Serge Rezvani

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Serge Rezvani

Activités Écrivain
Peintre
Auteur-compositeur
Naissance 23 mars 1928 (86 ans)
Téhéran (Perse)
Langue d'écriture français
Distinctions Prix Mottart de l'Académie française en 1982[1]
Grand Prix des poètes de la SACEM 2000
Grande médaille de la Chanson française de l'Académie française 2007[2]

Œuvres principales

  • Les années-lumière (1967)
  • Les années Lula (1968)
  • Le testament amoureux (1981)
  • La traversée des Monts Noirs (1992)
  • L’Éclipse (2003)
  • Vers les confins (2014)

Serge Rezvani, né le 23 mars 1928 à Téhéran, est un peintre, un écrivain (romans, pièces de théâtre), ainsi qu'un auteur-compositeur-interprète de chansons (il se qualifie de pluri-indisciplinaire[3]).

Il a écrit plus de 40 romans, 15 pièces de théâtre et deux recueils de poésie. Il est l'auteur de plus de 150 chansons, dont la célèbre Le Tourbillon (de la vie), interprétée par Jeanne Moreau dans le film Jules et Jim, ainsi que de J'ai la mémoire qui flanche, également interprétée par Jeanne Moreau (il signa ces chansons sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né en 1928 à Téhéran (en Perse - actuellement Iran), d'un père persan (Majid Rezvani) et d'une mère juive émigrée russe[4], Serge Rezvani[5] arrive en France à l'âge d'un an avec sa mère. Jusqu'à l'âge de sept ans, il ne parle que le russe, quand sa mère - atteinte du cancer à une époque où l'on coupait les membres des malades - doit le laisser dans un pensionnat pour immigrés russes, pour qu'elle puisse être soignée. Serge Rezvani apprend alors le français. Son départ le laisse seul. Il dit : « Je n'avais rien, ni jouets ni vêtements. Je me suis toujours senti de nulle part, sans attaches matérielles. »[6] Sa mère mourra jeune dans le ghetto de Varsovie. Alors âgé de 10 ans, son père, qui est un grand magicien tout autant que charlatan diseur de bonne aventure[7], récupère alors son fils - quasiment de force[8] - , et Serge mène une enfance tourmentée qui le conduit dans diverses pensions d'émigrés russes en région parisienne tenues par des Russes blancs, avec pour seul havre intermittent le foyer de son père, homme à femmes délaissant sans scrupule son enfant[9], jusque pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayant tôt pris l'habitude de s'évader par le dessin, à quinze ans il s'enfuit d'une de ces pensions[10] et découvre alors la liberté et la précarité dans Paris occupé (à Montparnasse) pour devenir peintre.

Au sortir de la guerre, il est pêcheur sous-marin à Saint-Tropez. « J’ai vécu de ça. Je plongeais très profond et ramenais beaucoup de poissons. La presqu’île était encore minée, car les Allemands venaient juste de partir. J’étais très pauvre. Je me suis installé au Cap Lardier, un endroit magnifique et très sauvage. »[11] C'est ainsi qu'il découvre cette région du massif des Maures, où il s'installera quelques années plus tard.

Mais rapidement Serge Rezvani monte à Paris exercer ses talents de peintre, faisant alors partie des jeunes peintres abstraits de l'après-guerre. Il sera peintre pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1967 environ, date où, la peinture ayant perdu toute signification pour lui, il se tournera vers l'écriture.

La rencontre de Lula[modifier | modifier le code]

En 1950, il rencontre Danièle, la femme de sa vie, qu'il appelle Lula. Il a 22 ans, elle 19[12]. Le père de Danièle est le chef de cabinet du Premier ministre de l'époque, et leur famille est issue de la descendance de George Sand[6]. Serge Rezvani raconte : « Il ne voulait pas qu'elle soit avec un étranger, un Juif iranien, un bâtard. Elle laissa tout tomber pour venir vivre avec moi. Pendant 50 ans, on ne s'est jamais quitté, pas une nuit, pas un jour, pas un repas. La seule exception fut quand je fus en chambre de réveil, après une opération à cœur ouvert. »

« Ce n'était pas une décision volontaire de notre part, nous avions simplement un tel plaisir à être ensemble. Si quelqu'un nous avait dit au début vous serez ensemble pendant 50 ans, on se serait tout de suite séparés ! Quelle condamnation ! Mais bien sûr, ce ne fut pas assez. »

Il dit : « Quand elle arriva dans ma vie, ce fut immédiat et pour toujours. » Lula prendra sa place au centre de son travail artistique, et sera le sujet de plusieurs de ses romans. Avant de faire sa connaissance, il avait été marié très peu de temps avec Evelyne Lanzmann, comédienne française, sœur de Claude et Jacques Lanzmann.

Une vie à La Béate[modifier | modifier le code]

En 1960, Danièle et lui se marient et quittent Paris pour le midi de la France, à la Garde-Freinet. Le couple vit alors dans une modeste maison du XIXe siècle sans eau ni électricité, enfouie dans la végétation du massif des Maures, juste à la sortie de La Garde-Freinet, et portant le nom La Béate. « C'était un peu plus grand qu'une cabane, un peu plus petit qu'une villa. » Ils l'adorent, la louent. Le propriétaire, gentil, la vend au jeune couple pour un prix modique payable quand ils peuvent. Et c'est ainsi que leur vie merveilleuse s'enracine.

Là, Rezvani commence à écrire, peint quand ils ont besoin d'argent, compose des chansons pour distraire Lula (elle, peint et écrit également). Cette maison devient le centre de leur monde. Le couple est étonnant, tous deux vêtus de blanc. « En 1960, le village de la Garde-Freinet, sans agents immobiliers ni vacanciers, était très pauvre. Je pense que nous avons eu la première voiture. Il y avait des chevaux à l'abreuvoir, et même des bœufs. Les villageois sont restés comme ils étaient, des gens réservés des montagnes, pas démonstratifs comme sur la côte. Notre amitié est sérieuse et profonde. »

Après l'avoir longtemps désiré, Danièle et Serge trouvent également leur pied-à-terre idéal à Venise, où ils viennent se ressourcer durant la saison morte, six mois par an[11]. Ils y renouent avec une vie sociale plus large, et Serge y écrit beaucoup. C'est ainsi qu'ils partagent leurs années-lumière entre La Béate et Venise.

Ils vivent durant quarante années à La Béate[13]. En 2000, Serge Rezvani raconte ces décennies passées à La Béate dans Le roman d'une maison, illustré de photos du couple heureux. « La mort ne pourra jamais nous détruire, ça ne pourra jamais effacer une telle perfection sereine », écrit-il. La Béate sera détruite dans un incendie de forêt dans les années 2000.

La maladie de Lula[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990-2000, Rezvani accompagne au quotidien sa femme Lula, atteinte de la maladie d'Alzheimer[14]. En 1999, il se remet à la peinture, également à la photographie et aux collages, et présente l'exposition Femme donna[15] à Venise. Il reprend l'écriture de chansons auprès de Mona Heftre, après tant d'années passées loin de ses chansons. Ces activités l'aident à supporter l'impuissance devant laquelle il se trouve face à cette terrible maladie qui éloigne l'être aimé inéluctablement chaque jour.

En 2002 le diagnostic tant redouté (car la mère de Lula avait elle aussi succombé à cette maladie) tombe. Il vit cloîtré auprès d’elle, transformant la Béate - devenue la "maison de la Belle au bois dormant" - en hôpital et faisant construire une maison de gardien[16] à côté de celle-ci pour héberger les aides-soignants qui aident Lula durant les mois ultimes. Les dernières années, il passe la semaine à Paris afin de gagner suffisamment pour rémunérer le personnel. En 2003, il publie un livre en hommage à sa femme, L'Éclipse, dans lequel il parle de la maladie dont elle est atteinte.

Après le décès de Lula en décembre 2004, au bout de dix années très difficiles, il songe à mettre fin à sa vie. « Ce que nous avons vécu ensemble était si fort que si elle était morte subitement je me serais suicidé. Mais pendant plus de dix ans, elle a eu l’extraordinaire élégance de me permettre de m'habituer à son absence. » « J'ai cru ma vie finie, je n'attendais même pas la mort car se figurer sa propre mort, c'est se situer encore dans la vie[17]. »

« Je suis amputé. Je ne refais pas ma vie, je la construis autrement... »[modifier | modifier le code]

Mi-2005, il rencontre l'actrice Marie-José Nat, qui était alors également veuve de Michel Drach. Les deux couples se connaissaient et s'étaient brièvement rencontrés dans les années 1960. Serge et Marie-José se marient en octobre 2005, en ayant conscience - comme ils le disent eux-mêmes - qu'il ne leur reste plus que quelques années à vivre. Ainsi que le rappelle Serge : « Je suis amputé. Je ne refais pas ma vie, je la continue autrement... » Serge Rezvani vit aujourd'hui auprès de Marie-José Nat à Bonifacio[18].

Les différentes facettes de l'artiste[modifier | modifier le code]

Serge Rezvani aime à se décrire comme ayant « plusieurs arcs à sa flèche », signifiant par là qu'il poursuit toujours le même but, mais en utilisant différents moyens d'expression pour traduire un même sentiment sous des angles différents.

La peinture[modifier | modifier le code]

Son parcours de peintre[modifier | modifier le code]

Il s'initie au dessin et à la peinture à la Grande-Chaumière à Montparnasse, et commence dans l’Atelier d’Emile Othon Friesz jusqu’en 1946.

« Je voulais vivre la peinture – car peindre c’était avant tout pour moi une façon de vivre – et non pas produire des tableaux. Je ne gardais rien de ce qui sortait de mes mains ; les dessins tombaient à terre sans que je me donne le peine de les ramasser ; pendant des mois, je peignais sur la même toile que je grattais lorsque la couche en devenait trop épaisse. J’aimais l’acte de peindre, j’aimais la vie qu’imposait l’acte de peindre, j’aimais l’extraordinaire tension qui me mettait en quelque sorte hors de moi lorsque, debout devant la toile, je n’étais plus moi mais ce qui se faisait sur la toile.
L’acte de peindre est, avant tout, une prise de position sensuelle de l’univers ; une sorte d’identification se produit entre vous et ce que vous cherchez à capturer par l’action de peindre. Le peintre se travestit sensuellement en ce qu’il peint. Il devient femme, pomme, fleur, lumière, je ne connais pas de communion plus complète – à part la fusion de l’amour. Peindre c’est aimer. J’aimais, oui, j’étais rempli d’amour pour tout ce que je voyais, pour tout ce que je touchais, je vivais dans une buée d’amour… et en même temps je me tenais à l’écart, parlant peu, ne mangeant presque rien, vivant d’aumônes et de petits vols, posant de temps en temps nu à l’atelier de croquis, au rez-de-chaussée de la Grande-Chaumière. Je survivais grâce aux uns et aux autres... » (Serge Rezvani, Le testament amoureux, Stock collection Points, 1981, p. 97–98)

En 1947 il publie avec Paul Éluard un beau livre, Elle se fit élever un palais[19], qui le fait sortir de l'anonymat. Le texte de Paul Éluard est constitué du poème éponyme (tiré de la Rose publique), et Serge Rezvani l'a orné de gravures (faites sur le bois de caisses à savon qui servent de poubelles dans les rues de Nice, où il lui arrive de séjourner), et a agrémenté chaque exemplaire de vignettes originales[20]. Il avait alors 28 ans, et n'avait pas le sou. Il raconte : « Ne pouvant plus peindre faute de toiles et de couleurs, la nuit j'allais voler des poubelles, à l'époque de simples caisses de bois. Me servant des planches brutes, je gravais des profils de femme. Ensuite, en les encrant, je tirais sur une feuille de papier ces silhouettes de chair en réserve, dont la blancheur nue naissait des nœuds, veines, striures du bois vivant par le tremblé d'une richesse de dentelle de Chine. Paul Éluard vit par hasard les premiers tirages de ces gravures chez Monny de Boully. Il voulut me rencontrer. Ces profils de femmes verticales coïncidaient avec un rêve qu'il avait célébré par un poème. Pendant six mois je tirai chez Mourlot les planches de ce livre (...) j'allais souvent chez Éluard pour lui montrer les planches au fur et à mesure que je les tirais. Avant même que je ne sorte les gravures, il me faisait asseoir à table et m'apportait du pain et du fromage. Je mourais de faim, il le savait. »

Serge Rezvani débute sa carrière en partageant un atelier avec Pierre Dmitrienko et Jacques Lanzmann (frère de sa première épouse). Il participe à cette époque aux expositions de groupe « Les Mains éblouies » à la Galerie Maeght. Il travaille ensuite avec Raymond Mason, qui tiendra une place importante dans son évolution artistique (ils partagent alors un petit atelier avec Jacques Lanzmann). Dès les années 1950, Serge Rezvani acquiert une notoriété avec ses tableaux abstraits. Il est exposé par la galerie Berggruen et par Lucien Durand. Plus tard, la Hannover Galerie de Londres exposera ses œuvres.

À la fin des années 1960, il se fait construire un atelier pour peindre chez lui, à La Béate. Peu de temps après, s'apercevant qu'il peignait les cancers de sa mère, et en voyant certains de ses amis peintres tels Nicolas de Staël et Serge Poliakoff souffrir de la pression commerciale, ainsi que par crainte de devenir un professionnel du métier, il décide d'abandonner la peinture, et se remet à pêcher en apnée à Saint-Tropez. « Quand ma peinture a commencé à se vendre, j’ai arrêté. Je ne suis pas parvenu à être le marchand de mes tableaux, un rôle qui induit d’avoir un certain type de relation avec le monde. Ce dont je suis incapable. C’est trop douloureux. Alors, j’ai commencé à écrire : des chansons, des romans, des pièces de théâtre. Cela dit, quand j’ai terminé un livre et que je ne peux plus écrire, je reprends parfois mes pinceaux pour réaliser de grandes séries. Mais je ne considère pas ce travail comme de la peinture. Il s’agit plutôt d’images très représentatives, très littéraires, par certains côtés. »[11]

Style[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Rezvani se divisent en périodes complètement différentes.

  • Dans l’après-guerre souffle une énergie nouvelle, pour beaucoup de jeunes de cette génération la peinture figurative est alors dépassée. Souhaitant appliquer les leçons de Vassily Kandinsky, Serge Rezvani se fait connaître comme jeune peintre abstrait, avec notamment Dmitrienko et François Arnal : l'abstraction lyrique prend son envol. Les couleurs chaudes et l'expression des artistes prennent le pas sur les formes géométriques froides et impersonnelles. Rezvani pratiquera une abstraction totale sans aucune association avec des éléments quelconques de la réalité, abstraction comme celle de Serge Poliakoff (des lignes sinueuses qui s’entrecoupent avec grâce). Les œuvres de cette période lui on valu une estime toute d’esthétisme et de raffinement.
  • Vers 1965, il s'oriente davantage vers la réalisation de grandes toiles d’une facture plutôt réaliste, tout en ne recherchant pas le trompe-l'œil.
  • À partir des années 1990, il passe à une peinture figurative. Il n'a depuis jamais arrêté de peindre, l'acte de peindre étant pour lui une « prise de position sensuelle de l'univers ».

Expositions[modifier | modifier le code]

Depuis 1946, Serge Rezvani expose dans différentes galeries, et participe à de nombreuses expositions collectives, notamment à Paris (Galerie Maeght en 1950, Arnaud, Durand, Musée Berggruen)[21] et à Londres (Hanover Gallery). Il expose en 1955 à la galerie Kléber, mais aussi à Lausanne, Stockholm ou New York, etc.

Plusieurs grandes expositions de séries de tableaux marquent sa carrière de peintre :

  • L'été 1999[22], il expose pour la Biennale de Venise à la Galleria Del Leone[15] une série de tableaux intitulée Femme, donna, écrite "avec du noir sur du blanc" (évoquant par là la phrase de Mallarmé « Écrire, c’est déjà mettre du noir sur du blanc »). Il commente cette série ainsi : « Je tente aujourd'hui, dans cette "période noire" de mon travail, à la faveur de cette "lumière noire", de redécouvrir LA femme, son corps intact, sa grâce par sa projection et sa représentation. » Le livre Femme donna (Actes Sud) permet de retrouver ces toiles[23].

En 2009 Serge Rezvani souhaite exposer une rétrospective de ses tableaux, mais une grande partie des œuvres qu’il voudrait exposer se trouve actuellement au Musée de la Havane à Cuba, lequel n’accepterait de les prêter que moyennant une caution très élevée[24].

En 2012, Serge Rezvani peint des toiles de Marie-José Nat, son épouse[25]. En outre, une exposition de sa dernière série d’œuvres intitulée Ils croient jouer au football mais ils ne savent pas qu'ils dansent un sublime ballet a lieu à la Galerie Guillaume[26] du 6 juin au 27 juillet 2012.

La chanson[modifier | modifier le code]

Des chansons pour les intimes[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1950, Serge Rezvani, alors peintre, se met à composer ses premières chansons, destinées à amuser sa femme, sur une guitare offerte par Francesca Solleville[27]. « J'avais envie de musique. Je jouais très mal de la guitare et j'étais incapable de chanter les chansons des autres. Poussé par cette incapacité, j'ai trouvé trois-quatre accords et les mots sont venus. Mon grand ami Jean-Louis Richard, le mari de Jeanne Moreau, a adoré la première chanson, il l'a apprise, s'est amusé à la chanter. Puis une seconde. Au gré de l'inspiration et sans technique, je me suis aperçu que je tenais une sorte de journal chanté. »

Ces chansons étaient connues de leur seul cercle d'amis : Jean-Louis Richard et Jeanne Moreau, François Truffaut (qu'il rencontre grâce à Jeanne Moreau) et Madeleine Morgenstern, Francesca Solleville, Boris Vian. Mais également Maurice Alezra, Marianne Feld et Jean-Claude Vignes. Ces chansons sont alors le prétexte à de petites fêtes chez les uns ou les autres : « À l'époque, à la fin des années cinquante, mon meilleur ami s'appelait Jean-Louis Richard, mari de Jeanne Moreau. Nous formions deux couples extrêmement liés, Jeanne et Jean-Louis, ma femme Danièle et moi. Nous étions voisins à la Garde-Freinet dans le Var, où nous passions de chaleureuses soirées à dîner, chanter, organiser des spectacles... De même à Paris, où l'on se retrouvait une fois par semaine chez les Richard, avec Boris Vian, Francesca Solleville... J'y amenais mes dernières chansons, on mangeait des spaghetti, on jouait aux cartes, avec une double punition infligée au perdant : chanter Jo Le Rouge debout sur la table et faire la vaisselle! (rires) »[28]

« Ces chansons et la communication qu’à travers elles j’établissais avec les autres m’apportèrent de grandes joies. Le silence de la peinture étouffait depuis longtemps le peintre. Voilà que le peintre se mettait à chanter tout à coup pour dire ce que sa main ne pouvait peindre. Dans ces chansons je parlais de Danièle, de mon amour pour elle, du bruit meurtrier de la ville, de notre vie, de la mort, de mes peurs et de mes espoirs : elles devinrent en quelque sorte mon journal chanté. Je venais de prendre la parole. »[29]

Un succès inattendu[modifier | modifier le code]

Un jour, François Truffaut - qui adorait les chansons de Serge[30] - lui demande s'il peut utiliser une de ses chansons pour le film Jules et Jim qu'il avait alors en préparation[31],[32]. C'est ainsi que, en 1961, l'une de ses chansons intimistes quitte le cercle de ses amis pour rejoindre le cinéma. On y voit Serge Rezvani accompagnant à la guitare Jeanne Moreau pour la chanson Le Tourbillon (de la vie). « Et [François Truffaut] a souhaité que j’accompagne Jeanne sur trois notes. C’est ce que j’aime dans une chanson : qu’elle reste fragile, comme si elle était inachevée. » [33] Serge Rezvani avait en fait composé cette chanson sept ans plus tôt pour Jeanne Moreau[34], qui n'avait de cesse de se séparer de son compagnon du moment Jean-Louis Richard, meilleur ami de Serge à l'époque. Serge y joue lui-même dans le film un second rôle, celui d'Albert (sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak).

Il signe à l'origine ses chansons sous un pseudonyme afin de garder son anonymat, avec l'idée qu'un succès du film l'éclairerait trop. Il dit : « Pour différencier mon activité de compositeur de mon activité de peintre, je me suis camouflé derrière un pseudonyme, Cyrus ou Boris Bassiak (« bassiak » signife « va-nu-pieds » ou « vagabond » en russe, Boris est son prénom de naissance, et Cyrus est le prénom - également russe - que lui donnait sa mère lorsqu'il était enfant[35]).

Le succès, en quelques mois, du Tourbillon conduit Jeanne Moreau en 1963, sous la houlette de Jacques Canetti, à enregistrer un premier 33 tours de chansons de Rezvani, intitulé 12 chansons de Bassiak (album s'ouvrant par la célèbre chanson J'ai la mémoire qui flanche). Ce disque obtiendra le Grand prix de l'Académie Charles-Cros en 1964. Cette même année 1963, elle enregistre la chanson Embrasse-moi, tirée de la bande originale du film Peau de banane de Marcel Ophüls (cette chanson est également reprise à la même époque par Francesca Solleville, qui enregistre quelques chansons de Rezvani et les interprète sur scène). Toujours en 1963, Jacques Baratier réalise le film Dragées au poivre en y incluant des chansons de Rezvani.

Peu enclin à entrer dans le métier, Rezvani finit par se rendre à la SACEM pour y passer l'examen d'auteur-compositeur. Ne sachant pas écrire ses musiques, il y est considéré comme « mélodiste » : il devra faire cosigner toutes ses chansons par des compositeurs considérés comme tels... Cela explique les cosignatures mentionnées sur tous les enregistrements pendant plus d'une vingtaine d'années, jusqu'à ce que ses œuvres lui soient enfin attribuées au double titre d'auteur et de compositeur. Et qu'il les assume sous son véritable nom[36].

En 1965, Jean-Luc Godard, en repérage dans le Var pour Pierrot le fou au volant de sa grosse voiture américaine, entend Jeanne Moreau à la radio, et dit à son assistant qu'il « aimerait avoir une chanson du type qui a écrit ça. » Anna Karina se souvient : « Jean-Luc adorait Le tourbillon. Il savait par Truffaut que Bassiak était un auteur-compositeur terriblement original. » Se trouvant alors juste à une vingtaine de kilomètres de La Béate, Godard et son assistant débarquent à 7 h du matin chez les Rezvani. Serge lui fait écouter les 3 chansons qu'il a sur son magnétophone à ce moment-là[37], et Godard lui répond simplement « ce sont celles qu'il [me] faut. » Anna Karina en chante deux dans le film (Ma ligne de chance et Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours ô mon amour), et, dans un mouvement d'humeur envers Godard (qui était alors son mari), refuse la troisième, Angora rose.

En 1966, Jeanne Moreau reprend notamment cette chanson sur son second album 12 nouvelles chansons de Bassiak, qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros. Trois titres restés inédits en 1966 lors de cet enregistrement (Fille de personne, La Fermeture glissière et Minuit Orly) seront édités en CD par la suite, tandis que d'autres n'ont toujours pas été publiés à ce jour[34]).

Les chansons de Rezvani contribuèrent à faire de Jules et Jim et Pierrot le fou des films culte de la Nouvelle Vague. Et Serge Rezvani devient dorénavant, bien malgré lui (sous le pseudonyme de Boris Bassiak), l'un des compositeurs associés à ce courant du cinéma français.

Sa carrière de discret auteur à succès couvre ainsi juste quelques années, de 1961 à 1966 : car moins de cinq ans après le succès du Tourbillon, et alors que les plus grands studios de cinéma américains lui proposent de venir travailler à Hollywood - en contrepartie d'une rémunération conséquente -, et qu'on lui demande à la même période d'écrire pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot ou Serge Reggiani (dont Jacques Canetti veut faire un chanteur[27]), Serge Rezvani décide de raccrocher sa guitare.

Leur rôle de passage à l'écrit[modifier | modifier le code]

Ces chansons amènent surtout le peintre vers l'écrit. En 1965, Rezvani part de sa chanson J'ai la mémoire qui flanche pour écrire sa première pièce de théâtre, Les immobiles, dans laquelle un vieil homme dont la mémoire fuit s'efforce de retrouver son passé en écrivant quelques couplets (en 2010, cette pièce n'a encore jamais été jouée[27]). Avec Les immobiles, il approfondit une nouvelle forme d'écriture. Il dit : « J'ai toujours eu la nostalgie de l'écriture. [...] Je suis arrivé à écrire par les chansons et j'ai éprouvé le sentiment d'une grande délivrance le jour où, grâce à elles, j'ai trouvé la voie. J'ai écrit mes premiers livres comme j'écrivais mes chansons. J'emploie des moyens différents mais tout ce que je fais est un ensemble. »[27]

En outre, ces quelques succès lui assureront dorénavant une relative liberté financière, qui l'aidera particulièrement à certaines périodes difficiles de sa vie[38].

En 1968, l'actrice Vanessa Redgrave enregistre dix belles versions de chansons de Rezvani, en version anglaise (adaptations anglaises de Julian More, et sur des arrangements et direction d'orchestre de Antoine Duhamel), pour le film inachevé Red and Blue de Tony Richardson.

En 1976, Jean Arnulf reprend également les chansons de Serge Rezvani dans un album intitulé Jean Arnulf Chante Rezvani.

Les chansons de Serge Rezvani ne seront plus interprétées pendant plus de 20 ans.

En 1994 paraît le CD Notre folle jeunesse (Deyrolle éditeur), sur lequel il chante 17 de ses chansons en s'accompagnant à la guitare. C'est la première fois que l'on peut entendre Serge Rezvani interpréter ses chansons. Mais ce coffret à petit tirage, passé quasi inaperçu, a fini dans les bacs des soldeurs.

La redécouverte[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, Mona Heftre, comédienne qui s'illustra dans la troupe du Magic Circus de Jérôme Savary, découvre les deux chansons de Cyrus Bassiak dans Pierrot le fou, puis leur véritable auteur, et plonge alors avec passion dans ses romans. Elle décide de reprendre le riche répertoire de Serge Rezvani : « Je veux, dit-elle, porter partout ces chansons d'amour graves, tendres, légères et drôles parfois. Je me sens enfin capable de les interpréter vraiment. Il faut avoir vécu pour chanter Rezvani, et j'ai vécu... des joies, des malheurs, des espoirs. » En 1999, elle crée le tour de chant Tantôt rouge tantôt bleu (avec des airs inédits dénichés dans ses pièces de théâtre[39]) au Sentier des Halles à Paris.
Puis Mona fait la connaissance de Serge Rezvani. Il lui chante des airs oubliés qui lui reviennent en mémoire après des années d'amnésie volontaire[39]. Elle enregistre un premier album de ses chansons intitulé Tantôt rouge, tantôt bleu (Actes Sud, livre-disque contenant les paroles de 72 chansons de Rezvani), avec la complicité du pianiste Gérard Daguerre (accompagnateur notamment de Barbara). Ce disque obtient le Grand Prix de l’académie Charles-Cros et de l'Adami. Puis Mona interprète les chansons de Rezvani au TNP (salle Gémier), à l'Opéra-Comique, au Théâtre du Renard (Les années Lula, 2003).

Mona enregistre alors un deuxième album en studio qui aurait dû voir le jour, mais à la suite de problèmes d'héritage avec son producteur, ce sera finalement un album enregistré en public, Embrasse-moi, qui sortira en 2004.

Mona Heftre demanda à Serge Rezvani de nouvelles chansons. Celui-ci, touché par son interprétation, lui suggéra de puiser dans ses pièces de théâtre, où il les a « mises à l'abri », en particulier dans la pièce intitulée Le Cerveau[27]. Puis il finit par se prendre au jeu, et consacra une année à ces seules nouvelles chansons pour Mona Heftre[40]. En ayant l'idée toutefois qu'il ne retrouverait « ni la grâce, ni l'inconscience d'autrefois... J'avais oublié les accords, dit-il, je ne touchais plus ma guitare depuis près d'une vingtaine d'années. Et j'ai réalisé que ça fonctionnait. Plusieurs d'entre elles vont peut-être plus loin que certaines des années 60. Entre-temps, je me suis imprégné de d'écriture et de vie... Alors que Lula était irrémédiablement malade, ces chansons m'ont peut-être sauvé la vie. »

À l'initiative de Bertrand Py (travaillant pour le compte des Éditions Actes Sud), Serge Rezvani entreprend d'enregistrer l'intégrale de ses chansons. À l'occasion de la parution du premier des 6 CD, il s'aventure sur scène pour accompagner l'événement à Arles et aux Bouffes du Nord à Paris. Puis à Venise et à La Garde-Freinet durant l'été 2005[41], après le décès de Lula, comme une sorte d'adieu à des lieux chéris. Puis en automne 2005 au Théâtre Ouvert de Lucien Attoun à Paris, par affection pour le couple-maître des lieux. Ces cinq concerts lui donnent le goût de poursuivre lorsqu'il rencontre la professionnelle (Gladys Gabison) à même de concilier la scène et les périodes consacrées à l'écriture. « Je ne me vois pas partir en tournée, dit-il, mais l'idée d'aller ponctuellement dans des lieux différents me plaît bien. Alors que je me suis présenté sur scène, assis, un peu comme si j'étais chez moi, un peu en amateur, feuilletant mon cahier de chansons - je ne les connais pas par cœur et ne peux peut-être pas les apprendre -, je réfléchis avec mon guitariste (Amaury Canovas-Filliard) sur la façon de changer un peu les choses. En travaillant davantage la guitare pour chanter debout. »

Fin 2005, parait le livre-CD Quand tombe la nuit, une comptine pour enfants racontée, dessinée et chantée par Serge Rezvani, avec notamment la participation de Mona Heftre.

En 2007, Helena Noguerra reprend certaines de ses chansons dans l'album Fraise-vanille, dont certains titres sont diffusés à la radio.

Le théâtre[modifier | modifier le code]

En 1965, Serge Rezvani écrit ses premières pièces de théâtre, L'Immobile et Le Rémora, créée au Petit Odéon par Michel Berto. Dès lors, il alterne romans et récits autobiographiques, et peint (Les Horreurs de la guerre électronique en 1970, ou Les Grandes Marines en 1975).

Son théâtre est de plus en plus remarqué. À la fin des années 1960, Serge Rezvani est contacté par le premier ministre iranien de l'époque, qui lui propose de lui acheter des toiles et de mettre à sa disposition un atelier immense[42]. Cela intrigue Serge Rezvani, qui commence alors à faire des recherches, à rencontrer des opposants au régime du Shah d'Iran (notamment d'autres expatriés iraniens), à rassembler des informations pendant des mois. Il s'aperçoit qu'il s'y passe des choses atroces, dont aucun média ne parle.

Cela le conduit à publier des articles dans le journal le Monde[43]. Puis à écrire la pièce de théâtre Le Camp du drap d'or, sous la forme d'une satire politique critiquant les célébrations de Persépolis du Shah d'Iran, et stigmatisant la complaisance des pays occidentaux à l'égard de ce sanglant régime (l'une de ses chansons traite également de ce sujet[27]). « Je ne me suis jamais senti Iranien. Si je me suis engagé, c’est malgré moi, pour des raisons humanitaires. Il fallait sauver des vies. »[11] Cet engagement lui vaudra de figurer sur la liste noire des condamnés à mort de la Savak, la police politique d'Iran[27]. Serge Rezvani propose sa pièce à Lucien Attoun, qui créait alors son Théâtre Ouvert. Celui-ci l'a prise, et en fait l'ouverture de sa programmation au Festival d'Avignon de 1971 à la Chapelle des Pénitents blancs. La pièce est montée par Jean-Pierre Vincent et la Compagnie Vincent Jourdheuil (avec notamment Hélène Vincent et Jean Benguigui)[44].

Suite à cela, Serge Rezvani écrit une deuxième pièce sur l'actualité, Capitaine Schelle, capitaine Eçço, qui dénonce tout ce qui se passe autour du pétrole et la violence du capitalisme occidental. Georges Wilson, directeur du Théâtre national populaire de Chaillot, l'accepte. La pièce est montée par la même Compagnie Vincent-Jourdheuil, dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent et Jean Jourdheuil[44], avec notamment Maurice Bénichou (Capitaine Schelle), Gérard Desarthe (Capitaine Eçço), Arlette Chosson (Kouki), Hélène Vincent et Jean Dautremay.

Puis en 1977 est montée La Mante polaire au Théâtre de la Ville par Jorge Lavelli, avec Maria Casares dans le rôle titre. Au printemps 1994, La Glycine est présentée par la Comédie-Française dans une mise en scène de Jean Lacornerie au Théâtre du Vieux Colombier (avec Roland Bertin), en même temps qu’une exposition de ses dernières peintures - Repentirs - est présentée à la galerie Weill-Seligmann[45]. En 1988-89, deux courtes pièces, Jusqu'à la prochaine nuit (avec Anna Tatu) suivi de Na (avec Éléonore Hirt[46]), sont créées à l'Avant-Scène de Marseille par Pierre Chabert. Na est également mise en scène en octobre 1996 par Hevé Taminiaux sur la Scène nationale d'Albi.

À la demande de Jacques Lassalle, il signe la traduction d’une nouvelle version de Platonov d'Anton Tchekhov, que Jacques Lassalle met en scène à la Comédie Française en novembre 2003.

En 2010, Jean-Michel Guy met en scène Tom Neal et la compagnie théâtrale lilloise La Scabreuse dans la pièce Body (1970).

En septembre 2011, Serge Rezvani devait présenter une nouvelle pièce intitulée On s'est connus, on s'est reconnus, qu'il devait jouer aux côtés de sa femme Marie-José Nat au théâtre Déjazet. La pièce, qui traite d'un couple se retrouvant après 25 ans d'absence, parle sur un ton poétique d'amour et de la nostalgie de la vie[47]. Finalement, au vu de la situation politique en France, et alors que la pièce était quasiment prête, Serge Rezvani décide de ne pas monter celle-ci[48].

L'écriture[modifier | modifier le code]

Ses deux premiers écrits, Les Années-lumière (1967), puis Les Années Lula (1968) - deux autobiographies chroniques intimes - lui valent la reconnaissance du milieu littéraire et du public et le consacrent en tant qu'écrivain. Suivent Coma, Les Américanoïaques et La Voie de l'Amérique, trois romans parus en 1970.

Dans Mille aujourd'hui, il « tournoie contre la Babel électronique », puis il continue ses portraits de couples atypiques dans Feu (1973), évoque le couple nomade dans Foukouli (1974), , et poursuit son œuvre autobiographique dans Le Portrait ovale (1976), Le Testament amoureux (1981), le journal Les Variations sur les jours et les nuits (1985), J'avais un ami (1987), Les Repentirs du peintre (1993), Le Roman d'une maison (2001), et enfin L'Éclipse (2003), Paru en mai 2003, son texte, «L’éclipse», qui clôt le cycle autobiographique de son œuvre par le récit de la maladie d’Alzheimer dont souffre sa femme. Paraissent également Les Canards du doute (1979), La Table d'asphalte (1980), La Loi humaine (1983) et Le Huitième Fléau (1989).

Il publie de nombreux romans, dans lesquels il semble poursuivre une véritable poétique du désastre, La Traversée des monts Noirs (1992), La Cité Potemkine (1999) ou encore L'Origine du monde (2000, éditions Acte Sud).

En 2004 il publie un recueil de nouvelles drolatiques intitulé Les Voluptés de la déveine, qui prend pour héros l’un des personnages de son roman L’origine du monde, l’inénarrable commissaire Quevedo flanqué de son chien doué de parole, M. Bull.

Il écrit aussi de la poésie, avec Double Stance des amants (1995), Élégies à Lula (1999), et des essais comme La Folie Tintoretto (1994), ou La Femme dérobée (2005).

En janvier 2012, il publie Ultime amour[49], ainsi intitulé « car la vie, pour moi, n’a été et n’est qu’Amour jusqu’à la Fin », dans lequel il parle ouvertement des personnes ayant très largement profité de lui pendant la maladie d’Alzheimer de Lula, en usant de sa faiblesse et ses souffrances pour escroquer littéralement le couple en détresse. Il évoque ensuite la paix retrouvée grâce à la rencontre de Marie-José Nat. Serge Rezvani annonce que cet ouvrage est son ultime livre[50], « point final à la longue exploration de la première personne du singulier ».

Serge Rezvani aura consacré l'essentiel de son temps au roman et au théâtre, en renouant de temps en temps avec la peinture et la chanson.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans, récits et œuvres autobiographiques[modifier | modifier le code]

  • Les Années-lumière, Paris, Flammarion,‎ 1967 (réimpr. 1972 (Éd. le Livre de poche), 1986 (Éd. Seuil, Collection « Points »)), 445 p.
    Rezvani raconte dans ce livre l'errance de sa jeunesse, ses allées et venues entre sa mère, les orphelinats, son pathétique père diseur de bonne aventure, et la solitude de chambres sordides.
  • Les Années Lula, Paris, Flammarion,‎ 1968 (réimpr. 1973 (Éd. le Livre de poche), 1987 (Éd. Seuil, Collection « Points »)), 420 p.
    Ce second roman forme un diptyque indissociable du premier, où l'errance initiale est entièrement mise en relief par l'assurance que la femme procure.
  • Les Américanoïaques, Paris, C. Bourgois,‎ 1970 (réimpr. 1972 (collection « 10-18 »), 2000 (Éd. de la Mauvaise graine)), 137 p. (ISBN 2-9514990-4-3, [%5Bhttp://soundcloud.com/romainblanchard/les-am-ricano-aques-rezvani%5D présentation en ligne])
    Comme son nom l’indique, l’œuvre est profondément américanophobe. Cependant, elle doit être comprise dans son contexte, la guerre du Viêt Nam (en 2000, Serge Rezvani indique qu’il n’écrirait plus un tel pamphlet).
  • Coma, Paris, C. Bourgois,‎ 1970 (réimpr. 1975 (collection « 10-18 »)), 157 p.
  • La Voie de l'Amérique, Paris, C. Bourgois,‎ 1970 (réimpr. 1973 (coll. « 10-18 »)), 483 p.
  • Mille aujourd'hui, Paris, Stock,‎ 1972 (réimpr. 1976 (éd. le Livre de poche)), 453 p.
  • Feu, Paris, Stock,‎ 1973 (réimpr. 1978 (éd. le Livre de poche)), 344 p. (ISBN 2-234-00639-2)
  • Fokouli, Paris, Stock,‎ 1974, 425 p. (ISBN 2-234-00166-8)
  • Chansons silencieuses, Paris, Union générale d'éditions, coll. « 10-18 »,‎ 1975, 188 p. (ISBN 2-264-01172-6)
    recueil des textes de ses chansons
  • Le Portrait ovale, Paris, Gallimard,‎ 1976, 174 p. (ISBN 2-07-029392-0)
  • Le Canard du doute, Paris, Stock,‎ 1979 (réimpr. 1980 (Éd. Rombaldi), 1988 (coll. « 10-18 »)), 279 p. (ISBN 2-234-01000-4)
  • Le voyage d'hiver, Hachette, coll. « Saisons »,‎ 1979, In-12 agrafé (tirage unique à 1000 exemplaires n° hors commerce sur vergé)
    Recueil de 4 nouvelles écrites par Serge Rezvani, Jacques Chessex, Jean Freustié et Georges Perec consacrées aux saisons (rééd. Éditions du Seuil, collection Librairie du XXe siècle, 1993 puis 2009).
  • Divagation sentimentale dans les Maures, Paris, Hachette,‎ 1979 (réimpr. 2001 (dessins de Serge Rezvani, éd. Actes sud)), 113 p. (ISBN 2-85108-228-0)
    photographies de Hans Silvester
  • La Table d'asphalte, récits, Paris, Ramsay, coll. « Domaine romanesque »,‎ 1980, 238 p. (ISBN 2-85956-136-6)
  • Le Testament amoureux, Paris, Stock,‎ 1981 (réimpr. 1984 (éd. Seuil, coll. « Points »)), 547 p. (ISBN 2-234-01499-9)
  • La Loi humaine, Paris, Seuil,‎ 1983, 292 p. (ISBN 2-02-006544-4)
  • Variations sur les jours et les nuits, journal, Paris, Seuil,‎ 1985, 399 p. (ISBN 2-02-008601-8)
    Je ne savais pendant cette année d'écriture, si ce journal serait un jour publie mais je l'ai écrit pour qu'il soit lu. L'expérience me mettait en état de curiosité. C'est cette curiosité que j’aimerais avoir réussi à transmettre. Que reste-t-il de la vie qui passe au jour le jour - pas de la mémoire qui, elle, constamment, remet en perspective, comme si, à mesure qu'on s'éloigne du moment vécu, les différents plans du paysage glissaient les uns par rapport aux autres -, mais du moment d'écriture, du choix quasiment inconscient qui se fait à travers l'écriture? Que va-t-il s'écrire aujourd'hui?
    Venise, peinte par petites touches, aimée dans sa décrépitude; le vallon du Midi que le feu a ravagé mais qui reprend ses allures de paradis précaire, menacé par le béton; les amis célèbres ou inconnus; les lectures; enfin et surtout l'amour avec Danièle sont les thèmes principaux de ce livre. Mais l'essentiel c'est, bien sûr, la sensibilité de Rezvani, sa capacité d'émerveillement et de souffrance. De notation en notation, il nous donne à sentir le grain du quotidien, l'écoulement voluptueux de la vie, les passages à l'angoisse, les retours au bonheur: ce journal serait la suite du Testament amoureux.
  • La nuit transfigurée, Paris, Seuil,‎ 1986 (réimpr. 1993 (éd. Gallimard, coll. « Folio »)), 293 p. (ISBN 2-02-009154-2)
  • J'avais un ami, Paris, C. Bourgois,‎ 1987 (réimpr. 1991 (collection « 10-18 »)), 152 p. (ISBN 2-267-00511-5)
  • Le 8e fléau, Paris, Julliard,‎ 1989, 169 p. (ISBN 2-260-00636-1)
  • Phénix, Paris, Gallimard,‎ 1990 (réimpr. 1994 (éd. Actes Sud, coll. « Babel »)), 165 p. (ISBN 2-07-072084-5)
    Au terme d'une longue méditation, Cham décide d'abandonner la peinture pour l'écriture. Alex, sa femme est la complice de cette métamorphose. Entre leur retraite méridionale et la ville d'Italie où ils aiment s'enfuir, en dépit des sollicitations des marchands et des collectionneurs, ils parcourent dans une grande solitude amoureuse le chemin d'une renaissance. Et ensemble découvrent que l'œuvre que Cham a tenté de détruire par le feu agit à la fois comme miroir et mémoire et, nouveau Phénix, sera la matière même du renouveau.
  • L'anti-portrait ovale, Paris, Deyrolle,‎ 1991, 64 p. (ISBN 2-908487-10-1)
  • La traversée des Monts Noirs, en supplément au Rêve de d'Alembert, Paris, Stock,‎ 1992 (réimpr. 1995 éd. le Livre de poche, puis 2011 éd. Les Belles Lettres (collection L’Exception)), 394 p. (ISBN 2-234-02482-X)
  • Les repentirs du peintre, Paris, Stock,‎ 1993, 257 p. (ISBN 2-234-02610-5)
  • Processus, Jannink,‎ 1994, 125 × 210 mm, 48 p. (ISBN 2-902462-30-1)
    Texte inédit avec œuvre signée. broché, jaquette. 290 exemplaires.
  • L'énigme, Arles, Actes Sud,‎ 1995 (réimpr. 2003 (coll. « Babel »)), 233 p. (ISBN 2-7427-0588-0)
    Que s'est-il passé à bord de l'Ouranos, le cabin-cruiser de la famille Knigh, retrouvé dérivant en mer, vide, la coque striée de griffures sanglantes ? Lequel des Knigh, tous écrivains, donc tous rivaux - autant dire tous suspects - a délibérément noyé les autres, avant de s'infliger sans doute le même sort ?
    Pour déchiffrer les indices - carnets, brouillons, poèmes - découverts sur le navire, l'Enquêteur du Domaine maritime et son ami le Poète Criminologiste ont fait appel à un spécialiste : le scrupuleux Théseur.
    Aussitôt s'engage une enquête diligente mais trompeuse, pleine de rebondissements, de fausses pistes, de coups de théâtre... S'enivrant peu à peu de cette énigme qu'ils redoutent de résoudre tant elle les tient en haleine, les trois enquêteurs explorent les ténébreux secrets de la famille Knigh, les dangereux chemins de la création, l'insondable mystère de mourir... donc d'exister.
  • Fous d'échecs, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 1997, 270 p. (ISBN 2-7427-1030-2)
  • La cité Potemkine ou Les géométries de Dieu, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 1998, 449 p. (ISBN 2-7427-1846-X)
  • Un fait divers esthétique, Arles, Actes Sud,‎ 1999, 250 p. (ISBN 2-7427-2162-2)
  • L'origine du monde, pour une ultime histoire de l'art à propos du « cas Bergamme », Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2000 (réimpr. 2002 (coll. « Babel »)), 402 p. (ISBN 2-7427-2878-3)
  • Le vol du feu, Arles, Actes Sud, coll. « Babel »,‎ 2000, 525 p. (ISBN 2-7427-2550-4)
    Ce feu qui vole de colline en colline, ravage les Maures et déferle vers le rivage, n'est pas seulement le sujet principal de ce roman : il est en quelque sorte son mouvement même. Dans ses tourbillons, c'est lui qui débusque, embrase, révèle chacun des multiples personnages. Dans sa fureur, c'est lui qui porte jusqu'à l'incandescence les secrets et les haines d'une population hétéroclite - forestiers et chasseurs, vieilles souches pastorales ou nouveaux nomades de la « beat generation ». C'est lui enfin qui donne à la phrase de Rezvani sa véhémence, son lyrisme parfois hallucinatoire. Ce livre au titre prométhéen - qui dans sa première édition s'intitulait Feu - n'étonne pas moins par sa qualité visionnaire. Décrivant par avance le grand incendie qui dévasta les Maures quelque temps après sa parution, Le Vol du feu est aussi une ample et tragique méditation sur les passions, sur l'animalité de l'homme et sur son inextinguible désir du divin.
  • Le roman d'une maison, Arles, Actes Sud, coll. « Archives privées »,‎ 2001, 157 p. (ISBN 2-7427-3314-0)
    texte et dessins de l'auteur
  • L'amour en face, ciné-roman, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2002 (réimpr. 2005 (Éd. J'ai lu)), 251 p. (ISBN 2-7427-3928-9)
  • L'éclipse, Arles, Actes Sud,‎ 2003 (réimpr. 2007 (coll. « Babel »)), 174 p. (ISBN 2-7427-4352-9)
    C'est le 11 août 1999, le jour où l'éclipse solaire a assombri quelques instants la Terre, que Serge Rezvani a appris le nom du mal dont souffrait Lula, sa compagne de toute une vie. Alzheimer avait pénétré « La Béate » leur maison du bonheur nichée au fond des bois. Par une sorte de dérivation par la création, le peintre-romancier décidait alors de coucher par écrit cette longue incarcération, ce lent anéantissement de l'être qu'Alzheimer impose aux malades et à ceux qui les accompagnent. Un témoignage bouleversant et un ultime chant d'amour à Lula.
  • Venise qui bouge, Arles, Actes Sud,‎ 2004, 122 p. (ISBN 2-7427-5333-8)
    Texte et collages de l'auteur[51].
  • Les voluptés de la déveine, nouvelles drolatiques, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2004, 144 p. (ISBN 2-7427-4759-1)
  • Le magicien ou L'ultime voyage initiatique, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2006, 249 p. (ISBN 2-7427-6263-9)
    Le père de Serge Rezvani était magicien, et le roman est marqué de ses souvenirs d’enfance et de ses interrogations sur cette figure paternelle à la fois lointaine et mystérieuse.
  • Au bonheur des sphères, Arles, Actes Sud,‎ 2006, 60 p. (ISBN 2-7427-6551-4)
    Lors d'une fête foraine, deux adolescentes, Stella la blonde et Vanina la noire, font l'expérience de l'implacable domination masculine.
  • Le dresseur, Paris, Le Cherche Midi,‎ 2009, 300 p. (ISBN 978-2-7491-1230-5)
  • Ultime amour, Les Belles Lettres, coll. « L’Exception »,‎ 2012, 21x15cm, 160 p. (ISBN 978-2-251-44430-7)
  • Vers les confins, Les Belles Lettres, coll. « L’Exception »,‎ 2014, 21x15cm, 392 p. (ISBN 978-2-251-44484-0)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Théâtre (Body - L'Immobile - Le Cerveau), Paris, C. bourgois,‎ 1970, 269 p.
    Body est une « pièce pour un personnage (Zizi), et une poupée gonflable ». Une femme d’affaires (Zizi), moderne et « libérée », riche et dominatrice, mais désespérément seule, cherche jouissance et consolation dans les bras d’une poupée gonflable aux mille possibles visages (Body), dans l’alcool et, finalement, dans le vertige de la spéculation boursière. - La pièce porte fortement l’empreinte du temps où elle fut écrite, par les références aux personnalités et aux événements de l’époque (le pape Jean XXIII, la guerre du Viêt Nam, le programme Apollo…), par ses deux grands thèmes apparents (la revendication féministe et la dénonciation, plutôt situationniste, de la haute finance) et par son irrévérence. Body est une pièce vive, rapide, qui fleure le loufoque, en tournant allégrement en dérision une situation pathétique.
  • Le Rémora, pièce en 2 actes, Paris, Stock, coll. « Théâtre ouvert »,‎ 1970, 114 p.
  • Capitaine Schelle, capitaine Eçço, Paris, Stock, coll. « Théâtre ouvert »,‎ 1971 (réimpr. 1972), 215 p.
    La pièce met en scène une croisière de riches armateurs grecs sur un yacht, qui ressemble à un pétrolier. L'un des armateurs vient de quitter sa première femme pour épouser la veuve d'un président assassiné... L'autre voit mourir sa femme d'un excès de barbituriques et épouse la première femme du précédent. Mais la description des riches armateurs du temps s'arrête là pour imaginer une pièce davantage poétique que réaliste, et un monde futur qui ne devra plus rien à celui que domine l'obsession de l'argent...
  • Le camp du drap d'or, Paris, Stock, coll. « Théâtre ouvert »,‎ 1972, 171 p.
  • La Colonie, Paris, Stock, coll. « Théâtre ouvert »,‎ 1974, 121 p. (ISBN 2-234-00072-6)
  • Le Palais d'hiver, Paris, C. Bourgois,‎ 1975, 95 p.
  • La Mante polaire, Paris, C. Bourgois,‎ 1977, 116 p. (ISBN 2-267-00079-2)
  • La guerre des salamandres (non publié)
  • Les Faucons à la saison des amours, Arles, Actes Sud-Papiers,‎ 1990, 62 p. (ISBN 2-86943-263-1)
    Cinq êtres se retrouvent sur une terrasse. Cet isolement les conduit à prendre acte de la dégradation de leur relation, des dérives d'amours incestueuses, des violences d'anciens amants.
  • Jusqu'à la prochaine nuit suivi de Na, Paris, Actes Sud-Papiers,‎ 1990, 47 p. (ISBN 2-86943-234-8)
    Chaque soir, pour Elle et Lui, recommence le rituel de la même nuit, de la même vie, ratée. Ils étaient trois amis, épris de musique : Elle, Lui et l'Autre, celui qu'ils viennent d'écouter au concert, celui qui a réussi, les laissant à leur dérive folle. Le jour où cet Autre, qu'on ne nomme jamais, a passé son concours de musique avec succès, Lui échoue (peut-être parce que l'Autre avait dérobé et annoté sa partition pour qu'il échoue). Elle, dans la salle de théâtre désertée, est là pour le consoler. En elle, vit un enfant de l'Autre. L'Autre ne voudra plus d'elle et l'enfant naîtra anormal (en dysfonction, hors du temps, hors vie). Aujourd'hui, il est mort. Raté. Tous deux, Elle et Lui, comme dans l'éternité de l'enfer, incapables de rester au jour des vivants, jouent, semblables à deux acteurs qui n'auraient plus besoin de spectateurs, la même histoire jusqu'à la mort. Sans doute. Na Le déchirement d'un autre couple : celui d'une mère et de son fils, aux limites de la folie.
  • La glycine, Paris, Actes Sud-Papiers, coll. « Théâtre »,‎ 1991, 74 p. (ISBN 2-86943-307-7)
  • Décor, néant suivi de Les enfants de la nuit, Arles, Actes Sud-Papiers,‎ 1993, 71 p. (ISBN 2-86943-370-0)
    Les enfants de la nuit traite des aveugles
  • Isola Piccola, Arles, Actes Sud-Papiers,‎ 1994, 115 p. (ISBN 2-86943-384-0)
    Mais savez-vous que c'est par une infinie répulsion que se tient en place l'univers ? En mathématique comme en chimie ou en physique l'élément d'affinité répulsive sert en quelque sorte de liant. Les affinités répulsives fondent la chimie, la biochimie, la physique nucléaire... et aussi le sexe ! L'univers ne tient ensemble que par le jeu des affinités répulsives. Nous-mêmes ne sommes que des charges électriques dont les phases ne cessent de s'inverser. Cette électricité déphasée, ces pertes et ces retours de tension font de l'univers une curiosité. Sans la folie des flux électriques répulsifs, l'univers ne serait pas cette curiosité qui maintient nos propres flux électriques en éveil. Nous crèverions d'ennui si nous n'étions non seulement plongés dans le chaos mais nous-mêmes chaos. Aucun de nous n'éprouve envers l'Autre ce qu'on nomme naïvement du sentiment... ou si vous préférez une affinité stable.
  • Théâtre complet. 1, Arles, Actes Sud,‎ 1994, 346 p. (ISBN 2-7427-0202-4)
    Réunit : Les immobiles, Le rémora, Le cerveau, Capitaine Schelle, capitaine Eçço et Le palais d'hiver
  • Théâtre complet. 2, Arles, Actes Sud,‎ 1998, 316 p. (ISBN 2-7427-2012-X)
    Réunit : Le camp du drap d'or, La colonie, La mante polaire, La guerre des salamandres et Les faucons à la saison des amours

Essais[modifier | modifier le code]

  • La folie Tintoretto, Paris, Stock, coll. « Échanges »,‎ 1994, 236 p. (ISBN 2-234-04360-3)
  • Théâtre, dernier refuge de l'imprévisible poétique, Arles, Actes Sud-Papiers, coll. « Apprendre »,‎ 2000, 181 p. (ISBN 2-7427-2741-8)
    Recueil de textes extraits pour la plupart de « Du théâtre, la revue », 1993-1999
  • La femme dérobée, de l'inutilité du vêtement, Arles, Actes Sud,‎ 2005, 180 p. (ISBN 2-7427-5680-9)

Il publia de nombreux livres et articles sur l'histoire de l'art, ainsi que sur le théâtre.

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Doubles stances des amants, poèmes, Arles, Actes Sud,‎ 1995, ca 200 p. (ISBN 2-7427-0553-8)
    dix eaux-fortes de l'auteur
  • Élégies à Lula, Montolieu, Deyrolle,‎ 1996, 84 p. (ISBN 2-908487-59-4)

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Traduction en français de Platonov, la première pièce de théâtre d'Anton Tchekhov, qui porte en germes toute l'œuvre à venir de Tchekhov. Platonov, le fléau de l’absence de père, texte français et préface de Serge Rezvani, Actes Sud, collection « Babel », 2003.
  • Traduction de l'auteur iranien Khayyam's Rubayyat.

Discographie[modifier | modifier le code]

Par lui-même (sous le nom de Rezvani)[modifier | modifier le code]

À l'initiative de Bertrand Py, Serge Rezvani a enregistré une Intégrale de ses chansons en 6 CD chez Actes Sud (2004-2008), accompagné par Amaury Canovas-Filliard à la guitare, et illustrées de ses peintures. Voici le texte de présentation du distributeur Naïve à la sortie du premier volume :

« Cette intégrale des chansons de Rezvani paraîtra sous la forme de six CD (chaque CD sera accompagné d’un livret reproduisant les paroles) dont les sorties s’étaleront entre 2004 et 2006. L’intention de ce projet est de les donner à entendre telles que Rezvani les a conçues et les chantait pour ses proches, avec modestie, verve, gaieté, passion. Son interprétation est légère, sans effets artistiques, elle focalise l’écoute sur la pertinence des textes, leur drôlerie ou leur sagacité, leurs trouvailles et leur étonnante fluidité. On comprend pourquoi ses chansons, tout à la fois narratives, drolatiques et métaphysiques ont fait l’admiration de Gilles Deleuze, et lui ont valu le grand prix de la poésie de la SACEM, sous l’impulsion (entre autres) d’Etienne Roda-Gil. Le parti pris a été de conserver la spontanéité qui colore leur composition (une voix, une guitare) – Amaury Canovas-Filliard accompagne si bien Rezvani qu’on croirait ce dernier seul devant son micro – et d’assurer à l’enregistrement de parfaites conditions techniques. »

Depuis l'enregistrement de cette Intégrale, Serge Rezvani a écrit quelques autres chansons, notamment la très émouvante Je suis d'un autre monde[52].

Interprétations par d'autres chanteurs[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Vanessa Redgrave interprète 10 chansons de Rezvani en version anglaise (adaptations de Julian More, sur des arrangements et direction d'orchestre de Antoine Duhamel), pour le film inachevé Red and Blue de Tony Richardson. Ces titres sont disponibles en complément au disque Dragée au poivre, BO du film, Emarcy-Universal (2008)
  • 2000 : Mona Heftre, Tantôt rouge, tantôt bleu , Le Chant du Monde (Grand Prix de l’académie Charles-Cros et de l'Adami)
  • 2000 : Anna Karina, Une histoire d'amour (Rosebud-Universal), sur lequel figure Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours en duo avec Philippe Katerine
  • 2004 : Mona Heftre, Embrasse-moi (enregistrement en concert avec accompagnement piano, contrebasse et accordéon, Le Chant du Monde)

Reprises du Tourbillon de la vie[modifier | modifier le code]

Autres interprètes de chansons de Serge Rezvani[modifier | modifier le code]

  • Yves Simon cite Serge Rezvani dans sa chanson Mille aujourd'hui (album Raconte-toi, 1975) : « Dans cette ville qui s'appelle aujourd'hui, je trimbale un livre de Rezvani. »

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Moitié Russe, moitié Iranien, je suis un exilé depuis toujours. »
  • « Toute magie se multiplie quasiment à l'infini par la retransmission orale. Les monuments des dieux se sont bâtis avec la langue. » (Le Testament amoureux, 1981).
  • « Gutenberg, en inventant le livre, a brisé l’œuvre de l'oralité. » (La traversée des monts noirs, 1992)
  • « En ne livrant dans mes livres que des réponses incomplètes, je fais appel à l’autre, au lecteur. Je parie sur sa liberté. »
  • « Les années heureuses sont des années sauvées. De même sont irréversibles les années malheureuses de l’enfance. On les transporte avec soi jusqu’à la fin. Elles vous ont marqué du signe plus ou du signe moins. » (Variations sur les jours et les nuits, 1985).
  • « Que d'hommes avant nous n'ont-ils rêvé d'arracher l'histoire à sa lourde fatalité du sacrifice. »
  • « Il n'y a pas de menteurs, mais des gens avides d'illusion. » (Le Testament amoureux, 1981).
  • « Mes chansons sont comme mon journal intime : elles avancent avec ma vie, elles en suivent le cours. »
  • « Mes chansons ne m'appartiennent presque plus. » (2007).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Une thèse consacrée au théâtre chez Serge Rezvani a été publiée[65].

Documentaires consacrés à Serge Rezvani[modifier | modifier le code]

  • En 2003, la réalisatrice Gloria Campana a réalisé un documentaire intitulé L'énigme Rezvani (65 minutes, produit par MC4 Production avec la participation de la SACEM)[66].
  • En 2006, le couple Serge Rezvani et Marie-José Nat ont été invités au cours de l'une des émissions Vie privée, vie publique présentée par Mireille Dumas.
  • En 2008, Gilles Nadeau a réalisé un documentaire intitulé Serge Rezvani, peintre, auteur-compositeur, écrivain (dans la série Hommes de passion, 52 minutes)[67].
  • En 2009, le journaliste et critique Jean-Jacques Bernard a réalisé un documentaire sur Marie-José Nat et Serge Rezvani intitulé Ni trop tôt, ni trop tard (54 minutes, disponible en DVD)[68].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Page de Serge Rezvani sur le site de l'Académie française
  2. Prix de l'Académie française : Grande médaille de la Chanson française Ensemble de ses chansons médaille de vermeil (2007)
  3. « Tel est le néologisme par lequel j'ai toujours essayé de formuler ma rébellion contre le dressage auquel on nous soumet depuis l'enfance : dressage qui consiste à canaliser nos pulsions vitales, et principalement nos pulsions créatrices, dans ces étroites matrices que sont ce que l'on nomme les disciplines. »
  4. Sa mère avait dû fuir son pays au moment de la Révolution russe.
  5. En iranien, « Rezvani » signifie « issu du paradis » (source: Article Chez les Rezvani, par Denise Dubois-Jallais, magazine Elle, 1977).
  6. a et b Serge Rezvani ou la nostalgie du présent, Lire, par Alexie Lorca, 1er juin 2004
  7. Son père a - tout comme Serge - exercé plusieurs fonctions. Il a fondé le Théâtre royal de Téhéran lorsqu'il était jeune. Quand il est arrivé en France, il a été décoré de la Légion d'honneur pour ses traductions de Molière du russe au persan. Il a été danseur dans les ballets russes. Et il était un très grand magicien, qui inventait de la magie.
  8. Suite à la mort de sa mère, Serge Rezvani devait partir en Israël. Mais son père intente un procès à sa tante, qui devait le récupérer. Émission À voix nue, France Culture, novembre 2013; et For intérieur, France Culture, janvier 2009
  9. cf. son premier roman autobiographique Les années lumière, 1967.
  10. Il était alors pensionnaire à Anthony.
  11. a, b, c et d Le monde selon Serge Rezvani, propos recueillis par Michel Doussot et Yves Couprie pour Le Routard en 2004.
  12. Danièle Lula Rezvani est née en 1930.
  13. Ils y ont également hébergé des personnes en détresse : « Nous avons été les hôtes de réfugiés iraniens, chiliens, etc. Nous nous sommes occupés de Régis Debray quand il était emprisonné en Bolivie. » (Cf. l'interview du Routard 2004)
  14. Serge Rezvani : Accompagner sa femme dans les derniers moments de la maladie d’Alzheimer.
  15. a et b Page consacrée à Serge Rezvani sur le site de la Galleria Del Leone.
  16. Il vend pour cela leur maison à Venise.
  17. Cf. Ultime amour
  18. En 2005, il dit à propos de La Béate : « Je ne pourrais plus jamais vivre ici, plus jamais. »
  19. Magnifique in-folio (330x510), en feuillets sous couverture repliée. Livre rarissime (tiré à 16 exemplaires) en avril 1947, pour le compte de Maeght.
  20. Jean-Charles Gateau, Éluard, Picasso et la peinture (1936-1952), Librairie Droz, 1983.
  21. Serge Rezvani a également travaillé pour la collection présidentielle du Palais de l'Élysée : The New York Times du 23 juin 2005.
  22. du 9 juin au 7 juillet 1999.
  23. Catalogue : (it)(fr) Rezvani : femme, donna (préface de Riccardo Held), Actes Sud Beaux Arts, Arles, 1999 (ISBN 2-7427-2339-0). Dix-sept silhouettes féminines dans un cadre naturel, dans des gradations de noir et blanc, précédées d'une introduction sur le peintre-écrivain et son œuvre.
  24. Article du Figaro du 05/02/2009
  25. Ultime amour : le nouveau tourbillon de Rezvani.
  26. Ces peintures mettent l'accent sur « l'innocence de la Beauté ». « J'ai attendu cinquante ans pour me décider à saisir par la peinture ce moment artistique d'innocence humaine. C'était pour tenter de le dire par delà les mots - ou tout au moins susciter la réflexion sur ce phénomène - puisque impossible à dépeindre » dit-t-il. « Ces peintures ne sont absolument pas une exaltation du football, mais l'exaltation de l'esthétique que peut la plupart du temps dégager l'innocence. Car les joueurs d'une partie de foot ne savent pas la beauté artistique de leur gestuelle... Quand deux équipes de footballeurs s'entrechoquent en l'air, ou qu'elles quittent le sol et s'élèvent un instant hors pesanteur en désir du ballon, ces deux équipes ne savent pas qu'elles accèdent à une autre dimension qui est poésie pure... » [1]
  27. a, b, c, d, e, f, g, h et i Magazine Chorus no 55, printemps 2006 - Article de Marc Legras consacré à Serge Rezvani
  28. Livret du CD Dragées au poivre (2007).
  29. a et b Texte d'introduction de Serge Rezvani, livret du CD Notre folle jeunesse (Deyrolle, 1994).
  30. « Pour être absolument sincère, j'avoue, en matière de chansons, préférer toujours l'interprétation de l'auteur lui-même. Ma préférence va à Charles Trenet, Boby Lapointe et Bassiak. » François Truffaut (cité dans le livret du CD Notre folle jeunesse, 1994)
  31. Interview de Serge Rezvani.
  32. François Truffaut - qui aimait beaucoup Serge Rezvani - souhaitait que ce dernier se mette à l'écriture, et espérait que cette chanson devienne un tube afin que cela donne suffisamment de liberté à Serge Rezvani pour pouvoir écrire.
  33. D'ailleurs, à la fin du second refrain (“On s’est connus”), Jeanne Moreau s’est un peu emmêlé les pinceaux dans les paroles (on la voit faire des signes avec les mains, et Serge et elle sourient). Mais François Truffaut a conservé cette prise plutôt qu'une autre pour le film car elle était la plus spontanée, la plus naturelle... La version studio enregistrée plus tard par Jeanne Moreau diffère donc légèrement de la version du film.
  34. a et b Interview de Jeanne Moreau par Antoine de Baecque et Ludovic Deperrin dans Libération.
  35. Cf. son roman Les années lumière, par exemple.
  36. Cf. notamment la préface de Chansons silencieuses (1975).
  37. Qui étaient alors ses trois dernières chansons récemment composées.
  38. Les moments littéraires no 15 2006 - Dossier Serge Rezvani par Bertrand Py
  39. a et b Texte d'introduction de Mona Heftre à son album Embrassse-moi (2004).
  40. Texte d'introduction de Serge Rezvani à l'album Embrasse-moi de Mona Heftre (2004).
  41. Évocation de ce concert-hommage sur un blog
  42. [2]
  43. L'autre Iran, Le Monde, 24 novembre 1971.
  44. a et b http://www.passion-theatre.org/cgi-bin/pti_lol/spectacle/affiche/fiche.pl?id_planning=6367
  45. Portrait de Serge Rezvani en 1994 sur FR3.
  46. http://www.aartis.fr/artiste.cfm/75098-eleonore-hirt.html
  47. Nice Matin du 20 avril 2011 : Marie-José Nat : « Je suis fière de mes choix et je n'ai aucun regret »
  48. « J'ai écrit une pièce de théâtre pour elle (Marie-José Nat), avec elle, et où j'aimerais mettre en scène la femme d'aujourd'hui qu'elle est. Et donc ce projet était presque abouti, et puis finalement, vue la situation tellement merveilleuse de la politique française - où on s'aperçoit qu'on patauge dans le vomi -, on s'est dit que ce n'était pas le moment de monter une pièce comme celle-là, qui est intimiste, qui est profonde, qui est grave, qui est silencieuse. Et donc dans des moments comme celle-là, je crois qu'il vaut mieux se retirer à la campagne et cultiver son jardin, et c'est ce que nous faisons. » (Interview le 18 novembre 2011 sur France Musique, dans l'émission Musique Matin, par Christophe Bourseiller)
  49. Aux éditions des Belles Lettres.
  50. Interview le 18 novembre 2011 sur France Musique, dans l'émission Musique Matin, par Christophe Bourseiller.
  51. Description de Venise qui bouge sur le guide du routard.
  52. Vidéo de Je suis d'un autre monde
  53. http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2006/06/02/360-serge-rezvani
  54. http://www.dailymotion.com/video/x80ba3_jeanne-moreau-ou-vas-tu-mathilde_music
  55. De son vrai nom Danielle Guibert.
  56. Rezvani : Le zèle de Z'elle, article de Michel Kemper.
  57. Elle a également donné des récitals de chansons de Rezvani en 2010 et 2011 : Z'Elle chante Rezvani.
  58. http://www.youtube.com/watch?v=vDg4kW8HHoY
  59. http://www.youtube.com/watch?v=x8eGdU4Kfp4
  60. http://www.youtube.com/watch?v=_NNGdgfAPPQ
  61. http://www.youtube.com/watch?v=NpM4jyuGKOc
  62. http://www.youtube.com/watch?v=iS6a0LnVBuQ
  63. http://www.dailymotion.com/video/xjvefa_patrickjean-le-tourbillon-de-la-vie_music
  64. http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/26/998791-Limogne-en-Quercy-Un-premier-CD-pour-Brindille.html
  65. Le théâtre dans l'œuvre de Serge Rezvani: un genre ouvert, par Dalida Chraimi, et disponible sur le site de l'Atelier National de Reproduction des Thèses (833 pages, ISBN 9782729537265).
  66. Lien sur le site film-documentaire.fr
  67. Ce documentaire a été diffusé sur la chaine de télévision Orange Ciné-Cinémas en 2010.
  68. Catalogue de la BNF. Ce documentaire a également été diffusé sur la chaine de télévision France 3 Corse en 2011.
  69. Joshua, la trentaine, vient d'apprendre que son dossier a été classé "sous x" : en d'autres termes, l'identité de ses parents reste à ce jour inconnue. Il décide alors de se désigner des parents lui-même et part à la conquête de mère et de père inconnus dans des circonstances assez inhabituelles...