Ambroise Vollard

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Ambroise Vollard est un marchand d'art, galeriste, éditeur et écrivain français né à Saint-Denis de La Réunion le et mort à Versailles le .

Il révéla Paul Cézanne, Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Henri Matisse, Pablo Picasso[1],[2]. Avant-gardiste en matière d'art moderne, il se lia d'amitié avec les plus grands peintres de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Passionné du Père Ubu d'Alfred Jarry, il était fasciné par la littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de notaire, le jeune Ambroise quitte son île natale pour poursuivre des études à Montpellier, mais c'est à Paris qu'il fera finalement son droit. Il y développe une passion pour la peinture qui l'amène à ouvrir sa galerie d'art dès 1890. Il ouvre sa première galerie parisienne en 1893.

Vollard expose par la suite de nombreux artistes majeurs comme Gauguin ou Matisse, ce dernier en 1904. Il en fréquente beaucoup d'autres, notamment Paul Cézanne ou Auguste Renoir, qui peindront son portrait, ainsi que les nabis. Il devient l'ami de Maurice de Vlaminck et contribue énormément à sa reconnaissance.

En 1898, Pierre Bonnard, Ker-Xavier Roussel et Édouard Vuillard exécutent à sa demande des lithographies en couleur. Vollard se lance dès 1889 dans l'édition et publie de nombreux poètes dans des recueils illustrés par autant de grands maîtres. Il tente de lancer en 1895 une revue, L'Estampe moderne, qui ne connaîtra qu'un seul numéro[réf. nécessaire].

C'est chez lui qu'a lieu en juin 1901 la première exposition de Pablo Picasso, jeune peintre espagnol récemment installé à Paris (et qui peindra également son portrait). Vollard publiera aussi plusieurs ensembles de gravures de Picasso, dont Le Chef d'œuvre inconnu de Balzac, en 1931, et, surtout, la Suite Vollard[3], forte de cent planches réalisées entre 1930 et 1937.

Il rencontre Alfred Jarry. À son contact, il se découvre écrivain et commet notamment plusieurs Ubu durant la Première Guerre mondiale dont son Ubu colonial.

Il serait[réf. nécessaire] aussi à l'origine de la collaboration entre Richard Guino et Auguste Renoir.

En 1914, la guerre l'oblige à fermer sa galerie parisienne. Par sécurité, il transfère ses tableaux dans la région de Saumur. Il ne rouvre qu'en 1919 après la fin des hostilités. Il est cependant expulsé de sa galerie du fait du percement du boulevard Haussmann en 1924, ce qui l'oblige à déménager dans le 7e arrondissement.

Le 23 août 1939, Le Réunionnais annonce la mort d'Ambroise Vollard dans un accident de voiture, peu après ses 73 ans.

Prix, distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

N'ayant pas pris le soin de faire un testament, son inestimable collection de plusieurs milliers d’œuvres est dispersée. Certains de ses tableaux se retrouvent dans les plus grands musées du monde ou dans des collections privées, d’autres se volatilisent à jamais[réf. nécessaire].

La collection d'art français amassée, grâce notamment au soutien et au conseil de Vollard, entre 1938 et 1940 par Erich Šlomović (né en 1915 et assassiné par les nazis en 1942), un jeune juif de Serbie, est aujourd'hui réclamée par les diverses parties de la succession Vollard en France. Celles-ci ont déjà obtenu la cession des oeuvres laissées par Šlomović dans un coffre de la Société Générale en 1940. Au terme de 15 ans de procès, la succession Vollard s'est vu confier la propriété de ces tableaux, environ 200, et les a vendus aux enchères en 2010 chez Sotheby's à Paris et à Londres. Le reste de la collection de Šlomović, constituée d'environ 350 pièces, se trouve aujourd'hui encore au Musée National de Belgrade. Un litige est en cours (2014) devant une cour de Belgrade entre les héritiers de Šlomović, la succession Vollard et l'état serbe pour déterminer la propriété de ces tableaux.

Une petite partie de la collection Vollard est conservée au musée Léon-Dierx de Saint-Denis de la Réunion, donation d'Ambroise Vollard en 1912 et donation de son frère en 1947.

Quelque 170 pièces ont été rassemblées en 2007 au musée d'Orsay à l'occasion de l'exposition « De Cézanne à Picasso, chefs-d’œuvre de la galerie Vollard »[5],[6].

Cent quarante pièces de sa collection, retrouvées dans un coffre de banque, ont été vendues en juin 2010 par Sotheby's[7].

Dans son livre Sympathie pour le Fantôme, l'écrivain Michaël Ferrier rappelle qu'Ambroise Vollard fut « le plus souvent ignoré par les critiques d’art français. Depuis longtemps pourtant, les collectionneurs russes et américains l’avaient repéré et lui tressaient des louanges : en 1936, il avait été l’un des rares invités de Barnes dans sa fameuse Fondation, interviewé à cette occasion par le journal The New Yorker. » (Sympathie pour le Fantôme, Gallimard, 2010, 2e chapitre).

Publication[modifier | modifier le code]

  • 1928 - Les réincarnations du père Ubu illustrations de Georges Rouault
  • Ubu colonial
  • Le Père Ubu à la guerre
  • Souvenirs d'un marchand de tableaux
  • En écoutant Cézanne, Degas, Renoir, préface de Maurice Rheims
  • Cezanne livre 8 eme collection Le gout de notre temps

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article paru dans Le Monde du 28 juin 2007.
  2. Communiqué de presse du musée Jenisch de Vevey, Suisse en août 2006.
  3. Picasso's Vollard Suite, introduction d'Hans Bolliger, Thames and Hudson, Londres, 1956.
  4. Lycée Ambroise Vollard
  5. Présentation de l'exposition sur le site du musée d'Orsay.
  6. Article dans L'Express du 18 juin 2007.
  7. Article paru dans Le Monde du 1er juillet 2010.