Partisans soviétiques

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Partisans soviétiques
Période 1941
Pays Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Allégeance Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Type armée irrégulière
Rôle sur les arrières allemands
Fait partie de Armée rouge
Composée de Partisans biélorusses, partisans ukrainiens
Commandant Stavka

Les partisans soviétiques faisaient partie d'un mouvement de résistance. Ces partisans menèrent une guerre de guérilla contre les forces d'occupation de l'Axe en Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Les objectifs étaient militaires.

Le mouvement était coordonné et contrôlé par le gouvernement de l'Union soviétique sur le modèle de l'Armée rouge. Les objectifs primaires de la guerre de guérilla étaient une organisation d'unités de partisans pour désorganiser les arrières du front est allemand, spécialement les communications routières et ferroviaires.

De 1940 à 1944, l'Allemagne hitlérienne domine le continent européen. Hitler veut modeler autour du grand Reich germanique (Grossdeutschland) une Europe inféodée, lui cédant ses richesses humaines et économiques. Mais la nazification de l'Europe se heurte dans tous les pays occupés à des actes de résistance, qui vont s'amplifier avec le durcissement des conditions d'occupation et l'amélioration de l'organisation des réseaux de résistants.

Affiche noire, blanche et rouge, montrant un saboteur.
Acclamons les partisans héroïques qui ont détruit les arrières fascistes

Création de la résistance soviétique anti-allemande[modifier | modifier le code]

Le programme de la guerre de partisans était souligné par le Congrès des Commissaires du Peuple Soviétique et les directives du Parti communiste de l'Union soviétique[1] émises le 29 juillet 1941 et dans les documents suivants. Les détachements de partisans et les groupes de diversion furent créés dans les territoires occupés par l'Allemagne pour s'attaquer aux routes et télécommunications, tuer du personnel allemands et détruire des ressources précieuses. Joseph Staline, dans son discours radiodiffusé du 3 août 1941, réitéra les directives et les ordres au peuple. Adolf Hitler, en se référant à ce discours le 16 août, souligna qu'il déclarait que la guerre de partisans sur les arrières des allemands avait, certes, ses avantages, mais qu'elle lui fournissait une excuse pour détruire tout ce qui s'opposerait aux Allemands".

Les premiers détachements de partisans consistaient en personnel de l'Armée rouge et en personnel recruté parmi les communistes des populations locales, commandés par des officiers de l'Armée rouge ou par des militants communistes locaux. Ils se formèrent dans les premiers jours de la guerre, incluant le détachement Starasyel'ski du major Doronykh dans le district de la Zhabinka (23 juin 1941)[2], le détachement de Pinsk de Vasily Korzh le 26 juin 1941[3]. Les premières décorations de Héros de l'Union soviétique furent décernées le 6 août 1941 (commandants de détachement Pavlovskiy and Bumazhkov).

En 1941[modifier | modifier le code]

En 1941, le noyau de la base sociale du mouvement des partisans étaient les restes des unités de l'Armée rouge détruites dans les premières phase de l'opération Barbarossa, du personnel des bataillons de destruction soviétiques, des partis communistes locaux et des militants du Komsomol. L'unité la plus fréquente était alors le détachement.

Les détachements de partisans, diversion et organisationnels « racines » furent formés et parachutés dans les territoires occupés pendant l'été 1941. Les groupes clandestins urbains furent formés comme forces complémentaires des activités de partisans, opérant dans des zones rurales. Le réseau des structures clandestines fut activement développé dans les territoires occupés par l'Allemagne et reçu un flux important de militants du parti. Vers la fin de 1941, plus de 2 000 détachements de partisans (avec plus de 90 000 personnes) opérèrent en territoires occupés par les Allemands[4],[5].

En 1942[modifier | modifier le code]

L'activité des forces de partisans n'était ni coordonnée ni ravitaillée depuis un centre jusqu'au printemps 1942. Pour coordonner les opérations de partisans, fut créé le 30 mai 1942 un quartier général du mouvement des partisans, avec à sa tête Panteleimon Ponomarenko (chef d'état-major) et comme commandant Kliment Vorochilov. L'état-major avait son réseau avec un officier de liaison au Conseil militaire des fronts (armée soviétique) et formations de l'armée soviétique. Les états-majors territoriaux étaient ensuite créés, en liaison avec les mouvements partisans des républiques soviétiques respectives et des provinces occupées de l'URSS[6].

Au début de l'Opération Barbarossa, certaines populations ukrainiennes et biélorusses accueillirent les Allemands comme la fin de la répression soviétique stalinienne. Mais ils déchantèrent bien vite, trouvant l'occupation nazie encore plus brutale[7].

Les forces d'occupation déportèrent la population en âge de travailler pour le Troisième Reich pour servir de travailleurs esclaves, pillèrent et appliquèrent des châtiments arbitraires pour la moindre infraction, allant jusqu'à brûler des villages entiers avec leur population (par exemple, Khatyn). Bien des populations locales rejoignirent la résistance anti-nazie et un grand nombre de gens devinrent des soutiens passifs des partisans.

Forces spéciales[modifier | modifier le code]

Selon le Centre d'études et de recherches sur les conflits (en) :

« Lavrenti Beria, un des plus proches collaborateurs de Staline, signa un ordre établissant un groupe armé spécial du NKVD. Au début d'octobre 1941, le groupe était converti en un groupe de forces à but spécial et autonome, une brigade de fusilliers du NKVD (Otdelnaya Motostrelkovaya Brigada Osobogo Naznaacheniya – OMSBON) qui comprenait deux régiments de fusilliers motorisés, quatre compagnies autonomes, un détachement de reconnaissance-sabotage et une école de commandement de cadets et de spécialistes. La brigade comptait 10 500 personnes. Ses tâches principales étaient :

  • l'appui à l'Armée rouge,
  • l'assistance au développement de mouvements de guerilla de masse,
  • la conduite de toutes les formes d'espionnage, et
  • les opérations de.[précision nécessaire] »

— traduit d'après Henry Plater-Zyberk, septembre 2005[8]

Donc, le NKVD[9] commença l'entraînement des groupes (des forces spéciales ou Spetsnaz) destinées aux arrières et les parachutèrent dans les territoires occupés par les Allemands. Les candidats pour ces groupes étaient choisis parmi les volontaires de l'Armée rouge régulière, des unités du NKVD et aussi parmi les sportifs soviétiques. Quand ils étaient ainsi parachutés, les groupes avaient pour mission d'organiser et de guider les unités de partisans locaux déjà établis. Des opérateurs radio et des officiers de renseignement étaient les membres essentiels de chaque groupe, les combattants « amateurs » n'étaient pas jugés fiables pour ces tâches. Quelques commandants de ces unités spéciales, comme Dmitry Nikolaevich Medvedev, devinrent plus tard des dirigeants très connus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Zones d'opérations[modifier | modifier le code]

Biélorussie[modifier | modifier le code]

Les autorités soviétiques considéraient la Biélorussie comme importante pour le développement de la guerre de partisans depuis leur début. Les facteurs principaux étaient sa géographie avec d'importantes forêts denses ainsi que des marécages ainsi que sa position stratégique sur des lignes de communication allant de Moscou à l'ouest. En fait, les autorités communistes biélorusses dans les provinces de l'est commencèrent à organiser et à faciliter l'organisation d'unités de partisans dans les jours qui suivirent la première directive qui fut émise (directives no 1 du 30 juillet 1941 et no 2 du 1er juillet 1941)[réf. nécessaire].

Selon des estimations, en août 1941 environ 231 détachements opéraient comme unités « semences », formées et insérées en Biélorussie, atteignant 437 à la fin de 1941, comprenant plus de 7 200 personnes[10]. Cependant, plus la ligne de front s'éloignait, plus les ressources s'épuisaient et il n'y avait pas de soutien à grande échelle depuis le front jusqu'en mars 1942. Une des difficultés particulières était le manque de communications radio qui dura jusqu'en avril 1942. Les unités de partisans manquaient aussi du soutien des populations locales[11]. Pour différentes raisons, les unités de partisans en Biélorussie étaient virtuellement livrées à leurs propres ressources, spécialement difficiles durant l'hiver de 1941-1942, avec de sévères restrictions en munitions, médicaments et fournitures. Les actions des partisans en furent généralement désordonnées.

Les opérations allemandes de pacification en été et automne 1941 furent capables de réduire les activités des partisans de manière significative. Plusieurs unités devinrent clandestines et généralement, fin 1941 au début 1942, elles n'entreprirent pas d'opérations militaires significatives. Elle se limitèrent en triant les problèmes organisationnels, construisant une logistique et renforçant leur influence sur les populations locales[11]. Bien que les données soient incomplètes, à la fin de 1941, 99 détachements de partisans et environ 100 groupes de partisans étaient connus comme ayant opéré en Bélarus[12]. Pendant l'hiver 1941-1942, 50 détachements de partisans et seulement 50 organisations clandestines et groupes opérèrent en Biélorussie[13],[14]. Pendant le mois de décembre 1941, les forces de sécurité allemandes des arrières du groupe d'armées centre comprenaient quatre divisions de sécurité, la 1re brigade d'infanterie SS (en), 2e brigade d'infanterie SS (en), et 260 compagnies de différentes banches des services[15].

La bataille de Moscou stimula le moral des partisans. Néanmoins, le tournant du développement du mouvement en Biélorussie, et dans les territoires occupés par les Allemands en général, survint au cours de l'offensive soviétique d'hiver en 1943.[réf. souhaitée]

Couloir de Vitsyebsk et Biélorussie ouest[modifier | modifier le code]

Article détaillé : couloir de Vitebsk.
Article connexe : Offensive Vitebsk–Orsha.

Vitsyebsk en Bielorussie ou Vitebsk est une ville du Nord-est de la Biélorussie. Le virage du développement du mouvement des partisans fut l'ouverture du couloir de Vitebsk, un corridor entre l'Union soviétique et les territoires occupés par les Allemands, en février 1942. Les unités de partisans furent incluses dans le développement d'une stratégie d'ensemble peu de temps après, et un soutien centralisé, organisationnel et logistique fut installé. L'existence de ce ce couloir était un facteur important d'assistance aux détachements opérant en territoires occupés. Au tout début du printemps 1942, les partisans étaient capables de saper les troupes allemandes et d'entraver leurs opérations dans la région.

À une écrasante majorité les juifs et même de petits groupes d'activistes se sentaient plus en sécurité dans les rangs des partisans que dans la vie civile dans les territoires occupés. Une impulsion directe au nombre des partisans vint des prisonniers de guerre de l'Armée rouge originaires de la région, qui furent relâchés en automne 1941 et reçurent l'ordre de retourner dans les camps de concentration en mars 1942[15].

Au printemps 1942, la concentration de détachements en brigades commença, encouragé par l'expérience de la première année de guerre. La coordination, la croissance numérique, le remaniement structurel et l'établissement de lignes de ravitaillement traduisaient la capacité croissante de des partisans, ce qui se concrétisait par des actions croissantes de sabotage des lignes ferroviaires, avec des centaines de machines et de voitures détruites à la fin de l'année[16].

En 1942, les campagnes de terreur contre l'administration territoriale, composée de « collaborateurs et traitres » furent, de plus, intensifiée[17]. Le résultat fut, cependant, une coupure entre la population civile, résultat du début de l'organisation d'unités anti-partisans composées d'indigènes en 1942. Néanmoins, en novembre 1942, les unités de partisans soviétiques atteignaient un effectif de 47 000 membres[15].

En janvier 1943, sur près de 56 000 partisans, 11 000 opéraient en Bélarus, soit 3,5 pour mille d'indigènes de moins que dans l'est, conséquences de mesures plus efficaces d'évacuation dans l'est en 1941[18]. Il y a une évidence forte que ceci était une décision des autorités soviétiques centrales, lesquelles freinaient une grande accumulation de forces de partisans dans la Biélorussie de l'ouest, laissant les structures clandestines militaires se développer dans ces territoires en 1941-1942, de manière à renforcer les relations avec le Gouvernement polonais en exil de Sikorski[19]. Un certain niveau de coopération, imposé par le QG, fut constaté entre les partisans soviétiques et l'Armia Krajowa (AK). Les personnes d'origine polonaise furent épargnées pendant la campagne de terreur de 1942[20]. Après la rupture des relations entre l'URSS et le Gouvernement polonais en exil, la situation changea radicalement. À partir de ce moment, l'Armia Krajowa (AK) fut traitée comme une force militaire hostile.

1943-1944[modifier | modifier le code]

Partisans biélorusses dans la forêt près de Polotsk, RSS de Biélorussie septembre 1943.
Partisans soviétiques sur la route en Bélarus, 1944.

La constitution des unités de partisans partisans soviétiques dans l'ouest de la Biélorussie était ordonnée et mise en place pendant l'année 1943, avec neuf brigades, 10 détachements et 15 groupes opérationnels, transférés de l'est vers l'ouest, triplant effectivement les forces de partisans (atteignant 10 000-12 000 personnes transférées et le même nombre venant de volontaires locaux). La construction de la force militaire fut complétée par l'intensification des structures du Parti communiste et des activités de propagande[21].

La victoire soviétique de la bataille de Stalingrad, une diminution de la campagne de terreur (de fait de décembre 1942, formellement permise en février 1943) et une amnistie promise aux collaborateurs qui souhaitaient revenir dans le camp soviétique furent des facteurs significatifs dans l'augmentation des forces de partisans. Des désertions dans les rangs de la police sous contrôle allemand et les formations militaires, renforcèrent les unités, avec parfois des détachements entiers arrivant dans le camp soviétique, y compris un bataillon de Tatars de la Volga (900 personnes, février 1943) et la 1re brigade SS Gil-Radionaov (2 500 personnes, août 1943). En tout, 7 000 personnes de différentes formations anti-soviétiques rejoignirent les partisans soviétiques, tandis que 1 900 spécialistes et officiers furent largués en Biélorussie occupée en 1943. Ce furent cependant des populations locales qui contribuèrent le plus à augmenter les forces de partisans soviétiques.

À l'automne 1943, les forces des partisans en RSS de Béliorussie comptaient environ 153 000 hommes et vers la fin de 1943, le nombre atteignait 122 000 avec au moins 30 000 mis sur la ligne de front au cours de la libération de la partie orientale de la RSS de Béliorussie (fin 1943). Le mouvement des partisans était si fort qu'en 1943-1944 il y avait des régions entières dans la Biélorussie occupée où les autorités soviétiques étaient ré-installées profondément dans les territoires tenus pas les Allemands. Il y avait même des kolkhozes faisant des récoltes et de l'élevage pour produire de la nourriture destinée aux partisans[22].

Pendant la période 1941-1944, le nombre total de partisans en Biélorussie atteignit 374 000, dont au moins 70 000 dans le maquis urbain et autour de 4 000 000 dans les réserves.[réf. nécessaire] Parmi les artisans soviétiques en Biélorussie, on trouvait des gens de 45 nationalités différentes et 4 000 citoyens non-soviétiques (y compris 3 000 Polonais, 400 Tchécoslovaques, 300 Yougoslavesetc.). Autour de 65 % de partisans Biélorusses étaient des indigènes.

Influence sur la suite[modifier | modifier le code]

Le résultat fut éloquent à l'été 1944.

Selon l'historien Paul Carell :

« Les partisans jouèrent le premier acte. Dans la nuit du 19 au 20 [juin 1944], l'arrière du front allemand fut l'objet de sabotages d'une envergure sans précédent. Le matin du 20, quinze mille explosions paralysèrent toutes les communications ferroviaires du Dniepr à l'ouest de Minsk. Tous les ponts importants sautèrent dans la nuit. À certains endroits, le ravitaillement fut bloqué pendant plus de 24 heures… l'ensemble des transports du groupe d'armée Centre fut comme frappé à mort. »

— Paul CARELL, 1970-3, p. 253

La situation créée par ces sabotages était grave, les gares étaient bloquées[23] ; le ravitaillement n'arrivait plus.

Ukraine[modifier | modifier le code]

Membres du détachement de partisans Sydir Kovpak

Aux côtés de la Biélorussie, l'Ukraine fut la première et la plus durement touchée par l'invasion de l'Axe en Union soviétique, en été et automne 1941. Ses conséquences pour la région et la population encore sous occupation furent dévastatrices. Le régime Nazi fit peu d'efforts pour exploiter le sentiment anti-soviétique parmi les Ukrainiens qui avaient subi des années de persécutions soviétiques pendant des années de lois soviétiques.

Russes « Chasseurs de partisans » anti-soviétiques, 1942

Malgré le fait que quelques Ukrainiens de l'ouest accueillirent initialement les Allemands, les dirigeants nazis choisirent une ligne dure, préservant le système de fermes collectives, déportant les populations locales vers la Grande Allemagne, comme main d'œuvre forcée et entreprenant solution finale (holocauste) sur le territoire de l'Ukraine. Dans ces circonstances, la plupart des populations résistèrent aux pressions nazies et le mouvement s'étendit sur tout le territoire occupé[24].

Les premiers détachements de partisans soviétiques en Ukraine apparurent dans les égions de Tchernihiv et de Soumy. Ils se développèrent hors des groupes de maquis de Mykola Poupoudrenko et de Sydir Kovpak et devinrent une force formidable en 1943. À ce moment-là, ils étaient contrôlés et soutenus par le quartier général des partisans ukrainiens à Moscou, opérant à travers l'Ukraine (spécialement dans la partie nord-est), rassemblant plus de 150 000 combattants.[citation nécessaire] En 1944, les partisans dirigés par Kovpak et Vershigora étaient capables d'effectuer des raids sur les forces ennemies de l'Axe en Roumanie, Slovaquie et Pologne. Malgré le fait que les partisans soviétiques étaient officiellement hostiles aux nationalistes indépendantistes de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), les commandants locaux des partisans établirent des relations de neutralité avec ces groupes. Cependant, en 1941-1942 et après 1943, les deux parties s'employèrent à se détruire mutuellement. Les partisans soviétiques ciblèrent les familles, les assistants et les sympathisants des membres ukrainiens de la division SS Galicie[réf. nécessaire].

Russie[modifier | modifier le code]

Estonie, Lettonie et Lituanie[modifier | modifier le code]

Finlande et Karélie[modifier | modifier le code]

Opérations majeures[modifier | modifier le code]

Les partisans prennent position dans un village pour détourner une expédition punitive allemande.
  • Raid Vasily Korzh, automne 1941 au 23 mars 1942. 1 000 km (621,371192 mi) raid d'une formation de partisans l'Oblast (région) de Minsk et Pinsk en Bélarus.
  • Bataille des forêts de Bryansk, may 1942. Bataille de partisans contre une expédition punitive nazie qui comprenait cinq divisons d'infanterie, de la police militaire, 120 chars et de l'aviation[25].

Controverses[modifier | modifier le code]

Nature des activités de partisans[modifier | modifier le code]

Bien que le Front Est ait été connu pour sa cruauté contre les prisonniers de guerre et les ennemis en général, les activités des partisans étaient considérées comme ayant aggravé ces situations. Les activités de résistance des partisans consistaient en assassinats, pose de bombes et sabotages des lignes de ravitaillement et autres infrastructures. Les Allemands répondaient sans merci envers toute personnes suspectée d'appartenir aux partisans et qu'ils pouvaient capturer (voir Macha Bruskina et autres victimes). Initialement, Hitler encouragea les repésailles de masse comme moyens de réduire la population des zones occupées et agrandir l'espace vital pour l'Allemagne.

Les plans principaux du Parti communiste soviétique comprenaient la provocation à l'égard des occupants allemands. Provoquer les Allemands n'était pas très difficile et ils répondaient à 100 pour 1 dans les proportions de morts, bien que ceci ait provoqué de nombreuses morts de civils et créé aussi une barrière entre occupants allemands et civils soviétiques occupés. Après une année et demie de guerre, il y avait très peu de neutralité et même peu de pro-nazis dans les villages soviétiques occupés. Les villageois comprenaient qu'il s'agissait d'une guerre d'extermination et que quoi qu'il arrive et qu'ils fassent, les Allemands seraient contre eux.[réf. nécessaire] Les partisans soviétiques étaient connus pour torturer et mutiler ceux qu'ils capturaient ou qui se rendaient[26]. Tout partisan capturé par les Allemands était certain de faire face à une mort certaine. Ces derniers pendaient en public ceux qu'ils considéraient comme partisans. Les images de pendaisons, spécialement celles qui concernent de jeunes garçons et filles étaient utilisées par la propagande dans les médias soviétiques pour enflammer l'Atmée rouge et le public soviétique qui avait longuement souffert. Allant dans ce sens, le discours de Staline "S'ils veulent une guerre d'extermination, nous leur donneront une guerre d'extermination" fut exaucé.

Relations avec les civils[modifier | modifier le code]

Exécution de partisans par des soldats allemands, septembre 1941

Pour survivre, les combattants de la résistance comptaient largement sur la population civile. Ceci comprenait la nourriture, les vêtements et autres fournitures. Cependant, dans les zones qu'ils contrôlaient, les opportunités de mener leur propre agriculture étaient limitées. Comme cela est typique en guérilla, les partisans soviétiques réquisitionnaient la nourriture, le bétail et les vêtements chez les paysans locaux ; dans quelques cas les fournitures étaient volontairement données, dans d'autres cas, il fallait agir de force. Les résultats menaient à des conflits avec les partisans dans les zones hostiles au pouvoir soviétique, la plupart dans les territoires annexés par l'Union soviétique en 1939-1941.

Parmi les cibles des partisans soviétiques il y avait non seulement mes militaires de l'Axe et leurs Collaborateurs non-allemands, mais aussi des civils accusés de ne pas soutenir fortement les partisans[27].

Représailles allemandes[modifier | modifier le code]

Pendant que le mouvement des partisans, dans quelques régions a grandement contribué à la défaite allemande sur le front de l'Est, quelques historiens arguent que le prix a été très lourd pour les populations civiles.

Les partisans ont souvent été accusés de provoquer des contre mesures brutales de la part des occupants nazis. Pour essayer de limiter les activités des partisans, le commandement allemand employa des tueries de masses d'otages parmi les habitants des zones soutenant les forces de partisans. Dans le cas d'attaques de partisans ou de sabotages, un nombre important d'habitants furent exécutés. De telles opérations survenaient avec des arrestations préliminaires, des attaques de représailles et des groupes d'observateurs forcés déployés sur des sites vulnérables qui étaient exécutés s'ils ne prévenaient des attaques des partisans. Dans la seule Biélorussie, les actions allemandes contre les partisans tuèrent environ 345 000 personnes, en majorité des civils[réf. nécessaire].

Selon des sources soviétiques[réf. nécessaire], les partisans essayèrent de limiter les exécutions d'otages et autres meurtres en représailles de leurs actions, en ciblant des zones inhabitées, en développant leur propre agriculture forestière et en évacuant la totalité des villages à risques. Cependant, quelques historiens pensent que de telles tentatives eurent peu d'effet.

L'activité des partisans et son effet sur les populations locales fut un sujet permanent de controverses parmi les partisans.

Juifs et partisans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partisans juifs.

Les partisans soviétiques n'étaient pas en position d'assurer la protection des Juifs dans l'Holocauste. Les juifs hommes valides étaient habituellement bienvenus chez les partisans, seulement avec leurs propres armes. Plus de 1 % des partisans soviétiques étaient Juifs. Dans la brigade Rowne, Alexander Abugox, commandant de l'unité dereconnaissance et le Dr Ehrlich, commandant des services médicaux, étaient juifs[28]. Des femmes juives, des enfants et des aînés n'étaient pas bienvenus. Éventuellement, cependant, des groupes séparés de groupes juifs, à la fois unités de guérilla et groupes familiaux mixtes de réfugiés, comme les partisans Bielski, étaient subordonnés au commandement des partisans communistes et considérés comme soviétiques actifs[27].

Conflits avec les mouvements nationalistes[modifier | modifier le code]

Il y avait des conflits entre les partisans soviétiques et des groupes désireux d'établir des régimes nationaliste dans les Pays baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie), en Biélorussie et en Ukraine. Quelques groupes de résistance dans les États baltes et en Pologue souhaitaient rétablir les régimes pré-1939.

Les partisans soviétiques sont cependant une voie controversée dans ces pays. En Lettonie, quelques partisans soviétiques antérieurs, comme Vasiliy Kononov ont été persécutés pour des crimes de guerre contre les populations locales pendant leurs activités de partisans soviétiques.

Relations avec ceux des États Baltes[modifier | modifier le code]

Répression stalinienne contre les anciens partisans[modifier | modifier le code]

Opérer à des milliers de kilomètres de la ligne de front, loin de l'autorité centrale, permit à quelques combattants de développer leurs propres idées qui, dans bien des cas, contestaient le système soviétique. L'Union soviétique voyait ces actions avec beaucoup d'hostilité, et après la libération du territoire, tous les combattants partisans eurent à subir des interrogatoires devant le NKVD. Bien que les populations locales étaient rarement soumises à des pressions politiques, quelques officiers en particulier furent arrêtés dans différents pays, un certain nombre finirent dans les camps de travail (goulag).

Quelques historiens disent que les réactions soviétiques contre les partisans de retour n'étaient pas meilleures que celles à l'encontre des prisonniers de guerre. Entre 1953 et 1956, des libérations massives, des réinsertions et des réhabilitations eurent lieu dans l'URSS poststalinienne[29].

Témoignages[modifier | modifier le code]

Soldats allemands (Feldgendarmerie) faisant halte près d'une zone occupée par les partisans

Les activités de partisans comprenaient la destruction des lignes ferroviaires, le recueil d'informations et, typiquement, de petites opérations tire et court. Avec l'extension des lignes de ravitaillement allemandes, les opérations des partisans sur les arrières du front pouvaient sévèrement désorganiser le flux de fournitures de l'armée qui opérait profondément en territoire soviétique.

Dans la seconde moitié de la guerre, des opérations majeures de partisan furent coordonnées avec les offensives soviétiques. Après la libération de parties du territoire soviétique les détachements de partisans rejoignaient l'armée régulière.

Les partisans étaient une force importante et nombreuse dans la guerre. Selon des sources soviétiques, de 90 000 partisans (y compris les clandestins) à la fin de 1941, ils passèrent à 220 000 en 1942, et à plus de 550 000 en 1943[30]. Les partisans soviétiques infligèrent des milliers de victimes aux forces de l'Axe. Dans la seule Biélorussie, les partisans affirmérent avoir tué quelques 500 000 soldats allemands[31]. Selon des sources allemandes, les historiens considèrent ces affirmations comme exagérées. Selon l'historien allemand Christian Gerlach, 6 000 à 7 000 hommes de troupe allemands furent tués par les partisans en Biélorussie, non compris les auxiliaires locaux[32].

Un général allemand parle[modifier | modifier le code]

Selon Basil H. Liddel Hart, nous avons un témoignage sur le résultat sur les troupes allemandes.

« Par ailleurs les guerillas semblent avoir été plus mordantes à l'arrière du front allemand dans le Nord, à tel point qu'en 1944 les Allemands ne pouvaient plus utiliser que les plus grandes routes pour acheminer leurs convois. Tippelskirch, dont la IVe armée fut isolée dans la région septentrionale du Dniepr par l'offensive russe de l'été 1944, me dit qu'il réussit à la dégager en faisant un détour au sud, vers les marais du Pripet, après le blocage de la ligne principale de retraite vers Minsk. Il utilisa des routes dont les Allemands ne se servaient plus depuis longtemps à cause du danger présenté par les partisans. Il ne restait pas un seul pont intact sur la route et je dus les réparer tous au cours de ma retraite. »

— Basil H. Liddel Hart, 2011[33]

Listes de partisans célèbres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Central Committee of the USSR Communist Party (Bolshevik).
  2. (HistBel-5) Гісторыя Беларусі: У 6 т. Т. 5. Беларусь у 1917—1945. — Мн.: Экаперспектыва, 2006. — 613 с.; іл. ISBN 985-469-149-7. p.492.
  3. (ru) Nik, « ПИНСК В ГОДЫ ВЕЛИКОЙ ОТЕЧЕСТВЕННОЙ… (Pinsk during the Great Patriotic…) », Istoria Pinska (History of Pinsk),‎ 2002 (consulté en 24 août 2006).
  4. Літвіноўскі І. А. (Litvinowski) Партызанскі рух у Вялікую Айчынную вайну 1941—1945 // Беларуская энцыклапедыя: У 18 т. Т. 12. — Мінск: БелЭн, 2001. — 560 с. p. 134. ISBN 985-11-0198-2 (т.12).
  5. NB: habituellement, les écrits soviétiques et post soviétiques du mouvement empruntèrent des données directeemnt ou indirectement aux livres de Ponomarenko (Пономаренко П.К. Партизанское движение в Великой Отечественной войне. М., 1943.) et de Volin (Волин Б.М. Всенародная партизанская война. М., 1942.), lesquels pouvaient intentionnellement exagèrer.
  6. Velikaïa Otetchestvennaïa Voïna, pp. 528-541.
  7. « Un aspect de la 2e guerre mondiale » (consulté le 19 mai 2012).
  8. voir bib. Henry Platter-Zyberk, 2005.
  9. certainement en liaison avec le SMERSH et le GRU
  10. (Le combat de tout un peuple en Bélarus contre les envahisseurs fascistes allemands) Всенародная борьба в Белоруссии против немецко-фашистских захватчиков. Т. 1. С. 84, 112., cité dans (HistB5) Гісторыя Беларусі: У 6 т. Т. 5. Беларусь у 1917—1945. — Мн.: Экаперспектыва, 2006. — 613 с.; іл. ISBN 985-469-149-7. p. 491.
  11. a et b Turonek, p. 76.
  12. (All-people struggle…) V.1. p. 107, cité dans (HistB5) p. 493.
  13. (HistB5) p. 493.
  14. À la fin de 1941, seulement la région de Minsk fut celle où il y avait plus de 50 groupes d'opérationnels, y compris plus de 2 000 combattants.
  15. a, b et c Turonek, p. 78.
  16. Pour des sources allemandes. Turonek, p. 79. À noter également que ces résultats, bien qu'impressionnants en eux-mêmes, étaient moins pertinents que ceux qui étaient attendus, l'offensive allemande en 1942 eut lieu plus au sud.
  17. Mentionné comme primaire dans le rapport du QG du mouvement des partisans le 9 novembre 1942. Turonek, p. 79.
  18. Turonek, p. 83, 86.
  19. Turonek, p. 84.
  20. À la suprprise des Allemands ! Turonek, p. 84.
  21. Turonek, p. 84, 85.
  22. Partisan Resistance in Belarus during World War II
  23. Paul Carell rend bien compte de ce que furent les conséquences de ces sabotages sur les renforts allemands en hommes et en munitions.
  24. Guy Sajer, Les soldats oubliés (The Forgotten Soldier) p. 332.
  25. « Comrades in arms », WW II (consulté le 23 mai 2012).
  26. Guy Sajer, The Forgotten Soldier, p. 337.
  27. a et b Partisans soviétiques en Russie blanche
  28. Martin Gilbert, 'The Holocaust' (1986), page 515.
  29. Elie Marc (dir.), Les anciens détenus du Goulag : libérations massives et réhabilitations dans l’URSS poststalinienne, 1953-1964, Paris, École des Hautes Études en Sciences socilaes, coll. « Thèse pour le doctorat en histoire »,‎ 21 mars 2007, 468 p..
  30. http://www.a-z.ru/women_cd2/12/2/i80_181.htm
  31. http://www.oval.ru/enc/52554.html
  32. [1].
  33. voir bib. : Basil H. Liddel Hart, 2011, p. 391-392.
  34. op. cit. A. Fédorov (1966) p. 361.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A.F. Fedorov (trad. Victoria Achères, ill. Henri Jacquinet (cartes), photogr. Antonio Parras (Agence Novosty)), Partisans d’Ukraine : 2. opérations contre la Wehrmacht [« L’OBKOM clandestin au travail »], Paris, Editions J’ai lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A126/127),‎ 1966 (1re éd. 1951), poche, 384 p.
    Ce tome retrace la marche, à travers l'Ukraine, d'un groupe de partisans commandés par A.F. Fedorov (Héros de l'Union soviétique) dans la région comprise entre Tchernigov et Gomel, en Ukraine du Nord, entre 1941 et 1942. L'auteur raconte son incursion en Biélorussie.
  • Paul Carell (trad. Raymond C. Abeck, ill. cartes Jean Ther), Les Russes déferlent : septembre 1943 - août 1944 [« Verbrannte Erde »], vol. 3 : Opération Terre brûlée, Paris, Éditions j’ai lu,‎ 1970, poche, 320 p..
  • Bogdan Musial, Sowjetische Partisanen 1941-1944 – Mythos und Wirklichkeit, Schöningh Verlag, Paderborn, 2009, 592 pages.
  • Alexander Brakel, Unter Rotem Stern und Hakenkreuz : Baranowicze 1939 bis 1944. Das westliche Weissrussland unter sowjetischer und deutsche Besatzung, Schöningh Verlag, Paderborn, 2009, XII–426 pages.
  • Marcel Baudot et John A Armstrong, « Soviet Partisans in World War II. », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, no 2,‎ 1996, p. 460-464 (lire en ligne).
  • Basil H. Liddel Hart (trad. Lola Tranec (1948) et Antoine Bourguilleau (2011), préf. Antoine Bourguilleau (février 2011)), Les généraux allemands parlent [« The Other Side of the Hill »], [[2]], coll. « Collection Tempus »,‎ 2011, poche, 568 p. (ISBN 978-2-262-03539-6).
  • (en) Henry Plater-Zyberk, Russia's Special Forces, Watchfield (England), [Acadmey of the UK], coll. « Russian Series » (no 5),‎ 2005 (ISBN 1-905058-39-X).

Liens externes[modifier | modifier le code]