Alfred Jarry

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Alfred Jarry

Description de l'image  Alfred_Jarry.jpg.
Activités Écrivain, romancier, dramaturge et poète
Naissance 8 septembre 1873
Laval (France)
Décès 1er novembre 1907 (à 34 ans)
Paris (France)
Langue d'écriture Français
Mouvement 'Pataphysique  [sic]

Œuvres principales

Alfred Jarry, né à Laval (Mayenne) le 8 septembre 1873 et mort à Paris le 1er novembre 1907[1], est un poète, romancier et dramaturge français. Il fut aussi dessinateur et graveur[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Jarry est le fils d’Anselme Jarry, négociant puis représentant en commerce, et de Caroline Quernest. En 1878, il est inscrit comme élève dans la division des minimes du petit lycée de Laval. L’année suivante, sa mère déménage à Saint-Brieuc. C’est donc au lycée de Saint-Brieuc que Jarry poursuit ses études jusqu’en 1888. Dès 1885, il compose des comédies en vers et en prose, comme les Brigands de la Calabre (1885), le Parapluie-Seringue du Docteur Thanaton, le Procès, les Antliaclastes (1re version 1886, 2e version, 1888).

En 1888, sa mère s’installe avec ses deux enfants à Rennes. Jarry entre en rhétorique au lycée de Rennes (actuel Lycée Émile-Zola de Rennes) en octobre 1888. Là, M. Hébert, professeur de physique, incarne aux yeux de ses élèves « tout le grotesque qui est au monde ». L'enseignant devient le héros d’une littérature scolaire abondante, dont un texte intitulé Les Polonais que Jarry, en classe de première, va mettre en forme de comédie : c’est la plus ancienne version d'Ubu roi.

En 1891-1892, il est élève d’Henri Bergson et condisciple de Léon-Paul Fargue et d’Albert Thibaudet au lycée Henri-IV. Il échoue au concours d'entrée à l’École normale supérieure (trois échecs successifs suivis de deux échecs pour la licence des lettres).

Ses publications lui permettent cependant de rencontrer Marcel Schwob, Alfred Vallette (directeur du Mercure de France) et sa femme Rachilde. Dans la maison du couple, il présente, en 1894, Ubu Roi. Il collabore au Mercure de France et à la Revue Blanche. Deux ans plus tard, il entre en fonction auprès de Lugné-Poe qui lui confie le programme de la prochaine saison du Théâtre de l'Œuvre où la première d’Ubu roi eut lieu le 10 décembre 1896, suscitant une polémique comparable à la bataille d’Hernani. Dès lors, les représentations des pièces de Jarry se suivent, au fil des cycles d’Ubu.

En 1894 et 1895, il dirige L'Ymagier avec Remy de Gourmont : Recueil de gravures anciennes et nouvelles, d’études artistiques et philologiques qui paraît en fascicules trimestriels, in-quatro. En 1896 se place l’événement historico-mythique de l’achat de la bicyclette « Clément Luxe 96 course sur piste » que le marchand Trochon s’obstinera longtemps à vouloir faire payer au poète, en vain. Il fonde une revue d’estampes Perhindérion qui n’aura que deux numéros. En 1897, il a épuisé son héritage, mais achète un bateau, L’As, qui entrera dans la littérature par la geste de Faustroll. Son compatriote, le douanier Rousseau, l’héberge brièvement. En novembre 1897, il s’installe 7 rue Cassette, dans sa grande Chasublerie.

Le 20 janvier 1898, une représentation d’Ubu Roi par des marionnettes (dues à Pierre Bonnard) est donnée au théâtre des Pantins, à Paris. Jarry écrit en 1901 une réduction en deux actes d'Ubu Roi qui est jouée la même année au cabaret des « Quat'z'arts » (cette version raccourcie d'Ubu Roi parait en 1906 sous le titre d’Ubu sur la butte). En 1902, paraît Le Surmâle. La même année, Jarry commence une brève collaboration avec la revue du prince Bibescu, La Renaissance Latine. Il publie en 1903 une série d‘articles dans la revue Le Canard Sauvage (premier numéro en mars 1903, dernier numéro en octobre 1903). Il commence à écrire La Dragonne pendant son séjour chez Claude Terrasse, au Grand-Lemps, en 1904, tout en continuant à travailler au livret de Pantagruel.

Alfred Jarry à bicyclette

Dans l’ouvrage Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, édité après sa mort, il définit la 'Pataphysique comme « la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité ». (livre II, chapitre VIII), science que perpétue le Collège de 'Pataphysique fondé en 1948.

S’identifiant à son personnage et faisant triompher le principe de plaisir sur celui de réalité, Jarry a vécu comme il lui plaisait avec ses trois attributs : la bicyclette, le revolver et l’absinthe. Il leur sacrifiera la respectabilité et le confort. Dans une petite baraque proche d’une rivière, à côté d’un lit-divan, Rabelais composait l’essentiel de sa bibliothèque. L’humour lui a permis d’accéder à une liberté supérieure. « Jarry jouant Ubu, non plus sur scène mais à la ville, tend ainsi un terrible miroir aux imbéciles, il leur montre le monstre qu’ils sont. Il dit « Merdre aux assis ». » (Georges-Emmanuel Clancier)

Le 28 mai 1906, Jarry écrit à Rachilde : « (Le Père Ubu) n’a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s’éteindre. Il va s’arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu. » Épuisé, malade, harcelé par ses créanciers, malgré l'aide financière d'Octave Mirbeau et de Thadée Natanson, Jarry fait des allers et retours Paris-Laval et meurt d'une méningite tuberculeuse six mois plus tard, le 1er novembre 1907 à l’hôpital de la Charité, à Paris. Comme dernière volonté il demande un cure-dent.

Il est enterré au cimetière parisien de Bagneux (23e division, 5e ligne, 5e place) où sa tombe, aujourd'hui anonyme et non entretenue, est toujours en place[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Ainsi, l’œuvre d’Alfred Jarry, au comique grinçant, met en scène de façon insolite les traits humains les plus grotesques. Il est l’inventeur du terme de « ’Pataphysique », science qui cherche à théoriser la déconstruction du réel et sa reconstruction dans l’absurde. Jarry est l’un des inspirateurs des surréalistes et du théâtre contemporain. Une statue signée Zadkine consacre l’hommage de sa ville natale. C'est lui qui a lancé lé théâtre de l'absurde.

Cet auteur est transformé par André Gide en personnage de roman dans Les Faux-monnayeurs.

Une salle de l’Université Rennes 2 porte son nom.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Jarry Alfred
Le Surmâle (dessin de Pierre Bonnard). éditeur CFL 1963
  • Les Antliaclastes (1886-1888) et premiers poèmes repris dans Ontogénie
  • La Seconde Vie ou Macaber (1888), repris dans Les Minutes de sable mémorial
  • Onénisme ou les Tribulations de Priou (1888), première version d’Ubu cocu
  • Les Alcoolisés (1890), repris dans Les Minutes de sable mémorial
  • Visions actuelles et futures (1894)
  • « Haldernablou » (1894), repris dans Les Minutes de sable mémorial
  • « Acte unique » de César-Antéchrist (1894)
  • Les Minutes de sable mémorial (1894), poèmes. Texte en ligne
  • César Antéchrist (1895) Texte en ligne
  • Ubu roi (1896, rédigé vers 1888) Texte en ligne
  • L’Autre Alceste (1896).Texte en ligne
  • Paralipomènes d’Ubu (1896)
  • Le Vieux de la montagne (1896)
  • Les Jours et les Nuits (1897), roman. Texte en ligne
  • Ubu cocu ou l'Archéoptéryx (1897)
  • L’Amour en visites (1897, publié en 1898), poème
  • Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien (achevé en 1898, publié en 1911), roman. Texte en ligne
  • Petit Almanach (1898)
  • L'Amour absolu (1899)
  • Ubu enchaîné (1899, publié en 1900)
  • Messaline (1900)
  • Almanach illustré du Père Ubu (1901)
  • « Spéculations », dans La Revue blanche (1901)
  • Le Surmâle (1901, publié en 1902), roman. Texte en ligne
  • « Gestes », dans La Revue blanche (1901). Publié en 1969 avec les « Spéculations » sous le titre La Chandelle verte.
  • L’Objet aimé (1903)
  • « Le 14 Juillet », dans Le Figaro (1904)
  • Pantagruel (1905, opéra-bouffe d'après Rabelais créé en 1911, musique de Claude Terrasse)
  • Ubu sur la Butte (1906)
  • Par la taille (1906), opérette
  • Le Moutardier du pape (1906, publié en 1907), opéra-bouffe
  • Albert Samain (souvenirs) (1907)
Alfred Jarry : Sainte Gertrude (gravure sur bois, 1895, signée de son pseudonyme Alain Jans)
Publications post-mortem
  • La Dragonne (1907, publié en 1943)
  • Spéculations (1911)
  • Pieter de Delft (1974), opéra-comique
  • Jef (1974), théâtre
  • Le Manoir enchanté (1974), opéra-bouffe créé en 1905
  • L’Amour maladroit (1974), opérette
  • Le Bon Roi Dagobert (1974), opéra-bouffe
  • Léda (1981), opérette-bouffe
  • Siloques. Superloques. Soliloques Et Interloques De Pataphysique (2001), essais et écrits divers
  • L'Existence du pape. Cénobite Fulbert éditeur ( Jean-Jacques Sergent ). 2005
  • Paralipomènes d'Ubu/Salle Ubu (2010), livre d'artiste
  • Ubu marionnette (2010), livre d'artiste
Traductions
  • La ballade du vieux marin (1893, d’après The ancient mariner de Coleridge)
  • Les silènes (1900, théâtre, traduction partielle d’une œuvre de l’allemand Christian Dietrich Grabbe)
  • Olalla (1901, nouvelle de Stevenson)
  • La papesse Jeanne (1907, traduit du grec d’après le roman d’Emmanuel Rhoïdès)
Principales collaborations à des revues
  • Écho de Paris
  • L’Art de Paris
  • Essais d’art libre
  • Le Mercure de France (dont «De l'inutilité du théâtre au théâtre» en septembre 1886).
  • La Revue Blanche
  • Le Livre d’art
  • La Revue d’art
  • L’Omnibus de Corinthe
  • Renaissance latine
  • Les Marges
  • La Plume
  • L'Œil
  • Le Canard sauvage (articles de 1901 à 1903)
  • Le Festin d'Ésope
  • Vers et prose
  • Poésia
  • Le Critique
Véritable portrait de Monsieur Ubu, par Alfred Jarry (1896)

Dessins et gravures[modifier | modifier le code]

  • Gravures sur bois :
    • Ce est le Centaure (vers 1890)
    • Minutes de sable mémorial
    • Sainte Gertrude (1895, signé sous le pseudonyme d'Alain Jans)[2].

Dans L'Ymagier, revue trimestrielle qu'il fonde en 1894 avec Rémy de Gourmont, Alfred Jarry, « vise à publier des images et les études sur les images et les imagiers anciens et nouveaux », présentant des graveurs et gravures sur bois depuis Dürer jusqu'aux images d'Épinal. Cette revue cessa sa publication dès 1896 et Alfred Jarry créa une nouvelle revue Perhinderion, à l'existence éphémère[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noël Arnaud, Alfred Jarry, d’Ubu roi au docteur Faustroll, La Table ronde, 1974 (collection Les Vies perpendiculaires)
  • Michel Arrivé, Les langages de Jarry. Essai de sémiotique littéraire, éd. Klincksieck, 1972.
  • Paul Audi, La Théorie du Surmâle. Lacan avec Jarry, Lagrasse, Verdier, 2011.
  • Henri Béhar, Jarry dramaturge, Paris, Nizet, 1980.
  • Henri Béhar, Les Cultures de Jarry, Paris, P.U.F., 1983, rééd. Nizet, 1994.
  • Henri Béhar, La Dramaturgie d'Alfred Jarry, Paris, Honoré Champion, 2003.
  • Patrick Besnier, Alfred Jarry, Paris, Fayard, 2005.
  • Henri Bordillon, Gestes et opinions d’Alfred Jarry, écrivain, Paris, Siloé, 1986.
  • Matthieu Gosztola, Alfred Jarry, critique littéraire et sciences à l'aube du XXe siècle, Éditions du Cygne, 2013.
  • Annie Le Brun, "Comme c'est petit un éléphant", postface au Surmâle, Paris, Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Jacques-Henri Levesque, Alfred Jarry, Paris, Seghers, coll. "Poètes d'aujourd'hui", 1970.
  • Rachilde, Alfred Jarry ou le surmâle de lettres, Paris, Grasset, 1927, rééd. Arléa, 2007.
  • Julien Schuh, Alfred Jarry, le colin-maillard cérébral, Paris, Honoré Champion, coll. Romantisme et Modernité, 2014. Version de soutenance en ligne.
  • Omajajari, Ouvrage collectif publié à l'occasion du centenaire de la mort de Jarry, éd. Cynthia 3000, 2007.
  • L'Étoile-Absinthe, revue de la SAAJ consacrée à l'étude de la vie et de l'œuvre de Jarry. Consultable en ligne.
  • (en) Marieke Dubbelboer, 'Ubusing' Culture. Alfred Jarry's Subversive Poetics in the Almanachs du Père Ubu, Rug, Groningen, 2009.
  • (en) Alastair Brotchie, Alfred Jarry: A Pataphysical Life, U.S., The MIT Press,‎ 2011 (ISBN 978-0-262-01619-3)
  • Alfred Jarry et les arts, actes du colloque international tenu à Laval les 30 et 31 mars 2007[5]

Documents audiovisuels[modifier | modifier le code]

  • Ubu roi, adaptation télévisée intégrale de la pièce par Jean-Christophe Averty (1965), réédité en DVD par Universal en 2007, (accompagné de Un siècle d'écrivain : Alfred Jarry, réalisé par J.-C. Averty, 1995)
  • Ubu roi, musique de scène d'Émile Goué composée en détention à l'Oflag XB

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Jarry sur Ressources de la Bibliothèque nationale de France. Consulté le 15 janvier 2012
  2. a et b "Gauguin et l'école de Pont-Aven", Bibliothèque nationale de France, Catalogue d’exposition, estampes, 1989, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6534092q/f149.image.r=Clohars-Fouesnant.langFR
  3. bien qu'elle n'ait jamais été renouvelée, la concession n'a pas été reprise et les restes d'Alfred Jarry n'ont en conséquence pas été relevés. Voir l'article de Philippe Landru et la photographie de la sépulture sur le site Cimetières de France et d'Ailleurs
  4. "Gauguin et l'école de Pont-Aven", Bibliothèque nationale de France, Catalogue d'exposition, estampes, 1989, disponible sur Gallica
  5. http://alfredjarry.fr/amisjarry/fichiers_ea/etoile_absinthe_115_116reduit.pdf