Paul-Élie Ranson

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Paul-Élie Ranson

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Paul-Élie Ranson en tenue nabique (1890), par Paul Sérusier, musée d'Orsay, Paris.

Nom de naissance Paul-Élie Ranson
Naissance
Limoges
Décès (à 47 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Artiste peintre
Formation École des beaux-arts appliqués à l'industrie de Limoges
École nationale supérieure des arts décoratifs
Académie Julian
Mouvement artistique Nabi
Art nouveau
Influencé par Paul Gauguin

Paul-Élie Ranson, né à Limoges le , et décédé à Paris le est un artiste peintre et graveur nabi français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hippogriffe (1891), non localisé
Pommier aux fruits rouges (1902), non localisé

Orphelin de mère à sa naissance, Paul-Élie Ranson est élevé par son père, Louis Casimir Ranson (1828-1898), personnalité politique, maire de Limoges de 1870 à 1871, puis de 1881 à 1885 et député républicain radical de la Haute-Vienne de 1885 à 1889, et ses grands-parents. Il est initié au dessin par son grand-père Jean-Jacques Maquart et intègre en 1877, l'École des beaux-arts appliqués à l'industrie de Limoges.

En 1884, il épouse sa cousine germaine, France Rousseau, et étudie quelque temps à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, qu'il quitte pour entrer à l'Académie Julian en 1886-1891. Il fait partie des cinq membres fondateurs du groupe des Nabis créé en 1888. Ils se réunissent en dans un premier temps au café restaurant L'Os à Moëlle, passage Brady, puis à partir de 1889 dans son atelier au-dessus de l'appartement familial rebaptisé Le Temple pour l'occasion, situé au 25, boulevard du Montparnasse. On y trouve Paul Sérusier, Henri-Gabriel Ibels, Pierre Bonnard, et Maurice Denis. Passionné de marionnettes depuis son plus jeune âge, il communique sa passion à tout le groupe.

En 1891, il participe aux représentations symboliques du Théâtre d'Art, où les nabis ont été appelés par Paul Fort pour organiser un spectacle symbolique au profit de Paul Verlaine et de Paul Gauguin. On y joue Chérubin de Charles Morice et l' Intruse de Maeterlinck. En 1892, il participe à la représentation d'un spectacle de Maurice Maeterlinck, Sept princesses, chez Georges Coulon, conseiller d'État. Il réalise la mise en scène d'Ubu roi d'Alfred Jarry au Théâtre des Pantins de Claude Terrasse.

Il participe aux expositions du groupe organisées par Le Barc de Boutteville dans sa galerie de la rue Le Peletier de 1891 à 1895, ainsi qu'au Salon des indépendants et au Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles à partir de 1894. Cette année là, il crée son théâtre de marionnettes au Temple , Maurice Denis et Georges Lacombe fabriquent les marionnettes, France Ranson réalise les costumes. Les deux années suivantes vont être pour Ranson des années de difficultés, la mort de son beau-père, Charles Rousseau, l'oblige à déménager. Il s'installe rue d'Alençon à deux pas de son atelier.

Son intérêt pour la théosophie, le spiritisme, la magie, l'occultisme le distingue des autres nabis. Ses activités fort nombreuses le conduisent surtout vers les arts décoratifs (panneaux décoratifs, papiers peints, tapisseries, vitraux). À ce titre, il travaille pour l'ouverture de l’« exposition permanente et internationale », titrée l'Art nouveau, prévue pour le premier octobre 1895 dans la galerie de Samuel Bing, dite après les travaux Maison de l'Art nouveau, au 19 rue Chauchat[1], avec des panneaux accompagnant le mobilier de Henry Van de Velde et des vitraux réalisés par le maître verrier américain Louis Comfort Tiffany[2].

Il dessine des décors de théâtre comme pour Le Bateau ivre d'après Arthur Rimbaud avec Paul Sérusier, monte son propre théâtre de marionnettes, dessine des programmes, collabore au Théâtre des Pantins avec les autres nabis à la fin de 1897, brosse des vignettes bouffonnes et anticléricales, dessine des motifs pour une boîte à cigare. En 1898, son épouse attend son fils Michel : cet événement va transformer la vie de Paul Ranson qui a du mal à accepter cette maternité, le privant de son modèle et de sa collaboratrice dans la réalisation des travaux de tapisseries.

À partir de 1899, sa santé se dégrade et sa peinture évolue. Il se rend chez son ami Georges Lacombe dont il contribue à décorer la maison L'Ermitage ' près d'Alençon. En 1905, il retourne dans son foyer et organise à nouveau des réunions avec ses compagnons nabis. À la fin de sa vie il associe des sujets mythologiques, bibliques, anticléricaux et de sorcellerie.

En 1908, il devient officier d'Académie. Devant ses difficultés financière et son état de santé, le groupe des nabis décident de fonder une académie dans la rue Henry-Monnier au nom de leur ami en lui en confiant la direction. L'ouverture a lieu en octobre 1908, avec un nombre non négligeable d'inscriptions. Après sa mort sa femme continuera le projet de l'Académie Ranson, en la transférant rue Joseph-Bara.

Il décède de la fièvre typhoïde le .

Parallèlement à son appartenance aux nabis, il laisse une œuvre qui va de la peinture de chevalet aux arts décoratifs essentiellement régie par le sens du décor qui fait de lui un des promoteurs de l'Art nouveau.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

  • 1891 - Nu penché, étude au fusain sur papier pour Lustral , musée du Petit Palais, Genève
  • 1896 - L'Explication, 1896, pastel sur toile, Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice-Denis « Le Prieuré »
  • Femme à la corbeille de fleurs, gouache et fusain sur papier, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • Femme cueillant des pommes, gouache et fusain sur papier, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye.

Peintures[modifier | modifier le code]

  • 1890 - Christ et Bouddha, Gooreind-Wuustwezel, Triton Foundation
  • 1891 - Lustral, tempéra sur toile, musée d'Orsay
  • 1891 - Les Sorcières autour du feu, musée Maurie Denis
  • 1895 - Femme au chien qui saute, tempéra sur toile, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • 1895 - Cinq Femmes à la récolte[3], peinture à la colle, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • 1895 - Quatre Femmes à la fontaine[4], peinture à la colle, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • 1895 - Trois Femmes à la récolte, peinture à la colle, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • 1895 - Femme à la cruche, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • 1896 - L'Explication, pastel sur toile, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • 1900 ca - Le Petit Poucet, huile sur toile, musée de l'Évêché de Limoges
  • 1902 - Pommier aux fruits rouges
  • 1906 - Baigneuses ou Le Lotus, musée d'Orsay, Paris
  • 1907 - L'Abbé Prout aux palmes, fait par dérision à la suite de sa nomination comme officier d'Académie[5], catalogue raisonné p. 740.

Estampes, gravures, lithographies[modifier | modifier le code]

  • 1894 - La liseuse étendue, dite aussi La lecture, lithographie, monogramme vers le bas sur le côté gauche, dim; h: 15,9 cm × l: 24,5 cm (vente professionnel sur le net, et un exemplaire au musée des beaux-arts de Pont-Aven)
  • 1895 - Femme couchée publiée dans la Revue blanche, lithographie, National Gallery, Australie
  • Alchimie ou Femme accoudée, lithographie, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye
  • Tristesse' ou Jalousie, estampe, musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye

Travaux décoratifs[modifier | modifier le code]

  • 1892-1893 - Femmes en blanc, carton de tapisserie, tissé par France Ranson en laine sur canevas à l'aiguille au petit point, musée d'Orsay, Paris
  • 1895 - La Moisson fleurie, carton de Paul Ranson, vitraux de Louis Comfort Tiffany pour le Salon de l'Art nouveau[6]
  • Les Canards[7], projet de papier peint, musée des beaux-arts de Quimper

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • 1895 - Livre de la Vierge
  • 1902 - L'Abbé Prout, manuscrit original 6 cahiers, comprenant deux gouaches représentant l'abbé et 45 dessins reproduits dans la première publication.
  • 1903 - Programme de la représentation de L'abbé Prout, dans un médaillon , le profil de l'abbé surmonté d'une estrade de guignol encadrée de deux musiciennes nues.
  • 1907 - Le Moutardier du Pape, opéra bouffe en trois actes d'Alfred Jarry, six vignettes

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Posthumes
  • 1997 - Exposition au musée du Prieuré de Saint-Germain-en-Laye
  • 2004 - Musée de Valence, du 20 juin au 7 octobre
  • 2009-2010 - « Fantasmes et sortilèges », Paul Ranson au musée Maurice Denis, du 24 octobre 2009 au 24 janvier 2010
  • 2010 - « Fantasmes et sortilèges », Paul Ranson au musée des beaux-arts de Pont-Aven du 5 juin au 3 octobre 2010
  • 2011 - Musée d'art moderne de Strasbourg, « L'Europe des Esprits », exposition collective.

Décorations[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

  • Musée de l'Évêché de Limoges : Le Petit Poucet
  • musée départemental Maurice-Denis « Le Prieuré », Saint-Germain-en-Laye : Les Sorcières autour du feu - L'Explication - Alchimie ou Femme accoudée (lithographie) - Trois panneaux (Cinq femmes à la récolte - Quatre femmes à la fontaine- Trois femmes à la récolte), provenant de la salle à manger de la galerie Art nouveau de Bing (donation de la famille Ranson au musée en 1978). Deux autres panneaux ( Femme à la cruche - Femme au chien qui saute), et deux dessus-de-porte ainsi qu'un grand nombre d'études préparatoires furent acquis par le musée en 1998 et 1999. Un autre panneau, non répertorié au catalogue raisonné de 1999 fut acquis par le musée, chez Christie's à Londres le 5 février 12008 par le Conseil Général des Yvelines: Femme au chien qui porte un collier.
  • Musée d'Orsay : Femmes en blanc (tapisserie) - Les Baigneuses ou Lotus - Lustral
  • National Gallery, Australie : Femme couchée (lithographie)
  • Musée des beaux-arts de Quimper : Les Canards (papier peint)
  • Triton Foundation, Gooreind-Wuustwezel : Christ et Bouddha
  • Musée des beaux-arts de Pont-Aven : La liseuse étendue (lithographie)
  • Musée du Petit Palais à Genève : Nu penché (dessin)
  • Musée préfectoral de Niigata, Japon : Panneau décoratif provenant de de la salle à manger de la galerie Art nouveau de Siegfried Bing.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Dictionnaire Artprice
  • Brigitte Ranson-Bitker, « Paul-Élie Ranson (1861-1909), le Nabi plus japonard que le japonard », dans les Nouvelles de l'estampe, no 129, août 1993, p. 11-33.
  • Brigitte Ranson-Bitker, Gilles Genty, Catalogue Raisonné du peintre Paul-Élie Ranson (1861-1909), 1999.
  • Geneviève Aitken, « Les Nabis, un foyer au théâtre », dans Nabis, 1888-1900, Paris, éditions de la Réunion des musées nationaux, 1993.
  • Agnès Humbert, Les Nabis et leur époque, Genève, Pierre Cailler, 1954.
  • Maurice Malingue, « Petits et grands Nabis », dans L'Œil, février 1960, no 62, p. 40.
  • Alfred Jarry, « Les Livres. Paul Ranson : L'abbé Prout », dans La Revue blanche décembre 1902, t.XXIX, p. 627-628.
  • Gilles Genty, Hélène Moulin-Stanislas, Brigitte Ranson-Bitker, Janine Méry, Marc-Olivier Bitker, Catalogue de l'exposition Paul Ranson, 174 p., 125 illustrations, musée de Valence, Paris, coédition musée de Valence - Somogy 2004.(ISBN 2-85056-788-4).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. avec une adresse postale au 22, rue de Provence.
  2. Affiche de l’exposition.
  3. [1]
  4. [2]
  5. Jérémie Cerman, L'Abbé Prout de Paul Ranson, satire et théâtres de marionnettes chez les Nabis, texte en ligne
  6. François Luneau, Félix Gaudin peintre verrier et mosaiste 1851-1930, Presses Universitaires Blaise Pascal, janvier 2006, p.525/624.pp.
  7. [3]
  8. Jérémie Cerman, L'Abbé Prout de Paul Ranson, satire et théâtre de marionnettes chez les Nabis