Mémoire eidétique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Hypermnésie.

La mémoire eidétique [εjdetik], mémoire photographique, ou mémoire absolue, est la faculté hypothétique de se souvenir d'une grande quantité d'images, de sons, ou d'objets dans leurs moindres détails[1]. Elle donnerait à un individu la capacité de maintenir, durant une courte durée, une mémoire presque parfaite d'une image présentée pendant environ 30 secondes, comme si l'image était toujours là. Comme pour toute autre mémoire, l'intensité du souvenir dépendrait de plusieurs facteurs tels que la durée et la fréquence de l'exposition au stimulus, l'observation consciente, la pertinence de la personne, etc. Cependant, son existence même est sujet à controverse.

Controverse[modifier | modifier le code]

La mémoire eidétique existe-t-elle ? Si oui, est-elle innée ou acquise ?

Marvin Minsky, dans son livre La Société de l'esprit (sections 15.3 et 15.6), considère la mémoire eidétique comme une légende et un mythe sans fondement.

Adriaan de Groot a apporté des éléments en faveur du mythe. En effet, il a mené une expérience sur la capacité de grands champions d'échecs à mémoriser des positions complexes de pièces sur un jeu. Il a d'abord découvert que ces experts étaient capables de se souvenir de surprenantes quantités d'informations, énormément plus que dans le cas d'amateurs, ce qui pouvait laisser penser à des capacités eidétiques. Cependant, après avoir présenté aux experts des dispositions de pièces qui ne pouvaient en aucun cas se produire lors d'une vraie partie, la précision de leurs souvenirs était semblable à celle des amateurs. Cela signifiait que les champions avaient développé une capacité à organiser certains types d'informations plutôt que d'être détenteurs d'une capacité eidétique innée.

Des personnes[réf. nécessaire] attribuent les prouesses exceptionnelles de la mémoire à des techniques évoluées de mémorisation plutôt qu'à toute forme de différence innée dans le cerveau. Toujours est-il que plusieurs études laissent penser que la mémoire eidétique est un phénomène réel.

Exemples[modifier | modifier le code]

Des cas ont été rapportés où de jeunes enfants ont manifesté la capacité de se concentrer sur une image et ensuite de s'en souvenir avec une parfaite clarté quelques minutes plus tard. Cependant, ces aptitudes disparaissent généralement quand ils grandissent[réf. insuffisante].

Quelques autistes et apparentés, comme les personnes souffrant du syndrome d'Asperger, font preuve d'une mémoire extraordinaire. Les savants autistes sont rares, mais ils ont entre autres une mémoire spectaculaire. Un exemple notable est Kim Peek qui a inspiré le personnage du film Rain Man, qui pouvait se rappeler le contenu de 12 000 livres. Il lisait un livre pendant 1h et le retenait. Un autre exemple plus frappant encore, parce que plus directement visuel, est le cas de Stephen Wiltshire, dont les performances montrent clairement une capacité de mémorisation quasi-photographique.

Personnes supposées douées d'une mémoire eidétique[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique :

Œuvres de fiction mentionnant une mémoire eidétique[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique d'auteur (les personnages dotés de cette mémoire figurent entre parenthèses) :

Personnages n'appartenant pas à un auteur unique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Louria L'Homme dont le monde volait en éclats (ISBN 2-02-019512-7) Étude de deux cas cliniques : Zassetski et Veniamin
  • Sciences et Avenir, no 644 octobre 2000
  • Oliver Sacks L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau; chapitre 23 :« Les Jumeaux » (p. 251 à 272) ((ISBN 978.2.02.014630.2[à vérifier : ISBN invalide]) ; Édition française : avril 1998, Éditions du Seuil, traduit de l'anglais par Edith de la Héronnière.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le mot vient du grec eidos (εἶδος), « image », qui lui-même provient du verbe eidomaï (εἴδομαι), « apparaître ».
  2. Fondation Lou
  3. Pour Amélie Nothomb, la moitié de ses œuvres sont plus ou moins autobiographiques, en particulier la Métaphysique des tubes, qui ne peut s'expliquer que par la mémoire eidétique (si on suppose le roman véridique). En tout cas l'auteur l'affirme explicitement dans ce roman, qu'elle se souvient de toutes ses conversations, en français et en japonais, dès l'age de 2 ans, avant même de parler elle affirme qu'elle comprenait ces 2 langues. Voir aussi : Hypermnésie
  4. Épisode The Creepy Candy Coating Corollary, cinquième épisode de la troisième saison de la série The Big Bang Theory.
  5. Voir sur shows.ctv.ca.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]