Histoire militaire du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale

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Soldats canadiens en 1944

L'histoire militaire du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale a débuté par la déclaration de guerre effectuée contre l'Allemagne le . Les militaires canadiens ont joué un rôle important dans l'effort de guerre des Alliés en étant déployés sur tous les fronts dont l'Italie, l'Europe du Nord, l'Afrique du Nord, Hong Kong et les îles Aléoutiennes. Le Canada a été très actif dans la défense des routes maritimes de l'Atlantique Nord et la Marine marchande canadienne a complété plus de 25 000 voyages transatlantiques. Les Canadiens ont également participé aux opérations dans le Pacifique. Ce sont en tout quelque 1,1 million de Canadiens qui ont servi dans l'une des trois forces armées ou avec les forces alliées au cours des six ans que dura la Seconde Guerre mondiale.

Au début de la guerre, l'engagement du Canada en Europe a été limité à une seule division. Le déploiement militaire du Canada demande une organisation de corps lors de l'invasion de l'Italie en 1943, de la Bataille de Normandie en 1944 et de la libération de la Belgique et des Pays-Bas en 1944 et 1945. Plus de 45 000 Canadiens ont perdu la vie et 54 000 autres ont été blessés au cours du conflit.

L'impact de cette guerre sur l'histoire canadienne a été considérable. La crise de la conscription a eu un effet majeur sur l'unité nationale entre les Canadiens francophones et anglophones, même si elle n'a pas été aussi dommageable politiquement que celle de la Première Guerre mondiale. L'effort de guerre a renforcé l'économie canadienne, a conduit à une diversification de la production et a renforcé la reconnaissance nationale auprès de la communauté internationale.

Origines du conflit[modifier | modifier le code]

Benito Mussolini, chef du gouvernement du royaume d'Italie

Le parti nazi d'Adolf Hitler prit le pouvoir en Allemagne en janvier 1933 avec des ambitions expansionnistes. En six ans, Adolf Hitler amena l'Europe au bord de la guerre en plus des dictateurs Benito Mussolini en Italie et Francisco Franco en Espagne. En effet, l'Italie tenta de se constituer un empire colonial en envahissant l'Éthiopie en 1935 alors que l'Allemagne remilitarisa la Rhénanie en mars 1936 et que la guerre civile espagnole éclata en juillet 1936. En 1938 eu lieu l'Anschluss, c'est-à-dire l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne.

File d'attente pour de la nourriture à la mission de la rue Yonge à Toronto dans les années 1930

Pendant ce temps, au Canada, la population se remettait lentement de la Grande Dépression de 1929. L'économie canadienne connaissait des moments difficiles et plus du quart des Canadiens étaient sans emploi. Le conflit opposant les Canadiens anglais et les Canadiens français faisait toujours rage à la suite de la crise de la conscription pour la Première Guerre mondiale. Dans cette optique, William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada, refusa de préparer la nation à servir dans une autre guerre afin de ne pas alimenter le sentiment isolationniste des Québécois.

Ainsi, le Canada ne participa à aucune planification militaire importante avec la Grande-Bretagne et les États-Unis et ne fit aucune déclaration publique quant au soutien canadien à l'effort de guerre à venir. Cependant, le cabinet du premier ministre avait décidé secrètement que le Canada devrait déclarer la guerre à l'Allemagne si la Grande-Bretagne le faisait[1].

Le moment décisif arriva le 1er septembre 1939 lorsque l'Allemagne envahit la Pologne. Le refus d'Adolf Hitler d'obtempérer à l'ultimatum lancé par la Grande-Bretagne et la France de retirer ses troupes de Pologne força ces deux nations à déclarer la guerre à l'Allemagne le 3 septembre. La déclaration de guerre du Canada fut faite le 10 septembre[2],[3].

La mobilisation des forces[modifier | modifier le code]

NCSM Saguenay

Ayant souffert de près de vingt années de négligence, les forces armées canadiennes étaient, en 1939, une petite organisation mal équipée et peu entraînée. En effet, durant l'entre-deux-guerres, le gouvernement fédéral voyait les forces armées comme un petit groupe de militaires professionnels dont le rôle était d'entraîner la milice et les autres forces non professionnelles[4]. En fait, la force permanente de l'armée canadienne était composée de moins de 4 000 soldats en 1931[5].

L'équipement moderne était rare au sein de l'armée et le budget alloué à la défense par le gouvernement fut extrêmement réduit durant la Grande Dépression[6]. Les tentatives de modernisation de l'équipement avaient commencé à la fin des années 1930, mais l'achat de matériel fut lent[7]. De son côté, la Marine royale canadienne était principalement composée de deux destroyers de classe River, le NCSM Saguenay et le NCSM Skeena, acquis en 1931.

Bien que les deux destroyers fussent modernes, ils ne possédaient pas la technologie moderne comme l'asdic et le radar. À la fin des années 1930, le gouvernement canadien acheta cinq destroyers à la Royal Navy du Royaume-Uni. La marine était organisée en une force professionnelle comprenant environ 1 900 marins à la fin des années 1930 et deux forces auxiliaires : la Réserve de la Marine royale canadienne et la Réserve volontaire de la Marine royale canadienne[8].

La force aérienne canadienne était sous le commandement de l'armée jusqu'en décembre 1938 et servait principalement des intérêts civils dans les années 1920 et le début des années 1930. Elle était alors composée d'un personnel de moins de 1 000 hommes et ses aéronefs étaient obsolètes. En 1939, le gouvernement acheta vingt Hawker Hurricane I au Royaume-Uni[9].

Néanmoins, les forces armées canadiennes étaient déjà en alerte à la suite de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France le 3 septembre 1939 avant même que le Canada n'entre officiellement en guerre une semaine plus tard, le 10 septembre[2]. À ce moment, la force permanente comprenait 4 268 hommes et la milice en comprenait 86 308[7]. Aucune réelle planification militaire ni même de décision quant à la taille du contingent canadien n'avaient été faites avant la déclaration[7]. Le recrutement massif commença dès la déclaration et ce furent 58 337 hommes et femmes qui s'engagèrent à servir au cours du mois de septembre 1939[3].

Les premières campagnes[modifier | modifier le code]

Fusilier canadien

Entre la chute de la France en et l'invasion allemande par l'URSS en , le Canada fournit aux Britanniques les besoins urgents en nourriture, armes et matériel de guerre à l'aide de convois maritimes et le transport aérien, ainsi que les pilotes et les avions qui combattirent lors de la Bataille d'Angleterre et le Blitz. Si l'invasion de la Grande-Bretagne par l'Allemagne avait eu lieu en 1941, les unités connues plus tard comme le 1er Corps canadien auraient déjà été déployées entre la Manche et Londres pour y répondre.

Soldats canadiens en Angleterre armés de Thompson en 1942.

À partir de 1939 jusqu'à la fin de la guerre en Europe en , la Marine royale du Canada et la Marine marchande canadienne jouèrent un rôle particulièrement vital dans la seconde bataille de l'Atlantique.

Le Canada fut le lieu principal du plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique (BCAT)[10], qui demeure le principal programme de formation de l'armée de l'air dans l'histoire.

Plus de 167 000 membres du personnel du Commonwealth des forces aériennes, dont plus de 50 000 pilotes, furent formés dans les bases aériennes au Canada de 1940 à 1945. Plus de la moitié des diplômés BCAT étaient des Canadiens qui allèrent servir avec l'Aviation royale du Canada (ARC) et la Royal Air Force (RAF). Un des six commandement des forces de bombardement de l'armée de l'air royale britanniques des unités aériennes en Europe était canadien.

Ben Weider avec son fusil en 1942

Les soldats de l'armée Canadienne combattirent dans la Bataille de Hong Kong en 1941 contre les Japonais et au désastreux débarquement de Dieppe de 1942, alors que la 2e Division d'infanterie canadienne appuyée par des commandos britanniques et une petite unité de rangers américains effectuaient une tentative ratée de débarquement dans le port français de Dieppe.

Les troupes canadiennes participèrent à la campagne d'Afrique du Nord. Au début de la guerre, les troupes japonaises avaient envahi l'Alaska. L'Armée de l'air canadienne effectua des patrouilles anti-sous-marines contre les Japonais tandis que sur terre, les troupes canadiennes combattirent côte à côte avec les troupes américaines contre les Japonais. Finalement, les Japonais furent repoussés.

Après la campagne d'Afrique, des soldats canadiens participèrent aux débarquements de 1943 lors de l'invasion alliée de la Sicile et de l'Italie continentale, puis combattirent à travers la longue campagne d'Italie. Bon nombre des premiers soldats alliés à entrer dans Rome étaient des commandos canadiens du 1er Détachement du service spécial.

Les Canadiens apportèrent une forte contribution tout au long de la campagne lors de la prise de la ville d'Ortona et jouèrent un rôle crucial pour briser la Ligne gothique. Au cours de la campagne d'Italie, plus de 25 000 soldats canadiens furent tués.

Les escadrons de l'Aviation royale du Canada et les pilotes canadiens engagés dans la Royal Air Force britannique combattirent avec distinction aux commandes de Spitfire et de Hurricane au cours de la Bataille d'Angleterre. Au , il y avait assez de bombardiers de l'ARC et d'équipes en Grande-Bretagne pour former le 6e Groupe ARC (en), un des huit groupes de bombardiers dans la Royal Air Force Bomber Command[11].

Le débarquement de Dieppe[modifier | modifier le code]

Un véhicule de reconnaissance abandonné après l'échec du débarquement de Dieppe
Article détaillé : Débarquement de Dieppe.

Le débarquement de Dieppe (opération Jubilee) du eut pour mission de faire débarquer une grande force d'assaut combinée de près de 5 000 soldats de la 2e Division d'infanterie canadienne et 1 000 commandos britanniques sur la côte de la France avant l'invasion de la Normandie de juin 1944. En dépit de l'appui aérien de chasseurs et de bombardiers alliés, et d'une flotte de 237 navires et péniches de débarquement, le raid fut un désastre.

Il fournit cependant de précieuses informations à propos de l'absolue nécessité d'une communication étroite entre les unités lors des opérations combinées.

Sur près de 6 000 soldats (composé principalement de Canadiens) qui prirent part au débarquement, plus d'un millier furent tués et 2 340 furent capturés par les Allemands.

Deux Canadiens ont été honorés de la Croix de Victoria pour leurs actions, le lieutenant-colonel "Cec" Merritt (en) du South Saskatchewan Regiment et le capitaine honoraire John Foote (en) du Royal Hamilton Light Infantry.

La valeur du raid sur Dieppe est un sujet de controverse, certains historiens pensent que c'est en grande partie à cause de Dieppe que les Alliés ont décidé de ne pas tenter un assaut sur un port de mer pour leur première invasion de l'Europe de l'Ouest occupée. D'autres ont fait le point sur le grand nombre d'opérations amphibies, avant et après Dieppe, comme une preuve que rien de nouveau n'y a été appris.

L'occupation de Terre-Neuve[modifier | modifier le code]

En 1939, L. E. Emerson (en) a été le commissaire de la défense pour Terre-Neuve-et-Labrador. Winston Churchill l'a chargé de coopérer avec le Canada et de se conformer à une « invasion amicale ». Le roi et la monarchie canadienne conseilla à Mackenzie King d'effectuer cette occupation. En mars 1942, le commissaire Emerson a restructuré les organismes officiels, tels que le Aircraft Detection Corps Newfoundland (en), et les ont intégrés dans des unités canadiennes, comme le Aircraft Identity Corps (en).

L'armée britannique a rassemblé deux unités à Terre-Neuve pour le service outre-mer: Le 59e et le 166e Field Artillery (artillerie de campagne). Le 59e servit dans le nord de l'Europe, la 166e servit en Italie et Afrique du Nord. Le régiment de Terre-Neuve a également été rassemblé, mais n'a jamais été déployé à l'étranger. L'escadron no. 125 de la RAF (Terre-Neuve) servit en Angleterre et au Pays de Galles, et a fourni un appui pendant le Jour J : l'escadron a été dissous le [12].

Plusieurs régiments canadiens ont été envoyés en garnison à Terre-Neuve pendant la Seconde Guerre mondiale : le régiment le plus célèbre fut le Royal Rifles of Canada (en) qui était stationné à Cape Spear, avant d'être expédié vers Hong Kong. En juillet 1941, le Prince Edward Island Highlanders (en) arrive pour le remplacer. En 1941 et 1942, le Lincoln and Welland Regiment a été affecté à l'aéroport international de Gander puis à Saint-Jean.

L'Armée canadienne a construit une forteresse en béton au Cap d'Espoir avec plusieurs pièces lourdes pour dissuader les raids navals allemands. D'autres forts ont été construits surplombant le port de St. John's. L'arsenal et les bunkers ont été positionnés dans les South Side Hills et des grillages anti-torpilles ont été installés à l'embouchure du port. Des canons ont été érigés sur Bell Island (en) afin de protéger la marine marchande contre les attaques des sous-marins et des canons ont été positionnés à Rigolette pour protéger Goose Bay.

Tous les soldats canadiens affectés à Terre-Neuve de 1939 à 1945 ont reçu une boucle en argent à leur médaille canadienne du volontaire (en) pour le service outre-mer. Parce que le Canada, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont tous publié leurs propres médailles pour services volontaires, le gouvernement de Terre-Neuve a frappé sa propre médaille pour services bénévoles en 1978. La Médaille du volontaire de Terre-Neuve a été attribué seulement aux Terre-Neuviens qui ont servi outre-mer dans les forces du Commonwealth, mais n'ont pas reçu de médaille de service bénévole. La médaille est en bronze ; sur son avers est placé une couronne et un caribou ; sur son revers est positionné Britannia et deux lions.

Attaques des eaux canadiennes et du territoire[modifier | modifier le code]

Kiosque du sous-marin allemand U-190, où l'on peut voir le schnorkel et le pavillon blanc flottant au-dessus du drapeau de la Kriegsmarine. St. John's (Terre-Neuve)

Les sous-marins de l'Axe ont opéré en eaux canadiennes et à Terre-Neuve pendant la guerre. Ils ont coulé beaucoup d'unités navales et de navires marchands. Deux attaques importantes ont eu lieu en 1942, lorsque des sous-marins allemands ont attaqué quatre transporteurs de minerais alliés à l'île Bell, dans le dominion de Terre-Neuve. Le navire cargo SS Saganaga et le SS Lord Strathcona ont été coulés par le U-513 le , tandis que le SS Rosecastle et le PLM 27 ont été coulés par le U-518 le avec la perte de 69 vies. Lorsque le sous-marin a tiré une torpille sur le quai de chargement, l'île Bell est devenu le seul endroit en Amérique du Nord à être soumis à une attaque directe par les forces allemandes lors de la Seconde Guerre mondiale. Des U-Boat ont aussi été retrouvés dans le fleuve Saint-Laurent, au cours de la nuit du , le traversier du Newfoundland Railway, le SS Caribou (en) a été torpillé par le U-69 et fut coulé dans le détroit de Cabot avec la perte de 137 vies.

L' Esquimalt se fait torpiller par le U-190, qui sombre avec huit membres d'équipage. Il a coulé si rapidement (4 minutes) qu'aucun signal de détresse n'a été envoyé, et personne ne sait rien du naufrage jusqu'à environ huit heures plus tard, lorsque le NCSM Sarnia découvre pour la première fois les survivants. Pendant ce délai, 44 membres d'équipage sont morts de froid, n'en laissant que 26 encore en vie. Il est le dernier navire canadien à être perdu à la suite d'une action de l'ennemi pendant la Deuxième Guerre mondiale. L'U-190 reçut l'ordre le 8 mai du Führer Karl Dönitz de se rendre. Le sous-marin va alors à la rencontre de corvettes de la Marine royale canadienne à environ 500 milles nautiques au large du Cap Race, à Terre-Neuve, le 11 mai. L'Oberleutnant Reith signe un document de reddition inconditionnelle, et est fait prisonnier avec son équipage. Avec le drapeau blanc volant à son mât, l'U-190 est appareillé, sous le commandement du lieutenant F.S. Burbidge à Bay Bulls, Terre-Neuve, le 14 mai. L'équipage allemand est fait prisonnier de guerre, puis est transféré à Halifax.

La partie continentale canadienne a aussi été attaqués alors que le sous-marin I-26 de l'Empire du Japon a effectué des tirs d'artillerie sur le Phare d'Estevan Point sur l'Île de Vancouver le . Des ballons bombes ont également été lancés vers le Canada, certains sont arrivés en Colombie-Britannique et les autres provinces de l'ouest.

Exil de la famille royale des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Le famille royale des Pays-Bas a déménagé à Ottawa jusqu'à ce que les Pays-Bas soient libérés. En 1944-45, la 1re Armée canadienne a été chargée de libérer une grande partie des Pays-Bas de l'occupation allemande. La reine Wilhelmine des Pays-Bas, la princesse Juliana des Pays-Bas, la seule descendante et héritière du trône d'alors, et ses deux filles, Beatrix et Irene, ont cherché refuge au Canada durant la guerre. Pendant le séjour de la princesse Juliana au Canada, les préparations ont été effectuées pour la naissance de son troisième enfant. Afin d'assurer la citoyenneté néerlandaise de ce bébé royal, le Parlement canadien a adopté une loi spéciale déclarant la suite de la princesse à l'hôpital d'Ottawa « extraterritoriale ». Le , la Princesse Margriet des Pays-Bas est née. Le jour après la naissance, le drapeau néerlandais a été déployé sur la Tour de la Paix. Ce fut le seul moment où un drapeau étranger a été agité au sommet d'édifices du Parlement canadien.

En 1945, le peuple des Pays-Bas a envoyé 100 000 bulbes de tulipes cueillies à la main comme cadeau d'après guerre pour le rôle joué par les soldats canadiens à la libération des Pays-Bas. Ces tulipes ont été plantées sur la colline du Parlement et le long de la promenade Reine-Élizabeth (en).

La princesse Juliana était si heureuse de l'importance accordée au don qu'en 1946, elle a décidé d'envoyer un don personnel de 20 000 bulbes de tulipes pour montrer sa reconnaissance pour l'hospitalité reçue à Ottawa. Le don fait partie d'un legs permanent. Depuis, les tulipes se sont multipliés à Ottawa comme un symbole de paix, de liberté et d'amitié internationale. Chaque année, la capitale du Canada reçoit 10 000 bulbes de la famille royale néerlandaise.

L'invasion de l'Europe[modifier | modifier le code]

Les Forces canadiennes en Italie avançant de la Ligne Gustave à la Ligne Hitler
Des véhicules amphibies Buffalo transportant les troupes de la 1re Armée canadienne pendant la bataille de l'Escaut en Belgique en septembre 1944.

La 1re Division d'infanterie canadienne et la 1re Brigade blindée canadienne ont participé au débarquement allié en Sicile lors de l'opération Husky le et également au débarquement allié en Italie lors de l'opération Avalanche le . La participation canadienne en Sicile et les campagnes de l'Italie ont été rendues possible après que le gouvernement a décidé de diviser la 1re Armée canadienne qui était inactive en Grande-Bretagne. La pression du public qui demande aux troupes canadiennes de commencer la lutte le contraint à bouger avant l'invasion attendue du nord-est de l'Europe[13]. Les soldats ont combattu pendant toute la longue et difficile campagne d'Italie jusqu'au rapatriement au nord-ouest de l'Europe en février et mars 1945, lors de l'opération Goldflake (en). À cette époque, la contribution canadienne au théâtre italien avait été agrandie pour inclure le quartier général du 1er Corps canadien, la 1re Division d'infanterie canadienne, la 5e Division blindée canadienne et la 1re Brigade blindée canadienne, ce dernier possédant un statut indépendant. Trois Croix de Victoria ont été attribués aux troupes de l'Armée canadienne en Italie, le capitaine Paul Triquet du Royal 22e Régiment, le soldat Ernest Smith (en) du Seaforth Highlanders of Canada (en) et le major John Keefer Mahony (en) du Royal Westminster Regiment (en). Les batailles célèbres en Italie furent notamment la campagne de la rivière Moro, la bataille d'Ortona (en) et les batailles pour briser la Ligne Hitler.

Le , la 3e Division d'infanterie canadienne débarque sur Juno Beach lors du Débarquement de Normandie, faisant partie de l'opération Overlord, et subira 50 % de pertes pendant les premières heures de l'attaque. À la fin du Jour J, les Canadiens avaient réussi à pénétrer plus profondément dans les terres de la France que les Britanniques et les Américains, en surmontant une résistance plus forte que n'importe laquelle des autres têtes de pont à l'exception d'Omaha Beach. Pendant le premier mois de la campagne de Normandie, les Canadiens, les Britanniques et Polonais ont été combattus par une partie des troupes allemandes les mieux formées et expérimentées, dont la 1re division SS, la 12e division SS et la Panzer Lehr Division. Plusieurs opérations coûteuses ont été organisées par les Canadiens pour permettre de se frayer un chemin d'accès vers le pivot de la ville de Caen, puis au sud vers Falaise. Les troupes canadiennes ont joué un rôle important dans la libération de Paris. Trois Croix de Victoria ont été offertes aux Canadiens en Europe de l'Ouest : le major David Vivian Currie (en) du South Alberta Regiment (en) a obtenu la Croix de Victoria pour ses actions à Saint-Lambert-sur-Dive, le capitaine Frederick Albert Tilston du Essex Scottish Regiment (en) et le sergent Aubrey Cosens (en) du Queen's Own Rifles of Canada (en) ont été récompensés pour leur service dans les combats de Rhénanie en 1945, ce dernier à titre posthume.

L'une des contributions canadiennes les plus importantes a été la bataille de l'Escaut, impliquant le 2e Corps canadien. Le Corps comprend la 2e Division d'infanterie canadienne, la 3e Division d'infanterie canadienne et la 4e Division blindée canadienne (en). Bien qu'étant une formation canadienne, le corps comprenait la 1re division blindée polonaise, la brigade Piron belge, la brigade Princesse Irène néerlandaise et la 51e division d'infanterie britannique.

Les Britanniques avaient libéré Anvers, mais ce port ne pouvait pas être utilisé jusqu'à ce que les Allemands soient chassés de l'estuaire fortifié de l'Escaut. En quelques semaines d'intenses combats à l'automne 1944, les Canadiens ont réussi à vaincre les Allemands dans cette région. Les Canadiens ont alors tourné vers l'est et ont joué un rôle central dans la libération des Pays-Bas.

Le Canada pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Article connexe : If Day.

Un des apports majeurs du Canada à l'effort de guerre des Alliés a été le plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, le plus grand programme de formation de l'armée de l'air de l'histoire. 131 553 membres d'équipage de la Force aérienne, y compris 49 808 pilotes ont été formés dans des bases aériennes au Canada depuis octobre 1940 jusqu'à mars 1945[14].

Cet effort a créé des difficultés politiques au Canada. Toutefois, la finesse politique de Mackenzie King, combinée avec une sensibilité militaire beaucoup plus grande aux bénévoles du Québec a entraîné une crise de la conscription qui a été mineure comparée à celle de la Première Guerre mondiale. Les volontaires canadiens-français étaient à l'avant et au centre du conflit, dans leurs propres unités, tout au long de la guerre, mis en évidence par les actions de Dieppe (Les Fusiliers Mont-Royal, Royal Regiment of Canada), Italie (Royal 22e Régiment), les plages de Normandie (Régiment de la Chaudière), la poussée en Hollande (Régiment de Maisonneuve), et dans la campagne de bombardement en Allemagne (425e Escadron).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) A.R. Byers, The Canadian at War 1939/45, 2nd ed., Montreal, The Reader's Digest Association (Canada) Ltd.,‎ 1986 (ISBN 0-8885-0145-5)
  • C.P. Stacey (trad. Bureau de traduction de l'Armée), L'Armée canadienne, 1939 - 1945, Résumé historique officiel, Ottawa, Sa Majesté la Reine du chef du Canada,‎ 1949 (lire en ligne)
  • (en) C.P. Stacey, Official history of the Canadian Army in the Second World War, Vol III The Victory Campaign, The Operations in Northwest Europe 1944-1945, Ottawa, Queen's Printer,‎ 1960
  • (en) David J. Bercuson, Maple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, Stoddart Publishing,‎ 1995, 316 p. (ISBN 0-7737-2861-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) G.W.L. Nicholson, Official history of the Canadian Army in the Second World War, Vol II The Canadians in Italy, 1943-1945, Ottawa, Queen's Printer,‎ 1956
  • Gouvernement du Canada Anciens Combattants, La bataille de l'Atlantique, Ottawa, Sa Majesté la Reine du Canada représentée par le ministre des Anciens Combattants,‎ 1998, 48 p. (ISBN 0-662-63521-3)
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Liens externes[modifier | modifier le code]