Pelléas et Mélisande

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la pièce de théâtre de M. Maeterlinck. Pour l'opéra de Debussy, voir Pelléas et Mélisande (opéra). Pour la musique de scène de Fauré, voir Pelléas et Mélisande (Fauré).

Pelléas et Mélisande est une pièce de théâtre symboliste en cinq actes de Maurice Maeterlinck, créée le 17 mai 1893 au Théâtre des Bouffes-Parisiens. C'est un drame intemporel, avec une atmosphère de légende : les personnages apparaissent sans histoire, on ne connaît pas leur passé.

Sarah Bernhardt dans Pelléas et Mélisande

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Arkel, roi d'Allemonde, père de Geneviève
  • Geneviève, mère de Pelléas et de Golaud
  • Pelléas et Golaud, petits-fils d'Arkël
  • Mélisande
  • Yniold, fils de Golaud
  • Un médecin
  • Le portier
  • Servantes, pauvres, etc.

Résumé de la pièce[modifier | modifier le code]

L'histoire générale est une histoire d'amour et de jalousie entre trois personnes : Mélisande, Golaud et Pelléas. Golaud, perdu dans une forêt alors qu'il chassait, rencontre Mélisande en pleurs, craintive, timide et envoûtante. Elle vient de jeter sa couronne et menace de se donner la mort si Golaud tente de la récupérer ; les différentes questions que Golaud lui pose sur son origine et son passé restent sans réponse. Golaud l'emmène avec lui dans son château, où se trouve son demi-frère, Pelléas. Avec le temps, Mélisande et Pelléas tomberont amoureux, mais tout n'est que non-dits : ils n'avoueront leur amour qu'à la fin. Cet amour n'est que très virginal, à l'aune du caractère candide des deux jeunes gens. Dans cette pièce, l'amour s'avoue « à voix basse ». La scène des aveux (IV, 4) coïncide avec l'acmé de la passion des deux personnages qui tentent de s'exprimer, au sens étymologique : elle tente une sortie de ces deux corps prisonniers des convenances sociales. Cette seule étreinte passionnée est réprimée par Golaud dans le sang de Pelléas. À l'acte V, Mélisande a donné naissance à une fille, mais ce sursaut de vie ne peut atteindre Mélisande, qui se meurt, non de la blessure légère que lui a faite sur son bras Golaud, mais de celle, incurable et incommensurable, que celui-ci a faite sur son cœur et son esprit en tuant Pelléas.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le Moyen Âge regorge de ces histoires d'amour rendues impossibles par les convenances ; si le XIXe siècle est le siècle où l'on redécouvre le Moyen Âge, la représentation scénique de celui-ci est soumise aux problématiques d'écriture théâtrale de l'époque ; ainsi, le XIVe siècle de Mérimée, dans La Jacquerie, ne témoigne pas que d'un regain d'intérêt pour le Moyen Âge mais aussi d'une recherche dramaturgique et dramatique dans le cadre de la naissance du drame romantique. Il en est de même pour cette pièce de Maeterlinck : cette histoire d'amour impossible et de jalousie est le support d'une dramaturgie que les historiens nomment « symboliste ». La pièce de Maurice Maeterlinck, ami des coryphées de ce mouvement du XIXe siècle tardif que sont Jean Moréas et René Ghil, est une variation sur la vision : la caractéristique dramaturgique majeure de la pièce est l'obscurité et la pénombre, cette faible luminosité couvre le péché de ces amants qui ne doivent pas être vus, mais aussi permet de s'élever à un niveau supérieur de vision : l'on peut toujours ne voir dans les phénomènes de ce monde que ce qu'ils paraissent, mais dans un lieu si obscur, ce niveau inférieur de vision est rendu difficile, mieux vaut s'élever au degré symboliste de la vision et voir à travers et au delà des phénomènes.

Mises en musique[modifier | modifier le code]

Outre Debussy, plusieurs compositeurs furent également inspirés par l'œuvre du poète belge :

Voir l'opéra de Debussy (1902) sur Wikipedia.

  • Mel Bonis, en 1923, dans sa pièce pour piano "Mélisande"

À noter[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]