Ramallah

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Ramallah
Vue de Ramallah
Vue de Ramallah
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Maire Janette Khoury
Démographie
Population 27 460 hab. (2007[1])
Densité 1 716 hab./km2
Géographie
Coordonnées 31° 54′ 18″ N 35° 12′ 21″ E / 31.90512778, 35.2058777831° 54′ 18″ Nord 35° 12′ 21″ Est / 31.90512778, 35.20587778  
Superficie 1 600 ha = 16 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

Voir sur la carte Palestine administrative
City locator 14.svg
Ramallah
Liens
Site web www.ramallah.ps

Ramallah رام الله est la capitale administrative de l'Autorité palestinienne, située dans la zone de collines du centre de la Cisjordanie, à environ 15 km au nord de Jérusalem. L'altitude moyenne de la ville est de 900 m.

La population, initialement composée principalement de palestiniens chrétiens, comprend depuis 1948 de nombreux réfugiés musulmans issus de toute la Palestine. La ville comprend environ 40 000 habitants, 220 000 en comptant ceux de l'agglomération formée par Ramallah et les 88 villes et villages qui l'entourent. Ses habitants s'appellent les Ramallawi.

Yasser Arafat a été inhumé dans un terrain dépendant de la Mouqata'a, quartier général de l'Autorité palestinienne, situé dans la ville.

Un concert hautement symbolique a eu lieu en août 2005, à Ramallah : celui de l'Orchestre Divan occidental-oriental, dirigé par Daniel Barenboïm et cofondé par Edward Saïd (décédé en 2003), qui rassemble de jeunes musiciens israéliens, arabes et espagnols.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Mouqata'a, le quartier général de l'Autorité palestinienne

Les premiers temps[modifier | modifier le code]

La ville de Ramallah fut fondée au milieu du XVe siècle par les Haddadéens, tribu issue des Arabes chrétiens ghassanides. Les Haddadéens, menés par Rached Haddadéen, sont arrivés de l'est du Jourdain, près de l'emplacement contemporain de la ville jordanienne de Chawbak[2]. La migration de cette tribu est due aux nombreux combats et tensions entre les clans de cette région[2]. Selon la légende locale, le frère de Rached, Sabri l'Haddadéen, accueillait l'émir Ibn Kaysoom, chef d'un puissant clan musulman, quand la femme de Sabri donna naissance à une fille. Selon la coutume, l'émir proposa qu'elle se marie à son tout jeune fils quand ils seraient tous deux adultes. Sabri crut que cette proposition n'était pas sérieuse, les mariages entre chrétiens et musulmans étant peu rares, et lui donna sa parole. Des années après, quand l'émir revint voir les Haddadéens pour qu'ils tiennent leur promesse, ils refusèrent. Ceci déclencha une guerre sanglante entre les deux familles. Les Haddadéens fuirent vers l'ouest et s'établirent sur les collines de Ramallah, où quelques familles musulmanes vivaient déjà[2].

Installation chrétienne[modifier | modifier le code]

Famille chrétienne de Ramallah en 1905

Tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, Ramallah s'agrandit pour devenir un village agricole, attirant ainsi davantage d'habitants (surtout chrétiens) de toute la région. Au début du XVIIIe siècle, la première église orthodoxe arabe est bâtie, puis une autre en 1807. Il y a entre huit-cents et neuf-cents habitants en 1838[3]. L'église de l'Épiphanie, édifiée pour remplacer l'ancienne en 1852, est la seule église orthodoxe à Ramallah aujourd'hui. Durant cette décennie, l'Église catholique s'établit dans la ville, devenant le deuxième groupe chrétien à Ramallah. Elle établit l'école de filles Saint-Joseph, ainsi que le lycée mixte al-Ahliyyah, tenu par les religieuses du Rosaire. Les Quakers anglais arrivent en 1869 et ouvrent une école de filles et un internat d'une quinzaine de garçons en 1901[4].

Début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Femme de Ramallah au costume brodé (Photo prise entre 1929 et 1946)

Les autorités ottomanes construisent en 1901 une nouvelle route de Jérusalem à Naplouse passant par Ramallah et Al-Bireh. La jeunesse chrétienne de la ville commence à émigrer aux États-Unis au début du XXe siècle. La ville devient un district en 1902, englobant trente villages et bourgades des alentours.
La ville de Ramallah devient une municipalité en 1908 et Élias Odeh en est le premier maire. Le conseil municipal est composé de membres de chaque grande famille.

Au début de la Première Guerre mondiale, les habitants se rebellent contre l'autorité ottomane. Trente habitants sont tués. En 1915 une invasion de criquet migrateur détruit les récoltes et l'année suivante une épidémie de typhoïde décime 30 % de la population.

Occupation britannique et débuts de l'État d'Israël[modifier | modifier le code]

Ramallah, comme toutes les villes palestiniennes, est sous l'autorité du mandat britannique à partir de novembre 1917 (le mandat est imposé en 1920, auparavant ce sont des forces d'occupation), jusqu'en 1948, date de la fondation de l'État d'Israël. L'électrification de la ville est totalement terminée en 1936.

Des milliers de réfugiés, majoritairement musulmans, s'installent aux abords de la ville en 1948.
Rammallah fait partie des Territoires occupés après la Guerre des Six Jours de 1967.
Sous l'influence des migrations de réfugiés palestiniens, musulmans et chrétiens, de nouvelles mosquées et églises sont construites. La mosquée Jamal Abdel Nasser est l'une des plus grandes de la ville. Les coptes-orthodoxes ont construit une nouvelle église sur les hauteurs de la ville. Il existe aussi une église melkite catholique, une église luthérienne-évangélique, une église épiscopalienne, une église baptiste, etc. Les chrétiens représentent aujourd'hui 25 % de la population de l'agglomération totale et les réfugiés palestiniens 60 % (surtout aux abords de la ville).

Ramallah après 1972[modifier | modifier le code]

Les premières élections municipales sous occupation israélienne ont lieu en 1972. Dix ans plus tard, le maire Karim Khalaf est victime d'une tentative d'assassinat par des extrêmistes israéliens, tout comme le maire de Naplouse et le maire d'Al-Bireh. Le conseil municipal suspend son administration.

La Première Intifada éclate en 1987. La même année la première opération à cœur ouvert à l'hôpital est réalisée par le docteur Shawqi Harb. L'armée israélienne évacue Ramallah en 1996 et l'Autorité palestinienne installe son administration, un nouveau conseil municipal est réuni. La Seconde Intifada commence quelques mois plus tard. Le 12 octobre 2000, deux réservistes israéliens furent lynchés à Ramallah par la foule palestinienne. En 2002 le quartier commence à être bombardé. Bien que cette solution soit considérée à la base comme provisoire, Ramallah est devenue de facto la capitale de l'Autorité palestinienne. En décembre 2001, Arafat tient des réunions à la Mouqata'a, tout en vivant avec sa femme et sa fille à Gaza. Après des attentats suicides à Haïfa, Arafat est obligé de rester dans l'enceinte du gouvernement à Ramallah.

Place El-Manara, lieu de toutes les manifestations

Économie[modifier | modifier le code]

Cette ancienne petite ville chrétienne est l'épicentre de l'activité économique palestinienne, laquelle doit beaucoup à l'aide internationale et aux capitaux de la diaspora. La ville doit aussi beaucoup au Premier ministre de l'Autorité palestinienne Salam Fayyad, artisan de son essor fulgurant.

Trois cent cinquante salariés travaillent à l'usine Coca-Cola de Ramallah. La firme américaine est ainsi l'un des plus gros employeurs de la ville.

Description de la ville[modifier | modifier le code]

À Ramallah, fulgurant développement économique et fulgurant développement démographique vont de pair. La ville, qui attire les habitants d'autres cités de Cisjordanie (Naplouse, Jéricho, Hébron...) ne cesse de croître. Surtout en hauteur, car les restrictions imposées par Israël rendent presque impossible toute construction en périphérie.
La ville est un chantier à ciel ouvert. La frénésie immobilière ne connaît pas de répit et la spéculation fait flamber les prix: le montant du mètre carré a triplé entre 2005 et 2010. La croissance de la demande de logements est de nature exponentielle. Mais l'offre reste très limitée : les contraintes administratives imposées par Israël sont très lourdes, l'État hébreu ne délivre les permis de construire qu'au compte-gouttes, et dans des zones très restreintes.

Ramallah est devenue une capitale « de facto », hébergeant les institutions politiques: résidence du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, QG de l'Autorité palestinienne, ministères...

La ville n'en reste pas moins une enclave dont on s'évade très difficilement. À chaque entrée de la ville, des barrages de Tsahal, l'armée israélienne, filtrent les allées et venues des Palestiniens. Du moins, ceux qui disposent d'un permis pour sortir. Au check point de Qalandia, principal passage vers Jérusalem, on reconnaît les véhicules autorisés à quitter la Cisjordanie à leur plaque jaune. Les plaques vertes, elles, ne permettent aucune incursion en territoire israélien. À Qalandia, l'attente est souvent interminable, une heure trente en moyenne, pour parcourir les dix kilomètres qui séparent Ramallah de Jérusalem.

Culture[modifier | modifier le code]

Le théâtre Al-Kasaba, qui est également une cinémathèque (Al-Kasaba Theatre and Cinematheque), est un des hauts lieux culturels de la ville.

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Rue du centre-ville de Ramallah

Aujourd'hui Ramallah est la ville où se trouve le plus de sièges des missions diplomatiques auprès de l'Autorité palestinienne. C'est la cas de l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Argentine, l'Australie, l'Autriche, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, le Danemark, la Finlande, l'Inde, l'Irlande, le Japon, la Jordanie, le Mexique, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Russie, le Sri Lanka, la Suisse et la république tchèque.

Églises de Ramallah[modifier | modifier le code]

Porte de l'église de l'Épiphanie

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. 2007 PCBS Census. Bureau Palestinien des Statistiques. p.114.
  2. a, b et c American Federation of Ramallah Palestine
  3. cf Site internet de la ville
  4. Les Quakers ouvrent un hôpital en 1883