égal à égal avec les États-Unis.

Sommaire

Contexte historique de Berlin après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

De l'occupation conjointe au blocus de Berlin-Ouest[modifier | modifier le code]

Après sa capitulation le , l'Allemagne est divisée en quatre zones d'occupation sous administrations soviétique, américaine, britannique et française, conformément aux accords conclus aux conférences de Yalta et de Potsdam. La création de ces zones ne signifie pas pour autant un démembrement de l'Allemagne en plusieurs pays.

Les 20 districts constitutifs du Grand Berlin de 1920 sont également répartis en quatre secteurs. Les Occidentaux se partagent les 12 districts ouest de la ville, qui formeront Berlin-Ouest. Les 8 districts sous contrôle soviétique, qui constitueront Berlin-Est, représentent 409 km2, soit 45,6 % de la superficie de la ville. Berlin-Ouest est entièrement enclavé dans le secteur soviétique d'occupation de l'Allemagne.

Des élections sont organisées dans chacun des Länder, au niveau régional et local, en 1946 dans toutes les zones d'occupation. À Berlin elles se tiennent le 20 octobre et se déroulent librement. Le parti communiste, sous le nom de Parti socialiste unifié d'Allemagne (en allemand : Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED) recueille moins de 20 % des voix, le Parti social-démocrate d'Allemagne (en allemand : Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD) presque 50 % et l’Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (en allemand : Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU) plus de 20 % (voir élections municipales du Grand Berlin en 1946 (de)).

Une première crise de Berlin s'ouvre en mars 1948 lorsque l’Union soviétique suspend sa participation au Conseil de contrôle allié le [2]. Du au , Staline instaure un blocus des secteurs occidentaux de Berlin, que les alliés contournent grâce au pont aérien mis en place par les Américains et les Britanniques. Le statu quo issu de la Seconde Guerre mondiale prévaut in fine à Berlin.

La mise en place d'administrations distinctes à Berlin-Est et Berlin-Ouest[modifier | modifier le code]

Pendant le blocus, les manœuvres d'intimidation se multiplient à l'égard des élus non-communistes majoritaires élus en 1946. Le 6 septembre 1948, des éléments communistes tentent de prendre le contrôle des bâtiments officiels [3] [4]. En réponse, environ 500 000 berlinois manifestent le 9 septembre près du Reichstag en ruine pour protester contre le blocage des institutions. Le 30 novembre, le SED tient seul une assemblée extraordinaire du conseil municipal  (außerordentliche Stadtverordnetenversammlung) qui décide sa dissolution et son remplacement par un conseil composé exclusivement de communistes avec à sa tête  Friedrich Ebert junior. Les membres du conseil sortant élu en 1946 qui n'appartiennent pas au SED décident de nouvelles élections qui ne peuvent se dérouler que dans les secteurs ouest de Berlin et sont boycottées par le SED. Ces élections ont lieu le 5 décembre 1948 et voient le SPD l'emporter largement avec 65% des suffrages [5]. De facto, la partition politique et administrative de Berlin est réalisée. Déjà élu en 1946, mais les Soviétiques avaient empêché sa prise de fonction, Ernst Reuter est réélu maire de cette assemblée municipale de Berlin-Ouest. Il forme une grande coalition avec les deux autres partis pour témoigner au monde de l'unité de Berlin-Ouest. Après l'entrée en vigueur le 1er octobre 1950 d'une nouvelle constitution (Verfassung von Berlin ) à Berlin-Ouest, Reuter est rééelu, devenant le le premier bourgmestre-gouverneur de Berlin (Oberbürgermeister)[6]. Le statut de Berlin-Ouest s'apparente désormais à celui d'un Land, avec des représentants sans droit de vote au Bundestag.

La mise en place de la partition de fait de l'Allemagne[modifier | modifier le code]

Faisant suite à l'accord intervenu le 8 avril 1949 entre les trois puissances occidentales d'occupation [7], la République fédérale d'Allemagne (RFA) voit le jour le 23 mai 1949 avec la promulgation de la Loi Fondamentale valant constitution [8] sur le territoire de la trizone constituée par les zones française, britannique et américaine.

L'avènement de la RFA est suivi de près par celui de la République démocratique allemande (RDA) dans la zone sous occupation soviétique[2], dont la constitution est promulguée le 7 octobre 1949 [9].

La France, les États-Unis, le Royaume-Uni et la RFA signent à Bonn le 26 mai 1952 une convention qui accorde, avec certaines restrictions, la souveraineté à la RFA lorsque le traité instituant la Communauté européenne de défense (CED) entrera en vigueur [10]. Le même jour, la frontière intérieure allemande entre la RDA et la RFA est fermée, mais la circulation demeure libre entre les zones d'occupation de Berlin. Le parlement français refuse finalement en 1954 de ratifier le traité de la CED. Les Occidentaux trouvent une voie alternative pour arrimer la RFA à l'Europe de l'Ouest par la création de l'UEO et son adhésion à l'OTAN le 23 octobre 1954. La réplique quasi immédiate à l'Est est la création du Pacte de Varsovie le 14 mai 1955.

Les origines de la crise de Berlin[modifier | modifier le code]

Secteurs d'occupation de Berlin, tracé du Mur et points de passage (1989).

Le déclenchement fin 1958 de la crise par Khrouchtchev traduit un ensemble de préoccupations touchant la question allemande dans son ensemble, au plan politique, économique et militaire. Du fait de son caractère indéfendable militairement, Berlin-Ouest est un point faible des Occidentaux que les soviétiques cherchent à utiliser pour obtenir un règlement de la question allemande qui préserve leurs intérêts stratégiques. Si la question avait seulement été d'arrêter le flot d'immigration de RDA vers la RFA, il ne se serait pas écoulé plus de deux ans et demi entre l'ultimatum de Khrouchtchev et l'édification du Mur [11] [12].

Berlin-Ouest, au cœur même de la RDA, est un témoin de l'écart économique qui se creuse entre l'Est et l'Ouest, extrêmement visible de la population. Elle est aussi pour les Occidentaux une base de propagande et d'action secrète qui exaspère les dirigeants est-allemands [13].

La crainte de la nucléarisation de la RFA[modifier | modifier le code]

Le réarmement de la RFA inquiète l'URSS : le Traité de Paris du 23 octobre 1954 et le protocole d'adhésion de la RFA à l'OTAN signé le même jour prévoient la création d'une armée allemande, la Bundeswehr, placée sous le commandement intégré de l'OTAN qui renforce considérablement le dispositif allié sur le territoire allemand [14] [15]. Par ce traité, lla RFA s'engage à ne pas fabriquer d'armes nucléaires sur son territoire.

Eisenhower veut absolument sur le long terme réduire les dépenses militaires américaines qui ont atteint un niveau très élevé avec la guerre de Corée et le réarmement de la première moitié des années 1950. Il souhaite donc que peu à peu les européens prennent le relai pour assurer par eux-mêmes leur défense. C'est pourquoi les États-Unis poussent à une unification politique et militaire de l'Europe de l'Ouest. En attendant cette évolution ultime, fortement souhaitée mais incertaine, Eisenhower veut faire reposer la stratégie militaire de l'OTAN sur la dissuasion nucléaire, moins coûteuse que le déploiement de forces conventionnelles capables de faire face à celles du Pacte de Varsovie qui jouissent d'une forte supériorité numérique [16]. Une des conséquences logiques directes de cette stratégie est d'installer des armes nucléaires sur le sol de l'Allemagne de l'Ouest [17] [18]. Au printemps 1958, l'OTAN valide la directive MC-70 qui entérine le stockage d'armes nucléaires tactiques sur le sol de la RFA et d'autres pays de l'Alliance [19]. Les Alliés hésitent sur les décisions relatives au contrôle de l'emploi des armes nucléaires et envisagent plusieurs scénarios tandis que le chancelier Adenauer ne cache pas son désir de doter la RFA de l'arme nucléaire.

Les Soviétiques craignent au plus haut point que la RFA finisse par devenir une puissance nucléaire. Ces craintes sont alimentées par les Allemands eux-mêmes qui n'excluent pas cette possibilité et par les puissances occidentales dans le contexte plus vaste de la stratégie nucléaire de l'OTAN et dans les discussions autour de la possibilité de transférer à des pays européens le contrôle et donc la décision d'emploi d'armes nucléaires [12].

L'immigration massive vers la RFA[modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 1949, la RDA subit un flot d'émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin. La frontière urbaine est difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales déjà très surveillées.

Immigration de la RDA
vers la RFA [20]
Année Nombre
d'immigrants
1949 129 245
1950 197 788
1951 165 648
1952 182 393
1953 331 390
1954 184 198
1955 252 870
1956 279 189
1957 261 622
1958 204 092
1959 143 917
1960 199 188
1961 207 026
Total 2 738 566

Plus de 2,7 millions d'Allemands fuient la RDA par Berlin entre 1949 et 1961, privant le pays d’une main-d'œuvre indispensable au moment de sa reconstruction et montrant à la face du monde leur faible adhésion au régime communiste [21]. Émigrer ne pose pas de difficulté majeure car, jusqu’en août 1961, il suffit de prendre le métro ou le chemin de fer berlinois pour passer d'Est en Ouest[22], ce que font quotidiennement des Berlinois pour aller travailler. Les Allemands appellent cette migration de la RDA communiste à la RFA capitaliste : « voter avec ses pieds ». De plus, Berlin-Ouest joue aussi le rôle de porte vers l'Ouest pour de nombreux Tchèques et Polonais. Comme l'émigration concerne particulièrement les jeunes actifs, elle pose un problème économique majeur et menace l'existence même de la RDA.

En outre, environ 50 000 Berlinois sont des travailleurs frontaliers, travaillant à Berlin-Ouest mais habitant à Berlin-Est ou dans sa banlieue où le coût de la vie et de l'immobilier est plus favorable. Le , un décret oblige les travailleurs frontaliers à s'enregistrer comme tels et à payer leurs loyers en Deutsche Mark (monnaie de la RFA). Avant même la construction du Mur, la police de la RDA surveille intensivement aux points d'accès à Berlin-Ouest ceux qu'elle désigne comme « contrebandiers » ou « déserteurs de la République ».

La dégradation de la situation économique et sociale en RDA[modifier | modifier le code]

Comme tous les pays communistes, la RDA s'est vu imposer une économie planifiée par Moscou. Le plan septennal (1959-1965) est un échec dès le début. La production industrielle augmente moins vite que prévu. En effet, les investissements sont insuffisants. La collectivisation des terres agricoles entraîne une baisse de la production et une pénurie alimentaire. Les salaires augmentent plus vite que prévu à cause d'un manque de main-d'œuvre provoqué en grande partie par les fuites à l'Ouest. Un important trafic de devises et de marchandises, néfaste à l'économie est-allemande, passe par Berlin. La RDA se trouve en 1961 au bord de l’effondrement économique et social[2].

Récit chronologique de la crise[modifier | modifier le code]

L'ultimatum de Khrouchtchev (novembre - décembre 1958)[modifier | modifier le code]

Le , l'URSS remet aux Américains, aux Britanniques et aux Français, ainsi qu'au gouvernement ouest-allemand, une note de Nikita Khrouchtchev. Dans ce document de 9 600 mots[23],[24], le premier secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique exige le départ des troupes occidentales dans les six mois et propose d'abroger le statut quadripartite de l'ancienne capitale du Reich, pour transformer Berlin en une « ville libre » démilitarisée, dotée d'un gouvernement propre garanti par les quatre puissances ex-occupantes, la RDA, la RFA, voire l'ONU[24]. Ce nouvel état entretiendrait des relations privilégiées avec la RDA et l'URSS, en particulier en « interdisant toute activité subversive » [25] » contre la RDA et en accroissant son commerce avec l'Union soviétique[26]. Cette note, connue sous le terme d'« ultimatum de Khrouchtchev »[27],[28], fait suite aux échanges que le dirigeant soviétique a eus avec Władysław Gomułka, le leader polonais[11], et Walter Ulbricht [29]. Dans une conférence de presse qu'il tient le même jour au Kremlin, Khrouchtchev n'hésite pas à qualifier Berlin-Ouest d'« espèce de tumeur cancéreuse » sur laquelle il propose une « opération chirurgicale » ». Il déclare cependant que sa démarche n'est pas un ultimatum[30]. L'arrière-pensée manifeste de cette proposition est d'intégrer complètement la ville dans le domaine d'influence soviétique. La rédaction en est relativement ambiguë, mais elle ressemble davantage à un diktat qu'à une simple proposition : Khrouchtchev accorde par exemple seulement six mois aux Occidentaux pour entamer des « négociations ». Il se montre cependant particulièrement menaçant en ajoutant : « Seuls des fous pourraient aller jusqu'à déclencher une autre guerre pour défendre le privilège d'occuper Berlin-Ouest[31] ». Deux jours après l'ultimatum de Khrouchtchev, Walter Ulbricht déclare qu'il considérerait un nouveau pont aérien destiné à ravitailler Berlin-Ouest comme une menace militaire dirigée contre la RDA[32].

Face à l'ultimatum soviétique, les Occidentaux font le choix de la fermeté. Pour les élections à la Chambre des députés de Berlin-Ouest, le Bourgmestre-gouverneur de Berlin (social-démocrate) Willy Brandt et le chancelier fédéral (démocrate-chrétien) Konrad Adenauer font campagne ensemble pour battre les communistes du SED qui obtiennent moins de 2 % des voix. Réunis à Paris le 14 décembre 1958, les Ministres des Affaires étrangères des quatre puissances occidentales, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et la RFA rejettent l'ultimatum soviétique du 27 novembre, déniant aux Soviétiques le droit d'abroger unilatéralement les droits des Occidentaux à Berlin-Ouest[33]. Deux jours plus tard, le Conseil de l'OTAN publie à son tour une déclaration de rejet[34].

Le 31 décembre 1958, la réponse officielle des États-Unis à l'ultimatum soviétique en récuse la dénonciation unilatérale des accords relatifs à Berlin, signés à la fin de la guerre et confirmés à plusieurs reprises depuis. Elle laisse cependant ouverte la possibilité d'ouvrir des négociations d'ensemble sur la question allemande, pour peu qu'elles ne se déroulent pas sous contrainte d'un ultimatum de délai[35].

Le temps de la diplomatie (janvier 1959 - juin 1961)[modifier | modifier le code]

Le 5 janvier 1959, des discussions tripartites entre alliés occidentaux s'ouvrent à Washington en vue de déterminer une position commune sur Berlin [36]. Ces échanges sont rapidement élargis à la RFA. Le 10 janvier 1959, l'Union soviétique transmet aux États-Unis un projet de traité de paix englobant l'ensemble de la question allemande, et pas seulement Berlin, articulé autour de sa réunification sous la forme d'un état neutre [37] [38]. Dans une note du 16 février, les Occidentaux proposent à Moscou la tenue d'une conférence internationale.

Après de nombreux échanges diplomatiques, les Soviétiques acceptent le 30 mars la proposition occidentale de tenue d'une conférence des ministres des affaires étrangères qui s'ouvre le 11 mai 1959 à Genève. Après 25 réunions plénières, la conférence est ajournée le 5 août, sans qu'un accord soit trouvé [39] [28] [40]. Toutefois le 3 août, Eisenhower et Khrouchtchev annoncent simultanément qu'ils sont convenus de rencontres informelles à l'occasion de visites dans leurs pays respectifs, une première depuis l'avènement de l'URSS [41].

Le 15 septembre 1959, Khrouchtchev entame une longue tournée aux États-Unis qui s'achève par trois jours de rencontre avec Eisenhower à Camp David du 25 au 27 septembre, dans un climat de détente, qui aboutissent à un accord a minima : Khrouchtchev renonce à une date butoir de règlement de la question de Berlin en échange de l'acceptation par Eisenhower de l'organisation d'un sommet des 4 grandes puissances dans les prochains mois pour tenter de trouver un accord sur la question allemande et d'autres sujets y compris des questions de désarmement.

Eisenhower reste fidèle jusqu'à la fin de son mandat à la stratégie de défense de l'Europe basée sur l'arme nucléaire et par voie de conséquence il n'est pas prêt à un compromis avec les Soviétiques au prix d'un renoncement à la possibilité que la RFA devienne une puissance nucléaire. Dulles souhaite une approche plus flexible de la question afin de limiter le risque d'engagement des États-Unis dans une guerre nucléaire, mais il soutient globalement les vues d'Eisenhower qui ne répondent pas aux demandes soviétiques sur ce sujet majeur à l'origine de la crise [42].

Ce sommet s'ouvre à Paris le 14 mai 1960 dans un contexte tendu par l'incident de l'avion espion U2 abattu quelques jours auparavant par les Soviétiques. Il s'interrompt le 16 mai en raison de la polémique déclenchée par cet incident et de l'impossibilité qui en découle d'aborder les sujets prévus [43] [44]. Peu après le sommet, de Gaulle dénonce l'utilisation de cet incident pour faire échec à la conférence et réaffirme la solidarité occidentale [45].

Cet échec marque la fin des espoirs suscités dans le monde par la politique de coexistence initiée par Khrouchtchev et le dégel diplomatique qui s'en suit mais qui n'auront finalement débouché que sur peu de résultats tangibles. La situation se fige dans l'attente de l'élection aux États-Unis du président qui succédera à Eisenhower. Kennedy gagne face à Nixon d'une courte tête et s'installe à la Maison-Blanche le 20 janvier 1961.

À peine élu, Kennedy réunit le 11 février 1961 son premier Conseil pour fixer une ligne politique vis à vis de Moscou [46] [47]. La position américaine connaît avec l'arrivée de Kennedy à la présidence un changement profond. Kennedy reconnaît la légitimité des attentes de Soviétiques relativement à leur zone d'influence en Europe de l'Est et à leur sécurité. Il pense que les États-Unis et l'Union soviétique sont deux grandes puissances qui doivent pouvoir vivre en paix en préservant leurs intérêts vitaux. Kennedy en conclut très vite que la RFA ne doit pas devenir une puissance nucléaire, et que corollairement les États-Unis doivent durablement maintenir des troupes en Europe pour garantir la sécurité de l'Europe de l'Ouest. Il engage donc la diplomatie américaine sur deux fronts consistant l'un à obtenir des Allemands, et si possible des Français et des Anglais de renoncer à l'arme nucléaire, l'autre à convaincre Khrouchtchev qu'en échange de ces garanties de sécurité, il accepte le maintien du statu quo en Allemagne et à Berlin [48].

Souhaitée par Kennedy dès février, mais repoussée en raison des tensions résultant du débarquement de la baie des Cochons, la rencontre entre Kennedy et Khrouchtchev se tient finalement à Vienne les 3 et 4 juin 1961. Elle se passe dans une ambiance tendue, chacun reste sur ses positions [49]. Khrouchtchev réitère les termes de son ultimatum de 1958, i.e. la menace de la signature d'un traité de paix direct avec la RDA, entrainant la fin des accords signés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et mettant ainsi de facto Berlin-Ouest à la merci du régime d'Allemagne de l'Est [50]

La construction du mur (juin 1961 - août 1961)[modifier | modifier le code]

Tracé du Mur sur une image satellite (ligne jaune)
Article détaillé : Mur de Berlin.

Les Allemands de l'Est voient dans cet échec une occasion d'obtenir enfin de Moscou l'autorisation d'agir. Les préparatifs de construction du mur commencent en secret, même si le 15 juin Ulbricht déclare que "personne n'a l'intention de construire un mur". Le même jour Khrouchtchev réaffirme qu'"il n'est plus possible de retarder la conclusion d'un traité de paix avec l'Allemagne. Ces déclarations inquiètent ceux qui songent à passer à l'Ouest : le lendemain le chiffre record de 4 770 réfugiés sera atteint [51]. Pendant les deux premières semaines d'août 1961, riches en rumeurs, plus de 47 000 citoyens est-allemands passent en Allemagne de l'Ouest via Berlin.

Sur la base des documents déclassifiés à ce jour, il semble que les services secrets occidentaux n'ont eu connaissance du projet de construction du mur que dans les heures qui ont précédé le début des travaux [52] [53] [54]. Les sources de renseignement mettent surtout l'accent sur le fait que Khrouchtchev se trouve dans l'obligation d'adopter une posture de diplomatie au bord du gouffre afin de faire face aux critiques internes dont il est l'objet faute d'avoir obtenu le moindre résultat concret depuis l'ultimatum lancé presque trois ans auparavant.

Les Occidentaux cependant ont en tête que la fermeture de la frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est pourrait constituer une solution pour les Soviétiques et le régime est-allemand. Dans les semaines qui suivent son arrivée au pouvoir, Kennedy évoque cette possibilité avec ses conseillers. Deux semaines avant sa construction, des déclarations comme celles du sénateur W. Fulbright donnent acte par avance aux Allemands de l'Est de leur droit à fermer la frontière, mais provoquent la colère des responsables politiques ouest-allemands[55] [56] [57]. Le discours ferme de Kennedy du 25 juillet insiste sur la préservation de la liberté des berlinois de l'ouest et justifie le renforcement des moyens militaires américains mais n'identifie pas la fermeture de la frontière comme inacceptable, ce qui contribue sans doute à encourager Khrouchtchev à prendre enfin une décision[58].

L'absence de succès diplomatique plus de deux ans et demi après son ultimatum met Khrouchtchev dans une impasse qui le pousse à agir, d'autant plus que la Chine prône ouvertement une ligne très dure vis à vis des États-Unis [59]. De plus Ulbricht presse Khrouchtchev de trouver une solution pour arrêter l'hémorragie en augmentation constante. Les archives disponibles à ce jour ne donnent pas d'information précise et irréfutable sur le processus de décision qui conduit à la fermeture de la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le plus probable est que cette décision est définitivement entérinée au cours de la première semaine d'août 1961 dans le cadre ou en marge du sommet du Pacte de Varsovie qui se tient à Moscou. La déclaration finale de ce sommet stipule la nécessité de « contrecarrer à la frontière avec Berlin-Ouest les agissements nuisibles aux pays du camp socialiste et d'assurer autour de Berlin-Ouest une surveillance fiable et un contrôle efficace. » [29].

Lors de plusieurs interventions publiques dans les jours précédents l'érection du Mur de Berlin, Khrouchtchev alterne des propos dans la veine de la diplomatie nucléaire ou au contraire manifestant une volonté d'apaisement dans la question allemande [60] [61]. Les Soviétiques prennent soin dans les quelques jours précédant la construction du Mur de passer à plusieurs de leurs interlocuteurs occidentaux des messages visant à les rassurer par avance sur les intentions du Kremlin, et notamment sur le fait qu'il ne serait pas porté atteinte à leurs droits à Berlin-Ouest : typiquement, le maréchal Koniev rassure les Occidentaux sur le fait que, quoiqu'il puisse se passer, Berlin-Ouest n'est pas menacé [62]. Les Soviétiques souhaitent ainsi désamorcer par avance une réaction brutale des Occidentaux.

Dans la nuit du 12 au , les forces armées de la RDA bloquent les rues et les voies ferrées menant à Berlin-Ouest. Des barbelés sont installés pour empêcher tout passage, ils seront rapidement remplacés par un véritable mur bordé d'un no man's land, dès lors que les Soviétiques acquièrent la certitude que les Occidentaux laisseront faire. Les pays membres du pacte de Varsovie publient, le même jour, une déclaration pour soutenir le bouclage de la frontière entre les deux Berlin[63]. Les Alliés ne réagissent que par des prises de position, car la fermeture de la frontière n'est pas considérée comme un "casus belli". Les commandants des secteurs occidentaux de Berlin adressent une simple note de protestation contre la construction du Mur [64] [65].

Seul le maire de Berlin-Ouest Willy Brandt émet une protestation énergique – mais impuissante – contre l'emmurement de Berlin et sa coupure définitive en deux. Sa déclaration est sans ambiguïté : « Sous le regard de la communauté mondiale des peuples, Berlin accuse les séparateurs de la ville, qui oppressent Berlin-Est et menacent Berlin-Ouest, de crime contre le droit international et contre l’humanité (...) ». Le , une manifestation de 300 000 personnes entoure Willy Brandt pour protester devant le Rathaus Schöneberg, siège du gouvernement de Berlin-Ouest. Le 16 août, Willy Brandt écrit à Kennedy pour lui demander de réagir avec force [66]. Le 8 septembre, le gouvernement Ouest-allemand le qualifie de « mur de la honte » [67]. Quelques semaines plus tard, à l'occasion d'un discours qu'il prononce à Moscou au XXIIème Congrès du PCUS, Walter Ulbricht justifie la construction de ce qu'il appelle un « mur de protection antifasciste »[68].

Le 18 août Kennedy dépêche son vice-président Lyndon johnson et le général Lucius Clay, héros du Blocus de Berlin de 1948. Il annonce aussi l'envoi immédiat de 1500 soldats en renfort de la garnison de Berlin. Il répond aussi à Willy Brandt. Kennedy confie peu après à l'un de ses conseillers que « le mur n'est pas une très bonne solution, mais c'est diablement mieux qu'une guerre [69] » .

La volonté d'apaisement domine à Washington et Moscou, malgré l'attitude plus offensive des Allemands tant à l'Est qu'à l'Ouest. En premier lieu, Moscou lève l'ultimatum relatif à la conclusion d'un traité de paix : Khrouchtchev l'annonce publiquement le 17 octobre lors du Congrès du PCUS [70]. Un regain de tension survient les 27 et 28 octobre 1961 lorsque des chars américains et soviétiques se font face à Berlin au checkpoint Charlie [71] par suite d'une initiative prise localement par le commandement militaire américain ; mais d'immédiates et intenses négociations diplomatiques secrètes aboutissent en 48 heures au retrait des chars. Les tensions retombent même si la liberté de circulation dans les couloirs reliant Berlin-Ouest à la RFA est entravée à plusieurs reprises.

L'histoire a principalement retenu de cette longue crise la construction du Mur de Berlin dont les conséquences pour les populations allemandes dureront jusqu'à sa chute en 1989. Le mur, composante de la frontière intérieure allemande, séparera physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant plus de vingt-huit ans, mettant ainsi fin à l'exode croissant des habitants de la RDA vers la RFA [21]. Il constitue le symbole le plus marquant d'une Europe divisée par le rideau de fer. Sa construction permet à Moscou d'afficher une image de fermeté malgré le fait que les objectifs initiaux d'abandon de Berlin-Ouest par les Occidentaux ne sont pas atteints et qu'en réalité c'est le statu quo qui prévaut au bout de presque trois ans de tensions. La crise de Berlin ne s'arrête donc pas avec la construction du mur, puisqu'un règlement de la question allemande n'est toujours pas en vue.

Relance d'une politique de négociation avec les russes par Kennedy (août 1961 - 1962)[modifier | modifier le code]

Kennedy s'oriente vers une politique active de négociation avec les Soviétiques ; à l'adresse de son Secrétaire d'État Dean Rusk, il définit le 21 août les grandes lignes d'une nouvelle politique qui sert de base aux rencontres avec Gromyko en septembre et octobre 1961 [72] [73]. Le principe en est que les Soviétiques doivent accepter le maintien du statu quo actuel, en échange de l'engagement des États-Unis qu'ils demeureront les garants de la paix en Europe et ne laisseront pas la RFA accéder au rang de puissance nucléaire. Lors de sa rencontre avec Macmillan le 28 avril 1962, Kennedy s'exprime clairement sur le fait qu'il ne veut en aucune façon que la RFA devienne une puissance nucléaire [74]. La pression exercée par les États-Unis sur la France et la Grande-Bretagne pour qu'elles renoncent à leurs armes nucléaires à pour principal objet de faciliter l'acceptation de ce renoncement par les Allemands.

En 1961 et début 1962, Kennedy impose clairement le fait que le commandement de l'OTAN n'a pas d'autonomie vis à vis du gouvernement américain et doit appliquer la politique définie par Washington. Le général Norstad est remplacé par le général Lemnitzer [72]. De la même manière qu'il centralise les décisions en matière de sécurité et de contrôle sur les armes nucléaires, Kennedy considère que les alliés européens doivent s'aligner sur la ligne politique de Washington. En 1961 et 1962, il s'exprime à de nombreuses reprises dans ce sens auprès des dirigeants européens, notamment lors de sa rencontre avec André Malraux le 11 mai 1962 [75] [76]. La raison en est que, dès lors que l'Europe dépend des États-Unis pour sa défense, elle doit en accepter le prix, c'est-à-dire ne pas se mettre en travers des positions américaines notamment touchant l'Allemagne et Berlin, comme de Gaulle et Adenauer ont souvent tendance à le faire.

« Une crise de Cuba ? Non, une crise de Berlin ! » (octobre 1962)[modifier | modifier le code]

Le Mur devient progressivement un ouvrage de plus en plus considérable ce qui incite les Occidentaux à penser qu'il s'agit là d'une solution durable aux yeux de la RDA et de l'Union soviétique. Cependant, l'existence sporadique de restrictions à la liberté de circulation des Occidentaux entre la RFA et Berlin-Ouest entretient une certaine tension. Et aucun accord formel n'a été trouvé avec les Soviétiques.

Un nouveau paroxysme de tension est soudainement atteint en octobre 1962 avec le déclenchement de la crise des missiles de Cuba, dont Kennedy dit « Une crise de Cuba ? Non, une crise de Berlin ! ». Khrouchtchev avait clairement indiqué à Kennedy qu'une fois passées les élections américaines à mi-mandat de novembre 1962, il comptait bien trouver un règlement définitif de la question allemande. C'est pourquoi, suivant en cela les conseils de Thompson récemment revenu de son poste d'ambassadeur à Moscou, Kennedy interprète les intentions de Khrouchtchev à Cuba comme une manœuvre préliminaire à une initiative de plus grande ampleur à Berlin [77] qui le placerait dans une situation très complexe : l'engagement des États-Unis de protéger les 3 millions et demi de berlinois de l'ouest ne tient que par la menace d'emploi d'armes nucléaires contre les russes, du fait de l'impossibilité de les défendre par les moyens militaires conventionnels. Donc montrer une quelconque faiblesse à Cuba en acceptant l'installation des missiles sur l'île pour ne pas prendre le risque d'une confrontation nucléaire, rendrait du même coup peu crédible la posture américaine à Berlin et encouragerait ainsi Khrouchtchev à régler le problème par la force [78] [79].

La crise de Cuba s'achève en une quinzaine de jours par un accord de retrait des missiles soviétiques de Cuba qui apparait comme une éclatante victoire de Kennedy. Toutefois, l'accord public est complété par un volet secret qui prévoit le retrait d'Europe de tous les missiles américains à moyenne portée [80]. Kroutchchev a ainsi sauvé la face. Un peu plus tard, en décembre 1962 au cours d'une conférence du soviet suprême, il met à nouveau en avant la supériorité militaire de son pays en matière de missiles capables d'atteindre l'Europe et s'en prend au Chancelier Adenauer [81] [82] [83].

Vers la fin de la crise de Berlin (1963)[modifier | modifier le code]

Khrouchtchev et Ulbricht lors du VIe Congrès du SED

Le VIème Congrès du SED se tient à Berlin du 15 au 21 janvier 1963. Ulbricht fait approuver le Nouveau Système Économique de Planification et de Direction (en allemand Neues Ökonomisches System der Planung und Leitung) qui traduit la crise économique dans laquelle se trouve en réalité le régime. Au cours du congrès, Khrouchtchev explique avec ses mots très directs le dilemme socio-économique devant lequel la RDA est placée du fait de son retard par rapport à la RFA [84]. Khrouchtchev parle aussi pour la dernière fois en public de la question de la remise en cause du statut de Berlin en indiquant qu'elle est devenue moins urgente depuis la construction du Mur [85] [86] [87].

Au printemps 1963, les discussions diplomatiques reprennent entre Américains et Soviétiques, une fois retombé le choc de la Crise de Cuba. Ces discussions n'aboutissent à aucun résultat concret. La politique étrangère de l'Union soviétique demeure inchangée et appelle toujours à la signature d'un traité de paix relatif à l'Allemagne et à la neutralisation de Berlin, en contrepartie d'avancées sur la réduction des armements nucléaires [88].

En visite en Allemagne, Kennedy se rend à Berlin le 26 juin 1963, où il prononce un discours devenu célèbre par cette phrase « Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont citoyens (...) de Berlin-Ouest, et pour cette raison, en ma qualité d'homme libre, je dis : Ich bin ein Berliner [Je suis un berlinois] » [89] [90].

À l'été et à l'automne 1963, la politique soviétique évolue de plus en plus nettement vers la recherche de la détente avec l'Ouest et d'une ouverture vers le développement de relations avec la RFA. Moscou a besoin d'apaiser les tensions sur son flanc ouest, afin de faire face à la dégradation toujours plus prononcée de sa relation avec la Chine. Khrouchtchev ne fait plus allusion à un quelconque délai pour signer une paix séparée avec la RDA ou modifier le statut de Berlin. Cette ouverture à l'Ouest se heurte cependant dans un premier temps à l'intransigeance d'Adenauer qui conduit Khrouchtchev à continuer de soutenir fortement la RDA : il déclare « que le temps n'est plus éloigné où la RDA dépassera la RFA pour tous les indicateurs économiques majeurs et que le meilleur moyen de résoudre la question de la réunification de l'Allemagne est de la réaliser sur une base socialiste ». Mais Adenauer, âgé de 85 ans, doit céder la place à Ludwig Erhard le 16 octobre 1963, tournant ainsi la page de la crise de Berlin [91].

Normalisation progressive et conséquences à plus long terme (1963 - 1972)[modifier | modifier le code]

La construction du Mur a un effet déterminant sur la politique que Willy Brandt mènera d'abord en tant que maire de Berlin-Ouest puis en tant que Chancelier.

Lors des élections du 17 février 1963, les premières depuis la construction du Mur, Willy Brandt est réélu maire très largement, son parti le le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) l'emportant avec 61,9% des voix. Avec des hommes comme Egon Bahr, il tente de trouver des solutions pour permettre à des Allemands de l'Est d'émigrer à l'Ouest.

Des accords sur le paiement de rançons sont trouvés qui permettront de juin 1963 à 1989 l'expulsion de RDA d'environ 34 000 prisonniers politiques, pour une somme totale payée par la RFA de 3,5 milliards de DM (soit environ 1,8 milliards d'euros) [92].

Dans les mois qui suivent l'édification du mur, des contacts officieux commencent entre autorités berlinoises de l'Ouest et de l'Est pour permettre de réunir des familles brutalement séparées en août 1961. Il faut cependant attendre deux ans pour qu'un premier accord officiel soit conclu le 17 décembre 1963 [93] qui autorise les berlinois de l'Ouest à venir visiter leurs parents et amis à l'Est : à Noël 1963, 790 000 personnes en profitent.

Devenu chancelier en 1969, Willy Brandt engage sa politique d'ouverture vers l'Est, connue sous le nom d'Ostpolitik. À la lumière de l'absence de réaction concrète des Occidentaux à la construction du Mur, il est persuadé que ceux-ci, comme les Soviétiques, se satisfont du statu quo issu de la Seconde Guerre mondiale et que le seul moyen à long terme de parvenir à une réunification de l'Allemagne réside dans le développement de relations toujours plus importantes entre l'Ouest et l'Est.

La normalisation définitive interviendra en deux temps, le 3 septembre 1971 avec la signature de l'accord quadripartite sur Berlin [94], puis par la signature le 21 décembre 1972 du traité fondamental [95] de reconnaissance mutuelle entre la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande.

La ré-émergence de l'Europe dans le concert diplomatique[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Bloc de l'Est.
Articles détaillés : Union européenne et COMECON.

L'histoire retient surtout de la crise de Berlin des faits qui mettent en évidence le face à face direct entre les États-Unis et l'URSS et qui de ce fait accentuent le rôle prédominant de ces deux superpuissances et mettent dans l'ombre celui de leurs alliés. En réalité, leurs politiques ont été largement influencées par les points de vue de leurs alliés, qu'il s'agisse de la RFA ou de la RDA évidemment concernées au premier chef, mais aussi des autres nations européennes, au premier rang desquelles la France et le Royaume-Uni, et de la Chine [18].

L'intégration européenne[modifier | modifier le code]

En parallèle, mais en lien avec les enjeux politiques et militaires de la Guerre froide en Europe, l'intégration européenne prend forme à l'Ouest comme à l'Est essentiellement sous l'angle économique [96].

Le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier est signé à Paris le 18 avril 1951 entre la France, la RFA, l'Italie et les pays du Benelux et entre en vigueur le 23 juillet 1952 [97]. Le 25 mars 1957 les six mêmes pays signent les traités de Rome [98] qui instaurent la Communauté économique européenne et Euratom. Adenauer voit dans la création de l'EURATOM le 25 mars 1957 une occasion d'accéder progressivement à l'arme nucléaire, mais il devra y renoncer.

Du côté soviétique, en réaction au Plan Marshall, Staline a créé dès le 25 janvier 1949 le COMECON avec la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie. La RDA y adhérera le 29 septembre 1950. Devant les avancées en matière d'intégration en Europe de l'Ouest, le COMECON deviendra beaucoup plus actif à partir de la réunion de son IVème Conseil le 26 mars 1954.

Au début des années 1950, Adenauer adopte une position très pro-occidentale, sans doute au-delà même des aspirations majoritaires au sein du peuple allemand. Son désir que la RFA soit solidement ancrée à l'Ouest le conduit à ne pas être en réalité très favorable à une réunification de l'Allemagne car il est convaincu qu'elle ne pourrait être acceptée par les Soviétiques que dans un scénario de neutralisation qui rendrait à terme son pays vulnérable à une politique agressive de ces derniers [99].

En 1954 et 1955, le système politique, militaire et économique, conçu par les Occidentaux pour arrimer la RFA à l'Ouest dans des conditions qui lui soient suffisamment favorables pour que le peuple allemand puisse y adhérer, est pour l'essentiel en place. Du point de vue des Soviétiques, il est acceptable car il repose pour une bonne part sur une présence militaire américaine forte et durable en RFA via l'OTAN, qui les garantit contre la rétablissement d'un état allemand ayant toute liberté pour un jour envisager d'obtenir par tous les moyens sa réunification. Symétriquement, cette présence militaire américaine rassure les Anglais et les Français qui ne se sentent pas capables de faire seuls face à une éventuelle menace soviétique [100].

Adenauer et la renaissance politique de l'Allemagne[modifier | modifier le code]

Adenauer joue un rôle très important tout au long de la crise. La facette la plus visible de sa politique est la réunification de l'Allemagne, mais d'une Allemagne forte qui ne soit pas neutre, ni dépourvue de moyens militaires en propre lui permettant d'assurer sa sécurité. Cette posture conduit Adenauer à soutenir la politique de fermeté affichée par les États-Unis. Adenauer ne veut pas abandonner la possibilité que l'Allemagne puisse se doter de l'arme nucléaire. Eisenhower étant sur la même longueur d'onde, à lui seul cet élément constitutif fort de la position des Occidentaux rend impossible tout accord avec les Soviétiques pour qui ce point est capital.

Dans le même temps, Adenauer se montre un farouche opposant à toute initiative militaire de l'Ouest qui pourrait conduire à une guerre qui n'épargnerait évidemment pas le territoire allemand. Cette double posture, en faveur de la réunification mais contre la guerre, affirmée avec force par Adenauer durant toute la période Eisenhower de la crise ne convient pas du tout aux Américains qui considèrent qu'une posture de fermeté qui ne serait qu'un bluff n'a aucune chance de réussir, et qui sur le fond de la question allemande pensent plus à une solution in fine consistant en un aménagement du statu quo actuel. 

Cependant, sur le fond le désaccord avec les États-Unis n'est pas si profond, car Adenauer ne veut en réalité pas d'une réunification même s'il ne peut pas le dire ouvertement. Profondément Rhénan, il n'est pas naturellement porté vers les Prussiens de l'Est. Politiquement en outre, il craint que le SPD sorte renforcé de la réunification et que son parti le CDU ne perde le pouvoir. En 1961 et 1962, avec Kennedy, il prônera plus activement la recherche d'un compromis afin notamment d'améliorer les conditions de vie des Allemands de l'Est [101].

Les pressions de la RDA et de la Chine sur Moscou[modifier | modifier le code]

La personnalité de Khrouchtchev et le rôle prééminent de l'URSS dans les grandes conférences internationales ont relégué au second plan les mouvements de force au sein même du bloc de l'Est dont les acteurs majeurs sont la RDA et la Chine.

Le leader de la RDA, Walter Ulbricht, est pour beaucoup dans les choix politiques faits par Khrouchtchev tout au long de la crise [102]. Du côté soviétique, la dégradation des relations avec la Chine qui aboutit à une rupture totale en 1960, rend nécessaire de resserrer les liens avec les alliés pour qu'ils ne se tournent pas vers Pékin à l'instar de l'Albanie. Depuis 1952 Ulbricht réclame la fermeture de la frontière à Berlin, ce que Moscou refuse afin de ne pas compromettre sa politique de réunification de l'Allemagne. Ulbricht refuse quant à lui de suivre les conseils de Moscou concernant la politique économique à mener afin de tenter de combler l'écart grandissant entre les économies des deux Allemagnes.

La France, entre soutien aux États-Unis et développement de l'axe franco-allemand[modifier | modifier le code]

La France, sous la présidence du général de Gaulle, adopte une position médiane entre celle des États-Unis et celle de la Grande-Bretagne. Couve de Murville et de Gaulle énoncent publiquement une politique de fermeté assortie toutefois du désir de négocier avec l'URSS. La France veut avant tout préserver l'ancrage de la RFA à l'Ouest et pour cela il est nécessaire d'afficher cette fermeté afin de ne pas s'aliéner l'opinion publique allemande. En réalité, les Français sont convaincus qu'il faudra négocier avec les Soviétiques, mais autant le faire d'une position de force. Pour autant, s'ils acceptent comme les Britanniques que des plans militaires soient préparés sous la direction du General Norstad, ils ne lui délèguent pas leur autorité pour leur mise en œuvre. De Gaulle et Couve imaginent qu'un accord devrait être trouvé selon des modalités proches du statu quo actuel, mais en franchissant des pas vers la reconnaissance de fait de la RDA et en développant les relations entre les deux Allemagne. La reconnaissance de la ligne Oder-Neisse fait aussi partie des concessions possibles [103].

La réconciliation franco-allemande suit de 1958 à 1963 [104] un cours exactement parallèle à celui de la crise de Berlin, qui en est un des moteurs mais aussi un sujet qui en souligne les limites, car la France et encore moins la RFA ne peuvent s'affranchir entièrement de l'allié américain pour leur sécurité et leur développement économique. De septembre 1958, date de la première rencontre entre de Gaulle et Adenauer, à janvier 1963, date de la signature du Traité de l'Élysée, les rencontres entre les deux dirigeants sont cependant systématiquement l'occasion d'arborer un front uni vis à vis de Moscou [105].

La politique de la Grande-Bretagne, démarquée de celle des États-Unis[modifier | modifier le code]

Malgré les liens forts existant entre les Américains et les Britanniques et leur convergence de vues les années précédentes sur la plupart des grands sujets, le gouvernement britannique d'Harold Macmillan est très hostile à la posture va-t-en-guerre des Américains. Les Anglais ne veulent pas d'une guerre pour sauver Berlin, dont ils pensent qu'elle frapperait très durement leur pays et beaucoup moins les États-Unis. Macmillan mène une campagne diplomatique intense et va à Moscou pour négocier avec Khrouchtchev. Les Britanniques ont en tête un compromis global sur la question allemande que les Américains ne soutiennent en aucune façon [106].

Dans cette logique de recherche d'une solution négociée, des entretiens entre Harold Macmillan et Khrouchtchev débutent àe 21 février 1959 à Moscou. Mais ils s'achèvent le 3 mars sans qu'un accord ait été trouvé sur le problème allemand.

Dissuasion et diplomatie nucléaires au cœur de la crise de Berlin[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Dissuasion nucléaire pendant la guerre froide.

En lien direct avec le problème allemand, les années 1958-1963 marquent l'apogée de la place des questions de dissuasion nucléaire dans la diplomatie et l'action extérieure des deux Grandes Puissances. Cette situation résulte de ce que la montée en puissance de l'arsenal nucléaire de Moscou ne laisse plus à Washington son monopole en la matière.

L'utilisation du chantage nucléaire par Khrouchtchev[modifier | modifier le code]

Une des spécificités de la crise de Berlin qui en font l'une des plus graves de la guerre froide est le recours public et fréquent à la menace de l'emploi de l'arme nucléaire. Du côté soviétique, la part de bluff est importante car au moins jusqu'en 1962, la supériorité nucléaire des États-Unis demeure considérable. Malgré ou à cause de cette situation Khrouchtchev menace, dans nombre de ses discours, les Occidentaux de représailles terribles si ceux-ci venaient à réagir militairement à la signature d'un traité de paix entre l'URSS et la RDA.

L'année 1961 est à cet égard très significative. Une première illustration en est l'échange de propos que Khrouchtchev tient le 2 juillet 1961 avec l'ambassadeur britannique à Moscou au cours duquel il lui dit que l'Union soviétique recourra à la guerre si les alliés occidentaux interviennent militairement à Berlin-Ouest, qu'il suffit de 10 bombes atomiques pour détruire la Grande-Bretagne ou la France et qu'il serait ridicule que 200 millions de personnes meurent pour secourir deux millions de berlinois [107].

Le 27 juillet, Khrouchtchev déclare à John McCloy, conseiller auprès de Kennedy, que le discours du président américain du 25 juillet équivaut à une déclaration de guerre préliminaire, mais que pour autant il confirme sa volonté de signer un traité de paix avec la RDA et se prépare donc à une guerre nucléaire à laquelle les États-Unis et l'Union soviétique survivraient, mais qui détruirait l'Europe et ferait des centaines de millions de victimes, tout cela pour 2 millions de berlinois [108].

Une fois de plus, les 7 et 11 août 1961, à quelques jours du début de l'édification du Mur, Khrouchtchev réitère ces menaces. Le 30 octobre 1961, les Soviétiques font exploser la Tsar bomba, bombe thermonucléaire la plus puissante jamais testée, en pleine crise de Berlin. Plus qu'un instrument militaire, elle fait partie de la tentative soviétique de désolidariser les européens de leur protecteur américain et de le pousser ainsi à négocier[109],[110]. Mais il sait - et n'ignore pas que les Américains savent grâce aux satellites espions Corona - que les Soviétiques sont encore loins de disposer du potentiel de frappe nucléaire des Américains, ainsi que le déclare publiquement R. Gilpatric le 21 octobre[111] [112] [113]. Aussi accompagne-t-il le plus souvent ses discours d'offres de négociation afin de trouver une solution pacifique.

Il n'en reste pas moins que cette diplomatie nucléaire du début des années 1960, les débats à l'Ouest sur la dissuasion nucléaire et l'arrivée en nombre des bombes H d'une puissance sans commune mesure avec celle d'Hiroshima, qui s'étalent dans les médias, génèrent dans les populations une crainte qui n'aura pas son équivalent pendant les 25 années que la guerre froide allait encore durer.

Les plans militaires des américains et de l'OTAN[modifier | modifier le code]

De bout en bout, la crise de Berlin pose aux Américains et à l'OTAN un très sérieux problème de stratégie militaire. Berlin-Ouest constitue une enclave profondément à l'intérieur du territoire de l'Allemagne de l'Est. Elle est donc indéfendable militairement par des forces conventionnelles. Dès le début donc, les États-Unis mettent en avant la menace de représailles nucléaires en cas de mise en œuvre par les Soviétiques de leur ultimatum et de manière générale en cas d'atteinte au statut de Berlin-Ouest. La situation géographique de Berlin-Ouest met donc les Occidentaux dans une situation de tout ou rien nucléaire qui pose de graves questions de crédibilité et de modalités de mise en œuvre concrète si l'exécutif américain venait à être réellement confronté à la décision de recourir à des armes nucléaires.

La doctrine Dulles de l'administration Eisenhower affirme que les États-Unis répondront à toute attaque par des représailles massives. Mais à partir de la fin des années 1950, les pays de l'OTAN s'inquiètent de ce que des échanges nucléaires se traduiraient par des destructions considérables sur le sol européen et et avec une probabilité croissant chaque année également sur le sol américain. La doctrine McNamara dès le début de l'administration Kennedy prone une réponse flexible.

Dans le contexte spécifique de Berlin, Kennedy fait donc préparer des plans de réponse flexible en fonction de divers scénarios de crise [114].

Le plan de référence (NSAM 109), approuvé par Kennedy le 23 octobre 1961, prévoit quatre niveaux d'escalade successifs si les Soviétiques venaient à bloquer le libre accès à Berlin et à maintenir ce blocage malgré la mise en œuvre par les Occidentaux des mesures militaires et économiques prévues au niveau précédent. Le niveau quatre consiste en l'emploi d'armes nucléaires [115]. En ce début des années 1960, l'emploi d'armes nucléaires est donc bien considéré très sérieusement par les dirigeants américains.

Références[modifier | modifier le code]

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  22. Jean-François Soulet, La "question allemande" et la désintégration de l'empire soviétique est-européen, les Cahiers d'histoire immédiate, no 15, p. 259-274
  23. André Fontaine, Histoire de la guerre froide, tome 2, p. 350
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  25. André Fontaine y voit le souci de préparer le prétexte de la future annexion de la ville à l'Allemagne de l'Est.
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  77. In the early phase of ExComm debate, Kennedy blamed himself for the crisis - 'Last month I should have said that we don't care' - implying that if he had not given such a strong public warning, he could possibly have let Khrushchev get away with placing missiles in Cuba; 'It doesn't make any difference if you get blown up by an ICBM flying from the Soviet Union, or one from 90 miles away. Geography doesn't mean that much', he said. But Kennedy explained over and over to members of the ExComm and others why, since he had issued the warning and Khrushchev had chosen to challenge him, the crisis involved much more than just a personal affront. The reason was that, for Kennedy, the crisis was not centrally about missiles in Cuba; it was about Berlin.
  78. 'A Soviet move on Berlin,' Kennedy said to the joint chiefs of staff, 'leaves me only one alternative, which is to fire nuclear weapons - which is a hell of an alternative.'
  79. (en) « The Cuban Missile Crisis - including transcription of tape 31.2, October 19, JFK discusses various military options and possible consequences with the JCS » [ Site]
  80. Missiles IRBM stationnés en Turquie et en Italie
  81. Nikita Khrushchev calls West German Chancellor Konrad Adenauer the "Chancellor of the Cold War" and threatens West Germany with Soviet nuclear missiles. He says that Adenauer’s joy at the hardline course taken by the West, which had allegedly forced the Soviet Union to withdraw their missiles from Cuba, was in vain: "I dare to assure you, Mr Chancellor, that, when we took the decision to take four dozen missiles to Cuba, we left your ration untouched, so to speak, in case you were to think up some kind of aggression in Europe. Now, however, that our missiles have come back from Cuba, to your satisfaction, we are adding them to the defence system covering our western borders."
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  84. « Because Fritz in the East Germany still earns less than Hans in West Germany, the SED has the task of organising production better and raising productivity to a higher level than that in capitalist countries. (…) If we consume more than we produce, we will not become richer but poorer; we will use up the original capital and be reduced to poverty – that’s how it is, comrades! »
  85. Fontaine 2004, p. 333-334
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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages généraux sur la guerre froide[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales : De 1945 à nos jours, Armand Colin,‎ , 717 p. (ISBN 978-2-200-24636-5)
  • André Fontaine, La Guerre froide 1917 - 1991, POINTS Histoire,‎ , 572 p. (ISBN 978-2-020-86120-5) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • René Girault et Robert Frank, La loi des géants 1941-1964 : Histoire des relations internationales contemporaines-Tome III, Petite Bibliothèque Payot,‎ , 542 p. (ISBN 978-2-228-89964-2)
  • Pierre Grosser, Les Temps de la guerre froide, Editions Complexe,‎ , 465 p. (ISBN 2-870-27559-5)
  • Stanislas Jeannesson, La Guerre froide, La Découverte,‎ , 123 p. (ISBN 978-2-707-13508-7)
  • Claude Quétel, Dictionnaire de la Guerre froide : Collectif, sous la direction de Claude Quétel, Larousse,‎ , 589 p. (ISBN 978-2-035-83700-4)
  • Lilly Marcou, 1947, la guerre froide : l'engrenage : La mémoire du siècle, Editions Complexe,‎ , 288 p. (ISBN 978-2-870-27217-6)
  • Georges-Henri Soutou, La Guerre froide : 1943-1990, Librairie Arthème Fayard / Pluriel,‎ , 1103 p. (ISBN 978-2-818-50127-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945 : 13e édition, Armand Colin,‎ , 320 p. (ISBN 978-2-200-28513-5)
  • Michel Winock, Le temps de la guerre froide : Du rideau de fer à l'effondrement du communisme (recueil d'articles publiés dans le magazine L'Histoire, Seuil Points Histoire,‎ , 474 p. (ISBN 978-2-020-22853-4)
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  • (en) Melvyn P. Leffler et Odd Arne Westad, The Cambridge History of the Cold War (Vol. I) : Origins, Cambridge University Press,‎ 2010 volume 1, 643 p. (ISBN 978-1-107-60229-8) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Melvyn P. Leffler et Odd Arne Westad, The Cambridge History of the Cold War (Vol. II) : Crises and Détente, Cambridge University Press,‎ 2010 volume 2, 662 p. (ISBN 978-1-107-60230-4)
  • (en) Melvyn P. Leffler et Odd Arne Westad, The Cambridge History of the Cold War (Vol. III) : Endings, Cambridge University Press,‎ 2010 volume 3, 694 p. (ISBN 978-1-107-60231-1)
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Ouvrages consacrés en totalité ou largement à l'Allemagne et à Berlin pendant la Guerre froide[modifier | modifier le code]

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  • François Fejtö, La fin des démocraties populaires - Les chemins du post-communisme, Seuil,‎ , 590 p. (ISBN 978-2-020-31185-4) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) John M. Collins, U.S.-SOVIET MILITARY BALANCE, Concepts and Capabilities 1960-1980, Library of Congress,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lawrence Freedman, Kennedy's Wars: Berlin, Cuba, Laos, and Vietnam, Oxford University Press,‎ , 562 p. (ISBN 978-0195134537)
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  • (en) Johanna Granville, The First Domino: International Decision Making During the Hungarian Crisis of 1956, Texas A & M University Press,‎ , 352 p. (ISBN 978-1-585-44298-0) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Tony Judt, Postwar / A history of Europe since 1945, Vintage Books,‎ , 933 p. (ISBN 978-0-099-54203-2) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
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Sites internet de référence sur l'Allemagne et Berlin pendant la Guerre froide[modifier | modifier le code]