Intelligence émotionnelle

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L'intelligence émotionnelle (IE) c'est la capacité d'utiliser les émotions et les sentiments.

L'idée est de dépasser le traditionnel quotient intellectuel (QI) comme moyen de mesure de l'intelligence.

Histoire[modifier | modifier le code]

Introduction et définition[modifier | modifier le code]

Les premières études sur l’intelligence émotionnelle (IE) sont apparues au début des années 1990 avec les travaux de Salovey et Mayer. Ceux-ci définissent l’intelligence émotionnelle comme suit « une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions et ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées et ses gestes[1]. »

Ces auteurs ont par la suite révisé leur définition de l’intelligence émotionnelle. Selon cette nouvelle définition, qui est aussi la plus généralement acceptée, l’intelligence émotionnelle désigne « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres » (Mayer & Salovey, 1997).

Popularisation du terme[modifier | modifier le code]

Peu après le début des travaux académiques, un livre rendait le sujet très populaire et était intitulé Emotional Intelligence (Goleman, 1995a). Cet ouvrage couvrait, en l’aménageant de façon parfois peu scientifique, la plupart de la littérature de l’époque sur l’IE[1],[2] ainsi qu’un nombre considérable de recherches supplémentaires sur les émotions et leurs relations avec le cerveau et les comportements sociaux. Il mentionnait également des programmes éducatifs destinés à aider les enfants à développer leurs compétences émotionnelles et sociales. Le livre mettait en exergue des remarques déjà formulées par Mayer & Salovey suivant lesquelles les personnes pourvues d’une grande intelligence émotionnelle pouvaient être plus efficaces socialement à divers égards[1]. Allant encore plus loin, Goleman n’hésitait pas à clamer haut et fort les vertus de l’intelligence émotionnelle tant sur le plan des relations avec nos proches que sur celui de la réussite professionnelle, tout en soulignant aussi ses effets positifs sur notre santé (Goleman, 1995a, p. 13).

Cette combinaison de science et de croyance optimiste dans le potentiel humain a attiré une très grande couverture médiatique, si bien qu’elle fit la couverture du célèbre magazine Time sous le titre de « What’s your EQ ? » (Quel est votre coefficient émotionnel ?). La journaliste Nancy Gibbs y déclarait entre autres : « ce n’est pas votre QI. Ce n’est même pas un nombre. Mais l’intelligence émotionnelle peut être le meilleur prédicteur du succès dans la vie, redéfinissant ce que c’est que d’être intelligent[3]. »

En très peu de temps, la notion générale d’intelligence émotionnelle gagna largement en popularité, apparaissant dans de nombreux magazines et articles de journaux (pour une liste détaillée voir Mayer, Salovey, & Caruso, 2000).

Intérêt[modifier | modifier le code]

Il existerait plusieurs raisons concernant un tel intérêt sur l'intelligence émotionnelle. Tout d'abord, la majorité des auteurs considèrent que l'intelligence émotionnelle peut être développée et entraînée, ouvrant de ce fait les portes d'un nouveau marché juteux (livres, formations, coaching, etc.). Ensuite, les affirmations de Goleman (1995a) selon lesquelles l’IE pourrait prédire le succès académique et professionnel mieux que ne le fait le quotient intellectuel (QI), ont reçu un excellent accueil de la part du public américain. En effet, ce nouveau concept permettait de réduire la prédominance (exagérée[pourquoi]) du recours aux tests de QI aux États-Unis. Il faut savoir qu'aux États-Unis les « gros QI » étaient perçus de façon assez négative par la majorité des gens (Zeiner et Matthews, 2000) et que tout ce qui pouvait diminuer la trop grande importance du quotient intellectuel était généralement perçu de façon positive (Epstein, 1998).

Enfin, le concept d'intelligence émotionnelle venait également contrer les affirmations de Richard Herrnstein et Charles Murray (1994) dans leur livre The Bell Curve où les auteurs présentaient l’intelligence comme le meilleur prédicteur de la réussite dans de nombreux domaines (école, travail, vie sociale, etc.). Ils y affirmaient également que l'intelligence dépendait fortement du milieu socio-économique et que la distribution différentielle de celle-ci selon les différents groupes socioculturels déterminait en grande partie les chances de succès scolaire ou professionnel des différents groupes sociaux.

Ce message pouvait au choix être considéré comme pessimiste pour les classes sociales moins favorisées, ou au contraire comme une incitation à un effort plus poussé envers ces dernières. L'intelligence émotionnelle, présentée par Goleman comme une compétence également distribuée à travers toutes les classes sociales et pouvant être développée, peut de son côté soit redonner un message d'espoir, soit inciter les pouvoirs publics à ne pas intervenir.

Les recherches scientifiques sur l'intelligence émotionnelle, en tant que construct clairement identifié, sont relativement éparses. Différents modèles - parfois opposés sur le plan théorique - sont en compétition, ce qui pose la question de savoir si l'intelligence émotionnelle représente réellement un concept nouveau, et pas simplement un ensemble de concepts déjà connus sous d'autres appellations. De plus, une multitude de textes et de publicités à caractère commercial ont encore ajouté à la confusion par leurs affirmations racoleuses, voire fallacieuses.

Concept[modifier | modifier le code]

Outre le fait d’avoir une bonne cohérence interne et un pouvoir prédictif substantiel, toute théorie scientifique se doit d’utiliser avec pertinence et précision le langage technique (Mayer, Salovey, & Caruso, 2000). Or, un problème majeur lorsque l’IE est étudiée, c’est que certaines théories se rapportent précisément aux émotions et à l’intelligence alors que d’autres, beaucoup plus larges, intègrent également de nombreux autres concepts comme par exemple la motivation, le niveau de conscience[4] ou encore la persistance.

Par conséquent, il est intéressant d’examiner ce que recouvrent précisément les termes « émotion », « intelligence » et leur combinaison.

Concept d’émotion[modifier | modifier le code]

Les émotions sont reconnues comme étant un des trois ou quatre types d’opération mentale, à savoir : la motivation, les émotions, les cognitions et (moins fréquemment) la conscience[5]. Ces concepts sont définies selon la plupart de ces auteurs, tels que Mayer, Salovey et Caruso (2000) en font la synthèse.

Les motivations de base surviennent en réponse à des états internes et incluent donc des « moteurs » tels que la faim, la soif, le besoin de contacts sociaux et le désir sexuel. Le rôle des motivations est de diriger l’organisme dans la réalisation d’actes simples pour satisfaire les besoins de survie et de reproduction. Dans leur forme basique, les motivations suivent un cycle temporel relativement déterminé (ex : la soif augmente jusqu'à ce qu’elle soit étanchée) et sont généralement satisfaites d’une façon spécifique (la soif est satisfaite par le fait de boire).

En ce qui concerne les émotions, il semblerait qu’elles apparaissent chez les mammifères pour signaler les changements (réels ou imaginaires) dans les relations entre un individu et son environnement afin de fournir une réponse adéquate. Par exemple, la colère apparaît en réponse à une menace ou une injustice ; la peur apparaît en réponse au danger. Les émotions ne suivent pas un cycle temporel rigide mais répondent aux changements externes dans les relations (ou la perception interne de ceux-ci). De plus, chaque émotion organise plusieurs réponses comportementales de base à ces relations ; par exemple, la peur organise l’attaque ou la fuite. Les émotions sont par conséquent plus flexibles que les motivations, mais pas encore autant que ne le sont les cognitions.

Les cognitions, permettent à l’organisme d’apprendre de son environnement et de résoudre des problèmes dans des situations nouvelles. Ces apprentissages se font souvent dans le but de satisfaire les motivations ou afin de créer ou de maintenir des émotions positives. La cognition comprend l’apprentissage, la mémoire et la résolution de problèmes. Elle se fait en direct et implique un traitement intentionnel de l’information basé sur l’apprentissage et la mémoire (voir Mayer et al., 1997 pour une revue détaillée de ces concepts). Ces trois types d’opération mentale de base s’intègrent et se combinent dans une structure plus large (system framework) pour engendrer des mécanismes plus complexes pour former la personnalité d’un individu.

Selon Mayer, Salovey et Caruso (2000), c’est uniquement au niveau de l’interaction entre les émotions et les cognitions que doit se situer le concept d’intelligence émotionnelle dont ils peuvent légitimement revendiquer la paternité. Dans cette optique, il était donc utile de clarifier le sens que donnent ces auteurs aux termes ici utilisés car cela permet de constater qu’un grand nombre d’autres modèles d’IE débordent en fait du cadre originel. Ainsi, par exemple, quand Goleman intègre la notion de self-concept à son modèle, il introduit dans l’IE un construct de personnalité beaucoup plus complexe qui implique aussi un autre niveau de traitement : celui des motivations.

L’expression intelligence émotionnelle, implique donc quelque chose qui appartient à l’intersection des émotions et des cognitions. Selon cette perspective, afin d’évaluer une théorie touchant peu ou prou à l’intelligence émotionnelle, il faut mesurer le degré auquel la théorie en question se rapporte à cette intersection.

Conceptions de l’intelligence[modifier | modifier le code]

Différentes significations sont données au terme d'intelligence. Toutefois, que l'on parle d’intelligence artificielle, d’intelligence humaine ou d'intelligence économique, toutes impliquent le fait de rassembler de l’information, d’apprendre de celle-ci et de raisonner avec elle ; elles impliquent toutes une habilité mentale associée à des opérations cognitives.

  • Le modèle des habiletés mentales a été représenté dans sa forme pure par Terman (1921, p.128), qui affirmait que l’intelligence d’un individu était fonction de sa capacité à mener un raisonnement abstrait (voir l'article QI). En fait, les conférences académiques sur l’intelligence concluent immanquablement que le premier signe d’intelligence est un niveau élevé d’habiletés mentales tel que le raisonnement abstrait (Sternberg, 1997)
  • Certains pensent que l’intelligence, conceptualisée en tant que raisonnement abstrait, s’est souvent révélée être un bon prédicteur de la réussite et plus particulièrement de la réussite académique, ce qui s'avère être faux. En effet s'il existe une corrélation dans une majorité de cas, cela s'avère faux concernant les personnes ayant un QI très élevé (supérieur à deux écart-types) où l'on trouve un taux d'échec scolaire très fort. Ainsi, Wechsler (1944, p. 444) disait déjà que des individus aux QI similaires pouvaient différer fortement dans leur capacité à maîtriser leur environnement.

Définitions[modifier | modifier le code]

En tant qu’habileté[modifier | modifier le code]

Peter Salovey et John Mayer qui ont été les premiers à utiliser l’expression « intelligence émotionnelle »[1] et, situe l’IE uniquement à l’intersection des cognitions et des émotions, ont depuis continué leurs recherches sur l’importance de ce concept (Mayer, Salovey, Caruso et Sitarenios, 2003). Ces auteurs soutiennent que les êtres varient dans leur capacité à traiter l’information d’une nature émotionnelle et leur capacité à établir un lien entre ce traitement émotionnel et la cognition générale. Ils posent ensuite l’hypothèse que cette capacité se manifeste dans certains comportements d’adaptation (Mayer, Salovey et Caruso, 2000).

Selon ces auteurs, l’intelligence émotionnelle comporte deux dimensions : la dimension expérientielle (la capacité à percevoir et à manipuler l’information émotionnelle ainsi qu’à y réagir sans nécessairement la comprendre), et la dimension stratégique (la capacité à comprendre et à gérer les émotions sans nécessairement bien percevoir les sentiments ou les éprouver complètement). Chaque dimension est ensuite divisée en deux branches qui vont des processus psychologiques de base aux processus plus complexes intégrant l’émotion et la cognition.

La première branche, celle de la perception émotionnelle, correspond à la capacité à être conscient de ses émotions et à exprimer ses émotions et besoins émotionnels correctement aux autres. La perception émotionnelle inclut également la capacité à faire la distinction entre des expressions honnêtes et malhonnêtes des émotions. La seconde branche, celle de l’assimilation émotionnelle, renvoie à la capacité à faire la distinction entre différentes émotions ressenties et à reconnaître celles qui influent sur les processus de pensée. La troisième branche, celle de la compréhension émotionnelle, est la capacité à comprendre des émotions complexes (comme le fait d’éprouver deux émotions en même temps) et celle de reconnaître les transitions d’une émotion à une autre. Enfin, la quatrième branche, celle de la gestion des émotions, correspond à la capacité à vivre ou à abandonner une émotion selon son utilité dans une situation donnée (Mayer et Salovey, 1997).

Modèles mixtes[modifier | modifier le code]

Les modèles mixtes de l'intelligence émotionnelle diffèrent de façon substantielle, des modèles des capacités mentales. En fait, dans les premiers articles académiques sur l’IE, les deux types de modèles ont été proposés[6],[1]. Ces articles présentaient une conception « capacité mentale » de l'intelligence émotionnelle mais décrivaient également librement des caractéristiques de personnalité qui pourraient accompagner une telle intelligence tel que l’authenticité, le fait d’être chaleureux, la capacité à faire des plans pour le futur, la persévérance, etc[1]. Mais très vite, les mêmes auteurs ont reconnu que leur travail théorique serait plus utile s’ils se contraignaient à envisager l'intelligence émotionnelle comme une capacité mentale et qu'ils la séparaient des traits de personnalité mentionnés précédemment. En faisant cette distinction, il serait possible d'analyser indépendamment le degré d’influence de l’IE dans la vie d’une personne. Bien que les auteurs ne négligent pas l’importance des traits de personnalité comme la chaleur ou la persistance, il vaut mieux, selon eux, s'y intéresser directement (Mayer & Salovey, 1993, 1997).

Cependant d'autres chercheurs[Qui ?], continuant dans la voie initiale, ont étendu le concept d'intelligence émotionnelle en y mélangeant explicitement des traits n'appartenant pas au domaine des capacités. Il existe deux modèles mixtes majeurs, à savoir : le modèle de Reuven Bar-On et celui de Daniel Goleman.

Modèle de Bar-On[modifier | modifier le code]

Directeur de l’Institut des Intelligences Appliquées du Danemark et expert-conseil auprès de nombreuses organisations en Israël, Reuven Bar-On a mis au point une des premières mesures de l’intelligence émotionnelle en utilisant l’expression « quotient émotionnel ». Son modèle gravite autour du potentiel de rendement et de succès, plutôt que du rendement ou du succès comme tels, et est considéré comme étant orienté vers le processus plutôt que vers les résultats[7]. Il est centré sur une gamme de capacités émotionnelles et sociales, comprenant les capacités à (Bar-On, 1997) :

  • être conscient de soi ;
  • se comprendre et s’exprimer ;
  • être conscient des autres, les comprendre et entretenir des rapports avec eux ;
  • faire face à des émotions fortes ;
  • s’adapter au changement et régler des problèmes de nature sociale ou personnelle.

Bar-On justifie comme suit son utilisation du terme intelligence émotionnelle : « L’intelligence décrit l'agrégation d'habilités, de capacités et de compétences [...] qui [...] représente une collection de connaissances utilisées pour faire face à la vie efficacement. L'adjectif émotionnel est employé pour mettre en relief que ce type spécifique d'intelligence diffère de l'intelligence cognitive » (Bar-On, 1997, p.15).

Dans son modèle, Bar-On distingue cinq composantes de l’intelligence émotionnelle : l’intrapersonnel, l’interpersonnel, l’adaptabilité, la gestion du stress et l’humeur générale. Ces composantes comportent des sous-composantes, toutes présentées au tableau 1 suivant.

Selon Bar-On, l’intelligence émotionnelle se développe avec le temps, et il est possible de l’améliorer par la formation et la thérapie[7]. Bar-On pose l’hypothèse que les personnes qui ont un QE supérieur à la moyenne réussissent en général mieux à faire face aux exigences et aux pressions de l’environnement. Il ajoute qu’une déficience dans l’intelligence émotionnelle peut empêcher le succès et traduire l’existence de problèmes psychologiques. Par exemple, selon lui, des problèmes d’adaptation au milieu sont particulièrement répandus parmi les personnes qui présentent des déficiences sur les sous-échelles d’épreuve de la réalité, de résolution de problèmes, de tolérance au stress et de contrôle des impulsions.

En général, Bar-On estime que l’intelligence émotionnelle et l’intelligence cognitive contribuent autant l’une que l’autre à l’intelligence générale d’une personne, qui constitue par conséquent une indication de son potentiel de réussir dans la vie[7].

Modèle de Goleman[modifier | modifier le code]

Daniel Goleman, psychologue et journaliste scientifique qui a écrit des articles au sujet de la recherche sur le cerveau et le comportement pour le New York Times, a découvert les travaux de Salovey et Mayer dans les années 1990. Inspiré par leurs conclusions, il a commencé ses propres recherches dans le domaine et il a fini par écrire L’intelligence émotionnelle (Goleman, 1995a).

Le modèle de Goleman développe quatre concepts principaux. Le premier, la conscience de soi, est la capacité à comprendre ses émotions, à reconnaître leur influence à les utiliser pour guider nos décisions. Le deuxième concept, la maîtrise de soi, consiste à maîtriser ses émotions et impulsions et à s’adapter à l’évolution de la situation. Le troisième concept, celui de la conscience sociale, englobe la capacité à détecter et à comprendre les émotions d’autrui et à y réagir. Enfin, la gestion des relations, qui est le quatrième concept, correspond à la capacité à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement et à gérer les conflits (Goleman, 1998).

Goleman inclut un ensemble de compétences émotionnelles correspondant à chacun de ces concepts. Les compétences émotionnelles ne sont pas des talents innés, mais plutôt des capacités apprises qu’il faut développer et perfectionner afin de parvenir à un rendement exceptionnel. Cependant, Goleman pose l’hypothèse selon laquelle une intelligence émotionnelle générale est mise au silence et qui détermine le potentiel à acquérir des compétences à ce niveau. Ces compétences sont organisées en « grappes » ou « groupes de synergie » qui se complètent et se renforcent réciproquement (Boyatzis, Goleman et Rhee, 1999).

Goleman reconnaît qu'il est passé de l'intelligence émotionnelle à quelque chose de beaucoup plus large. Il va si loin dans son livre qu'il dit que « il existe un vieux mot pour représenter l'ensemble des compétences liées à l'intelligence émotionnelle : le caractère ». (Goleman, 1995a, p. 285). Par ailleurs Goleman (1995a, 1998a, b) n’hésite pas à clamer l’extraordinaire pouvoir prédictif de son modèle mixte. Hormis le fait qu’elle favorise la réussite professionnelle et privée, l’auteur dit que l’IE permet aux jeunes d’être moins « rustres », moins agressifs et plus populaires (Goleman, 1995a, p.192). Il va même jusqu'à affirmer qu’elle leur permet de prendre de meilleures décisions en ce qui concerne « les drogues, le tabac et le sexe » (Goleman, 1995a, p.268).

D'une façon plus générale, l'intelligence émotionnelle conférera donc, selon Goleman, un avantage dans tous les domaines de la vie aussi bien dans les relations affectives et intimes que dans l'appréhension des règles implicites qui régissent la réussite dans les politiques organisationnelles (Goleman, 1995a, p.36).

En gestion[modifier | modifier le code]

Les émotions sont présentes dans toutes les activités de l’homme dont les activités de gestion. La notion d’intelligence émotionnelle est très liée au domaine de la gestion plus particulièrement au management[8], au leadership, à la gestion des ressources humaines, à l’entrepreunariat et à la négociation.

Négociation[modifier | modifier le code]

Peu de travaux sur la notion d’intelligence émotionnelle ont porté sur la négociation. Mais en tant qu’activité de communication et d’interaction, la négociation va de pair avec les émotions et celles-ci peuvent influencer positivement ou négativement son déroulement. Des recherches sur des entretiens qualitatifs et des tests statistiques ont permis de montrer l’influence des émotions en négociation. Un négociateur coopératif émet des émotions positives tandis qu’un négociateur compétitif émet des émotions plutôt négatives. Aussi, grâce à des tests statistique, il a été démontré que l’intelligence émotionnelle corrèle positivement avec les aptitudes en négociation telles la créativité, l’aptitude verbale et l’aptitude au raisonnement. Ainsi, l’intelligence émotionnelle peut s’avérer un atout fondamental pour le négociateur qui sait en tirer profit[9].

Entrepreneuriat[modifier | modifier le code]

Une étude exploratoire a recueilli par le biais du Web des données d'autoévaluation portant sur les compétences émotionnelles des jeunes entrepreneurs à succès. Ceux-ci ont affirmé posséder un haut niveau de confiance en soi, de loyauté, de sens du service et de l'accomplissement, d'ouverture au changement, de travail d'équipe et de collaboration. La loyauté était première au classement des 18 compétences émotionnelles évaluées. La même étude a également mis l'accent sur l'importance de pouvoir travailler en équipe et de collaborer pour de nouveaux projets[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) Salovey, P., & Mayer, J.D. (1990). Emotional intelligence. Imagination, Cognition, and Personality, 9, 185-211.
  2. Averill & Nunley, 1992 ; Mayer, DiPaolo, & Salovey, 1990 ; Mayer & Stevens, 1994
  3. (en) Nancy Gibbs, What's your EQ ?, Time
  4. Le terme utilisé dans la version précédente de cet article était la « consciencieusité ». Ce mot n'existe pas en français. Il faudrait dire "le fait d'être consciencieux". Malgré tout, il ne s'agit pas d'être consciencieux mais d'avoir un meilleur niveau de conscience, conscience désignée aussi sous les termes de "conscience éclairée" ou "pleine conscience". Aldophe Franck utilise le mot « conscienciosité » dans son dictionnaire des sciences philosophiques de 1845
  5. Bain, 1855/1977 ; Izard, 1993 ; MacLean, 1973 ; Mayer, 1995a, 1995b, Plutchik, 1984 ; Tomkins, 1962 ; voir Hilgard, 1980 ; et Mayer, Chabot & Carlsmith, 1997
  6. Mayer, Dipaolo, & Salovey, 1990
  7. a, b et c (en) Bar-On, R. (2006), The Bar-On model of emotional-social intelligence (ESI). Psicothema, 18, supl., 13-25.
  8. Kotsou, I. (2008). Intelligence émotionnelle et management. Bruxelles: De Boeck.
  9. Bobot, Lionel Revue Management et Avenir ; janvier 2010, Issue 31, p 407-430, p.24, 9 Charts
  10. (en) Rhee, Kenneth S.1 rhee@nku.edu White, Rebecca J.1 Journal of Small Business & Entrepreneurship; 2007, Vol. 20, Issue 4, p409-425, p.17, 5 Charts

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Goleman, Daniel. (1997). L’Intelligence émotionnelle: Comment transformer ses émotions en intelligence. Paris: R. Laffont, 421 p.
  • Elias, M.J., Hunter, L., et Kress, J.S. (2001). Emotional Intelligence and Education. Dans: J. Ciarrochi, J.P. Forgas et J.D.
  • Mayer (Eds.) Emotional Intelligence in Everyday Life: A Scientific Inquiry. Philadelphie: Psychology Press, pp. 133-149.
  • Goleman, Daniel. (2005) L'intelligence émotionnelle au travail, Paris, Village mondial
  • Gendron, Bénédicte et Louise Lafortune. (2009), Leadership et compétences émotionnelles dans l'accompagnement au changement, Québec, Presses de l'Université du Québec, 246 p.
  • Kotsou, I. (2008). Intelligence émotionnelle et management. Bruxelles: De Boeck.
  • Mikolajczak, M.; Qoidbach, J.; Kotsou, I. & Nélis, D., Les compétences émotionnelles, Paris: Dunod.
  • Corcos, Gilles. (2010) Développez vos compétences émotionnelles. Paris: Eyrolles.
  • Lantieri L. & Goleman D. (2010) Développer l'intelligence émotionnelle de l'enfant, Escalquens, éditions Dangles, 196 p.
  • Bouillon, Eveline (2013) "Quotient émotionnel. Comment faire de ses émotions une ressource", Hachette


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]