Brassaï

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Brassaï

Nom de naissance Gyula Halász
Naissance 9 septembre 1899
Brassó, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie, actuelle Roumanie
Décès 8 juillet 1984 (à 84 ans)
Beaulieu-sur-Mer, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la Hongrie Hongrie et Drapeau de la France France
Activités Photographie
Autres activités dessinateur, cinéaste, peintre, sculpteur et écrivain

Œuvres réputées

Paris de nuit, Graffiti, Henry Miller grandeur nature, Le Paris secret des années trente

Brassaï, pseudonyme de Gyula Halász, né le 9 septembre 1899 à Brașov[1] et mort le 8 juillet 1984 (à 84 ans) à Nice (Alpes-Maritimes), est un photographe hongrois, naturalisé français, également dessinateur, peintre, sculpteur et écrivain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gyula Halász naît le 9 septembre 1899 à Brassó en Transylvanie, alors partie intégrante du Royaume de Hongrie (depuis 1920 : Brașov, en Roumanie) d'un père hongrois et d'une mère arménienne. Il a trois ans quand sa famille emménage à Paris où ils rejoignent le père qui enseigne la littérature à la Sorbonne pour l'année 1903-1904. Jeune homme, Gyula Halász étudie la peinture et la sculpture à l'école des beaux-arts de Budapest avant de rejoindre la cavalerie austro-hongroise pour y servir durant la Première Guerre mondiale. En 1920, il se rend à Berlin où il travaille en tant que journaliste, tout en suivant les cours de l'académie des beaux-arts Berlin-Charlottenburg.

Halász déménage en 1924 pour Paris. Seul, il apprend le français en lisant les œuvres de Marcel Proust. Installé à Montparnasse, au cœur du Paris artistique des années 1920, il se lie à Henry Miller, Léon-Paul Fargue et Jacques Prévert.

Il reprend sa carrière de journaliste. Il écrivit plus tard que la photo l'avait aidé à saisir la nuit parisienne, la beauté des rues et des jardins, qu'il pleuve ou qu'il vente. En utilisant son lieu de naissance, Gyula Halász se forge dès 1923 le pseudonyme de Brassaï qui signifie « de Brassó ». C'est sous ce nom qu'il s'impose comme celui qui a su capturer l'essence de la ville dans ses clichés, publiant un premier recueil en 1932 intitulé « Paris de nuit » qui reçoit un grand succès et le fera même surnommer « l'œil de Paris » par Miller dans l'un de ses essais. En 1931, il immortalise[2] le bal de la mi-Carême du parc d'attractions parisien Magic City. Phare des nuits homosexuelles à Paris[3], ce bal se déroulait sur la grande piste de danse avec orchestre[4] au 1er étage du 188 rue de l'Université[5]. En dehors de ses photos du Paris interlope et sombre, Brassaï s'est aussi intéressé à la haute société, aux intellectuels, à la danse et à l'opéra. Il photographia nombre de ses contemporains, tels Salvador Dalí, Pablo Picasso, Henri Matisse, Alberto Giacometti et certains des écrivains majeurs de l'époque : Jean Genet, Henri Michaux. Il est également l'auteur de photographies de mode, entre autres une série commandée par Carmel Snow du couturier Christian Dior[6]. Une de ses photographies de la série des Graffiti sera utilisée en couverture du recueil de Jacques Prévert Paroles en 1946.

Ses photographies offrirent à Brassaï une célébrité internationale. En 1956, son film Tant qu'il y aura des bêtes gagne un prix à Cannes, puis en 1974, il est élevé au rang de chevalier des Arts et des Lettres, avant de recevoir en 1976, la Légion d'honneur. Il gagne le premier « Grand Prix national de la photographie », deux ans plus tard, à Paris.

En plus de ses œuvres photographiques, Brassaï écrivit dix-sept livres et de nombreux articles, dont en particulier Histoire de Marie, publié avec une introduction de Henry Miller.

Brassaï est enterré au cimetière du Montparnasse, à Paris.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Brassaï est exposé aux Rencontres d'Arles, (France), lors des soirées de projection au Théâtre Antique, en 1970 pour Brassaï de Jean-Marie Drot et, en 1972, pour Brassaï si, Vominino de René Burri. Il est l'invité d'honneur des Rencontres en 1974. Une exposition et une soirée d'hommage lui y sont consacrées.
  • En 2000, une grande rétrospective de 450 de ses œuvres est présentée au Centre Georges-Pompidou, grâce au concours de sa veuve, Gilberte.
  • Jusqu’au 29 mars 2014, l’Hôtel de Ville de Paris lui consacre la grande exposition Brassaï, pour l’amour de Paris[7].

Collections[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Livres de Brassaï[modifier | modifier le code]

  • Paris de nuit (1932)
  • Marcel Proust sous l'emprise de la photographie
  • Henry Miller grandeur nature
  • Henry Miller rocher heureux
  • Conversations avec Picasso
  • Histoire de Marie
  • Paroles en l'Air
  • Graffiti En 1960, Brassaï publie ce livre, fruit de trente ans de recherches, régulièrement réédité, qui propose le graffiti comme une forme d'art brut, primitif, éphémère. Picasso y participe. C'est sans doute la première fois que l'on évoque le graffiti comme un art.
  • Le Paris secret des années 1930
  • Voyage aux États-Unis
  • Transmutations, 1967, comprenant 12 gravures sur émulsion bromure d'argent 17,8 x 23,8 cm. 100 exemplaires

Livres contenant des photographies de Brassaï[modifier | modifier le code]

Sur Brassaï[modifier | modifier le code]

  • Brassaï : sculptures, tapisseries, dessins, catalogue de l'exposition galerie Verrière, Paris [22 mars-24 avril 1972], Lyon [mars 1973]
  • Brassaï : notes et propos sur la photographie, exposition du Musée national d'art moderne-Centre de création industrielle présentée au Centre Pompidou. Paris, 19 avril au 26 juin 2000 (ISBN 2-84426-044-6)
  • Succession Brassaï, catalogue Millon & Associés (764 ill., 474 pages, avec un texte de Fabrice Flahutez), Drouot Montaigne, Paris, 2 et 3 octobre 2006
  • Brassaï en Amérique, Agnès de Gouvion Saint-Cyr, Flammarion, 2011

Documents sonores[modifier | modifier le code]

  • Entretien radiophonique avec Brassaï par Roger Grenier (1964), 2 CD (entretiens 1 & 2 et entretiens 3 & 4) ; éditeur INA, collection « À voix nue », 1986

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autorité[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En hongrois Brassó, ville alors austro-hongroise et rattachée depuis à la Roumanie.
  2. Agence photographique.
  3. Paris dans les années 1930.
  4. Paris dans les années 1920.
  5. L'encyclopédie du Tango - Magic City.
  6. Musée Christian-Dior Granville, Florence Müller et al., Dior, le bal des artistes, Versailles, ArtLys,‎ mai 2011, 111 p. (ISBN 978-2854954418), p. 89 « Brassaï […] Carmel Snow lui commanda des portraits du couturier photographié dans son appartement du 10, rue Royale »
  7. Brassaï, un artiste complet avec un amour violent pour Paris, RFI, 28 novembre 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]