Somnambulisme

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Somnambulisme
Classification et ressources externes
John Everett Millais, The Somnambulist.jpg
La somnambule de John Everett Millais (1871).
CIM-10 F51.3
CIM-9 307.4
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Le somnambulisme (du mot latin signifiant « se promener en dormant ») est un trouble du sommeil appartenant à la famille des parasomnies[1]. Les individus somnambules font l'expérience de déambulations nocturnes, en état d'inconscience, lors d'un sommeil lent profond. Ces déambulations peuvent être sans danger comme s'asseoir sur le lit, marcher dans la salle de bain ou nettoyer des objets, ou au contraire hasardeux comme faire la cuisine, conduire, violer[2], faire des gestes violents, attraper des objets[3], voire causer un homicide[4],[5].

Bien que certains cas de somnambulisme consistent à répéter de simples gestes, des comportements complexes sont occasionnellement rapportés lors du sommeil, bien que leur légitimité soit souvent débattue[6]. En 2004, des experts en médecine Australiens ont affirmé avoir soigné une femme qui rapportait avoir des relations sexuelles avec des étrangers pendant son sommeil[6]. En décembre 2008, il a été rapporté qu'une femme envoyait des courriels insensés lorsqu'elle était endormie[7]. Souvent, les somnambules se souviennent un peu voire pas du tout de l'incident, car il n'existe aucune conscience dans leur gestuelle. Bien que leurs yeux soient ouverts, leur visage est sans expression[8]. Le somnambulisme peut durer 30 secondes à 30 minutes[3].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Le somnambulisme survient généralement durant de courtes périodes de transition entre les phases 3 et 4 du sommeil, ou sommeil profond. Cette phase correspond au premier tiers du cycle du sommeil. Les somnambules ont une régulation anormale des ondes courtes (observables sur un encéphalogramme). Cette régulation est liée au système thalamo-cortical, qui engendre une paralysie musculaire naturelle durant le sommeil. Ainsi, des séries d'événements moteurs complexes peuvent intervenir sans que le sujet soit conscient. Le somnambulisme nocturne est fréquemment associé à la somnolence diurne[9].

Chez l'enfant[modifier | modifier le code]

Des cas de somnambulisme sont communs chez les enfants et sont moins fréquents avec l'âge. D'après Lavie, Malhotra et Pillar, le somnambulisme est répandu chez les 4–8 ans, dont la prévalence est estimée à 20 %[8]. Il est également rapporté qu'« entre 25–33 % des somnambules souffrent d'énurésie nocturne ». Comme pour le somnambulisme, l'énurésie est répandue chez les enfants et est moins fréquente avec l'âge. Certains enfants somnambules sont affectés par des terreurs nocturnes. Cependant, ces terreurs nocturnes sont plus répandues chez les adultes, soit 50 % d'entre eux souffrant de somnambulisme[3]. Certains parents s'inquiètent du comportement exposé par l'enfant durant ses périodes de somnambulisme, mais Larissa Hirsch, rédactrice du site anglophone KidsHealth, explique que « le somnambulisme chez l'enfant n'est pas un signe de trouble émotionnel ou psychologique. Et aucun trouble émotionnel ne peut être causé[10]. »

L'amnésie est caractéristique du somnambulisme des enfants alors que 70 à 80 % des adultes se souviennent de leur somnambulisme nocturne[9].

Chez l'adulte[modifier | modifier le code]

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La prévalence du somnambulisme chez les adultes est de 3 %, avec des écarts nets dans certains pays[9].

Chez l'adulte, le somnambulisme peut avoir des causes psychologiques (notamment en période de stress) ou des causes psychiques : ainsi, pour Freud, le somnambulisme peut faire partie de ces symptômes qui « sont les résidus et les symboles de certains événements traumatiques »[11].

Des prédispositions génétiques ont récemment été envisagées après des études menées par l'hôpital universitaire de Berne, 80 % des somnanbules ayant au moins un parent atteint du même trouble. Un gène spécifique aux somnambules a été découvert. Un chercheur a réalisé une étude portant sur 74 personnes atteintes de somnambulisme. Il a découvert que 50 % d’entre elles possédait un gène appelé HLA DQB1*05[12] qui fait partie des gènes impliqués dans la régulation du système immunitaire: ces gènes permettent de faire la distinction entre les cellules de l’organisme et celles qui lui sont étrangères. Mais il reste encore à définir la relation exacte entre le somnambulisme et ce gène. En conséquence on peut se demander si le somnambulisme peut être en relation avec un réseau métabolique complexe impliqué dans une maladie auto-immune ; c’est-à-dire provoquée par un mauvais fonctionnement du système de protection de l’organisme.

Le somnambulisme simple : il existe deux cas comportementaux. Pour le premier, l’enfant ou l’adulte s’assoit sur son lit tout en exécutant des gestes plus ou moins adroits. De temps en temps, il peut se mettre à parler. Dans le deuxième cas, le somnambule se lève et déambule dans l’habitation pour ensuite retourner spontanément dans son lit. Ses yeux sont grands ouverts et son regard est inexpressif. Si on lui parle, il peut répondre, il peut même exécuter des ordres mais aussi rester de marbre. Mais le somnambule s’irrite très vite et devient grognon. Parfois, il peut réaliser des actes relativement élaborés, éviter des meubles, descendre des escaliers, attendre quelque chose, vider une armoire, fouiller le réfrigérateur, se mettre à manger, faire la vaisselle, ou uriner dans un coin ; voire chez les adultes, conduire un véhicule. Sauf dans cette dernière situation, ce type de somnambulisme n’est pas dangereux et se déroule tout au plus une fois par mois durant 10 minutes[réf. nécessaire]. Il tend à disparaître au bout de quelques mois ou à la puberté chez les enfants. Si le somnambule commet des actes dangereux pour lui ou pour son entourage, nous passons au second type de manifestation.

Le somnambulisme à risque : c’est une forme accentuée du somnambulisme simple.
Des activités sexuelles parasomniaques parfois délictueuses, voire criminelles ont été reconnues[13],[14],[15].
La durée dépasse 10 minutes, la fréquence est de 2 à 3 fois par semaine et les actes du somnambule sont dangereux. Par exemple, il peut utiliser un couteau, faire des gestes violents qui peuvent le blesser lui et son entourage ou bien, par sa maladresse, il peut tomber (d'une mezzanine ou des escaliers). Lors de ce type de somnambulisme dangereux, les risques de défenestration sont courants.

Le troisième type est nommé le somnambulisme dissociatif.

Les premières crises de somnambulisme peuvent apparaître avant 6 ans ou après 10 ans mais sont surtout présentes à l'âge adulte.
Les crises débutent tôt après l'endormissement. Lorsque l'on tente de calmer, retenir, réveiller ou consoler le somnambule, celui-ci peut devenir encore plus agressif. Chez l’enfant, le risque de défenestration est deux fois plus important lors de cette crise.
Le somnambule est dans un état neurovégétatif (inconscient), il est dans un état de terreur, s'invente souvent un univers en rapport direct avec les événements de sa vie. Il peut réaliser des activités plus intenses que dans les autres types de somnambulisme. Le cas le plus impressionnant s'est semble-t-il terminé sur le suicide d'un sujet en phase de sommeil avancé.
C'est un état de sommeil semblable à l'hypnose. Il se produit à ces moments une activité intense du cerveau comparable à celle produite par des drogues enthéogène (LSD, champignons hallucinogènes, techniques chamaniques). Le sujet peut alors tenir des propos très cohérents pour lui mais incompréhensibles pour les autres. C'est le type de somnambulisme qui manifeste le plus de dialogue verbal dit dissociatif car le sens profond de chaque phrase trouve son explication dans les ressentis et stimuli de l'individu, mais sont interprétés de façon très imagée. Ce type de somnambulisme est le plus rare (10 % des études) et le plus impressionnant à observer. Aucun traitement réellement efficace n'existe aujourd'hui car il résulte d'une suractivité neuronale.

Traitements[modifier | modifier le code]

Il existe certains médicaments qui peuvent être prescrits pour traiter le somnambulisme, tels qu'une petite dose de benzodiazépines, comme le clonazepam et les antidépresseurs tricycliques[3]. Cependant, pour la plupart des somnambules, quelques experts conseillent d'éloigner les objets dangereux et de fermer les portes et fenêtres avant que le patient ne s'endorme pour diminuer les risques de se blesser. Une bonne hygiène de sommeil et aucune déprivation de sommeil sont recommandées[8].

Il existe de différents points de vue sur le fait de réveiller un somnambule. Certains experts expliquent que ceux-ci devraient être doucement reconduits dans leur lit sans les réveiller[16]. D'autres expliquent que réveiller un somnambule n'est pas dangereux et qu'il pourrait simplement être désorienté[10],[17].

Aspect juridique[modifier | modifier le code]

Le principe de la responsabilité pénale et civile nécessite de déterminer le degré de conscience, de liberté ou d'intention. Même si le somnambulisme n'est pas considéré comme une maladie mentale, la justice peut se référer aux cas d'infractions commises en état de conscience altérée (ivresse, drogue, folie, hypnose, etc.)[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Barlow, David H. and V. Mark Durand, Abnormal Psychology: An Integrative Approach, Cengage Learning, 2008, ISBN 0-495-09556-7, p. 300.
  2. (en) Michael Smith (MedPage Today Staff Writer) « SLEEP: Sex While Sleeping Is Real, and May Be No Joke » MedPage Today le 19 juin 2006, consulté le 8 novembre 2011
  3. a, b, c et d (en) Swanson, Jenifer, ed. "Sleepwalking." Sleep Disorders Sourcebook. MI: Omnigraphics, 1999. 249–254, 351–352.
  4. (en) Sleepwalk to Murder
  5. (en) Sleepwalking, sleep murder, sleep walking, automatism, sleep apnea, insanity defense, obstructive sleep apnea, narcolepsy, insomnia, cataplexy, sleepiness, sleep walking, daytime sleepiness, upper airway, CPAP, hypoxemia, UVVP, uvula, Somnoplasty, ob...
  6. a et b (en) Rachel Nowak, Sleepwalking woman had sex with strangers, New Scientist,‎ 15 octobre 2004
  7. (en) Telegraph, 17 décembre 2008.
  8. a, b et c (en) Lavie, Peretz, Atul Malhotra, and Giora Pillar. Sleep disorders : diagnosis, management and treatment : a handbook for clinicians. London: Martin Dunitz, 2002. 146–147.
  9. a, b et c (en) Antonio Zadra, Alex Desautels, Dominique Petit et Jacques Montplaisir, « Somnambulism : clinical aspects and pathophysiological hypotheses », The Lancet Neurology, vol. 12, no 3,‎ mars 2013, p. 285-294 (DOI 10.1016/S1474-4422(12)70322-8)
  10. a et b (en) Hirsch, Larissa. "Sleepwalking". KidsHealth, Mai 2009.
  11. Marie-claire Durieux « La perception somnambulique » in Revue française de psychanalyse, 1995/2, n°59, [1]
  12. Compte rendu du 54e Congrès de l’American Academy of Neurology
  13. (en) Shapiro CM, Trajanovic NN, Fedoroff JP. « Sexsomnia--a new parasomnia? » Can J Psychiatry 2003;48(5):311-7. PMID 12866336
  14. (en) Andersen ML, Poyares D, Alves RS, Skomro R, Tufik S. « Sexsomnia: abnormal sexual behavior during sleep » Brain Res Rev. 2007;56(2):271-82. PMID 17706786
  15. (en) Béjot Y, Juenet N, Garrouty R, Maltaverne D, Nicolleau L, Giroud M, Didi-Roy R. « Sexsomnia: an uncommon variety of parasomnia » Clin Neurol Neurosurg. 2010;112(1):72-5. PMID 19765888 DOI:10.1016/j.clineuro.2009.08.026
  16. [2]
  17. Alexandre Dakar. « Est-il vrai qu'il ne faut jamais réveiller un somnambule ? » sur www.larecherche.fr le 1er juin 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Méheust, Somnambulisme et médiumnité, Le Plessis-Robinson, Institut Synthélabo, coll. Les Empêcheurs de penser en rond,‎ 1999
    2 volumes : Le défi du magnétisme et Le choc des sciences physiques
  • Nicole Edelman, Luis Montiel et Jean-Pierre Peter: Histoire sommaire de la maladie et du somnambulisme de Lady Lincoln. Paris, Tallandier, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]