Caravansérail

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Le caravansérail de Karaj, en Iran, époque séfévide.
Plan du caravansérail de Karaj.

Un caravansérail (en persan: كاروانسرا kārvānsarā) ou kan ou encore funduq (foundouk), est, au Proche et Moyen-Orient ainsi qu'au Maghreb, un lieu où les caravanes de marchands font halte.

Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : dans le monde iranien, il s'appellera plutôt khan (han en turc) alors qu'au Maghreb, c'est le mot funduq (foundouk) qui est le plus couramment employé. On pourrait comparer le caravansérail à un relais de poste en Europe ou à un ryokan au Japon.

Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage.

C'est aussi un lieu d'échange fréquenté par de nombreux étrangers.

En Algérie[modifier | modifier le code]

« Les Ottomans, qui dominent la partie occidentale du monde islamique et pratiquement tout le sud et l'est méditerranéen, tiennent à mettre en valeur la voie impériale qui va de Belgrade à Istanbul par Sofia et Edirne et d'Istanbul à Alep, Damas et Le Caire. Les caravansérails les plus prestigieux se trouvent entre les deux capitales, Edirne et Istanbul, mais aussi sur les étapes importantes de la route (…) Ils accueillent marchands, fonctionnaires et pèlerins, logés souvent gratuitement quand le bâtiment dépend d'une fondation pieuse (waqf) entretenue par des riches donations. »[1]

Avant d'être administrée par le gouvernement colonial français, l'Algérie subit la domination des Turcs, et l'on peut raisonnablement envisager que les caravansérails sont un de leurs apports en Afrique du Nord. L'édification des caravansérails et des fondouks durant les années 1840 participe au développement commercial de la région[2].

Au milieu du XIXe siècle, et même si la confusion dans les correspondances entre administrations est récurrente, la fonction de l'édifice est bien distincte. Le fondouk demeure un lieu d'entreposage de marchandises - parfois confondu avec le souk par l'autorité française - tandis que le caravansérail lui, sert de halte aux voyageurs[3].

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Pellet (photographies), Arnaud Devillers (dessins), Stéphane Yerasimos (texte), Caravansérails, Paris, Eifra, catalogue de l'exposition organisée par l'Actualité Culturelle du 9 octobre au 18 novembre 1990 dans la Salle d'Actualité de l'Institut du Monde Arabe, 1990, (pp. 9 et 10).
  2. M. Oscar Mac Carthy, Géographie physique, économique et politique de l'Algérie ancienne et moderne, Alger, Dubos frères éditeurs, 1858 [une partie a été écrite en 1846], (pp. 197-218): « Le commerce d'un pays est de deux natures : ou il se fait par les différentes parties du pays entre elles, et c'est alors ce que l'on nomme le commerce intérieur ; ou il a lieu entre ce pays et les contrées voisines, soit qu'on le fasse par terre, soit qu'on le fasse par mer : c'est le commerce extérieur. Le commerce intérieur est une des bases du commerce extérieur. (…) Le commerce intérieur se fait par les villes et par les marchés, lieux déterminés où les producteurs viennent apporter les différents objets qu'ils veulent mettre en vente ou échanger. Les marchés ont, chez les indigènes, une importance qu'ils ne sauraient avoir pour nous, qui sommes sans cesse environnés de marchands et de détaillants, toujours prêts à satisfaire nos désirs. » Étude d'un programme architectural en Algérie durant les années 1840-, mémoire de M2 (DEA) en histoire de l'art contemporain, 2 tomes (texte 150 p. + bibliographie 20 p. + 69 planches de 85 illustrations 72 p.), Université de Provence, Aix-en-Provence, 2007. [mention bien]
  3. référence, citation ou lien

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Tom Schutyser, Caravansérails - Traces, Places, Dialogue au Moyen Orient, Éditions 5 Continents, Milan, 2012, (ISBN 978-88-7439-635-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]