Jean Clair

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Jean Clair

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Jean Clair en 2013.

Activités conservateur du patrimoine, historien de l'art, écrivain
Naissance 20 octobre 1940 (74 ans)
Paris
Langue d'écriture français
Distinctions membre de l'Académie française

Jean Clair, de son véritable nom Gérard Régnier, né le 20 octobre 1940 à Paris, est un conservateur général du patrimoine, écrivain, essayiste volontiers polémiste[1] et historien de l'art français.

Ancien directeur du musée Picasso, il est membre de l'Académie française depuis mai 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'un père agriculteur au passé socialiste et d'une mère fervente catholique, Jean Clair naît dans le 6e arrondissement de Paris. Il fait toutes ses études à Paris : élève aux lycées Jacques-Decour, dont il est renvoyé pour avoir vilipendé un professeur de français, et Carnot, il devient lauréat Zellidja, et entre ensuite en hypokhâgne au lycée Henri-IV, qu'il quitte en cours d'année[2]. Il prépare ensuite un doctorat ès lettres à la faculté des lettres et sciences humaines puis s'oriente vers la philosophie et l'histoire de l'art à la Sorbonne, où il est l'élève de l'historien de l'art André Chastel et du philosophe Jean Grenier[1], puis un doctorat de philosophie en art au Fogg Art Museum de l'université Harvard grâce à une bourse du financier Arthur Sachs[3] ; dans le cadre de ses études, il passe une année aux Pays-Bas et une autre en Belgique[2]. Lorsqu'éclate la guerre d'Algérie, il est un temps proche de l'Union des étudiants communistes[4].

Jean Clair s'introduit dans le monde littéraire, et devient le chroniqueur d’art de La Nouvelle Revue française, dirigée notamment par Marcel Arland, Georges Lambrichs et Jacques Réda. À 22 ans, le choix du pseudonyme Clair, en 1962, annonce sa carrière d'écrivain dans laquelle il publia un roman, Les Chemins détournés. Ce texte exprime une nostalgie de ses séjours d’enfance et d’adolescence dans les fermes et dans les campagnes que ses parents avaient quittées avec lui pour partir dans les villes.

Pour son premier poste, il est affecté au musée de l'Orangerie, mais trouve ce milieu « tellement poussiéreux, tellement bourgeois »[2]. Reçu au second concours de recrutement de conservateur des musées de France en 1966 à 26 ans, il est conservateur assistant jusqu'en 1969, puis conservateur au Musée national d'art moderne durant dix ans, et du cabinet d'art graphique du Centre Pompidou entre 1980 et 1989. Nommé conservateur général du Patrimoine en 1989, il dirige jusqu'en 2005 le musée Picasso de Paris[3]. Il a également été commissaire d'un grand nombre d'expositions nationales telles que « Duchamp » (1977), « Les Réalismes » (1980), « Vienne » (1986), « L'âme au corps » (1993), « Balthus », « Szafran », « Mélancolie » (2005), « Crime et Châtiment » (2010) et a dirigé la Biennale de Venise du Centenaire.

Rédacteur en chef des Chroniques de l'art vivant de 1970 à 1975, il est professeur d'histoire de l'art à l'École du Louvre entre 1977 et 1980, et fonde les Cahiers du musée d'Art moderne qu'il dirige de 1978 à 1986[1]. Il prend régulièrement part aux débats qui entourent l'art contemporain et la diffusion de l'art[1].

Dans plusieurs ouvrages, il dénonce la tournure de l'art contemporain qui aurait rompu avec la tradition artistique européenne.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Jean Clair est élu à l'Académie française au fauteuil de Bertrand Poirot-Delpech le 22 mai 2008 au premier tour de scrutin par 16 voix contre 7 à Pierre Bergé[5]. Il est reçu sous la Coupole le 18 juin 2009 par Marc Fumaroli.

Il est membre de l'Académie du Morvan depuis 2010.

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1988 : Lauréat de la fondation Fritz Winter
  • 1992 : Prix Psyché

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Les Chemins détournés, Paris, Gallimard, 1962
  • Marcel Duchamp ou le Grand Fictif, Paris, Galilée, 1975
  • Delvaux : catalogue de l'œuvre peint, en collaboration avec Michel Butor et Suzanne Houbart-Wilkin, Bruxelles, Production de la Société nouvelle d'éditions internationales, 1975
  • Considérations sur l'état des Beaux-Arts, Paris, Gallimard, 1983
  • Méduse. Contribution à une anthropologie des arts du visuel, coll. « Connaissance de l'inconscient », Paris, Gallimard, 1989
  • Le Voyageur égoïste, Paris, Plon, 1989
  • Le Nez de Giacometti, Paris, Gallimard, 1992
  • Les Métamorphoses d'Eros, Paris, Réunion des musées nationaux, 1996
  • Sam Szafran, Paris, Skira, 1996
  • La Responsabilité de l'artiste, Paris, Gallimard, coll. « Le débat », 1997
  • Balthus, Catalogue raisonné de l'œuvre complet, avec Virginie Monnier, Paris, Gallimard, 1999
  • La Barbarie ordinaire. Music à Dachau, Paris, Gallimard, 2001
  • Court traité des sensations, Paris, Gallimard, 2002
  • Du surréalisme considéré dans ses rapports au totalitarisme et aux tables tournantes, Paris, Mille et Une Nuits, 2003
  • Journal atrabilaire, Paris, Gallimard, 2006
  • Malaise dans les musées, Paris, Flammarion, 2007, prix du Livre incorrect 2008 ; trad. en espagnol Malestar en los museos, Gijón, TREA, 2011 (ISBN 978-84-9704-607-7)
  • Lait noir de l'aube, Paris, Gallimard, 2007
  • Autoportrait au visage absent, Paris, Gallimard, 2008
  • La Tourterelle et le Chat-huant, Paris, Gallimard, 2009
  • Zoran Music : Apprendre à regarder la mort comme un soleil, avec Charles Juliet et Ida Barbarigo, Paris, Somogy, 2009
  • L'Hiver de la culture, Paris, Flammarion, 2011
  • Dialogue avec les morts, Paris, Gallimard, 2011
  • Hubris, Paris, Gallimard, 2012
  • Le Temps des avant-gardes. Chroniques d’art 1968-1978, Paris, La Différence, 2012
  • Les Derniers Jours, Paris, Gallimard, 2013

Articles[modifier | modifier le code]

  • « La Déclaration », revue penser/rêver[7] no 2, Douze remèdes à la douleur, Paris, Mercure de France, 2002
  • « D'un autre "anus solaire" », revue penser/rêver no 4, L'informe, Paris, Mercure de France, 2003
  • « Hansel et Gretel », revue penser/rêver no 9, La double vie des mères, Paris, L'Olivier, 2006

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Onze chansons puériles (Editions l’Echoppe), dont « les sarbacanes » mélodie de Jean-Marc Boudet pour chant, hautbois et piano.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Éric Biétry-Rivierre, « Jean Clair, un “atrabilaire” sous la Coupole », Le Figaro, 23 mai 2008.
  2. a, b et c Astrid de Larminat, « Jean Clair, le réactionnaire assumé », Le Figaro, encart « Culture », lundi 4 novembre 2013, page 48.
  3. a et b Notice biographique, Who's Who in France.
  4. Virginie Bloch-Lainé, interview de Jean Clair, émission À voix nue sur France Culture, 3 septembre 2012.
  5. « Jean Clair entre à l'Académie française » dans Le Monde du 23 mai 2008.
  6. Décret du 16 mai 2008 paru au Journal officiel de la République française du 17 mai 2008.
  7. Présentation de la revue sur le site des Éditions de l'Olivier.