Andrew Carnegie

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Andrew Carnegie

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Andrew Carnegie, en 1913

Alias
« l'homme le plus riche du monde »
Naissance
Dunfermline (Écosse)
Décès (à 83 ans)
Lenox (Massachusetts)
Nationalité Écossais naturalisé Américain
Pays de résidence Écosse, États-Unis
Profession Industriel de l'acier
Activité principale Entrepreneur
Autres activités
Ascendants
William Carnegie (père)

Andrew Carnegie (né le à Dunfermline en Écosse et mort le à Lenox (en) dans le Massachusetts) est un industriel et philanthrope écossais naturalisé américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Andrew Carnegie est premier fils de l'union de Margaret et William Carnegie. Son père participe au chartisme, mouvement social dont le but est d'améliorer les conditions de vie des ouvriers en Grande-Bretagne[1].
Alors que le commerce de son père périclite, sa famille émigre aux États-Unis en 1848 et, alors qu'il a treize ans, Andrew Carnegie emménage à Allegheny en Pennsylvanie[1].

Après avoir commencé dans l'industrie textile comme simple ouvrier, il décida de s'éduquer en allant lire des livres dans les bibliothèques proches de sa maison.

Il crée par la suite l'une des plus importantes aciéries américaines à Pittsburgh, entre la guerre de Sécession et le début du XXe siècle.

Le succès de sa société, Carnegie Steel, est essentiellement lié à sa capacité de produire en grande quantité et à bas prix des rails de chemin de fer, dont la demande est forte à cette époque. Il fonde notamment en 1865 la Keystone Bridge Company (en) qui est à l'origine du pont Eads[2]. Il participe également à la fabrication de matériel ferroviaire avec la Pittsburgh Locomotive and Car Works. En 1901, pour la somme de 480 millions de dollars, il vend ses propriétés industrielles à un groupe de financiers mené par J. P. Morgan, ce qui constitue à l'époque un record pour une cession commerciale. Il est surnommé « l'homme le plus riche du monde » et devient l'incarnation parfaite du rêve américain.

Philanthropie[modifier | modifier le code]

Bibliothèque Carnegie à Macomb, Illinois

On se souvient surtout d'Andrew Carnegie en tant que bienfaiteur et philanthrope. Jusqu'à sa mort, en 1919, il aura laissé plus de 350 millions USD à diverses fondations, et les derniers 30 millions de sa fortune restant à sa mort sont légués à diverses œuvres de charité[3].

Il a créé aux États-Unis environ 2 500 bibliothèques publiques gratuites portant son nom[4], les Carnegie Libraries. Il a aussi financé 65 bibliothèques annexes dans la ville de New York[4] et aidé les institutions culturelles (musées, Carnegie Hall), les églises et les parcs publics.

Il fait construire la célèbre salle de spectacle Carnegie Hall à New York, inaugurée en 1891.

En 1891 également, le California Institute of Technology a été créé grâce à des fonds mis par Andrew Carnegie à la disposition de l'astronome George Ellery Hale.

En 1896, il a créé le Carnegie Museum of Art de Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Il construit en 1900 les Carnegie Technical Schools, rebaptisées en 1912 Carnegie Institute of Technology, et depuis 1967 l'université Carnegie-Mellon. Celle-ci est destinée à apporter un enseignement technique de qualité aux enfants de travailleurs dépourvus de ressources.

En 1902, il finance la construction du lac Carnegie (New Jersey) pour les besoins de l'équipe d'aviron de l'université de Princeton à l'instigation d'.Howard Russell Butler.

Il fonde en 1910 la Fondation Carnegie pour la paix internationale, qui se définit aujourd'hui comme un think tank global.

En 1918, il crée The Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching, un fonds de pension pour les chercheurs et professeurs, aujourd'hui TIAA-CREF, une organisation reconnue d'utilité publique aux États-Unis.

En France, la donation Carnegie a permis la construction de la bibliothèque de Reims, inaugurée en 1928, de style art déco. Elle a également doté de 150 000 dollars la reconstruction des bâtiments publics de Fargniers dans l'Aisne (aujourd'hui commune associée à Tergnier), classés par les monuments historiques en 1998.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Andrew Carnegie vers 1913.

Andrew Carnegie est resté célèbre pour avoir fondé une philosophie de la philanthropie, plus connue sous le nom de « Gospel of Wealth » (littéralement « Évangile de la Richesse »). Sa pensée fut popularisée à travers les É.-U. par la publication d'une série d'essais à caractère autobiographique titrée Wealth, qui parut pour la première fois dans The North American Review en juin 1889[5]. La philosophie du « Gospel of Wealth » d'Andrew Carnegie se caractérise par un mélange d'idées puritaines et de darwinisme social[6] où se dessine une société organisée selon le schéma des classes sociales. En effet, la recherche de l'accumulation du profit doit être ce qui anime le pauvre tandis qu'en haut de la hiérarchie, les hommes de richesse se doivent d'accumuler de l'argent pour en redistribuer les surplus durant leur vie à ceux qui s'aident eux-mêmes.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « J’ai connu des millionnaires manquant cruellement d’une nourriture qui à elle seule peut entretenir tout ce qui est humain dans l’homme, et je connais des travailleurs, et nombre de ceux qu’on appelle pauvres, qui connaissent des plaisirs inatteignables par ces mêmes millionnaires. C’est l’esprit qui enrichit le corps. »
  • « Il n’est pas de catégorie sociale plus misérable que celle qui possède uniquement l’argent. L’argent ne peut être qu'une bête de somme au service de quelque chose qui le dépasse infiniment. Élevé à un rang plus important, comme il l’est parfois, l’argent reste pourtant le Caliban qui ne peut quitter son rôle bestial. Mes aspirations me portent plus haut. »
  • « Puissé-je avoir contribué à l’enrichissement et aux joies de l’esprit, à tout ce qui apporte aux vies des laborieux de Pittsburgh, un peu de douceur et de lumière. C’est pour moi le meilleur usage que l’on puisse faire de la richesse. »
  • « La question de notre époque est la répartition adéquate des fortunes afin que les liens de fraternité puissent continuer à maintenir ensemble les riches et les pauvres en relations harmonieuses. » ( L’Évangile de la Richesse, A. Carnegie, 1889 )
  • « Pratiquement jamais personne n'a conservé une fortune faite en spéculant. »
  • « Toute vie qui n'a pour but que de ramasser de l'argent est une piètre vie. »
  • « Tout homme qui meurt riche meurt déshonoré. »
  • « Le travail d'équipe permet à des personnes ordinaires de faire des choses extraordinaires. »
  • « Ma définition du succès est la suivante : le pouvoir qui permet d'acquérir ce que l'on attend de la vie sans violer les droits des autres. »
  • /*Tout homme qui acquiert la capacité de prendre pleine possession de son propre esprit peut prendre possession de tout ce à quoi il estime avoir droit*/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il fait partie des personnalités dont John Dos Passos a écrit une courte biographie, au sein de sa trilogie U.S.A.


Wikisource[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Carnegie Corporation of New York: About Andrew Carnegie », sur http://carnegie.org/ (consulté le )
  2. (en) Quentin R. Skrabec, The 100 Most Significant Events in American Business : An Encyclopedia, ABC-CLIO,‎ 2012, p. 83
  3. (en) « Carnegie's Estate, At Time Of Death, About $30,000,000 », The New York Times,‎ 29 août 2009 (lire en ligne) :

    « The will of Andrew Carnegie, filed here yesterday and admitted to probate immediately by Surrogate Fowler, disposes of an estate estimated at between $25,000,000 and $30,000,000. The residuary estate of about $20,000,000 goes to the Carnegie Corporation. »

  4. a et b Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.291
  5. Laura Bufano Edge, Andrew Carnegie: Industrial Philanthropist (Minneapolis: Lerner Publication Company, 2004) 82.
  6. Carole Masseys-Bertonèche, Philanthropie et Grandes Universités Privées Américaines : Pouvoir et Réseaux d'Influence (Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2006) 94-96

Liens externes[modifier | modifier le code]