Henry Lerolle

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Henry Lerolle
Ramon Casas - MNAC- Henry Lerolle- 027636-D 006628.jpg

Ramon Casas, Portrait d'Henry Lerolle,
Barcelone, musée national d'art de Catalogne.

Naissance
Décès
(à 80 ans)
Paris
Nom de naissance
Henri Lerolle
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Maîtres
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur

Henry Lerolle[1], né à Paris le 4 octobre 1848, mort dans la même ville le 22 avril 1929, est un peintre et collectionneur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Timothée Lerolle (1816-1882) et d'Adèle Edmée Delaroche. Son frère aîné est l'homme politique Paul Lerolle (1846-1912).

Il suit une formation à l'Académie de Charles Suisse, puis entre à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Louis Lamothe. Il débute au Salon de 1868[2].

Henry Lerolle s'entoure d'artistes dont il collectionne les œuvres, de musiciens et d'écrivains comme Edgar Degas, Claude Monet, Pierre Auguste Renoir, Maurice Denis, Gustave Moreau ou Albert Besnard[3] auquel il commande une série de vitraux pour son hôtel particulier du 20 avenue Duquesne à Paris[4].

Violoniste et compositeur amateur, c'est par sa femme Madeleine Escudier, dont la sœur avait épousé Ernest Chausson, qu'il peut s'initier à la musique contemporaine : il devient l'ami de Claude Debussy et noue également des relations avec Henri Duparc, Sergueï Prokofiev, Maurice Ravel, Erik Satie ou Igor Stravinski.

Ses deux filles[5] épousent les fils de son ami l'industriel et collectionneur Henri Rouart (dont Eugène Rouart, mari d'Yvonne Lerolle, qui seront le sujet de la trilogie gidienne : L'École des femmes, Robert et Geneviève parue de 1929 à 1936[6]). Henry, son épouse et ses deux filles ont posé pour plusieurs peintres, dont Edgar Degas[7], Pierre Auguste Renoir[8], Maurice Denis[9], ou encore Albert Besnard[10].

Il était l'un des plus anciens amis d'Albert Besnard. « Le vieil ami Henry Lerolle, n'y tenant plus de curiosité, demanda à voir les tableaux de l'Inde en cours d’exécution et passa plusieurs jours avec mes parents, regardant les toiles sans rien dire. Ce mutisme, intentionnel ou non, impatientait mon père qui ne put s'empêcher de d'observer : “ Tu ne dis rien, Henry, pas même une critique, explique-moi au moins pourquoi ? ” Alors, Lerolle fit cette réponse sybilline [sic] : Ben… je n'aurais jamais cru que c'était comme ça ”. Tout Lerolle était dans cette phrase qui nous amusa beaucoup[11] ».

« Lerolle […] avait de l'aisance, recevait bien, s'exprimait lentement, mais avec esprit; il possédait une rosserie calme d'apparence candide, qui à bien considérer, était intentionnelle. […] Il ajouta plusieurs des œuvres maîtresses de son ami Degas à sa collection de Renoir, de Corot et d'impressionnistes[12] ».

Henry Lerolle meurt le 22 avril 1929 et est inhumé à Paris au cimetière Montparnasse.

Son fils Guillaume (1884-1954) a été directeur du Carnegie Museum of Art de Pittsburgh.[réf. nécessaire]

Son œuvre[modifier | modifier le code]

La Répétition à l'orgue (1885), New York, Metropolitan Museum of Art.

Lerolle exécute de nombreuses décorations murales, souvent d'inspiration religieuse, d'abord sur grand chevalet, puis sur toile marouflée[13].

Une de ses premières œuvres est, en 1874, le Baptême des martyrs de Créteil (Saint Agoar et Saint Aglibert) qui décore la chapelle des fonts baptismaux de l'église Saint-Christophe de Créteil.

Il peint La Lettre en 1880.[réf. nécessaire]

Il présente au Salon de 1878 un tableau de chevalet monumental, Communion des Apôtres, commandé par la ville de Paris pour l'église parisienne Saint-François-Xavier[14].

En 1888, il exécute une autre peinture monumentale, Communion, toujours pour Saint-François-Xavier (aujourd'hui conservée à la sacristie).

Il passe à la peinture murale en 1896 avec son Calvaire sur les murs de la chapelle des Dames-du-Calvaire, dans la maison médicale Jeanne Garnier, dans le 15e arrondissement de Paris[15].

Vers la fin des années 1890, Lerolle réalise un décor[16] pour l'église Saint-Martin-des-Champs de Paris, Jésus-Christ lui apparaît, disant aux anges : « Martin, catéchumène, m'a revêtu de ce manteau. »

Il participe également à la décoration de la Schola Cantorum de Paris, de l'hôtel de ville de Paris (Couronnement de la Science et Enseignement de la Science) et de l'École de la Sorbonne (Fuite en Égypte).

À Dijon, on lui doit le décor du couvent des Dominicains, Saints dominicains autour du Christ en croix (1898, huile sur toile marouflée).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Henry Lerolle a reçu les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le 29 octobre 1889[17].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

En France 
Aux États-Unis 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né « Henri Lerolle ».
  2. Notice du musée d'Orsay sur l'artiste
  3. Souvenances, Mémoires de Philippe Besnard, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1975.
  4. Un vitrail, Cygnes sur le lac d'Annecy, est exposé au musée d'Orsay à Paris.
  5. Dominique Bona, Deux sœurs : Yvonne et Christine Rouart, muses de l'impressionnisme, Paris, Éditions Grasset, 2012.
  6. L'École des femmes, tome II des « Romans et récits - André Gide », bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 2009, (ISBN 978-2-07-011780-2), p. 1259-1267.
  7. Louis Rouart et sa femme Christine (1904).
  8. Portrait d'Henry Lerolle (vers 1895) ; Yvonne et Christine Lerolle au piano (1897), Paris, musée de l'Orangerie ; Christine Lerolle brodant, (1895-1898).
  9. Portrait en trois aspects d'Yvonne Lerolle (1897) ; Portrait de Christine Lerolle.
  10. Madeleine Lerolle et sa fille Yvonne (vers 1879-1880).
  11. Philippe Besnard, Souvenances, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1975, p. 197. La scène se passe en 1911 à Talloires dans l'atelier d'Albert Besnard après le retour du peintre et de sa famille d'un voyage de neuf mois aux Indes. La faute d'orthographe figure dans le texte de l'auteur.
  12. Philippe Besnard, op. cit.
  13. Emmanuelle Amiot-Saulnier, « Du grand décor au décoratif : chemin de traverse - Henry Lerolle, de la peinture religieuse au décor », in L'Atelier, bulletin de l'Association « Le Temps d'Albert Besnard », n°8, 2013, (ISSN 1956-2462)
  14. Bulletin paroissial de juillet-août-septembre 1935
  15. Aujourd'hui conservé dépôt de la Ville de Paris à Ivry-sur-Seine.
  16. Huile sur toile marouflée.
  17. La distinction lui a été remise par le sculpteur Alfred-Charles Lenoir. « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur d'Henry Lerolle », base Léonore, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]

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