Cercle chromatique

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Cercle chromatique continu avec une intensité de 54 % et une saturation d'environ 70 %.

Le cercle chromatique est une représentation conventionnelle des couleurs. Celles-ci sont ordonnées comme au sein d'un arc-en-ciel, la fermeture de l'arc s'effectuant par une transition du rouge au violet via le magenta.

Généralement, l'orientation des couleurs se fait dans le sens direct (rouge, puis jaune, puis vert, etc.).

Un cercle chromatique peut présenter les couleurs sous forme discrètes (arcs de cercle) ou en continu. Il arrive qu'on utilise tout le disque pour présenter les variantes soit en intensité, soit en saturation des couleurs.

Historique[modifier | modifier le code]

Robert Fludd présenta dans une œuvre médicale le premier cercle chromatique imprimé[1]. Le classement des couleurs par Isaac Newton fait suite à sa description de la décomposition de la lumière blanche du soleil par un prisme de verre en un spectre continu de toutes les couleurs visibles. Newton décrira alors des couleurs discrètes et non pas continues. Newton ne place pas le magenta sur son cercle chromatique, car ce n'est pas une couleur spectrale. Il divise le cercle, dans une société sous l'influence du christianisme, en sept zones, liées à la sacralisation des sept jours de la création, et inspiré aussi par les sept notes de musique[2]. En 1708, Claude Boutet, peintre et enseignant en peinture, crée des manuels tentant de faire le tour complet des techniques picturales : proportions, composition, mais également où trouver des pigments dans la nature, et comment les transformer et les utiliser. Il y décrit aussi deux cercles chromatiques, un à sept couleurs, dans une société encore très influencée par le christianisme, et un autre de douze couleurs, plus complet et plus proche des cercles chromatiques que l'on trouve aujourd'hui dans les ateliers de peinture.

Le chimiste Chevreul utilisera cette représentation circulaire en 1864 dans son livre Des couleurs et de leurs applications dans les arts industriels développant sa théorie publiée en 1839, De la loi du contraste simultané, permettant la classification des pigments par de leur solidité à la lumière, leur clarté, leur saturation et de leur impact visuel. Cette classification physico-chimique de la couleur pigmentaire a eu un grand impact sur l'esthétique dans les arts plastiques et le design par la théorie harmonique des couleurs complémentaires.

Cercle chromatique avec les degrés des espaces TSL/TSV par pas de 30°. Les Abréviations correspondent aux couleurs primaires des synthèses soustractives et additives : R=rouge, J=jaune, V=vert, C=cyan, B=bleu, M=magenta

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'intérêt du cercle chromatique réside dans ses caractéristiques :

Classification des pigments par le cercle chromatique[modifier | modifier le code]

Inscrit sur le cercle chromatique, les pigments pourront être classés et positionnés en niveaux de solidité à la lumière, de saturation, de valeur (quantité de gris) sur toute la surface du cercle par rapport à son centre (Noir ou gris en synthèse soustractive) et à une saturation maximum sur le périmètre du cercle.


Construction et comparaison avec le spectre de la lumière blanche[modifier | modifier le code]

Illustration du procédé de construction d'un cercle chromatique sous forme de bande

Deux tiers du cercle chromatique continu (du rouge au bleu inclus en passant par le vert) correspond à des couleurs monochromatiques, rappelant ainsi le spectre de la lumière blanche issu d'un arc-en-ciel, d'un prisme, ou d'un réseau de diffraction. Mais même déroulé sous forme de bande, les différences sont cependant importantes :

  • Le mode de construction par combinaisons linéaires de couleurs induit la sur-représentation des couleurs primaires additives RVB, alors que ce sont les couleurs primaires soustractives MJC qui prédominent dans un spectre.
  • Le vert est équidistant du rouge et du bleu, alors que du fait de sa longueur d'onde il est spatialement plus proche du rouge dans un spectre.
  • Un tiers du cercle chromatique (du rouge au bleu exclus en passant par le magenta) correspond à des couleurs bichromatiques. Celles-ci ne sont que partiellement représentées dans le spectre de la lumière blanche. Elles en seraient même totalement absentes, si notre œil ne voyait pas par erreur du rouge dans les plus hautes fréquences du spectre visible.

Exemples de cercles chromatiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Robert Fludd sur colorsystem.com
  2. Cercle chromatique de Newton sur profil-couleur.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Petit, Jacques Roire, Henri Valot, Des liants et des couleurs pour servir aux artistes peintres et aux restaurateurs, Erec éditions, 1995 Paris.