Offensive Vistule-Oder

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Offensive Vistule-Oder
Les troupes soviétiques entrant dans la ville de Łódź, en Pologne, guidées par un char ISU-152.
Les troupes soviétiques entrant dans la ville de Łódź, en Pologne, guidées par un char ISU-152.
Informations générales
Date du 12 janvier au 2 février 1945
Lieu Région de Varsovie,
puis sur le cours moyen de l'Oder,
Issue victoire soviétique,
Menace directe sur Berlin
Belligérants
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Georgi Joukov
Ivan Koniev
Heinz Guderian
Josef Harpe
Friedrich Hossbach
Forces en présence
2 2200 000 soldats
38 460 chars et canons
4 772 avions
520 000 soldats
800 chars et canons automoteurs
3000 canons
400 avions
Pertes
17 000 tués(Joukov)
26 000 tués(Koniev)
150 000 blessés et malades[1]
200 000 soldats
Seconde Guerre mondiale
Batailles
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L'offensive Vistule-Oder est menée du 12 janvier au 2 février 1945 par l'Armée rouge sur le front de l'Est. Cette offensive a permis aux forces soviétiques partant des rives de la Vistule d'atteindre l'Oder, à 70 km de Berlin. Ce que l'on présente comme une seule offensive est en réalité la combinaison de deux offensives distinctes lancées l'une le 12 janvier 1945 par Ivan Koniev avec les troupes massées dans les têtes de pont du Sud de Varsovie, l'autre à partir du 14 janvier 1945 par Gregory Joukov avec les troupes massées dans les têtes de pont soviétiques au Nord de Varsovie.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Après les succès du début de l'été 1944 sur le front centre, la progression soviétique dans ce secteur marque le pas dès la fin juillet, ralentie par la défaite qu'infligent Guderian et Model devant Varsovie[2]. Le reste de l'année a donc été employé, dans ce secteur, par les Soviétiques, à pallier leurs difficultés de ravitaillement, et à attendre l'écrasement par la SS du soulèvement de Varsovie, déclenché le 1er août 1944. De plus, durant l'automne 1944, les troupes allemandes offrent une résistance inattendue à l'Armée Rouge, refoulant une offensive en Vieille Prusse, reprenant même des villes prussiennes[3],[4]. Ces villes ont été le lieu de déprédations soviétiques[5] : 26 civils ont été massacrés avec des raffinements de cruauté[6]. Fouettés par la publicité qui en est faite par les services de Goebbels[7], les soldats de l'Ostheer, la Wehrmacht engagée sur le front de l'Est, opposent une résistance de plus en plus affirmée à la pénétration soviétique sur le territoire du Reich[8].

Malgré cela, la préparation de l'offensive des Ardennes distrait du front de l'Est, à partir du mois de novembre, l'ensemble des unités d'élite qui y sont engagées[9]. Au cours des semaines précédant le déclenchement de l'offensive, Guderian, commandant de l'OKH, se plaint de la dispersion des commandements, et demande instamment à Hitler de lui fournir des renforts, sur la foi des rapports reçus par les services de Gehlen, responsable du renseignement militaire (ces rapports sont jugés le 9 janvier totalement fantaisistes par Hitler)[10]. À la fin du mois de décembre 1944, il obtient le renfort de quelques divisions blindées, envoyées en Hongrie, pour permettre de contrôler les derniers champs de pétrole encore à la disposition du Reich[11].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Durant cette opération, le déséquilibre entre les forces allemandes et les troupes soviétiques est important. Les Soviétiques alignent cinq fois plus de soldats que les Allemands, qui ont 500 000 soldats en ligne sur ce front, 15 fois plus de chars et de canons, soit 7 000, et 12 fois plus d'avions (environ 5 000)[12].

Les troupes allemandes sont composées, pour ce secteur du front, d'unités comportant les derniers affectés spéciaux, les membres du Volkssturm, amalgamés avec les rescapés des batailles précédentes ; une partie de ces unités, sommairement formées[13], sont distraites de leur tache militaire par l'aide qu'elles apportent au réfugiés des régions de l'Est. De plus, de nombreuses unités en cours de formation ou de reconstitution doivent tenir ce front, face à des armées soviétiques homogènes et aguerries[14].

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

  • Armée Rouge
    • 1er front de Biélorussie (maréchal Gueorgui Joukov)
      • 47e armée
      • 1re armée polonaise (général Stanislav Poplavsky)
      • 3e armée de Choc
      • 61e armée
      • 1re armée de tanks de la garde
      • 2e armée de tanks de la garde
      • 5e armée de Choc (tête de pont de Magnuszew)
      • 8e armée de la Garde (tête de pont de Magnuszew)
      • 69e armée (tête de pont de Puławy)
      • 33e armée(tête de pont de Puławy)
    • 1er front d'Ukraine (maréchal Ivan Koniev)
      • 21e armée
      • 6e armée
      • 3e armée de la garde
      • 13e armée
      • 4e armée de tanks
      • 3e armée de tank de la garde
      • 52e armée
      • 5e armée de la garde
      • 59e armée
      • 60e armée


Information et désinformation autour des concentrations de troupes[modifier | modifier le code]

La concentration des unités soviétiques en vue de cette offensive est impossible à masquer aux observateurs allemands : ainsi, Guderian, Gehlen et les responsables militaires du front sont parfaitement informés des intentions soviétiques[15]. Les responsables soviétiques se fixent donc comme objectif, lors de la phase de préparation opérationnelle, de masquer l'ampleur des concentrations, de masquer les véritables objectifs de l'offensive à venir[15]. Comme le mentionnent les commandants de divisions soviétiques, les mouvements de troupes sont soigneusement masqués, les unités s'installent selon le dispositif des unités qu'elles relèvent, destinées à être déployées sur d'autres secteurs du front[16]. De plus, une vraie fausse activité est ainsi générée le long de certains axes, de façon à leurrer les Allemands sur la véritable nature des objectifs soviétiques : des agents soviétiques se font passer pour des déserteurs et confirment le sérieux de ces activités, de faux trafics radios sont organisés, des faux états-majors sont établis de façon visible le long de certains axes. Ces mesures aboutissent à persuader les Allemands que la Silésie constitue le principal objectif des préparatifs soviétiques[16].

Les mesures soviétiques ne se limitent pas à cette politique de masquage et de désinformation, mais aussi à une observation approfondie du dispositif allemand; basées sur les renseignements recueillis par l'aviation, par la mise en place de dispositifs permanents d'écoute radio, par la collecte d'information sur l'ensemble du front de l'Est (c'est ainsi, par exemple, qu'est connu le transfert en Hongrie des divisions Totenkopf et Wiking[17]).

Par ces mesures, les Soviétiques parviennent non seulement à masquer l'ampleur de leur concentration, les services de Gehlen sous-estimant de façon systématique la masse des concentrations soviétiques[18], mais aussi à cacher la nature du choc prévu[19].

Préparation[modifier | modifier le code]

Lors de la phase de préparation, plusieurs choix s'offrent aux stratèges soviétiques : le franchissement de la Vistule sur le long du fleuve de part et d'autre de Varsovie ou des attaques de rupture à partir des têtes de pont conquises à l'été et à l'automne précédent en amont de la ville[20]. Les deux objectifs fixés sont Czestochowa et Breslau, situés très en arrière du front[21].

Rapidement écartée, la première solution possède l'inconvénient de laisser aux Allemands le temps d'appeler des renforts pour contenir les poussées soviétiques, mais réunit les conditions d'une attaque surprise; la seconde solution offerte à Joukov et à son état-major est certes prévisible, mais permet de ne lancer qu'une offensive au lieu de deux[20].

Une fois ce choix arrêté (la seconde solution), les concentrations de troupes sont faites de façon à congestionner les têtes de pont soviétiques sur la rives occidentales du fleuve[21].

En outre, tout est facilité pour permettre à la poussée soviétique d'avancer le plus possible : constitution d'ateliers mobiles de réparation pour les moyens blindés, dotations de moyens techniques pour les besoins de chaque corps blindé[22]. Cette utilisation plus souple des ateliers de réparation se révèle payant, puisque 8 000 chars d'assaut soviétiques sont réparés en janvier 1945 en Pologne[23].

Opérations[modifier | modifier le code]

Lancée le 12 janvier 1945 durant les premières heures de la journée, l'offensive prend fin le 31 janvier suivant. Les percées soviétiques aboutissent la conquête de plusieurs petites têtes de pont sur l'Oder, de part et d'autre de Francfort, maintenues dans des conditions précaires en dépit de multiples contre-attaques allemandes.

Une forte préparation d'artillerie[modifier | modifier le code]

L'offensive débute le 12 janvier à cinq heures du matin, par un tir de barrage de 7 000 canons de campagne soviétiques[24], tir très efficace puisqu'il détruit pratiquement la moitié de la 4. Panzerarmee[25]; cependant, elle ne constitue nullement une surprise pour les Allemands, des hommes de troupes aux officiers généraux[26], informés de l'imminence de l'attaque soviétique par l'utilisation de méthodes soviétiques de préparation d'une attaque de grande ampleur : musique diffusée par haut-parleurs[26], observation aérienne du dispositif défensif[26].

La gigantesque préparation d'artillerie s'opère en deux temps pour la partie de l'offensive confiée à Koniev. À cinq heures du matin, une première vague de tir de 27 minutes en feu roulant[24] aboutit à envoyer sur les lignes allemandes et leur arrières immédiats près de 350 tonnes d'explosifs, faisant exploser les Blockhaus de la défense, les dépôts de munitions les plus près du front, ruinant les tranchées et les routes[24]; puis à 9 heures trente minutes, la seconde vague de tirs, beaucoup plus longue (1h47) ruine totalement le dispositif allemand[27].

Les percées[modifier | modifier le code]

À l'issue de cette première préparation massive, écrasant littéralement les défenses allemandes, sont lancées sur les positions allemandes des reconnaissances renforcées, menées par des groupes mixtes infanterie-blindés[24]. les premières lignes allemandes sont ainsi conquises dès la première journée, notamment en raison de la simultanéité de la préparation d'artillerie et de manœuvres d'infanterie durant la deuxième période de préparation d'artillerie[28].

Puis, plusieurs vagues d'assaut soviétiques sortent des têtes de pont établies sur la Vistule, dans la région de Sandomir, prennent d'assaut les tranchées allemandes[29]. Rapidement, ces avancées soviétiques rompent le front allemand en Pologne, tenu par le Groupe d'armées A[30], par une percée d'une profondeur de 20 km sur une largeur de 40 km, tandis que plus de 30 kilomètres sont parcourus par des chars soviétiques que rien ne parvient à stopper, dès la première journée[25].

À la suite de la première percée, l'artillerie allemande est balayée par une phase de 2 heures de feu de l'artillerie soviétique, réduisant les capacités de la 4e armée à presque rien[27]. Dans le même temps, des couloirs sont épargnés afin de permettre l'infiltration massive d'unités soviétiques complètes sans que les défenseurs allemands ne s'en rendent compte[28]

Dès le 13, certaines unités placées en réserve opérationnelles sont neutralités par les pointes soviétiques. Après 2 jours de résistance, l'ensemble des troupes allemandes recule, abandonnant des milliers de prisonniers, et une quantité importante de matériel lourd[31].

Dès le 14, Joukov lance ses unités à partir des têtes de pont situés au Sud de Varsovie[32]. Comme Koniev au Sud, il prévoit une préparation d'artillerie massive en deux temps[33]. La première préparation effectuée, Joukov renonce à la seconde, censée être plus massive, mais profitant de la désorientation des soldats allemands, les unités soviétiques avancent, faisant donner par téléphone massivement l'artillerie sur chaque môle de résistance[34].

L'exploitation des percées soviétiques[modifier | modifier le code]

La percée définitivement obtenue le treize dans le secteur de Koniev, le commandement soviétique lance l'exploitation, empêchant la concentration des unités allemandes sur la seconde ligne de front[35]. En effet, deux armées blindées soviétiques se lancent à l'assaut de ce qui reste de la Pologne allemande dès le 13 janvier à partir de la percée opérée par les troupes de Koniev[36].

Les unités placées sous la responsabilité de Joukov se meuvent en priorité en direction de Lodz et Posen[37]. Dès le 17 janvier, Varsovie, déjà encerclée aux trois quarts dès la veille et en cours d'évacuation depuis quelques jours, est prise par les Soviétiques[38]. Le 18, la ville de Lodz est investie, puis prise le lendemain, sans combat, la garnison allemande ayant fui dans la nuit[39].

Quelques jours plus tard, le 19 janvier, les unités allemandes ne sont plus en mesure de s'opposer à la progression des unités de Joukov, de plus en plus rapides, obligeant ce dernier à motoriser au maximum ses unités[40]. La Warthe est atteinte le 18, franchie le 19, en dépit de l'envoi de renforts allemands, composés en partie de bataillons du Volkssturm, rapidement débordés et éliminés[41]. Posen, déclarée forteresse par Hitler mais abandonnée par son Gauleiter (après accord de Hitler[42]), est encerclée par les Soviétiques à partir du 22 janvier[43].

Pendant 15 jours, les troupes soviétiques progressent de 50 kilomètres par jour[44]. Elles s'arrêtent sur le cours moyen de l’Oder, stoppées par le brusque dégel de la fin janvier, par des difficultés de ravitaillement et par le souhait du commandement soviétique de marquer une pause, à la fois pour contrôler des flancs Nord et Sud, jugés vulnérables, et pour reprendre le contrôle sur des troupes que l'entrée en Allemagne rend indisciplinées [45]. Elles contrôlent des têtes de pont sur la rive gauche du fleuve, en Silésie en aval de Breslau[46].

L'Oder en vue puis franchi[modifier | modifier le code]

le 31 janvier, un coup de main d'un régiment de fusiliers soviétiques aboutit à la constitution de la première tête de pont à l'Ouest de l'Oder, prenant par surprise la petite ville de Kienitz à l'aube, devant des Allemands éberlués[47]. Cette tête de pont, modeste, est rapidement renforcée par des moyens en artillerie, et doit rapidement affronter de fortes contre-attaques allemandes, montées avec tous les moyens disponibles[48].

Autour de Küstrin, un peu au Sud de Kienitz, les opérations de franchissement se font avec plus ou moins de bonheur : échec à Küstrin, succès à Göritz; au terme de ces opérations, cinq têtes de pont à l'existence précaire sont établies à l'Ouest de l'Oder[49].

Une fois le fleuve menacé, les responsables du Reich tentent de mener la défense de l'Oder. Cette défense est menée de manière symbolique et de manière militaire.

De façon symbolique, les unités cantonnées sur le front de l'Oder reçoivent de nombreuses visites des responsables du Reich : Goebbels, Ley, Ribbentrop se succèdent à Francfort à partir du 13 février, puis, le 13 mars, Hitler lui-même se rend sur le front de l'Oder[50].

Les unités reçoivent aussi tous les matériels disponibles pour limiter les têtes de pond soviétiques : 400 batteries de Flak sont ainsi déployées sur le front de l'Oder sur ordre d'Hitler ; les unités blindés sont renforcées également de façon significative au cours du mois de février avec du matériel neuf tout juste mis en service dans les usines de Berlin, tandis que de vastes unités sont cantonnées à proximité des têtes de pont soviétiques[51].

Le ralentissement puis l'arrêt de l'offensive[modifier | modifier le code]

Le 25 janvier, jour de la prise de Posen, de nombreux échanges téléphoniques se déroulent entre Staline et ses officiers généraux sur la suite de l'offensive soviétique[52]: Staline, devenu prudent en matière de conduite stratégique du conflit[52], ordonne l'arrêt de l'avancée soviétique une fois l'Oder atteinte; Joukov établit cependant, dans un premier temps contre l'avis de Staline, deux têtes de pont autour de Francfort-sur-l'Oder[53]. Au milieu du mois de février, le projet d'une conquête rapide de Berlin est abandonné, notamment en raison de la défense acharnée de la Silésie par les unités allemandes commandées par Schörner[54].

De plus, à partir de la fin janvier, la logistique soviétique se montre débordée, incapable d'approvisionner une armée s'étant enfoncée plus de 500 kilomètres à l'avant de ses positions de départ, dans un pays désorganisé, ou encore partiellement occupé (certaines villes encerclées, à la fois agglomération et carrefour ferroviaire et routier)[55]. De plus, la Luftwaffe, en mitraillant les colonnes de ravitaillement soviétiques, rend encore plus problématique l'accomplissement des missions assignées aux logisticiens de l'Armée Rouge[56].

de même, le raidissement allemand, notamment les concentrations opérées par la Luftwaffe au cours du mois de janvier, participe à l'arrêt de l'offensive soviétique : frappée de plein fouet par les ponctions de l'été précédent, handicapée par le manque de carburant, écartelée entre ses trop nombreuses missions[57], la Luftwaffe aligne 750 appareils, chasseurs, bombardiers, avions de reconnaissance et de transport, en Pologne et en Prusse orientale[58]. Équipée d'appareils modernes, la Luftwaffe est cependant rapidement tenue en échec par la chasse soviétique, causant la perte de nombreux pilotes expérimentés[56]. Mais la Luftwaffe, et plus spécialement les pilotes expérimentés de chasseurs bombardiers, prélève un lourd tribut aux unités soviétiques, tant en moyens de combats (blindés, canons), qu'en moyens logistiques[59]. De plus, l'ensemble des moyens militaires du Reich, soit plus de 150 unités, souvent incomplètes, est alors concentré sur le front de l'Oder[60].

Ainsi, ces unités et les matériels rassemblés sur l'Oder permettent la multiplication de très nombreuses attaques allemandes, parfois conduites dans des conditions dramatiques, souvent menées de façon désordonnée contre les têtes de pont soviétiques de l'Ouest du fleuve; si ces attaques parviennent cependant à tenir en échec les tentatives soviétiques de donner à leur poches une profondeur significative, elles échouent cependant à maintenir les têtes de pont soviétiques isolées les unes des autres[61].

De plus, depuis la pénétration soviétique dans l'Altreich, les commandants soviétiques sont peu ou pas du tout renseignés sur la valeur réelle des unités qu'ils sont susceptibles d'affronter[60]; tributaires de renseignements partiels fournis par leurs alliés occidentaux et des écoutes magnétiques, les Soviétiques ont tendance à surestimer les capacités allemandes : par exemple, les écoutes ayant révélé le déploiement de 3e armée Panzer à Stettin, le commandement soviétique ne peut savoir qu'il s'agit en réalité de l'arrivée dans cette ville de son état-major et de quelques petites unités de soutien[60].

Ensuite, la mise en défense des agglomérations, déclarées villes forteresses par Hitler, dans son ordre du 8 août 1944, aboutit non seulement à compliquer la tâche des unités en charge de la logistique, mais aussi à obliger les stratèges soviétiques à immobiliser des unités pour la prise de ces agglomérations. Ces agglomérations, souvent desservies par des gares importantes, constituent des nœuds de communication ferroviaires et routiers importants[62] : les quatre principaux sièges des villes allemandes de Posen, Glogau, Breslau et Graudenz, durant l'hiver et du printemps 1945 retardent la logistique soviétique, obligeant à la mise en place d'itinéraires ferroviaires compliqués[62]. Toutes balayées entre janvier et mars 1945 (à l'exception de Breslau, qui se rend le 6 mai), la création de ces places fortes, puis leur résistance, a cependant contribué à ralentir l'avancée soviétique et les attaques de l'Armée rouge à l'Ouest de l'Oder simplement en raison du caractère de carrefour ferroviaire de ces villes[63].

Puis, s'ajoute le facteur climatique : dans la nuit 29 janvier, un redoux climatique entraîne un brusque dégel de la Vistule et de l'Oder, compliquant la tâche de la logistique déjà surmenée, obligeant les commandants à utiliser le chemin de fer, dans des conditions précaires et moyennant des itinéraires compliqués, certaines villes étant encore sous contrôle allemand[64]. Dans ces conditions, un approvisionnement difficile permet certes la défense et le lent élargissement des positions conquises à l'Ouest de l'Oder, mais en aucun cas, une offensive de grand style contre Berlin[65].

Enfin, le comportement des soldats, encouragés par la propagande de guerre, contribue aussi à l'arrêt de l'offensive. En effet, à partir du mois de juillet 1944, la propagande soviétique appelle les soldats de l'Armée Rouge à venger les exactions allemandes en URSS[66] : à tous les échelons de commandement, on multiplie les visites de centres d'exactions allemandes[67], de plus, près de 40% des combattants soviétiques ont perdu un membre de leur famille du fait des exactions allemandes[68]. Ainsi, une fois la frontière du Reich atteinte, les officiers soviétiques rencontrent énormément de difficultés à maintenir la discipline, certains se font même tuer par leur subordonnés, ivres ou non[69]; des soldats plus ou moins débandés pillent systématiquement les villages et villes rencontrés, à la grande fureur de leur officiers[70].

Analyse[modifier | modifier le code]

L'opération Vistule-Oder est quasiment certaine d'être couronnée de succès du fait de la supériorité numérique et matérielle écrasante de l'armée rouge . Mais d'autres facteurs expliquent l'ampleur de la victoire soviétique:

  • Hitler fit transférer des unités d'élite (unité blindées SS) de la Vistule vers la Hongrie, sans avertir Guderian. Toutefois s'il n'avait pas effectué une telle rocade, il est très probable que l'avancée de l'Armée Rouge en Hongrie puis en Autriche ait été plus rapide.
  • L'échec majeur du renseignement allemand. Gelhen estime que les Russes chercheront avant tout à augmenter la taille de leur tête de pont sur la Vistule par une attaque en pince, alors que celle-ci se révélera suffisante. De plus, il sous-estime largement la taille de l'armée adverse : de 40 % pour l'infanterie, de 60 % pour les chars.
  • L'absence de réserve opérative en moyens blindés ; La Wehrmacht n'a plus assez de moyens pour maintenir à la fois une réserve tactique et une réserve blindée d'un niveau stratégique-opérationnel[71]; Hitler décide donc de sacrifier cette dernière. Dès lors, toute percée soviétique laisse les arrières extrêmement vulnérables.
  • Les progrès de l'armée rouge. Les généraux ont prouvé lors de cette opération qu'il maîtrisaient l'art de la bataille en profondeur, la coopération interarmes et la manœuvre. L'attaque frontale a relativement peu été pratiquée par rapport aux précédentes opérations.

En outre, les choix opératifs soviétiques visent à la désarticulation et à la fragmentation du front adverse : les unités laissées en arrières sont ainsi réduites par les troupes de la seconde ou de la troisième vague[71]; ce choix de progression rapide en ligne droite vise à frapper lourdement la profondeur du dispositif militaire adverse et à rendre inutilisable les dépôts militaires, les gares, les aérodromes, les routes, les centres de communication[71]...

De plus, éprouvé par les problèmes rencontrés lors des progressions de grande ampleur de l'été 1944, le commandement soviétique maîtrise de mieux en mieux les problèmes posés par l'entretien de grandes unités mécanisées : durant l'automne, des directives ont ainsi été données afin de disposer de bases mobiles pour la maintenance; situées à peu de distance du front, ces équipes sont spécialisées en mécanique ou en radio et opèrent dans le cadre d'un commandement unifié[22].

Bilan et conséquences[modifier | modifier le code]

L'opération Vistule-Oder est un succès majeur pour l'armée rouge qui réussi à faire avancer plus de 2 millions d'hommes et 300 000 véhicules de la Vistule jusqu'à 80 km de Berlin qui devient dès lors un objectif à moyen terme pour le commandement soviétique, de même que Breslau qui subira un siège jusqu'au 6 mai. L'armée rouge met à nouveau quasiment hors de combat le groupe centre de la Wehrmacht, six mois après l'opération Bagration et à un coût quatre fois moindre. La bataille pour le contrôle des provinces orientales du Reich commence alors, cette bataille ayant des conséquences démographiques importantes, notamment avec l'évacuation en catastrophe des populations allemandes de l'Est de l'Oder, ainsi qu'un impact sur le génocide juif, avec l’évacuation des camps de Pologne vers l'intérieur du Reich. Ces déplacements de population, dans un contexte d'invasion du territoire allemand créent sur les routes de l'Est du Reich un chaos indescriptible, selon les notes des nombreux témoins[72].

Les soldats et le front[modifier | modifier le code]

Du point de vue militaire, la Wehrmacht n'a alors pratiquement plus de possibilité de recul[31] et Berlin se trouve pratiquement sur le front, à seulement 80 km des avant-postes soviétiques, directement menacée par les têtes de pont établies sur l'Oder, atteinte le 31 janvier, autour de Kustrin et de Francfort[31].

De plus, la Wehrmacht ne peut plus reculer, et se désagrège en tant que force organisée[73] : pour tenter d'y mettre un frein, des compagnies de gendarmes et de SS sont déployées le long des routes pour ratisser les colonnes de réfugiés, repérer les soldats débandés et les renvoyer au front[74]. Ce cordon sanitaire, constitué de commandos motorisé, est conçu pour limiter les rapports entre le front et l'arrière[74], mais, les désertions se multiplient, et corollaire, les pendaisons de soldats allemands déserteurs aussi[73].

Ayant soudaine pénétré dans le Reich, les troupes soviétiques abandonnent toute discipline, causant la désagrégation d'unités entière, la perte de la capacité opérationnelle de larges unités (en raison de l'ampleur des pillages et des viols)[70]. Entre le 20 janvier et le mois de mars, les officiers commandant les troupes soviétiques stationnées sur l'Oder doivent procéder à une reprise en main, donnant ses effets seulement à la fin mars[64]. De plus, les livraisons irrégulières de vivres poussent les soldats à se livrer au pillage [75].

À partir de la fin janvier, les flancs Nord et Sud du front soviétique, en Poméranie, en Prusse orientale et en Silésie, deviennent les deux préoccupations principales du commandement de l'Armée Rouge, et la réduction de ces flancs au nord et au Sud entraîne des combats acharnés, en attaque comme en défense, au cours des mois de février et mars suivants[76].

Les responsables allemands et soviétiques face au déroulement de l'offensive[modifier | modifier le code]

Face aux succès remportés par les Soviétiques chaque camp réagit diversement à l'annonce des succès enregistrés par l'Armée Rouge.

Les commandants allemands doivent affronter les colères de Hitler et de ses proches. En effet, le flou dans lequel se trouve l'OKH entre le 15 et 17 janvier autour de la situation de Varsovie entraîne le limogeage de Harpe (considéré comme inutile[77]) la réaffirmation du leadership de Hitler sur les opérations militaires et une méfiance accrue entre ce dernier et les officiers de l'OKH[78]. Il est avéré que les succès soviétiques sont également facilités par l'attitude des officiers généraux allemands, qui, à la même période, font l'objet de mutations incompréhensibles; les remplaçants sont choisis en grande partie en raison d'affinités géographiques ou politiques avec Hitler : Rendulic est autrichien d'origine[77], Schörner est nazi fanatique[79]. De plus, certains, comme le général Hossbach, accélèrent la débâcle, en abandonnant sans combattre les positions dont ils ont la responsabilité[12]. D'autres tentent d'amorcer une négociation avec Hitler, perdant un temps précieux dans des palabres sans fin[80]. Ce dernier refuse, à ce moment du conflit, tout recul à l'Est, et mal informé par Burgdorf, oppose un veto absolu à toute esquisse de retraite, que les généraux exécutent sous la pression des événements[81].

En effet, Harpe, limogé, est remplacé au pied levé par Schörner, alors au commandement du groupe d'armées Courlande[78], tandis que Guderian doit se justifier deux jours durant devant la Gestapo et la SS et trois de ses proches collaborateurs sont arrêtés, mutés au front ou envoyé dans un camp de concentration[78].

Ces changements de personnels fournissent également à Hitler l'occasion de modifier la nomenclature des unités engagées face aux Soviétiques : le groupe d'armées A est renommé groupe d'armées Centre, tandis que le groupe d'Armées Centre devient le groupe d'armées Nord[82]

Le sort des civils[modifier | modifier le code]

Quatre millions et demi de civils allemands[83], habitant la Vieille Prusse, les zones de Silésie, de Poméranie et de Posnanie directement menacées par la poussée soviétique, connaissent non seulement les affres de l'exode, mais aussi la désagrégation de la société dans laquelle ils évoluent[73]. Ils sont affolés par les proclamations de la presse nazie, victimes à la fois des déprédations de soldats de la Wehrmacht en déroute[84] et de la brutalité des troupes soviétiques[73].
. Les populations livrées à elles-mêmes tentent de fuir vers l'Ouest ; la société édifiée par les nazis s'écroule sous la poussée soviétique, chacun essayant de se sauver, parfois au détriment de ses compatriotes[83]. De plus, le maillage territorial des régions touchées s'écroule d'un jour à l'autre : les villes et les villages sont abandonnés en pleine journée, le bétail égorgé, la propagande de guerre allemande ayant été très explicite sur le sort des populations civiles si elles tombaient sous le contrôle des troupes soviétiques[85].
.

Les gauleiters mis en place par l'administration du Parti nazi (Erich Koch, Arthur Greiser, par exemple) comme les militants des organisations nazies désertent et s'enfuient[86]; ainsi, les militants locaux du DAF de la ville de Keinitz s'enfuient en désordre lorsque les Soviétiques s'emparent de la ville à l'aube du 31 janvier 1945[47]. Cependant, certains, tel Albert Forster, ont tenté de prendre des mesures de sauvegarde.

Les récits des rescapés sont abondamment rapportés avec de très nombreux détails par la presse nazie, rendant compte du sort de civils, hommes et femmes, de Prusse orientale, de Silésie, de Poméranie[87]. L'attitude des soldats soviétique est le fruit à la fois de la propagande soviétique de l'été précédent et aussi de consignes ambiguës données aux soldats des unités engagées sur le front[88].
Les rapports à la disposition des Allemands, largement exposés dans la presse nazie, dont Goebbels rend compte dans son journal, et des Alliés occidentaux se font l'écho de l'attitude incontrôlée et incontrôlable des troupes de l'Armée Rouge : viols systématiques de toutes les femmes allemandes de 15 à 70 ans, lors de la conquête de chaque agglomération, pillages des villes et villages, meurtres de nombreux hommes et adolescents[85]. Les civils allemands vont payer très cher les appels d'Ilya Ehrenbourg dans les journaux soviétiques.

Le torpillage du paquebot Wilhem Gustloff le 30 janvier 1945 fut une tragédie. Ce navire était chargé de civils (5 000 réfugiés). Ce furent 950 réfugiés, soldats et marins qui survécurent.

Les déportés[modifier | modifier le code]

Les civils allemands ne sont pas les seuls à endurer les conséquences du succès de l'offensive soviétique : les camps de Pologne non encore évacués font l'objet de consignes de Pohl, qui reprennent en réalité les consignes édictées par Himmler pour l'évacuation du camp de Stutthof, près de Dantzig, à l'automne précédent, qui insistent sur la double nécessité à la fois d'évacuer le camp, mais aussi de ne pas laisser sur place, près l'évacuation du camp, un seul détenu en bonne santé[89]. Dans ces consignes, confirmées dans la première quinzaine de janvier, Himmler se fait la courroie de transmission des ordres de Hitler, rendant les chefs des camps personnellement responsables du non-respect des consignes, c'est-à-dire de faire en sorte qu'aucun détenu ne soit libéré vivant par les troupes de l'Armée Rouge[90].

Ainsi, après bien des ordres suivis de contrordres, prescrivant des délais pour la réalisation de l'opération, l’évacuation du camp d'Auschwitz, directement menacé par l'avancée soviétique, est décidée le 19 janvier 1945, avec des ordres stricts donnés aux gardiens des prisonniers[91] ; cette marche, cependant planifiée dès le 15-16 janvier dans les camps satellites d'Auschwitz[73], est diversement préparée dans Auschwitz même : l'ordre d'évacuation prend certains déportés totalement au dépourvu dans un camp plongé dans le chaos depuis le début de l'offensive[92]. Le chemin vers l'Ouest des déportés des camps de Pologne est jalonné de fosses communes dans lesquelles ont été jetés les corps des déportés incapables d'aller plus loin et donc fusillés (il est d'ailleurs impossible, aujourd'hui encore de fournir le chiffre précis des victimes de ces fusillades) parfois devant les habitants des villages polonais des régions traversées[93] : des fosses communes, découvertes par les Soviétiques, et des amas de cadavres jalonnent les itinéraires des déportés en retraite vers le Reich[94]. Les camps satellites sont aussi concernés par cette évacuation, mais celle-ci est faite sans prépration et débute, selon les camps entre le 17 et le 20 janvier[95]. Dans le chaos de la dernière décade de janvier, les détenus laissés à l'arrière sont systématiquement traqués et exterminés par les unités allemandes de la SS, de la Wehrmacht, des autres organisations nazies, qui sillonnent les régions envahies par l'Armée Rouge[96]. Cependant, la rapidité de l'avance russe dans les provinces orientales du Reich crée un climat favorable à la survie des détenus, dont un certain nombre s'évadent et vivent cachés, éventuellement accueillis par des civils polonais ou tchèques en attendant l'arrivée de soldats soviétiques[72]. Certains camps secondaires, peuplés par quelques dizaines de détenus, tombent aussi sous le contrôle soviétiques à la fin du mois de janvier 1945, à la faveur de coups de main de l'Armée rouge, sur certaines bourgades de l'Oder[47].

L'évacuation des déportés en janvier 1945 renforce le chaos qui règne sur les routes des provinces orientales : soldats allemands, membres des appareils administratifs, policiers, civils et déportés encombrent des routes enneigées, le plus souvent à portée de l'artillerie soviétique[72] : dans ce contexte, les déportés sont considérés le plus souvent comme des poids morts, mal ravitaillés, voire pas ravitaillés du tout, soumis à des marches et des contremarches parfois contradictoires[97].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Krivoshees, Soviet Casulaties p153
  2. P.Masson, Histoire de l'armée Allemande, 1939-1945, p. 393.
  3. P.Masson, Histoire de l'armée Allemande, 1939-1945, p. 425.
  4. Thorwald, op. cit., p. 15 : Gundap-Gumbinen, Goldap, Nemmersdorf
  5. Jean Lopez, Berlin, p. XIII
  6. Ian Kershaw, La Fin, p. 158
  7. Ian Kershaw, La Fin, p. 159
  8. Jean Lopez, Berlin, p. XV
  9. P.Ayçoberry, La société allemande sous le IIIe Reich, p. 367
  10. Ian Kershaw, La Fin, p. 238
  11. Ian Kershaw, La Fin, p. 239
  12. a et b Ph.Masson, Histoire de l'Armée Allemande, p. 450.
  13. op. cit. p. "La levée en masse" p. 16
  14. Pierre Ayçoberry, La société allemande sous le IIIe Reich, p. 367
  15. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 143
  16. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 144
  17. Jean Lopez, Berlin, p. 142
  18. Jean Lopez, Berlin, p. 147
  19. Jean Lopez, Berlin, p. 146
  20. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 152
  21. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 157
  22. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 163
  23. Jean Lopez, Berlin, p. 164
  24. a, b, c et d Jean Lopez, Berlin, p. 172
  25. a et b Ian Kershaw, La Fin, p. 231.
  26. a, b et c Jean Lopez, Berlin, p. 170
  27. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 174
  28. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 175
  29. Jean Lopez, Berlin, p. 173
  30. Ph.Masson, Histoire de l'Armée Allemande, p. 448.
  31. a, b et c Ph.Masson, Histoire de l'Armée Allemande, p. 449.
  32. Jean Lopez, Berlin, p. 189
  33. Jean Lopez, Berlin, p. 191
  34. Jean Lopez, Berlin, p. 194
  35. Jean Lopez, Berlin, p. 186
  36. Jean Lopez, Berlin, p. 177
  37. Jean Lopez, Berlin, p. 204
  38. Jean Lopez, Berlin, p. 206
  39. Jean Lopez, Berlin, p. 213
  40. Jean Lopez, Berlin, p. 220
  41. Jean Lopez, Berlin, p. 222
  42. Ian Kershaw, La Fin, p. 285
  43. Jean Lopez, Berlin, p. 223
  44. P.Masson, Hitler Chef de Guerre, p. 270
  45. P.Masson, Hitler Chef de Guerre, p. 271
  46. Ian Kershaw, La Fin, p. 232
  47. a, b et c Jean Lopez, Berlin, p. 312
  48. Jean Lopez, Berlin, p. 314
  49. Jean Lopez, Berlin, p. 315
  50. Jean Lopez, Berlin, p. 316
  51. Jean Lopez, Berlin, p. 317
  52. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 289
  53. Jean Lopez, Berlin, p. 290
  54. Jean Lopez, Berlin, p. 294
  55. Jean Lopez, Berlin, p. 302
  56. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 305
  57. Jean Lopez, Berlin, p. 69
  58. Jean Lopez, Berlin, p. 70
  59. Jean Lopez, Berlin, p. 306
  60. a, b et c Jean Lopez, Berlin, p. 327
  61. Jean Lopez, Berlin, p. 318
  62. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 329
  63. Jean Lopez, Berlin, p. 334
  64. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 301
  65. Jean Lopez, Berlin, p. 303
  66. Jean Lopez, Berlin, p. 114
  67. Jean Lopez, Berlin, p. 116
  68. Jean Lopez, Berlin, p. 117
  69. Jean Lopez, Berlin, p. 119
  70. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 299
  71. a, b et c Jean Lopez, Berlin, p. 150
  72. a, b et c Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 100
  73. a, b, c, d et e Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 88
  74. a et b Jean Lopez, Berlin, p. 288
  75. Jean Lopez, Berlin, p. 300
  76. Ph.Masson, Histoire de l'Armée Allemande, p. 451.
  77. a et b Ian Kershaw, La Fin, p. 268
  78. a, b et c Jean Lopez, Berlin, p. 207
  79. Ian Kershaw, La Fin, p. 269
  80. Ian Kershaw, La Fin, p. 262
  81. Ian Kershaw, La Fin, p. 264
  82. Ian Kershaw, La Fin, p. 270
  83. a et b Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 89
  84. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 87
  85. a et b Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 90-91
  86. op. cit. Jurgen Thorwald, p. 125-126
  87. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 91
  88. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 92
  89. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 95
  90. Saul Frieländer, les années d'extermination, p. 793
  91. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 97
  92. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 99
  93. D.Blatman, Les Marches de la mort, p. 103-104
  94. D.Blatman, Les Marches de la mort, p. 135
  95. D.Blatman, Les Marches de la mort, p. 104 et 106
  96. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 109
  97. Daniel Blatmann, Les Marches de la mort, p. 101

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Pierre Ayçoberry, La Société Allemande sous le IIIe Reich, 1933-1945, Édition du Seuil, Collection L'Univers Historique, Paris, 1998, (ISBN 978-2020315258)
  • Daniel Blatman, Les Marches de la mort : La dernière étape du Génocide nazi, été 1944-printemps 1945, Paris, Fayard,‎ 2009 (ISBN 978-2-21363551-4)
  • (fr) Richard J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, Flammarion Collection Au fil de l'Histoire, Paris, 2009, ISBN 978-2-08-120955-8
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination : L'Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945, Paris, Seuil,‎ 2008 (ISBN 978-2-02-020282-4)
  • Ian Kershaw, La Fin : Allemagne, 1944-1945, Paris, Seuil,‎ 2012, 665 p. (ISBN 978-2-02-080301-4)
  • Jean Lopez, Berlin : Les offensives géantes de l'Armée Rouge. Vistule - Oder - Elbe (12 janvier-9 mai 1945), Paris, Economica,‎ 2010, 644 p. (ISBN 978-2-7178-5783-2)
  • Philippe Masson,
  • Jurgen Thorwald (trad. Raymond Albeck, ill. cartes Henri Jacquinet), La débâcle allemande : De l’agonie de l’Allemagne à la chute de Berlin [« Die grosse flucht : Es began an der Weichsel das ende en der Elbe »], Paris, J’ai lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A167|8|9),‎ 1967, poche, 513 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Antony Beevor (trad. Jean Bourdier, ill. photos divers), La chute de Berlin [« Berlin. The downfall »], Éditions de Fallois,‎ 2002, poche, 640 p. (ISBN 2-253-10964-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]