Batoumi

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Batoumi
ბათუმი
Blason de Batoumi
Héraldique
Drapeau de Batoumi
Drapeau
Batoumi
Batoumi
Administration
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Subdivision Adjarie
Maire Robert Chkhaïdzé
Indicatif téléphonique +995
Démographie
Population 160 000 hab. (2013[1])
Densité 8 421 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 39′ N 41° 39′ E / 41.65, 41.6541° 39′ Nord 41° 39′ Est / 41.65, 41.65  
Altitude 0 m
Superficie 1 900 ha = 19 km2
Histoire
Fondation VIIIe siècle av. J.-C.
Première mention IVe siècle av. J.-C.
Statut Ville depuis 1866
Ancien(s) nom(s) Bathys
Localisation

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Batoumi

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Batoumi
Liens
Site web www.batumi.ge
Le port de Batoumi en 1881.
Baie de Batoumi et mer Noire.

Batoumi (en géorgien : ბათუმი) est une ville de Géorgie, la capitale de la région autonome d'Adjarie et un port sur la mer Noire. Sa population s'élevait à 125 800 habitants en 2012.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Batoumi était autrefois l'une des villes principales des Lazes et connue sous les Grecs et les Romains comme un des ports de la Colchide. Au Moyen Âge, elle fait partie d'une vice-royauté soumise à la Géorgie.

Période turco-ottomane[modifier | modifier le code]

Ville portuaire, elle fut prise par l'Empire ottoman, au XVIIe siècle ; commence alors son islamisation.

La côte est infestée de pirates circassiens que le pouvoir tente vainement de juguler au XVIIIe siècle sous le commandement du général Ferah Ali Pacha[2].

Au cours du XIXe siècle siècle, 100 000 Grecs pontiques s'installent dans l'empire russe, dont à Batoumi, et y réalisent le commerce de céréales et de produits miniers [3].

Avec le délitement ottoman et le retrait des troupes russes de la région du Pont en 1917, plusieurs dizaines de milliers de Grecs de Kars-Andachan fuient vers Batoumi, craignant les représailles des autorités turques dans leur volonté de chasser et exterminer les populations chrétiennes[3], peu avant le génocide grec pontique.

Période russo-soviétique[modifier | modifier le code]

Après la guerre russo-turque de 1877-78 et le traité de San Stefano, elle est intégrée officiellement à l'Empire russe. Avec le traité de Berlin de 1878, la plus grande partie de l'Arménie revient à l'Empire ottoman mais pas l'Adjarie.

La population arménienne prend une place particulière dans la ville au début de l'ère russe : c'est un lieu d'immigration relativement facile. Dans l'industrie citadine tout comme dans le commerce, apparait une bourgeoisie capitaliste arménienne. Les paysans de cette nation rejoignent aussi la ville, et une classe ouvrière s'y forme, qui constitue une des bases du mouvement révolutionnaire et national arménien (le mouvement hintchak s'y implante en 1890)[4]. Au début du XXe siècle, du pétrole est extrait près de la ville[5], et 20 % à 30 % des ouvriers de ce secteur seraient arméniens[4].

La période russe, puis soviétique, marque le développement de l'industrie du tourisme dans la ville, tout comme le long de l'ensemble de la « Riviera » de la mer Noire[6]. La récolte de thé compte aussi parmi les activités de la ville[7].

La fondation du fameux jardin botanique de Batoum par le botaniste Andreï Krasnov date de 1880. Il joue un rôle essentiel pour l'acclimatation de plantes subtropicales dans la région.

Depuis l'annexion de l'Asie centrale par la Russie, Batoumi devient un des points de passage pour les Juifs venant de cette région et voulant se rendre en Terre promise[8].

Au cours de la Première Guerre mondiale, les Ottomans revendiquent la région de Batoumi afin de revenir à leurs frontières de 1877, mais les Allemands refusent leur demande, et envoient dans la ville le général von Lossow afin de dissuader leur allié turc[9]. En effet, les Géorgiens constituent un allié du IIe Reich alors qu'ils constituent une cible pour l'Empire ottoman puisqu'ils sont, outre leurs prétentions territoriales, sous la souveraineté de l'ennemi russe. Après l'écroulement de l'empire russe et la guerre civile qui s'ensuit, elle est occupée par les Turcs en 1918[10], qui y tiennent une conférence et signent avec la République démocratique d'Arménie le Traité de Batoumi. La ville est évacuée fin 1919, puis occupée par les Britanniques début 1920. S'établit alors dans la ville un gouvernement connu sous le nom de « République de Batoumi » jusqu'à son union quelques mois plus tard avec la Géorgie, qui elle-même est intégrée à l'URSS, jusqu'en 1991.

Ville considérée comme stratégique durant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie envisageait son annexion directe au Troisième Reich.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Depuis la dislocation de l'Union soviétique, en 1991, et jusqu'en 2004, la région est gouvernée de façon autonome par Aslan Abachidzé.

La flotte russe stationnée dans le port le quitte le 13 novembre 2007, selon l'accord convenu lors du Sommet de l'OTAN à Istanbul en 2004[11] et signé le 30 mai 2005, avec 2008 pour échéance[12].

En 2011, le président géorgien Mikheil Saakachvili annonce vouloir créer une ville nouvelle dont l'importance portuaire et la population surpasserait Batoumi[13]. Cette même année, Batoumi devient le siège de la Cour constitutionnelle dans le cadre du déplacement des institutions géorgiennes, qui voit aussi Koutaïssi abriter le Parlement[14].

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[15] :

Évolution démographique
1897* 1923* 1926* 1939* 1959*
28 508 60 810 45 450 70 019 82 328
1970* 1979* 1989* 2002* 2012
100 603 122 815 136 609 121 806 125 800


Économie[modifier | modifier le code]

Batoumi est le terminus de la ligne ferroviaire partant de Tbilissi. La ville est également un terminal pétrolier d'une capacité de 9 millions de tonnes par an, pour le brut venant des rives kazakhes et turkmènes de la mer Caspienne. Cette situation en fait le principal port géorgien, dont le terminal a conduit au financement par la famille Rothschild du chemin de fer la reliant à Bakou, via Tbilissi, et à son ouverture en 1883[16].

La société Greenoak Holdings Ltd, basée dans les Îles Vierges britanniques, détenait en 2004 la Compagnie maritime de Batoumi et la majorité des parts du terminal pétrolier de Batoumi[17].

Le secteur de la construction est représenté par la société allemande HeidelbergCement qui y dispose depuis 2013 d'une unité de production de béton[18].

Transports[modifier | modifier le code]

Batoumi possède un aéroport (code AITA : BUS). Le nouvel édifice est inauguré en 2007[19]. Il est construit et géré par la société turque Tepe Akfen Ventures.

La ville est équipée d'un système de vélos en libre service, le Batumvélo.

Aéroport International de Batoumi

La ville possède aussi un port.

Culture[modifier | modifier le code]

La ville de Batoumi possède un important jardin botanique et parmi ses monuments la forteresse de Tamara (XIe et XIIIe siècles).

À l'époque soviétique, le théâtre dramatique (1952), l'hôtel Intourist (1939) et le cinéma Tbilissi (1964) sont construits. La ville possède aussi des statues de Pouchkine, du poète géorgien Vaja Pshavela et de Chota Roustaveli.

La ville Batoumi à la fin des années 1920 sous administration soviétique est le cadre du roman Les Gens d'en face de Georges Simenon paru en 1933.

Sport[modifier | modifier le code]

Le principal club de la ville est le Dinamo Batoum.

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Batoumi est jumelée avec[20] :

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Population by Regions, Municipalities and years, Batumi », sur Geostat Database, Site officiel géorgien de statistiques (consulté le 1 février 2014)
  2. (fr) Georges Charachidzé, « Les pirates de la mer Noire. » In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, N. 1, pp. 261-270.,‎ 1998 (consulté le 23 juin 2012)
  3. a et b (fr) Michel Bruneau, « Territoires de la diaspora grecque pontique ». In: Espace géographique. Tome 23 n°3. pp. 203-216.,‎ 1994 (consulté le 21 juin 2012)
  4. a et b Ter Minassian Anahide, « Le mouvement révolutionnaire arménien, 1890-1903 ». In: Cahiers du monde russe et soviétique. Vol. 14 N°4. . pp. 536-607.,‎ 1973 (consulté le 23 juin 2012)
  5. Zimmermann Maurice, « Les gisements et la production actuelle du pétrole. » In: Annales de Géographie, t. 19, n°106. pp. 359-366.,‎ 1910 (consulté le 23 juin 2012)
  6. Durbiano Claudine, Radvanyi Jean, « Aspects des systèmes touristiques et récréatifs du littoral soviétique de la mer Noire et de la mer Caspienne. Étude comparative avec le littoral méditerranéen français », in Méditerranée, Troisième série, Tome 61, 2-3-1987. Alpes - Caucase. Alpes du sud • Caucase oriental • Crimée. À la mémoire de l'académicien I.P. Gerasimov. pp. 133-147.,‎ 1987 (consulté le 11 décembre 2011)
  7. Durbiano Claudine, Radvanyi Jean, « Russie d'Europe ». In: Annales de Géographie. XI° Bibliographie Géographique Annuelle, 1901. pp. 137-143.,‎ 1902 (consulté le 23 juin 2012)
  8. Catherine Poujol, « Les relations entre l'Asie Centrale et la Palestine ou les voies d'un sionisme affectif : 1793-1917 », in Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 32 N°1. En Asie Centrale soviétique Ethnies, nations, États. pp. 33-42.,‎ 1991 (consulté le 11 décembre 2011)
  9. Igor Delanoë, « Le bassin de la mer Noire, un enjeu de la Grande Guerre en Méditerranée », Cahiers de la Méditerranée, 81,‎ 15 juin 2011 (mise en ligne) (consulté le 11 décembre 2011)
  10. Andrew Andersen et George Partskhaladze, « La guerre soviéto-géorgienne et la soviétisation de la Géorgie (février-mars 1921) », Revue historique des armées, 254,‎ 5 février 2009 (mise en ligne) (consulté le 11 décembre 2011)
  11. Florence Mardirossian, « Géopolitique du Sud-Caucase : risques d'exacerbation des rivalités aux confins de la Géorgie, de la Turquie et de l'Arménie », Outre-Terre, 2/2007, (no 19), pp. 283-302.
  12. Silvia Serrano et Michèle Kahn, « Géorgie 2005 », Le Courrier des pays de l'Est, 1/2006, (no 1053), pp. 121-134.
  13. « Géorgie: 120 M USD pour construire une ville », RIA Novosti,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 11 décembre 2011)
  14. Sébastien Maillard, « La Géorgie, une démocratie en chantier », La Croix,‎ 30 octobre 2011 (consulté le 17 décembre 2011)
  15. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 sur », sur pop-stat.mashke.org
  16. Yasha Haddaji « Les hydrocarbures dans le Sud-Caucase », Le Courrier des pays de l'Est 3/2004 (no 1043), p. 12-23.
  17. Silvia Serrano et Michèle Kahn « Géorgie 2004 », Le Courrier des pays de l'Est 1/2005 (no 1047), p. 120-136.
  18. (en) HeidelbergCement, « HeidelbergCement opened a new concrete plant in Batumi » (consulté le 9 août 2013)
  19. Silvia Serrano et Michèle Kahn « L'heure des désillusions », Le Courrier des pays de l'Est 1/2008 (no 1065), p. 106-119.
  20. Sister Cities