Hokusai

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Hokusai

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Autoportrait, Musée du Louvre

Naissance 23 novembre 1760
Edo
Décès 10 mai 1849
Edo
Nationalité japonaise Drapeau du Japon
Activités peintre
Mouvement artistique Japonisme Ukiyo-e

Œuvres réputées

Trente-six vues du mont Fuji
La Grande Vague de Kanagawa

Katsushika Hokusai (葛飾 北斎?), né le 31 octobre 1760 (date non assurée) – mort le 10 mai 1849, connu plus simplement sous le nom de Hokusai (北斎), ou de son surnom de « Vieux Fou de la peinture », est un peintre, dessinateur spécialiste de l’ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires japonais. Son œuvre influença de nombreux artistes européens, en particulier Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet et Alfred Sisley, voire le mouvement artistique appelé japonisme. Il signa parfois ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin, « le Fou de dessin ». Il est parfois vu comme le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie à peu près « esquisse spontanée »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La Grande Vague de Kanagawa (1831) est la première des 46 estampes composant les Trente-six vues du mont Fuji, l'une des œuvres majeures d'Hokusai.

Hokusai naît dans le quartier de Warigesui, district de Honjō (zone rurale encore connue sous le nom de Katsushika) à Edo, ancien nom de la ville de Tokyo, le 9e mois de la 10e année de l'Ère Hōreki (octobre - novembre, 1760) de parents inconnus. Il est adopté vers l'âge de trois ou quatre ans par une famille d'artisans. Son père adoptif, Nakajima (中島) Ise, est un fabricant de miroirs pour la cour du shogun. Hokusai, alors appelé Tokitanō (太郎), manifeste dès lors des aptitudes pour le dessin et de la curiosité pour la peinture

En 1773-1774, il est en apprentissage dans un atelier de xylographie et en 1775 il grave lui-même les six dernières feuilles d'un roman humoristique de Sanchō. En 1778, il intègre l'atelier du maître Katsukawa Shunsho (1726- 1792), un peintre d'estampes ukiyo-e, spécialiste des portraits d'acteurs. C'est dans cet atelier que commence son travail d'artisan du dessin et de l'estampe aux revenus modestes. L'année suivante, il produit sous le nom de Katsukawa Shunrō une série de ces portraits très réussis. Il quitte cependant l’atelier à la mort du maître du fait de désaccord avec son successeur Shunko[2].

Hokusai connaît alors une période de grande pauvreté durant laquelle il étudie les techniques des écoles de Kano Yusen, Tsutsumi Torin et Sumiyoshi Naiki. Il subit aussi l’influence de l’art occidental et découvre la perspective grâce à un artiste japonais, Shiba Kokan, qui fréquente les Néerlandais, seuls autorisés à amarrer à Nagasaki.

Vers 1794, il réintègre une école classique : le clan Tawaraya de l'école Rimpa. En 1795, il illustre sous le nom de Sōri le recueil poétique « Kyōka Edo no Murasaki » qui lui vaut son premier succès. Le kyôka est un court poème, pastiche de poèmes classiques dont les Japonais sont très friands. Le Char des poèmes kyôka de la rivière Isuzu illustré par Hokusai, est le seul ouvrage de ce type traduit en français (in medias res, 2002). De 1796 à 1799 il produit un grand nombre d'albums et d’estampes en feuilles séparées, appelées surimono. C'est à la même époque qu'il adopte pour la première fois le nom de Hokusai et se donne en 1800 le surnom de Gakyōjin Hokusai, « le Fou de dessin ». En 1804, il peint, dans la cour du temple d’Edo, au moyen d’un balai et d’un seau d’encre de Chine, un daruma géant de plus de 240 m2 que l’on doit hisser jusqu’aux toits pour permettre à l’assistance de l’admirer. Il réitère cet exploit en 1817 à Nagoya.

En 1812, Hokusai commence à parcourir le pays, de l’ancienne capitale Kyōto à la ville nouvelle de Edo. Il s’arrête à Nagoya, où il rencontre Bokusen, un autre artiste. Suivant les conseils de ce dernier, il publie deux ans plus tard sa Manga : Recueils de ses innombrables carnets de croquis, d’études originales et marginales. La publication de cette série de livres d’images s'étend jusqu'en 1834 et comprend douze volumes.

Âgé de soixante ans, Hokusai prend le nom de Iitsu pour signifier son passage dans un nouvel âge et s'adonne à cette période à l'illustration de livres.

1831 voit la parution d’une de ses œuvres majeures, la série d’estampes Fugaku Sanjūrokkei ou Trente-six vues du mont Fuji, qui lui vaut une reconnaissance mondiale. Il se sert alors du bleu de Prusse, introduit au Japon en 1829 et dont Keisai Eisen avait déjà tiré profit. Il produit dans la même période plusieurs séries d’estampes qui rompent toutes avec la tradition de l’ukiyo-e. C’est ainsi au début des années 1830 que voient le jour les séries des Cascades, des Ponts, des Oiseaux et des Fantômes (cette dernière interrompue à la fin de la cinquième planche).

Il quitte Edo fin 1834 pour passer une année à Suruga dans la péninsule de Miura au sud d’Edo et publie l’année suivante sa série Fugaku Hyakkei ou les Cent Vues du Mont Fuji, qui reprend au trait tout son travail sur le paysage.

Vers le milieu de 1836, il retourne à Edo alors que la capitale connaît l’année de la Grande Famine. Il survit grâce à la vente de ses œuvres contre un peu de nourriture et arrête sa série de Cent Poètes et Poèmes, commencée au début de l’année, à la vingt-septième planche[3].

En 1839, un incendie vient dévaster son atelier, emportant avec lui les travaux accumulés des dernières années. C'est à cette époque qu'un jeune artiste, Hiroshige Ando vient concurrencer sa célébrité[4]. Les dix années qui suivent furent paisibles en matière de production. On raconte que, chaque matin, il s’efforçait de produire au moins un dessin, rituel auquel il s’adonna jusqu’à sa mort.

C'est en 1845 qu'il fait son dernier voyage à la rencontre d’un ami de la province de Shinano. Il exécute au cours de cette visite quelques peintures dans un temple.

Il meurt le 10 mai 1849 et ses cendres sont déposées dans un tombeau au temple Seikiō-ji, dans le quartier populaire d’Asakusa, à Edo, où il avait passé la majeure partie de sa vie. Il laisse derrière lui une œuvre qui comprend 30 000 dessins. Sur sa pierre tombale il laisse cette épitaphe : « Oh ! La liberté, la belle liberté, quand on va aux champs d'été pour y laisser son corps périssable ! »[5]

Sur son lit de mort, il prononce ces dernières paroles : « Encore cinq ans de plus et je serais devenu un grand artiste »[6].

Noms d'artiste d'Hokusai[modifier | modifier le code]

Hokusai a changé plusieurs fois de nom d'artiste au cours de sa longue carrière, dont les principaux marquant ses différents styles sont Sōri (1794-1798), Katsushika Hokusai (1805-1810), Taito (1810-1819) Iitsu (1820-1834), et Gakyō Rôjin Manji (1834-1849), signifiant "vieillard fou de peinture". Il a aussi utilisé plusieurs noms secondaires et pseudonymes, comme Toki (1799), Raishin (1811), Kakō (1811). Cependant, il est rare qu'il ait utilisé deux noms principaux en même temps. Le tableau ci-dessous tente de recenser les signatures utilisées par Hokusai dans ses oeuvres. A noter qu'il ne s'agit pas toujours de noms à proprement dit, mais de formules incluant le nom de l'artiste d'une façon particulière[7][8]. Par exemple Sōri aratame Hokusai signifie : Hokusai anciennement Sōri. Parfois, l'artiste indique son âge : Hachijūhachirō Manji pourrait se traduire par : Manji au vieil âge de 88 ans.

Liste des signatures utilisées par
Hokusai sur les estampes et les livres illustrés
Nom principal Dates
Katsukawa Shunrō (tsutsushinde kore wo zusu) 1779 - 1789
Katsu Shunrō 1781 - 1789
Shunrō 1781 - 1792
Gunbatei 1786
Katsushika jū Shunrō 1791
Kusamura Shunrō 1793 - 1794
Hokusai Sōri 1793 - 1797
Sōri (utsutsu) 1795 - 1798
Hyakurin Sōri 1797
Hokusai Tokimasa 1798
Sōri aratame Hokusai 1799
Saki no Sōri aratame Hokusai 1799 - 1800
Hokusai 1799 - 1818
Fusenkyo Hokusai 1799
Gakō Hokusai 1799
Hokusai Tatsumasa 1800
Tokitarō Kakō (Sorobeku) 1800
Kakō (Sorobeku) 1803
Kakō 1801 - 1804
Gakyōjin Hokusai (rōfu) 1801 - 1807
Gakyōrojin Hokusai 1804 - 1806
Hokusai Egaku 1804 - 1807
Kukushin Hokusai 1805
Katsushika Hokusai (hitsu) 1804 - 1815
Katsushika Hokusai Raishin 1811
Katsushika Hokusai Tatsumasa 1811
Shin-musashinokuni Katsushikazumi Tō Hokusai Saito 1811
Hokusai aratame Taito 1814
Hokusai aratame Katsushika Taito 1815 - 1819
Zen Hokusai Taito 1815 - 1819
Gakyōjin Hokusai Taito 1817
Furumekashiku Hokusai Taito 1817
Katsushika zen Hokusai Taito rōjin 1817 - 1818
Hokusai Taito sekijō ryaku hitsu 1804 - 1818
Katsushika saki no Hokusai aratame Taito 1818
Zen Hokusai Katsushika Taito 1819
Katsushika zen Hokusai Taito 1820
Hokusai aratame Katsushika Iitsu 1820
Hokusai Taito aratame Katsushika Iitsu (hitsu) 1820
Katsushika Iitsu 1821
Getchirōjin Iitsu 1821
Fusenkyo Iitsu 1822
Zen Hokusai aratame Katsushika Iitsu 1822
Zen Hokusai Iitsu 1823, 1824, 1828, 1830, 1833, 1835
Katsushika oyaji Iitsu 1825
Zen Hokusai Katsushika Iitsu 1825, 1833, 1834
Iitsu 1826, 1828
Hokusai aratame Iitsu 1826
Katsushika zen Hokusai Iitsu rōjin 1829
Saki no Hokusai hitsu 1831
Hokusai aratame Iitsu (hitsu) 1829 - 1834
Zen Hokusai Iitsu rōjin 1833
Saki no Hokusai Iitsu (hitsu) 1834
Hokusai Iitsu aratame Gakyō Rōjin Manji hitsu 1834
Zen Hokusai Iitsu Gakyōrōjin Manji 1834 - 1835
Zen Hokusai Iitsu Manji rōjin 1834, 1843
Saki no Hokusai Iitsu aratame Gakyō Rōjin Manji hitsu 1834 - 1844
Zen Hokusai Manji 1835, 1838
Saki no Hokusai 1835
Saki no Hokusai Manji 1835
Zen Hokusai Iitsuō 1835
Sōbō Ryokyaku Saki no Hokusai aratame Gakyō Rōjin Manji 1835 - 1836
Zen Hokusai Iitsu aratame Gakyōrōjin Manji 1836, 1840
Yowai Nanajyūni Gakyō Rōjin Manji hitsu 1837
Sōbō Ryokyaku Gakyō Rōjin Manji Yowai Hachijūichi 1840
Shihitsu Hachijūni ō Manji 1841
Gakyōrōjin Manji 1836, 1840, 1848
Katsushika Iitsu Manjirōjin Hachiemon 1843
Hachijūyonrō Manji hitsu 1843
Zen Hokusai Manjiō 1843
Hachijūgoro Manji hitsu 1844
Katsushika Iitsu Manji Rōjin 1845
Saki no Hokusai Manji Rōjin Shūzō 1845
Hokusai Iitsurōjin Hachiemon 1846
Hachijū-shichi rō Manji hitsu 1846
Gakyō Rōjin Manji shihitsu yowai hachijūshichi sai 1846
Katsushika Manjirōjin 1847
Yowai Hachijū Hachi Manji 1847
Hachijūhachirō Manji hitsu 1847
Manji Rōjin hitsu, Yowai Hachijū Kyūsai 1848
Kaeigan Tsuchinoesaru no toshi Rokugatsu Yōka Monjin 1848
Motomeni ōzu Yowai Hachijūkyū sai no Manji Rōjin hitsu 1848
Kyūjū Rōjin Manji hitsu 1849
Kaei ni tsuchinoto Tori doshi Shōgatsu Tatsu no hi, Hōreki jū Kanoetatsu no toshi shusshō, Kyūjū Rōjin Manji hitsu 1849

Galerie[modifier | modifier le code]

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Œuvres d'Hokusai par périodes[modifier | modifier le code]

1779 - 1792 : Katsukawa Shunrō[modifier | modifier le code]

  • Portraits d'acteurs en feuilles séparées,
  • illustrations de romans bon marché,
  • quelques estampes polychromes .

1795 - 1798 : Sōri[modifier | modifier le code]

  • 1795 Illustration du recueil poétique Kyōka Edo no Murasaki
  • 1797 Yanagi no ito, Sandara kasumi,
  • 1798 Otoko dōka

1799 - 1810 : Hokusai[modifier | modifier le code]

  • 1799 Azuma asobi
  • 1800 Tōto shōkei ichiran
  • 1804 Ehon kyōka yama mata yama
  • 1807-1810 Chinsetsu yumiharizuki

1811 - 1819 : Taito[modifier | modifier le code]

  • 1814-1819 Hokusai manga, volumes 1-10
  • 1816 Santai gafu
  • 1817-1819 Ehon hayabiki

1820 - 1835 : Iitsu[modifier | modifier le code]

  • 1821 Genroku kasen kaiawase
  • 1822 Umazukushi
  • 1829-1833 Shinpen suiko gaden
  • vers 1831-1834 Fugaku sanjūrokkei (Trente-six vues du mont Fuji)
  • vers 1830-vers 1835 Shokoku Takimeguri (Circuit des cascades de toutes les provinces), Shokoku meikyō kiran (Vues étonnantes des ponts célèbres à travers toutes les provinces), Setsugekka (Neige, Lune et Fleurs), Shika shashin kagami (Vrai miroir des poèmes et des poètes), Hyaku monogatari (Cent histoires de fantômes)

1834 - 1839 : Manji[modifier | modifier le code]

  • 1834-1835 Fugaku hyakkei (Cent vues du mont Fuji)
  • 1835-1838 Hyakunin isshu uba ga etoki (Cent poèmes expliqués par la nourrice)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Art, Hokusai, le père du manga par Jean Pierrard, L'express
  2. Voir pages 25-26 in Art of Japan: Wood-block Color Prints, Carol Finley, Lerner Publications, 1998
  3. Voir page 193 in The Floating World, James A. Michener, University of Hawaii, 1983
  4. Voir page 120 in Giants of Japan: The Lives of Japan's Most Influential Men and Women, Mark Weston, Kodansha International, 1999
  5. Voir page 367 et 368 in Hokusai, Matthi Forrer et Edmond de Goncourt, 1998, Flammarion, Paris
  6. Voir page 183 in Luck of the year: essays, fantasies, and stories, Edward Verrall Lucas, Ayer Publishing, 1969
  7. Catalogue de l'exposition Le fou de peinture. Hokusai et son temps - Dessins. Estampes. Lives. Peintures. Bronzes. Kimono. Netsuke, pp. 23-24, du 6 octobre 1980 au 4 janvier 1981, Centre culturel du Marais
  8. Catalogue de l'exposition Hokusai - L'Expo au Grand Palais, Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris, 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond de Goncourt, Hokusai (1896), Flammarion, 1988.
  • Henri Focillon, Hokusai (1824), Fage éditions, 2005.
  • Seiji Nagata et Hokusai Katsushika, Hokusai: Genius of the Japanese Ukiyo-e (traduction de John Bester), Kodansha International, 1999
  • Un livre pour la jeunesse : François Place, Le Vieux Fou de dessin, Gallimard jeunesse, 2002, est en l'honneur de Hokusai et nous présente sa vie de sa plus tendre jeunesse à sa vieillesse sous l'angle d'un jeune apprenti qui découvre le passé passionnant de son maître. Ce livre est lu notamment dans les classes primaires françaises.
  • Shotaro Ishinomori, Hokusai (1987), Kana, coll. Sensei, 4 juin 2010.
  • Catalogue de l'exposition Le fou de peinture. Hokusai et son temps - Dessins. Estampes. Lives. Peintures. Bronzes. Kimono. Netsuke, du 6 octobre 1980 au 4 janvier 1981, Centre culturel du Marais, pp. 494
  • Aude Fieschi, Le vieil homme aux dix mille dessins - Le roman de Hokusai, Picquier 2012
  • Catalogue de l'exposition qui aura lieu au Grand Palais (Paris) du 1er Octobre 2014 au 18 Janvier 2015. Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture de l’Institut Hokusai, à Tokyo, au printemps 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Estampe de Hokusai.

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Liens externes[modifier | modifier le code]