Télécabine

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Une télécabine est un système de transport par câble, comprenant plusieurs petites cabines (parfois appelées « œufs » en France), dont la capacité varie de 2 à 16 places, disposées sur un câble unique à la fois porteur et tracteur (on parle d'installation monocâble, par opposition au système bicâble d'un téléphérique), qui forme une boucle à mouvement généralement unidirectionnel.

Elle n'est pas à confondre avec une télébenne à cabines ouvertes où l'on effectue le trajet debout et à l'air libre, ou encore le téléphérique, qui dispose de câble(s) tracteur(s) et de câble(s) porteur(s) séparés, mais également le DMC / Funitel, type de monocâble disposant de deux câbles porteur/tracteurs.

Techniques[modifier | modifier le code]

La télécabine débrayable[modifier | modifier le code]

Télécabine débrayable à Barcelone (Espagne)

Dans la version la plus répandue, les véhicules sont pourvus d'une attache débrayable leur permettant de se désaccoupler du câble dans les stations. L'embarquement des passagers est alors réalisé avec une circulation à faible vitesse (0,3 m/s environ) sans ralentissement de la ligne. Dans cette configuration, la vitesse du câble peut atteindre 6 mètres par seconde.

Les gares sont équipées d'un lanceur et d'un ralentisseur où s’opèrent les phases d'embrayage et débrayage. Ceux-ci sont généralement composés d'une rangée de pneus (appelée poutre) qui ralentit ou accélère la cabine au niveau d'un peigne de contact situé sur le chariot du véhicule, à proximité de la pince. Sur les appareils d'ancienne génération, cet accélération et ce ralentissement étaient opérés sans pneus, par gravité via un rail incliné.

Au niveau du lanceur et du ralentisseur se trouve une came qui, au passage de la cabine, vient appuyer sur le levier de la pince, et ouvrir le mors pour le libérer du câble où l'y accoupler. Sur toute sa circulation en gare, le véhicule est suspendu à un rail sur lequel il roule via les galets de son chariot. Dans le contour de la station, la cabine reste généralement entraînée par des pneus, mais on trouve encore des convoyeurs à chaînes sur des appareils plus anciens.

Une des gares est la station motrice : la poulie de renvoi y entraîne le câble par le biais d'un moteur électrique solidaire d'un réducteur. On réalise également dans une des gares la tension du câble, via un contrepoids ou un vérin hydraulique solidaire d'un lorry sur lequel se situe la poulie de renvoi (qui peut être la poulie motrice ou une simple poulie libre selon que la tension s'opère dans la station motrice ou non).

Une télécabine débrayable peut également disposer d'une ou plusieurs gares intermédiaires pour desservir des pistes, ou permettre un angle de ligne.

Avec la standardisation des produits, les gares d'une télécabine sont désormais similaires à celles d'un télésiège débrayable.

La télécabine pulsée[modifier | modifier le code]

Les véhicules peuvent en outre être disposés en train (groupe de cabines rapprochées entre elles) sur le même câble, à l'aide d'attaches fixes. Lors de l'entrée en gare, c'est alors l'ensemble des véhicules qui ralentit, même ceux qui ne sont pas en station. On parle alors de télépulsé.

La télécabine à va et vient[modifier | modifier le code]

Il existe également des télécabines fonctionnant selon le principe du va et vient. Chaque véhicule est « attaché » à un côté de la boucle formée par le câble, ainsi les cabines circulent en direction opposée l'une de l'autre de façon alternée en va et vient : un véhicule part de A pour rejoindre B tandis que l’autre part de B pour rejoindre A.

Techniques dérivées[modifier | modifier le code]

Téléporté avec sièges et cabines[modifier | modifier le code]

Combi du Grand Cerf aux Sept-Laux(Isère, France)

Un type d'appareil hybride, les téléporté avec sièges et cabines, commercialement appelé télémix ou combi, à mi-chemin entre le télésiège et la télécabine, se développe également. Le principe consiste à placer sur une même ligne à la fois des sièges et des cabines fermées. Cet appareil permet aux skieurs d'embarquer sur des sièges sans déchausser les skis comme sur les télésièges classiques, tandis que les piétons ou les skieurs débutants peuvent emprunter des cabines, sans risque à l'embarquement ou au débarquement.

Funitel et DMC[modifier | modifier le code]

Funitel à Val Thorens (France).
Article détaillé : Funitel.

Les funitels et DMC (Double MonoCâble) se différencient des télécabines par le fait qu'ils disposent de deux câbles parallèles à la fois porteurs et tracteurs. Ces appareils, généralement débrayables, fonctionnent selon un principe analogue, mais la présence de deux câbles autorise des cabines de plus grande capacité (jusqu'à 30 personnes) et des portées entre pylônes plus conséquentes.

Le funitel est l'évolution du DMC. Il se distingue de ce dernier par un espacement nettement plus conséquent de ces câbles offrant une excellente tenue au vent[1].

Transport urbain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport urbain par câble.

Si les télécabines sont traditionnellement utilisées comme remontées mécaniques, elles ont ces dernières années été de plus en plus utilisées en environnement urbain, notablement à Medellín depuis 2006 et à Caracas, où elles sont intégrées au système de transports en commun[2]. Londres a construit la Emirates Air Line pour les Jeux olympiques d'été de 2012[3]. En ce qui concerne l'avenir, TransLink a proposé à Vancouver de construire un système de télécabines qui irait sur Burnaby Moutain vers la Simon Fraser University en septembre 2010[4]. Fin 2012, un système étendu de télécabines a été suggéré pour Austin (Texas) afin de développer les transports en commun dans cette ville en rapide croissance démographique[5]. Un système de télécabines à Montreal a été finalement rejeté par le Vieux-Port de Montréal[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les téléphériques - Le funitel », sur site du Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés,‎ 19 août 2005 (consulté en 10 août 2010)
  2. (en)Medellin/Caracas, Part 1 Gondola Project - Retrieved on 2011-03-16
  3. (en)http://www.emiratesairline.co.uk/
  4. (en)« TransLink considers aerial gondola to SFU=[[The Vancouver Sun]] »,‎ 22 septembre 2010 (consulté le 2010-09-22)
  5. (en)« Gondolas in Austin: creative transportation ideas emerge=[[Austin Business Journal]] »,‎ 14 novembre 2012 (consulté le 2012-11-15)
  6. (en)Richard Burnett, « Up in the air », Hour (magazine),‎ 11 décembre 2008 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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