Petite bourgeoisie

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Le terme petite bourgeoisie désigne une forme économiquement plus faible de la bourgeoisie. Dans le langage courant, l'expression est parfois employée pour désigner la classe moyenne, bien que les deux concepts puissent être distingués.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Le nom de petite bourgeoisie a pu être donné au cours du XXe siècle à une certaine catégorie de fonctionnaires, d'employés qualifiés, de cadres moyens, voire de cadres supérieurs (des PME), renforçant la confusion de la notion avec celle de classe moyenne. De manière générale, le terme de petite bourgeoisie peut être assimilé à celui de classe moyenne supérieure.

Peuvent être qualifiés de « petits bourgeois » certaines catégories de travailleurs indépendants, comme les gérants de petits commerces. Cette définition, prise dans un sens restrictif, fait de la petite bourgeoisie une catégorie sociale en déclin continu dans les pays industrialisés au cours du XXe siècle, du fait de la disparition de nombreux petits commerces au bénéfice de la grande distribution, dont les employés peuvent être assimilés à la classe ouvrière.

Définition marxiste[modifier | modifier le code]

Selon les théories mises au point au XIXe siècle par Karl Marx, la petite bourgeoisie regroupe essentiellement des catégories socio-professionnelles telles qu'artisans, petits commerçants, boutiquiers, ou petits agriculteurs propriétaires. Dans la vision de Marx, la petite bourgeoisie a peu de pouvoir de transformer la société car elle ne peut guère s'organiser, la concurrence du marché positionnant ses membres « les uns contre les autres ».

Qualificatif péjoratif[modifier | modifier le code]

Le terme de « petit-bourgeois » a parfois été employé dans le langage courant pour qualifier négativement des idées ou un mode de vie jugés médiocres. « Depuis Baudelaire, Flaubert ou Brecht, le « petit bourgeois » est l'image de l'anti-héros par excellence. », explique un journaliste du quotidien Le Figaro en 2009[1]. Le petit bourgeois est généralement moqué ou critiqué pour son mode de vie (qui serait matérialiste, routinier, banal, sans imagination) et sa mentalité (qui serait fermée, centrée sur la défense de ses intérêts immédiats, sur sa petite propriété, sans ambition).

Rôle social et politique[modifier | modifier le code]

Les défenseurs de la petite bourgeoisie avancent que celle-ci, qui s'apparente aux classes moyennes, serait « la colonne vertébrale de toute société démocratique[2]. » L'écrivain libéral Jacques de Saint Victor estime ainsi en 2009 que la dégradation de l'image du petit bourgeois moyen au profit de l'affrontement entre les deux extrêmes de l'échelle sociale menace la démocratie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro, 13 mai 2009, page 16.
  2. Le Figaro, 13 mai 2009, page 16, d'après Jacques de Saint Victor, Il faut sauver le petit bourgeois, PUF, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]