Pédophilie

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Pédophilie
Classification et ressources externes
CIM-10 F65.4
CIM-9 302.2
MeSH D010378
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La pédophilie est une attirance ou préférence sexuelle d'un adulte envers les enfants prépubères ou en début de puberté[1]. Un pédophile est une personne éprouvant ce type d'attirance.

Selon le critère de l'OMS, les adolescents de 16 ans sont aussi classés comme pédophiles, s’ils ont une préférence sexuelle persistante ou prédominante vers les enfants prépubères au moins cinq ans plus jeunes qu’eux[2].

Dans la société moderne, ce type de préférence est considéré comme une perversion sexuelle (paraphilie) et les activités s'y rapportant sont condamnées par la loi. Les passages à l'acte de pédophiles, soit les relations sexuelles entre un adulte et un enfant au-dessous de la majorité sexuelle constituent, juridiquement, des abus sexuels sur mineur, qualification qui peut prendre différentes formes selon la législation et le type d'acte sexuel incriminé.

La pédophilie est classée comme trouble de la préférence sexuelle (trouble mental) par la classification internationale des maladies (CIM)[3] et comme paraphilie ou orientation sexuelle (si elle n'entraîne pas de comportement répréhensibles ni de détresse chez le sujet) par le manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM)[4].

Les milieux médicaux considèrent que la pédophilie relève de la maladie, de la déviance, de la perversité, en un mot de la psychiatrie, et peut-être du soin. Il s'agit de la thèse la plus reprise dans le discours psychiatrique sur le sujet[5].

Dans le langage courant, le terme « pédophilie » est souvent utilisé pour désigner les abus sexuels sur mineur dans leur ensemble[6],[7], quel que soit par ailleurs le diagnostic psychiatrique émis sur les personnes commettant ces faits. Le criminel Marc Dutroux a ainsi été considéré par les experts comme étant, au sens purement psychiatrique du terme, non pas un pédophile, mais un pervers sadique non focalisé sur la jeunesse de ses victimes[8]. L'affaire Dutroux est néanmoins l'une des affaires criminelles les plus notoirement associées au mot pédophilie[9].

Le terme « pédophilie » peut également être utilisé pour désigner la pornographie enfantine et la consommation de celle-ci[10]. Le terme de « pédocriminalité » est, par ailleurs, parfois employé pour qualifier les délits relevant de la pédophilie, qu'il s'agisse d'abus sexuels[11] ou de pornographie enfantine[12].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Éraste et éromène[13] sur une céramique grecque du Ve siècle av. J.-C. Ashmolean Museum, Oxford.

Le mot « pédophilie » est formé des radicaux grecs παῖς / paîs (« enfant ») et φιλία / philía (« amitié »). Le sens étymologique du mot conduit donc à l'amitié pour les enfants. En fait, le mot pédérastie conviendrait mieux au sens actuel donné au mot pédophilie, puisque pédérastie est formé des radicaux παῖς / paîs (« enfant ») et ἔρως / érôs (« amour sexuel »). Le mot français pédophilie date de 1847 (Julius Rosenbaum, Histoire de la syphilis dans l'Antiquité, traduit de l'allemand) ; l'expression pédophilie érotique, traduite de l'allemand elle aussi, fut proposée en 1906 par le Dr A. Forel.

Par la suite, on a abrégé en pédophilie, et le pédophile est devenu, à côté des grandes figures du pédéraste, du sodomite et de l’inverti, un type mineur d’homosexuel. Le mot est réapparu en 1968[14] et dérive du nom commun « pédophile » (fin XIXe), qui lui-même provient du néologisme « pedophilia erotica » proposé par le psychiatre autrichien Richard von Krafft-Ebing en 1886 dans son ouvrage Psychopathia Sexualis pour qualifier une attirance sexuelle envers les personnes impubères ou en début de puberté qui domine la sexualité d'un individu sa vie durant[15].

Psychiatrie et psychanalyse[modifier | modifier le code]

Psychopathologie[modifier | modifier le code]

Viol sur mineure illustré par Martin Van Maele.

La pédophilie rassemble en psychiatrie tout ce qui a trait aux relations sexuelles adultes-enfants. Elle peut être hétérosexuelle, homosexuelle, ou mixte. Elle concerne des hommes comme des femmes de tous âges. Elle peut coexister avec une sexualité par ailleurs normale de l'adulte en cause, ou s'associer à une impuissance, une anomalie anatomique. Elle peut s'exercer au sein des familles, souvent dans le cadre de relations incestueuses, ou dans le cadre d'une fréquentation usuelle des enfants, comme l'école, les mouvements de jeunes — ce que les psychiatres appellent des « structures facilitantes[16] », mais aussi au hasard des rencontres.

Elle ne fait pas forcément l'objet d'un passage à l'acte. Le simple désir de relations sexuelles avec un enfant, même frustes, entre dans le cadre de la pédophilie. Elle peut aussi dépasser le cadre de relations purement sexuelles, et s'associer à des vexations, des atteintes à la personne, voire des meurtres. Elle peut être un acte isolé, ou une habitude.

La conscience de cette transgression - potentielle ou réelle - peut entraîner chez l'adulte des mécanismes de résolution variés sur le mode névrotique.

La cause médicale - étiologie - de la pédophilie n'est pas connue avec certitude. Certains contextes personnels comme le fait d’avoir été soi-même victime d’abus sexuels au cours de l’enfance (ce qui concerne environ 30 % des sujets abuseurs sexuels) ou l’existence d’un retard mental (dans 15 % des cas) peuvent constituer des facteurs favorisants pour le développement d'un comportement pédophile[17].

Névrosés[modifier | modifier le code]

Dans le cas du pédophile névrosé, sont distingués :

Les pédophiles « abstinents » ou « tourmentés »[modifier | modifier le code]

Le pédophile peut ne jamais passer à l'acte, retenu par la conscience de l'interdit ou la peur de la répression, se contenter d'images ou de fantasmes érotiques. S'installe alors progressivement une dépression, résolutive de la mauvaise conscience et de la tension psychologique que leur inspire leur sentiment de culpabilité[18].

Certains pédophiles peuvent fonder leurs fantasmes sur des images enfantines très diverses : cela peut aller de la simple photographie d'enfant classique à la pornographie, en passant par des photographies familiales à la plage parfois « naturiste », des photographies de catalogues pour vêtements d'enfants, des reportages sur des peuplades où les enfants vivent nus, ou encore des représentations artistiques parfois suggestives. Cette consommation d'images masturbatoires peut devenir une compulsion obsessionnelle et maladive.

Le pédophile peut avoir conscience de sa maladie, et lutter contre ses pulsions, avec un surcroît de culpabilité en cas d'échec, voire de passage à l'acte. Dans certains cas, il est arrivé que certains demandent spontanément l'aide de la médecine[19].

Le pédophile « situationnel »[modifier | modifier le code]

Parfois le passage à l'acte est circonstanciel, et l'adulte n'a nullement cherché à réunir les conditions de ce passage à l'acte. Il s'est simplement laissé aller, sans avoir spécialement conscience de désirs pédophiles, « dérapant » devant un enfant dont il pouvait interpréter l'attitude comme séductrice et la relation une fois consommée (généralement des attouchements dans ces cas-là), l'adulte prend brutalement conscience de ce qu'il vient de commettre. Une tendance préalable à la pédophilie est très probablement en cause. Il s'agit-là de comportements pédophiles « situationnels ». Des personnes fréquemment en contact avec des enfants (soit par exemple de personnes qui organisent leur vie dans des « contextes facilitants » en fréquentant les structures de jeunes, qu'elles soient scolaires ou sportives) et se laissant aller à des « dérapages » de ce type, qui cèderaient à des désirs de manière occasionnelle, par exemple par le biais du tourisme sexuel, correspondent à ce type de profil[20].

Acte justifié[modifier | modifier le code]

L'acte commis, l'adulte peut aussi le nier à sa conscience, souvent par des constructions mentales qui visent à accréditer la thèse d'un désir de l'enfant ou d'un consentement supposé, visant à requalifier l'acte comme normal et naturel (« je n'avais pas conscience de faire du mal »). Ainsi justifié, l'acte pédophile peut se reproduire sans aucune mauvaise conscience, voire avec l'idée (assez fréquente) que cela « fait du bien à l'enfant ». Les pédophiles de ce type présentent souvent des personnalités immatures, carencées et mal structurées, inaptes à vivre des relations sexuelles normales, et fonctionnant par « identification projective » : le besoin de tendresse de l'enfant est considéré par eux comme un désir sexuel[21].

Pervers[modifier | modifier le code]

Il existe par ailleurs des structures de personnalité, notamment perverses (au sens psychiatrique), très différentes des cas ci-dessus. Par opposition aux comportements pédophiles « occasionnels » existent des pédophiles « constitutionnels », dont la paraphilie est profondément ancrée et intégrée dans leur comportement, voire leur mode de raisonnement[22].

Il s'agit de sujets qui n'intègrent pas les interdits sociaux ou qui les contestent. L'acte pédophile peut être un moyen de transgression sociale, volontaire et délibérée, il est revendiqué, parfois justifié par des prétextes esthétiques[23].

Ces pédophiles peuvent avoir un discours parfaitement structuré, voire prosélyte, pour justifier leur conduite, présentée comme éducative et saine pour l'enfant. Le pervers pédophile recherche volontairement la relation sexuelle avec un ou des enfants, parfois de façon systématique en passant des uns aux autres au fil du temps ou en entretenant des relations avec plusieurs enfants en même temps[24].

La définition des pédophiles dits « pervers » peut par ailleurs inclure les agresseurs sexuels particulièrement dangereux, considérant l'enfant comme un objet. Ces pervers sadiques sont capables d'atteintes physiques graves envers les personnes, voire de meurtre. Les psychiatres considèrent certains d'entre eux d'abord comme des psychopathes, auteurs de crimes sexuels (Marc Dutroux), et pas forcément comme des pédophiles comparables aux précédents[25].

Certains pédophiles sont des « déficients intellectuels immatures », parfois d'un âge mental comparable à celui de leurs victimes[24]. Leur niveau intellectuel les rend souvent incapables de comprendre les interdits et la portée de leurs actes. La prise d'alcool ou de drogue peut contribuer à les faire passer à l'acte ; ils ont parfois été victimes eux-mêmes de violences, sexuelles ou autres, dans leur enfance. Ce type de profil constitue une forte proportion de la population des pédophiles incarcérés. On le retrouve souvent chez les violeurs d'enfants en bas âge[20].

Traitement psychiatrique[modifier | modifier le code]

La psychiatrie descriptive, dont Richard von Krafft-Ebing est le précurseur, n'apporte aucune réponse à la question. Même si le catalogue encyclopédique des perversions sexuelles, illustrées par des cas cliniques, s'est modifié depuis, la psychiatrie clinique descriptive n'explique pas la pédophilie, et ne prétend à aucune thérapie. La Classification internationale des maladies de l'OMS définit la pédophilie (code F65.4) comme une « préférence sexuelle pour les enfants, généralement d'âge prépubère ou au début de la puberté ».

Restent la psychiatrie comportementale et la psychiatrie biologique. Elles proposent des solutions, mais les méthodes et leurs résultats ne font pas l'unanimité[26]. La psychiatrie biologique propose la castration chimique, dont les résultats ne sont pas entièrement probants[27], et expérimente d'autres traitements médicaux[28]. La castration chirurgicale, proposée également, est illégale en France.

Dans les deux cas, de sérieuses difficultés existent pour garantir durablement la « guérison », et surtout prévenir les récidives.

Les deux seuls instituts psychiatriques européens existants — l'un à Berlin, l'autre à Frauenfeld en Suisse — qui tentent de trouver un palliatif aux propensions pédophiles en essayant de prévenir tout passage à l'acte font néanmoins état de pronostics mesurés, voire décevants, chez les patients qui éprouveraient une attraction envers les enfants prépubères. En revanche, certains résultats thérapeutiques plus encourageants sembleraient davantage pouvoir se profiler quant à celles et ceux qui tendraient à diriger leurs préférences électives vers les adolescents[29].

Regard de la psychanalyse[modifier | modifier le code]

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Les psychanalystes s'accordent à considérer les pédophiles comme des pervers au sens psychanalytique, ni névrotiques, ni psychotiques, sans que la « perversion pédophile » soit pour autant une pathologie. Il s'agit pour eux de structure de personnalité, et non de maladie. Ils n'excluent pas les actes pédophiles dans un cadre névrotique ou psychotique, mais la personnalité perverse leur semble par essence coïncider idéalement avec l'analyse qu'ils font des conduites pédophiles.

Si les psychanalystes trouvent compréhensible qu'on réprime l'abus sexuel et qu'on en enferme les auteurs, ils se refusent à apporter leur concours à l'institution judiciaire comme le font les psychiatres, car ils ne sont pas d'accord avec les approches judiciaires ou psychiatriques, de la question.

Ils ne contestent pas, du moins pour ceux qui acceptent de prendre en charge de tels patients, comme Serge André et ses confrères, qu'ils puissent obtenir des résultats « thérapeutiques » intéressants[30]. Mais ils se refusent à toute systématisation de « la pédophilie », qu'ils estiment illusoire, pour ne prendre en compte que l'auteur des faits (ou du désir), personne unique, dont l'histoire personnelle reste à dénouer, entre autres sur ce comportement qui fait problème à la société. Il s'agit-là de la position d'un courant lacanien[30].

Sexualité infantile et abus sexuel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abus sexuel sur mineur.

Les théories de Sigmund Freud, certaines conclusions controversées[31] des rapports Kinsey, et la plupart des études de cas cliniques documentés par les psychanalystes montrent que le désir et le plaisir sexuel existent chez l'enfant dès son plus jeune âge[32] et qu'il en explore les multiples formes : orale, anale, et génitale[33][réf. insuffisante]. L'ensemble de ces phénomènes bien connus est désigné sous le nom de sexualité infantile. L'éveil à la sexualité est progressif tout au long de l'enfance, d'abord principalement autoérotique : il prend une orientation plus nette et plus socialisée au moment de la puberté. Par ailleurs, les mêmes théories et observations indiquent que peuvent se développer chez les mineurs des formes plus ou moins conscientes d'amour ou de désir pour leurs parents ou pour les adultes s'occupant d'eux, théorisées par Freud sous le nom de complexe d'Œdipe. Cependant, le développement harmonieux de la sexualité de l'enfant à la découverte de son propre corps et de ses propres fantasmes serait gravement compromis par l'intervention inadéquate d'un adulte sous quelque forme que ce soit. Certaines personnes coupables d'abus sexuels sur enfants prétendent ainsi parfois avoir répondu à un désir de l'enfant, ou bénéficié du consentement de ce dernier[34] car elles n'ont pas su comprendre que le désir de l'enfant était en décalage avec l'acte sexuel par lequel elles y répondaient. Il a été révélé que les tables 31 à 34 des rapports Kinsey portant sur le sujet de l'« orgasme prépubère » et mentionnaient des rapports sexuels adultes-enfants, ont été établies par Alfred Kinsey sur la base des allégations d'un seul pédophile (et non de neuf hommes comme Kinsey l'avait prétendu à l'époque), qui relatait sa propre perception des abus sexuels qu'il avait commis[35],[36]. Les relations sexuelles entre un adulte et un enfant représentent presque toujours pour ce dernier un évènement traumatique porteur de conséquences psychologiques lourdes, imprévisibles et potentiellement graves.

Perception sociale contemporaine[modifier | modifier le code]

Les sociétés contemporaines reconnaissent les principes du droit à la protection de l'enfant, qui doit être protégé de certaines perversions. Le développement de sa sexualité doit se faire dans un milieu équilibré et sécurisé. En cas de relations sexuelles adulte-enfant, l'enfant est victime, a subi un dol, et a droit à réparation, et l'adulte tombe sous le coup de la loi. La perception juridique et sociale contemporaine fait de la pédophilie une transgression majeure de la norme de nos sociétés, cette perversion sexuelle pouvant conduire à des crimes.

La pédophilie n'est pas un fait nouveau, mais elle n'a été portée sur le devant de l'actualité que très progressivement. Si les agressions sexuelles sur mineur sont depuis longtemps punies par la loi, et si la pédophilie a, au sens psychiatrique, été théorisée dès 1886 par Krafft-Ebing, le traitement du phénomène a varié au cours du XXe siècle. Certains courants d'opinion minoritaire ont, dans la seconde moitié du siècle, pris la défense de la pédophilie avant que celle-ci ne devienne, dans les années 1990, l'objet d'une réprobation et d'une répression généralisée[37].

Années 1960-1980[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 et surtout 1970, les pédophiles sont parfois considérés, par certains activistes liés aux mouvances de la révolution sexuelle, ainsi que dans certains milieux politiques situés notamment à gauche et surtout à l'extrême gauche, comme une minorité sexuelle devant être défendue et libérée. L'apologie de la pédophilie, si elle demeure très minoritaire dans l'opinion, se retrouve à l'époque dans un certain nombre de discours politiques et de prises de position publiques, qui considèrent comme « réactionnaire » le fait de dénoncer cette tendance sexuelle. Le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) prend, en France, la défense des pédophiles, de même que certains courants de l'extrême gauche[38]. Des intellectuels comme Michel Foucault ou Guy Hocquenghem (animateur du FHAR) dénoncent comme un « nouveau régime de contrôle de la sexualité » la séparation sexuelle entre enfants et adultes[39] ; l'universitaire René Schérer, lui aussi figure du FHAR, défend ouvertement la pédophilie[40]. Des journaux comme Libération ou, plus discrètement, le Monde, font la promotion de ces idées[39], et défendent des pédophiles poursuivis par la justice. Des pétitions contre la législation sur la majorité sexuelle sont signées en France par des personnalités. Des écrivains comme Gabriel Matzneff ou Tony Duvert disent leur goût pour les adolescents impubères, voire pour les enfants : le second se dit ouvertement pédophile, et écrit avoir eu des partenaires sexuels âgés de six ans[41]. En 1977, dans leur essai Le Nouveau Désordre amoureux, Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut constatent que les livres de Tony Duvert provoquent le « scandale » alors que, selon eux, « ils devraient stimuler, susciter des vocations, dessiller les yeux »[42]. En 1979, les mêmes auteurs citent à nouveau Duvert, estimant qu'il est « en tant que pédophile, l'héritier des grands mythes amoureux », étant victime de « l'ordre collectif ancienne manière [qui] ne renaît que pour faire la chasse aux amours pédérastiques. (…) Regrettez-vous ces temps barbares et lointains où la foi faisait violence à l'amour ? Désirez-vous connaître l'intensité des passions impossibles ? Une seule solution : éprenez-vous d'un(e) enfant »[43].

Dans les années 1970, quelques mouvements et réseaux de militantisme pro-pédophile ont vu le jour en Europe du Nord et aux États-Unis. Aux Pays-Bas, le sénateur Edward Brongersma est à l'époque le défenseur le plus en vue de la pratique pédophile[44]. Des organisations pédophiles comme la NAMBLA (États-Unis) et MARTIJN (Pays-Bas) ont fait partie de l'International Lesbian and Gay Association et n'en ont été exclues que dans les années 1990. Les discours favorables à la pédophilie disparaissent progressivement de l'espace public, notamment à partir du milieu des années 1980, quand la société bascule, selon les termes de l'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, « dans la réprobation unanime »[45].

Depuis les années 1980[modifier | modifier le code]

L'opinion publique est progressivement sensibilisée à la question de la pédophilie à partir des années 1980. En 1982, l'affaire du Coral, en France, contribue à alerter sur l'existence de possibles dérives des pédagogies « alternatives ». C'est néanmoins au cours des années 1990 que s'ouvre un vrai débat public. Dans les médias français, plusieurs affaires et initiatives contribuent à faire évoluer les mentalités : en 1990, la canadienne Denise Bombardier, lors d'un numéro d’Apostrophes, s'en prend vigoureusement à Gabriel Matzneff au sujet du livre Mes Amours décomposées, dans lequel ce dernier raconte ses rencontres sexuelles avec des enfants de onze ou douze ans. Patrick Meney publie en 1990 le livre Les voleurs d'innocence, dans lequel il dénonce la complaisance de certains milieux intellectuels et des médias vis-à-vis de la pédophilie, décrivant en détail le phénomène à travers des témoignages de victimes et de pédophiles, et appelant au traitement médical des délinquants sexuels sur le modèle canadien. Journaliste et producteur-animateur de télévision, Patrick Meney consacre ensuite à la pédophilie plusieurs de ses émissions, diffusées sur TF1. Mireille Dumas, en 1995, consacre à la pédophilie un numéro de Bas les masques en donnant la parole à des victimes[37].

À partir du début des années 1980 aux États-Unis et 1990 en Europe, une série d'affaires criminelles ont un impact important dans l'opinion publique. En Belgique, en 1996, l'affaire Dutroux a particulièrement ému l'opinion, qui s'est rassemblée au cours des « marches blanches ». Le retentissement international de cette affaire contribue largement à une prise de conscience du problème de la pédophilie, tout en aboutissant à assimiler, dans l'esprit du public, pédophiles et tueurs d'enfants[45].

Depuis cette époque, l'abus sexuel sur mineur, conséquence du passage à l'acte pédophile, bénéficie d'une attention sociale intensive. De nombreuses associations se sont créées dans le but de protéger les enfants et de lutter contre l'abus sexuel[46] : par extension, l'expression lutte contre la pédophilie est largement utilisée pour désigner ces actions, bien que la pédophilie soit, au sens propre du terme, une attirance sexuelle et n'implique pas forcément le passage à l'acte de personnes éprouvant cette tendance. L'action sociale peut lutter contre des actes d'abus sexuel, mais seule une approche médicale ou psychologique peut éventuellement travailler à la disparition ou l'évolution d'attirances pédophiles chez un être humain.

De nombreux faits de société impliquant des mineurs de tous âges ont été, depuis les années 1990, traités à la une des journaux télévisés sous les termes de « pédophilie » ou de « protection de l'enfance ». Le nombre d'affaires d'abus sexuels sur mineur traitées par la justice a nettement augmenté à partir des années 1990, portant parfois sur des faits anciens, et aboutissant à l'inculpation d'abuseurs ayant parfois sévi impunément durant plusieurs décennies[47], comme dans les multiples cas d'affaires d'abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique. En 2001, un rapport de l'IGAENR a dénoncé les multiples cas d'affaires de pédophilie « étouffées » au cours des années précédentes au sein du système éducatif français[48].

Le traitement par les médias de la question de la pédophilie et de l'abus sexuel a pris une ampleur particulière, contribuant à un renforcement des législations concernant la protection des mineurs[46]. L'émotion suscitée par les affaires d'abus sexuels sur mineurs, et l'attention accrue portée au problème par les autorités, ont pu aboutir à des erreurs judiciaires, comme dans le cas de l'affaire d'Outreau en France.

Sur cette question, on pourra se reporter avec profit au compte-rendu détaillé exposé lors du XXXIVe congrès français de criminologie, et publié dans la Nouvelle Revue Internationale de Criminologie en 2005[49]

D'abord actifs dans certains milieux politiques ou culturels, parfois soutenus par des franges très minoritaires des opinions publiques, les groupes pédophiles « militants » ont été discrédités par diverses affaires judiciaires et médiatiques, au point de quasiment disparaître dans les années 1990. À partir de la fin du XXe siècle, les quelques groupes existant encore s'expriment essentiellement sur Internet, qui permet également à certains pédophiles de prendre contact et de s'organiser en réseaux.

Dans les années 2000, des enquêtes policières et journalistiques signalent que l'usage d'Internet permet à des pédophiles de prendre contact avec des mineurs, notamment via les messageries instantanées et réseaux sociaux[50].

L'Internet permet également la circulation accrue de pornographie enfantine[51], via des réseaux plus clandestins, qu'ils soient employés par des pédophiles à titre personnel comme moyen d'échange, ou bien par le monde du crime organisé à des fins de profit. Ces réseaux utilisent des moyens techniques de pointe en matière de sécurité (VPN, systèmes de proxies, chiffrement, réseaux parallèles…), qui permettent des activités illégales comme la diffusion de matériel pédopornographique[52],[53]. Une enquête commanditée par l'Organisation des Nations unies a estimé entre 3 et 20 milliards de dollars le chiffre d'affaires généré par l'industrie pornographique pédophile[54].

Une attention accrue est portée par les autorités et les médias au tourisme sexuel, dont des pédophiles usent pour avoir des rapports avec des enfants dans des pays du tiers monde[55],[56]. En 2007, une vaste opération lancée par Interpol a permis l'arrestation de Christopher Paul Neil, un citoyen canadien ayant commis de nombreux abus sexuels sur mineurs en Asie du Sud-Est.

Aux Pays-Bas, un parti politique favorable à la pédophilie, le Parti de la charité, de la liberté et de la diversité, a été créé en 2006, occasionnant une polémique publique quant à son éventuelle interdiction[57]. Fondé par Ad Van den Berg, ancien président de MARTIJN, et ne comptant que trois membres connus[58], le parti réclame alors l'abaissement de la majorité sexuelle à 12 ans, et, à terme, son abolition[59], ainsi que la légalisation de la pornographie enfantine dans un contexte « bien précis et encadré ». Ce parti n'a jamais participé à aucune élection, faute d'avoir recueilli suffisamment de signatures de citoyens néerlandais l'y autorisant, et s'est auto-dissout en 2010[60].

En 2009, l'affaire Francis Evrard a relancé, en France, la question de la récidive, du suivi et de l'éventuel traitement des délinquants sexuels[61].

En mars 2011, un vaste réseau de pédophiles a été démantelé par Europol, conduisant à l'identification de 670 suspects sur quatre continents, et à 184 arrestations : l'enquête a établi qu'un forum de militants pédophiles, hébergé aux Pays-Bas, avait servi à l'échange de photos et vidéos pédopornographiques. 230 enfants abusés sexuellement par des membres du réseau ont pu être identifiés[62],[63],[64]. Europol a estimé que cette organisation était « probablement le plus grand réseau de pédophilie via internet au monde »[65]. En novembre 2011, le directeur adjoint d'Interpol estime que « la pédophilie sur Internet augmente aujourd'hui plus que jamais » avec le multiplication des accès à Internet dans le monde et le développement des réseaux d'échange de pornographie enfantine et la constitution en ligne de « communautés d'agresseurs sexuels »[66].

La pédophilie et la loi[modifier | modifier le code]

La relation sexuelle effective entre adulte et enfant, soit le passage à l'acte d'un pédophile (la pédosexualité, l'inceste) est très fortement condamnée dans la plupart des législations du monde, et reconnue comme un grave délit ou crime, une transgression majeure des droits fondamentaux de l'enfant, sous les termes d'« abus sexuel sur mineur ». Il en va de même de la pornographie enfantine, aujourd'hui très largement condamnée.

Si les abus sexuels sur mineurs sont longtemps restés méconnus ou sous-estimés dans les sociétés modernes, c'est à cause du silence qui les entourait. La nouveauté tient au fait que, de nos jours, on écoute les enfants parler des relations sexuelles qui peuvent leur être imposées par les adultes. Longtemps, on crut que l'essentiel de ces récits relevaient du fantasme. Ainsi en était-il de Freud qui, dans le cas Bertha Pappenheim, crut discerner le fantasme quand elle lui parlait de son oncle attoucheur.

Dans la majorité des législations la simple attirance sexuelle ainsi que les fantasmes ne sont pas réprimés par la loi, car ils appartiennent au domaine de la pensée et du ressenti personnel.

En revanche, dans la plupart des législations du monde l'acte sexuel entre un adulte et un enfant est illégal et sévèrement réprimé vis-à-vis de l'adulte, considéré comme seul coupable et responsable. Contrairement aux lois sur l'agression sexuelle d'un adulte, l'absence de consentement de l'enfant n'est pas requise pour que l'infraction soit constituée : la relation sexuelle en elle-même est illégale. La séparation entre ces deux formes de traitement de l'infraction sexuelle dans la loi est généralement fondée sur une limite d'âge, appelée majorité sexuelle, qui diffère en fonction des pays et des orientations sexuelles (la relation homosexuelle est souvent autorisée plus tardivement que l'hétérosexuelle).

Il existe également des lois réprimant la simple incitation d'un enfant à un acte sexuel. Par ailleurs, la production, consommation, échange et simple détention de matériel pornographique impliquant des enfants sont souvent interdits (pédopornographie visuelle). Dans certains pays, cette dernière loi s'applique également pour des œuvres d'imagination (dessins, images virtuelles, etc.) Par exemple, l'article 163.1 du code criminel canadien interdit « toute représentation photographique, filmée, vidéo ou autre, réalisée ou non par des moyens mécaniques ou électroniques »[67]. D'autres législations sont plus floues ou sujettes à interprétation sur ce point, comme l'article 227-23 du code pénal français qui incrimine toute image ou représentation d'un mineur lorsqu'elle possède un caractère pornographique[68] : lato sensu cela s'applique également à des images imaginaires, mais en France le code pénal est d'interprétation stricte et la jurisprudence reste floue[réf. nécessaire]. Voir l'article Lolicon pour plus de détails. En France, les textes pédopornographiques ne sont en revanche pas interdits[69].

Eu égard à l'émotion importante que causent les affaires d'abus sexuels sur enfants dans la plupart des sociétés, certaines législations adoptent des lois d'exception pour réprimer avec plus de force les infractions sexuelles concernant des mineurs.

Loi française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abus sexuel sur mineur en France.

En droit français, le terme de pédophilie n'apparaît pas dans les codes ni règlements du droit et de la justice : les termes utilisés pour décrire l'infraction de relation sexuelle entre un majeur et un enfant sont atteinte sexuelle pour une relation avec consentement de l'enfant, agression sexuelle ou viol lorsque le consentement n'est pas reconnu. Il existe aussi des infractions de corruption de mineur pour l'incitation de mineur à des actes sexuels. L'âge limite du mineur qui caractérise l'infraction sexuelle (âge de majorité sexuelle) est 15 ans en général, 18 ans si le majeur est une personne ayant autorité sur le mineur (professeur, parent…).

La production, diffusion et détention d'images pornographiques impliquant des mineurs de 18 ans sont illégales en France. L'article de loi tel qu'il a été écrit en mai 2002 parle de « l'image ou la représentation d'un mineur ». Il ne précise pas s'il concerne seulement les photographies et films ou s'il englobe tout type d'image : dessins, peintures, images virtuellesetc. De plus, depuis la loi du 5 mars 2007, est aussi punie la simple consultation « habituelle » d'un service diffusant telle image, même sans conservation[70],[71][réf. obsolète].
La jurisprudence a depuis fixé quelques exceptions, afin de protéger certains objets d'art ou historiques : peintures explicites datant de la Grèce antique, œuvres d'art, etc.[réf. nécessaire] Toutefois, la loi reste floue et sujette à interprétation sur ce point, ce qui pourrait attirer des problèmes à certaines professions comme l'édition ou la conservation de musées, et faire évoluer la jurisprudence.

Enfin, plusieurs lois d'exceptions existent pour les crimes ou délits de nature sexuelle concernant les enfants : possibilité de poursuivre en France un citoyen français pour des crimes ou délits sexuels sur mineurs commis à l'étranger (par exemple dans le cadre du tourisme sexuel), levée du secret professionnel en cas de connaissance d'une infraction, inscription spécifique dans un fichier d'empreintes génétiques sur condamnation ou simple mise en examen, prescription courant à partir de la majorité de la victime, obligation de soins une fois la peine de prison purgée, détention dans un centre socio-médico-judiciaire une fois la peine purgée, pour une durée d'un an reconductible, si la probable dangerosité du criminel est décrétée[72].

D'autres lois d'exception, souvent extrêmes, sont régulièrement proposées par des acteurs sociaux ou politiques au gré de l'émotion causée par l'actualité : annulation de toute prescription, inscription des crimes sexuels comme crimes contre l'humanité, rétablissement de la peine de mortetc.

Tous les textes législatifs français peuvent être consultés sur le site Légifrance, plus particulièrement dans la section code pénal.

Le viol est un crime, jugé en cour d'assises alors que les autres infractions citées sont des délits, jugés devant les tribunaux correctionnels.

Prescription : La prescription pour viols, agressions sexuelles, atteintes sexuelles sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou par une personne ayant autorité est 20 ans à partir de la majorité de la victime. Articles 7 et 8 du code de procédure pénale.

Par ailleurs, l'âge nubile, l'âge légal à partir duquel le mariage est autorisé est 18 ans pour filles et garçons depuis 2005 (il était 15 ans pour les filles auparavant). La loi française n'établit aucune relation particulière entre les dispositions concernant la majorité sexuelle et celles concernant le mariage.

Loi suisse[modifier | modifier le code]

La législation a été nettement durcie par une loi d'avril 2002 intégrée dans l'article 197 du code pénal. Désormais, le téléchargement sur un disque dur et la copie de clichés illicites, sur divers supports, peuvent être assimilés à des cas de fabrication déjà réprimés sous l'ancien droit et s'ils sont obtenus depuis un site étranger, ils constituent également un acte d'importation pouvant être sanctionné. En revanche, une simple consultation non conservée ne serait pas directement sanctionnée.

Arrêt 6P.117/2004 et 6S.311/2004 du 11 octobre 2004.

En 2008, une première initiative émanant de l'association « Marche Blanche » présidée par Christine Bussat aboutit, en avril 2011, à l'obtention de 111'681 signatures valables. Objectif visé : « l'imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine ». L'initiative est acceptée par le peuple par 51,9 % des votants[73].

Conséquences : depuis le 1er janvier 2013, la réglementation concernant les actes pédophiles se durcit. Ainsi, les actes sexuels commis sur des victimes de moins de 12 ans incapables de discernement seront désormais soumis à l'imprescriptibilité et pourront être punis à vie[73].

Réglementation européenne[modifier | modifier le code]

  • Décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil du 22 décembre 2003 relative à la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants et la pédopornographie[74].
Illustration de La Grande Danse macabre des vifs, par Martin Van Maele.

Œuvres annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie:Œuvre traitant de la pédophilie.

Littérature[modifier | modifier le code]

Divers romanciers ont évoqué dans leurs œuvres des rapports sexuels ou sentimentaux impliquant des mineurs de différents âges, provoquant parfois des scandales : par exemple Vladimir Nabokov (Lolita), Roger Peyrefitte (Les Amitiés particulières), André Gide (L'Immoraliste) ou encore Henry de Montherlant (La Ville dont le prince est un enfant). Citons encore Yann Queffélec et son roman (Mineure).

L'écrivain français Gabriel Matzneff (Les Moins de seize ans) a été accusé de faire l'apologie de la pédophilie dans ses œuvres, lui-même ne se désignant pas comme tel mais revendiquant en revanche son goût pour les adolescents (de 10 à 16 ans) des deux sexes. Un autre écrivain français, Tony Duvert (Prix Médicis en 1973 pour Paysage de fantaisie), se disait au contraire ouvertement pédophile et mettait en scène des situations sexuelles de ce type dans une grande partie de ses ouvrages.

Plus récemment, en septembre 2002, la sortie du roman Rose Bonbon de Nicolas Jones-Gorlin a provoqué une polémique à la suite de la plainte déposée par une association de protection de l'enfance. On pense aussi à Ne le dis pas à maman de Toni Maguire paru en 2008, autobiographie de l'enfance d'une petite fille abusée par son père.

Image[modifier | modifier le code]

Manao Tupapau (L'esprit des morts veille), 1892. La peinture représente la compagne tahitienne de Paul Gauguin, Tehura, âgée de treize ans.

Sur le plan de l'image, certains artistes dépeignent la figure de l'enfant sous un jour teinté d'érotisme ou de sensualité : on peut citer en matière de photographie les travaux de Bernard Faucon, Sally Mann ou Mike Tedder. Beaucoup d'artistes ont élu l'enfant pour sujet principal ou occasionnel de leurs œuvres, sans pour autant qu'il faille nécessairement parler d'art à caractère pédophile dès que de la sensualité se dégage. L'intention de l'artiste et les circonstances de la création d'une œuvre sont des données difficiles à établir. Ainsi, David Hamilton avec ses photos érotiques de jeunes filles pubères dans les années 1970 peut être considéré comme « pédophile » si on donne à ce terme un sens très extensif incluant le désir suscité par le corps des adolescents. Mais dans ce sens, le terme d'hébéphilie semble mieux adapté[75].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie:Film traitant de la pédophilie.

En 1962, Stanley Kubrick sort Lolita, l'adaptation du roman homonyme de Vladimir Nabokov. Dans ce film, Kubrick montre l'amour obsessionnel d'un homme pour Lolita, une nymphette très attirante. Le personnage principal est néanmoins vieilli par rapport à son âge dans le roman : Lolita est interprétée par Sue Lyon, une actrice âgée de quinze ans, alors que le personnage du roman de Vladimir Nabokov avait douze ans. En 1997, Adrian Lyne réalise une nouvelle adaptation du roman, où le personnage est à nouveau vieilli, étant interprété par une actrice de seize ans, Dominique Swain.

En 1978, Louis Malle sort La Petite, film dans lequel un photographe s'éprend d'une enfant de douze ans (interprétée par Brooke Shields), fille d'une prostituée et dont la sexualité précoce a été suscitée par son éducation à l'intérieur d'un bordel.

En 1992, le cinéaste néerlandais Roeland Kerbosch adapte au cinéma le roman autobiographique de Rudi van Dantzig Voor een verloren soldaat (titre français : Pour un soldat perdu) qui décrit la relation entre un garçon de 12 ans et un homme.

En 1998, « Festen », film danois réalisé par Thomas Vinterberg, reçoit le Prix du Jury au festival de Cannes. Au cours du dîner des 60 ans du père, Christian, le fils aîné, dit quelques mots sur sa sœur jumelle qui s’est suicidée. Il révèle alors devant tous les invités que, durant son enfance, son père abusait de lui et de sa sœur.

En 2000, l'acteur Tim Roth réalise « The War Zone », film autobiographique, sur un frère, dont la famille quitte Londres pour la campagne du Devon, et qui voit son père violer sa sœur.

En 2003, Clint Eastwood réalise Mystic River, drame criminel dont l'un des protagonistes, interprété par Tim Robbins, a été traumatisé par un viol subi dans son enfance. L'année suivante, sort Mysterious Skin, film réalisé par Gregg Araki qui raconte les conséquences distinctes sur la vie de deux adolescents d'abus sexuels subis à l'âge de 8 ans, de la part du même homme.

En 2004, Jean-Pierre Mocky réalise Les Ballets écarlates, film dépeignant des réseaux pédophiles de notables en France, distribué directement en DVD.

En 2011, Maïwenn réalise Polisse, film consacré au quotidien de la Brigade des Mineurs : un passage traite d'une affaire de pédophilie.

En 2012, La Chasse de Thomas Vinterberg, traite du sujet des accusations mensongères d'une enfant de quatre ans contre son professeur d'école.

En 2013, sort 3096 de Sherry Hormann retraçant l'histoire de Natasha Kampusch, enlevée et séquestrée durant 8 ans par son geôlier Wolfgang Přiklopil.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Lopez, Enfants violés et violentés : Le scandale ignoré, Éditions Dunod, 2013.
  • Gérard Lopez, Les violences sexuelles sur les enfants, PUF, coll. « Que sais-je ? », septembre 1997.
  • Anne Poiret, L'Ultime tabou : Femmes pédophiles, Femmes incestueuses, Patrick Robin Éditions, 2005. (ISBN 2352280001)
  • Francis Ancibure et Marivi Galan-Ancibure, La pédophilie, comprendre pour réagir, Éditions Dunod, 2008
  • Serge André et Guidino Gosselilin, Qu'est-ce que la pédophilie ?, Éditions Luc Pire, 2008
  • Geneviève Cédile, La pédophilie : descriptions et illustrations, classifications et législations, Paris, éditions Eska, coll. « Dommage corporel - expertise médicale »,‎ 2001, comprend un index, 218 p. (ISBN 2747202658 et 9782747202657, OCLC 300479729, notice BnF no FRBNF38807038)
  • Geneviève Cédile, La Pédophilie : Les leçons du procès d'Outreau, Eska, 2005
  • Laurence Beneux et Serge Garde, Le Livre de la honte : Les réseaux pédophiles, Le Cherche midi, 2001
  • Liliane Binard et Jean-Luc Clouard, Le drame de la pédophilie : état des lieux, protection des enfants, Albin Michel, 1997
  • Paul Ariès, Déni d'enfance, Golias, 1997
  • Bernard Lecomte, Les derniers secrets du Vatican, Chapitre 16 : « Le pape face à la pédophilie » (p. 292 à 314), Perrin, 2012
  • Patrick Meney, Les Voleurs d'innocence : enquête sur le milieu pédophile, Olivier Orban, 1992
  • (en) Sarah D. Goode, Understanding and Addressing Adult Sexual Attraction to Children, Routledge, 2010. [lire en ligne] sur le site Share.pdfonline.com.
  • Marie-Monique Robin, David Charasse, L'école du soupçon, les dérives de la lutte contre la pédophilie, éditions La Découverte, 2006 (ISBN 978-2707146755) - L'École du soupçon est aussi un film documentaire, basé sur livre et diffusé sur le réseau télévisuel français.
  • Pierre Verdrager, L'enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Paris, Armand Colin,‎ 2013 (ISBN 978-2-200-28710-8, présentation en ligne)
  • Dominique Klopfert, Inceste maternel, incestuel meurtrier : à corps et sans cris, éditions L'Harmattan, coll. « études psychanalytiques »,‎ 1er mai 2010, 370 p. (ISBN 2296118658 et 9782296118652, OCLC 708357436, notice BnF no FRBNF42217830, lire en ligne), « L'effet unisexe », p. 279
  • Anne-Claude Ambroise-Rendu, Histoire de la pédophilie XIXe - XXIe siècle, éditions Fayard, 2014 - (ISBN 9782213672328).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Classification internationale des maladies (CIM-10) de la OMS (ICD-10) (cliquez sur F65.4).
  2. (en) The ICD-10 Classification of Mental and Behavioral Disorders – Diagnostic criteria for research[PDF] (voir F65.4 - pages 166-167).
  3. CIM-10 ; Chapitre V « Troubles mentaux et du comportement » ; F60-F69, « Troubles de la personnalité et du comportement chez l'adulte » ; F-65, « Troubles de la préférence sexuelle » ; F65.4, « Pédophilie ».
  4. DSM-5 dernier DSM à avoir été publié par l’American Psychiatric Association.
  5. Rappelons que l'APA, dans son DSM-IV, classe la pédophilie parmi les « paraphilies » dans la section « Troubles sexuels et troubles de l'identité sexuelle », tout comme le fut l'homosexualité jusqu'en 1973 (Kathryn F. Moon, « The History of Psychiatric Classification : From Ancient Egypt to Modern America », travail richement sourcé pour l'Université de Géorgie, printemps 2004.
  6. Lutte contre la pédophilie sur le site de la Gendarmerie nationale.
  7. Comment voit-on le monde ? Représentations sociales et réalité, Sciences humaines, 9 novembre 2011.
  8. Selon le psychiatre ayant examiné Marc Dutroux, la jeunesse des victimes n'a « à aucun moment éveillé en lui, un quelconque affect, si ce n'est leur plus grande facilité à les séquestrer et surtout à les manipuler » « Comment Dutroux a gâché notre rapport aux enfants » L'Hebdo, Lausanne, 22 avril 2004.
  9. Marc Lits « L'Affaire Dutroux : la création médiatique d'un monstre » revue Medias et Culture Numéro Spécial de mars 2008, Université de Lyon.
  10. Unesco.org - Internet et la pédophilie.
  11. Un plan de lutte contre la cyber-pédocriminalité, Ministère de l'éducation nationale, 18 mai 2005.
  12. Campagne contre la pédocriminalité, Prévention Suisse de la Criminalité SKP PSC.
  13. Suivant les conventions de l'époque, l'éromène est représenté de taille plus petite que l'éraste, c'est plutôt un adolescent pubère qu'un enfant dans l'acception de notre époque.
  14. Pour ce paragraphe, sauf précision supplémentaire : Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, p. 2631, Le Robert, Paris, 2000.
  15. Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886.
  16. Cédile 2001.
  17. Florence Thibaut, Forum : février 2008. Traitements médicamenteux des paraphilies, Association française de Psychiatrie biologique.
  18. (en) D. Richard Laws, Relapse prevention with sex offenders, The Guilford Press, 1989, page 142.
  19. Cédile 2001, p. 47-48.
  20. a et b Cédile 2001, p. 46-47.
  21. Cédile 2001, p. 45-46.
  22. Cédile 2001, p. 43-44.
  23. Cédile 2001, p. 48.
  24. a et b La Pédophilie, enquête sur un sujet tabou, L'Express, 2 février 1995.
  25. Cédile 2001, p. 42-43.
  26. J. Arveiller « Pédophilie et psychiatrie. Repères historiques » L’Évolution psychiatrique janvier-juin 1998, no 63.
  27. « Pédophilie : les limites des traitements chimiques » Le Figaro, 14 octobre 2007.
  28. « Des pédophiles appelés à tester un nouveau traitement » L'Express, 14 mai 2007.
  29. « Votation du 18 mai : des thérapies existent pour aider les pédophiles à résister à leurs pulsions », RTS Info, Radio télévision suisse « 19:30 le journal »,‎ 11 mai 2014 (lire en ligne [[vidéo]])
    « En Europe, il existe que deux instituts psychiatriques traitant ce type de patients, l'un est à Berlin et l'autre à Frauenfeld. »
  30. a et b Klopfert 2010, p. 279
    « Si Lacan a parlé d'époque de « l'enfance généralisée » (110, p. 18), S. André parle « d'infantôlatrie » et de risque de « pédophilie généralisée et triomphante » (11, p. 46), P. van Meerbeeck d'« infantilisme » et d'idéalisation de l'enfant … → cf. [p. 279] »
    .
  31. (en) « Conservative group attacks Kinsey data on children » Herald Times, 1995.
  32. Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, 1905.
  33. Voir à ce propos les travaux de Karl Abraham.
  34. Collectif, Les Abus sexuels d'enfants : Interventions et représentations, Mardaga, 1995, p. 134.
  35. (en) « Response to controversy : Allegations about Childhood data in the 1948 book, Sexual Behavior in the Human Male » sur le site de l'Institut Kinsey « If he is to be criticized, it is because he did not make it clear that all the information he put into four tables pertaining specifically to orgasm in preadolescent boys {tables 31 through 34} came from one man. »
  36. (en) Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview, par Gary Pool, in Humanist, Sept-Oct 1996 [1] « Dr. Bancroft admits without hesitation that the man who provided the data for tables 31 through 34 undoubtedly sexually exploited the children whose behavior was chronicled. » « The question is, » Bancroft continued, « why was Kinsey not totally open about his man being the only source for those tables? »(…)
  37. a et b Anne-Claude Ambroise-Rendu, Un siècle de pédophilie dans la presse (1880-2000), Le Temps des médias no 1, 2003.
  38. Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du plaisir, Seuil, 1998, pages 22-25.
  39. a et b Anne-Claude Ambroise-Rendu, La pédophilie entre les lignes, Médias no 8.
  40. Frédéric Martel, Le rose et le noir : les homosexuels en France depuis 1968, Seuil, 2000, page 248.
  41. Tony Duvert, L'Enfant au masculin, éditions de Minuit, 1980, p. 106.
  42. Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Le nouveau désordre amoureux, Seuil, 1977, page 266.
  43. Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Au coin de la rue, l'aventure, Seuil, 1979, page 91.
  44. (en) Theo G. M. Sandfort, Alex X. Van Naerssen, et Edward Brongersma, Male Intergenerational Intimacy: Historical, Socio-Psychological, and Legal Perspectives Haworth Press Inc, 1991, page 142.
  45. a et b Le pédophile, « figure moderne de l'effroi », 20 minutes, 14 octobre 2010.
  46. a et b Pierre Gobet, Markus Zeffler, Jean-Pasal Azais, Andrea Ruberti, Sylvie Deroche, Gabriella Ackermann, Pierre Bader, « Un village pour pédophiles », RTS Un, Radio télévision suisse « Mise au point »,‎ 18 mai 2014 (lire en ligne [[vidéo]])
    « Les Suisses ont aussi accepté l’initiative de la Marche blanche qui interdit à vie aux pédophiles de travailler avec des enfants. Les États-Unis vont encore plus loin. »
  47. Pédophilie. Arrêté hier matin, Jacky Kaisersmertz devrait comparaître vendredi, L'Humanité, 13 juin 2001.
  48. École : Le tableau noir de la pédophilie, Libération, 17 février 2001.
  49. Mélanie-Angela Neuilly et Kristen Zgoba, « La panique pédophile aux États-Unis et en France », Champ pénal / Penal field, nouvelle revue internationale de criminologie [En ligne], XXXIVe Congrès français de criminologie, Responsabilité/Irresponsabilité Pénale, mis en ligne le 14 septembre 2005, consulté le 8 août 2010. Lire en ligne.
  50. Les cybergendarmes prennent les pédophiles dans leur Toile, 20 minutes, avril 2009.
  51. Pédophilie sur Internet : l’ONU tire la sonnette d’alarme.
  52. (en) Témoignage d'un ancien opérateur des réseaux mafieux de pédopornographie, sur Wikileaks
  53. une analyse en français de ce témoignage[PDF] par Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb.
  54. Pédophilie sur Internet : l’ONU tire la sonnette d’alarme.
  55. Le tourisme sexuel : état des lieux, routard.com.
  56. « Vaste campagne contre le tourisme sexuel et pédophile » Le Matin, 2 novembre 2010.
  57. Jean-Pierre Stroobants, « Remous autour de la création d'un parti pro-pédophilie » dans le Monde, 3 juin 2006 lire en ligne.
  58. « Un parti pédophile néerlandais autorisé par les tribunaux » Le Figaro, 15 octobre 2007.
  59. « à terme, cette limite d’âge devra disparaître totalement » « Horreur politique : un parti pédophile » Le Figaro, 15 octobre 2007.
  60. (nl) Pedopartij ontbonden.
  61. « L'affaire Francis Évrard relance le débat sur la récidive sexuelle » La Dépêche du midi, 26 octobre 2009.
  62. « Un vaste réseau de pédophilie démantelé sur Internet » Paris Match, 16 mars 2011.
  63. (en) « 'World's largest paedophile ring' uncovered » BBC, 16 mars 2011.
  64. (en) « British detectives smash global paedophile ring » The Daily Mail, 17 mars 2011.
  65. « Démantèlement d'un vaste réseau international de pédophilie sur Internet » France 24, 16 mars 2011.
  66. (en) Interpol : « La pédophilie sur Internet progresse plus que jamais », Le Point, 24 novembre 2011.
  67. L'article 163.1.
  68. article 227-23 du code pénal.
  69. On trouve chez Sade (Les cent vingt jours de Sodomeetc.), Louÿs (Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Trois filles de leur mèreetc.), Tony Duvert (Quand mourut Jonathanetc.) des descriptions explicites d'actes sexuels impliquant filles et garçons impubères. La polémique a été déclenchée en 2002 avec la parution de Rose bonbon de Nicolas Jones-Gorlin, mais le livre n'a pas été interdit. Des sites internet qui proposent au grand jour (comme « histoires taboues ») des récits de ce genre n'appartenant pas au domaine de la littérature consacrée ne semblent pas non plus possibles à fermer.
  70. Loi de 2007 contre consultation « habituelle ».
  71. http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006418095
  72. Article sur la loi relative à la rétention de sûreté : Rétention de sûreté en France.
  73. a et b « Les actes pédophiles plus sévèrement punis à partir du 1er janvier 2013 », RTS Info, Genève, Lausanne, Radio télévision suisse,‎ 30 décembre 2012 (lire en ligne).
  74. Décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil du 22 décembre 2003 relative à la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants et la pédopornographie : lire en PDF.
  75. (en)Jesse Bering, Pedophiles, Hebephiles and Ephebophiles, Why most « pedophiles » aren't really pedophiles, technically speaking, in Scientific American.