Psychiatrie

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Dépression, vision d'artiste.
Le mot grec psyche signifie « âme, souffle de vie ». Le papillon, qui a une durée de vie si courte, en est l'un des symboles [1]. L'insecte apparaît sur le blason du Royal College of Psychiatrists de Grande-Bretagne[2].

La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot provient du mot grec psyche (ψυχή), signifiant « âme ou esprit », et iatros qui signifie médecin (littéralement médecine de l'âme). Le terme de psychiatrie a été introduit par Johann Christian Reil en 1808, qui, d'emblée, a situé cette spécialité sous le signe de traitements qui comprenaient le traitement psychologique.

Le champ de la psychiatrie s'étend du diagnostic au traitement, en passant par la prévention des troubles mentaux, incluant les divers troubles cognitifs, comportementaux et affectifs. Pratiquée ordinairement par un psychiatre, la discipline est connexe à la pédopsychiatrie, qui concerne les enfants, à la psychogériatrie, destinée aux personnes âgées, ou encore à la neuropsychiatrie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la psychiatrie.

Origines[modifier | modifier le code]

Emil Kraepelin a étudié et proposé des idées de classification des maladies mentales.

L'histoire de la psychiatrie est relativement brève. C'est une discipline jeune. En 1656, Louis XIV décréta l'ouverture des hôpitaux de France, dans le but d'enfermer toute personne qui n'est pas en ligne avec la société de l’époque : des « débauchés », des pères dépensiers, des fils prodigues, des blasphémateurs, etc. Ceci marqua le début de « l'emprisonnement à grande échelle des fous. » Ces hôpitaux n'étaient enclins à aucune thérapie. Les conditions qui y régnaient faisaient leur réputation. Les détenus sont enchaînés, mal traités, et y sont flagellés. Ces détenus vivaient dans des conditions insalubres. C'est dans ces conditions que les gardiens de ces hôpitaux développaient leur « expertise en psychiatrie ». Les détenus sont souvent jetés dans une fosse grouillante de serpents afin de les ramener à la raison. Bien que travailler dans les asiles ne soit pas le plus valorisant, ces gardiens se positionnaient comme porteurs exclusifs et légitimes d’une discipline médicale nouvellement créée. Selon eux, c'était un art et une science aussi complexes que la chimie.

Le mot « psychiatrie » est inventé en 1803 par Johann Christian Reil. Il fut le premier à affirmer que les méthodes de traitement psychique relevaient des méthodes médicales et chirurgicales les mieux étudiées. Ces traitements consistaient en massages, corrections, flagellation et opium. D'autres méthodes consistaient à faire tourner les « fous » jusqu'à ce que du sang coulât de leurs bouche, oreilles et nez. Emil Kraepelin en 1918 a défini le psychiatre comme un chef qui pourrait intervenir sans pitié dans les conditions de vie des gens et obtiendra sûrement la diminution de la folie.

Genèse : de l'aliénisme à la psychiatrie[modifier | modifier le code]

Certains considèrent Philippe Pinel comme le découvreur de la psychiatrie moderne.

Le mot psychiatrie date de 1808 (Johann Christian Reil (1759-1813) et est enregistré en 1842 ; il reste cependant peu usité jusqu'au XXe siècle. C'est après la Révolution française que la psychiatrie s'est érigée en discipline médicale et que le statut de malade a remplacé celui de « fou ». Dans l'esprit de rupture de la Révolution, ce n'est plus l'État qui décide de l'internement mais le préfet (dans l'intérêt général) et le médecin (dans l'intérêt du malade). La folie ne pouvant être un crime, un statut médical est créé ainsi que des hôpitaux correspondants qui sont en fait souvent des établissement privés. Cette nouvelle perception de la folie et les lois qui en découlent sont imputables au mouvement dit des « aliénistes » parmi lesquels on peut notamment citer Pinel ou Esquirol. La loi du 30 juin 1838 peut se résumer à une législation qui doit veiller à ce que les maux d'un homme souffrant et malheureux soient adoucis, et sa guérison obtenue si possible, et en même temps prendre des mesures qui ôtent à un être dangereux pour les autres ou pour lui-même les moyens de faire le « mal[3]. » À cette époque, les malades mentaux étaient considérés comme aliénés, c'est-à-dire non soumis à la raison et en quelque sorte esclaves de leur déraison. L'évolution de la discipline s'est particulièrement faite en Europe avec l'auteur sarde Joseph Daquin considéré comme le créateur de la médecine aliéniste, ainsi qu'avec l'École française, animée de figures comme Philippe Pinel, Esquirol, Henri Ey ou encore Charles Lasègue et avec l'École allemande, de Wilhelm Griesinger à Emil Kraepelin. De ces auteurs, on retiendra surtout les premiers grands systèmes de classification des maladies mentales, mais aussi leur prise en compte du traitement psychique (on disait aussi moral) des troubles. Aux États-Unis, les pionniers dans le traitement des patients sont Eli Todd et Dorothea Dix. En particulier, Todd fonde en 1823 un hôpital d'aliénés dans le Connecticut, avec une forte participation financière de la part du gouvernement américain.

Les résultats thérapeutiques étaient relativement isolés, la pharmacopée était peu développée et les cures morales nécessitaient un grand investissement souvent réservé aux privilégiés. En pastichant Michel Foucault, on pourrait dire que le rôle des psychiatres, des asiles, puis des hôpitaux psychiatriques (HP), était de surveiller, isoler, classifier et ramener à la raison les malades. Leur condition de vie était souvent déplorable. Les patients ne disposaient que de très peu de nourriture et les médecins psychiatres ne savaient pas les traiter pour leur maladie psychique de façon précise. Les grands ensembles hospitaliers, éloignés des villes, vivant en autarcie étaient souvent la règle. Ce n'est que dans la deuxième partie du XXe siècle que certains hôpitaux seront construits en ville dans le but affirmé de désenclaver « la folie. » En Italie, les hôpitaux psychiatriques ont été fermés (la loi Franco Basaglia) alors qu'en France cela n'est toujours pas le cas. On retiendra notamment qu'en France, durant la Seconde Guerre mondiale, dans les hôpitaux psychiatriques, 40 000 patients sont morts parce qu'ils ont été battus, oubliés et parfois privés de nourriture.

Avènement de la pharmacopée[modifier | modifier le code]

L'apparition de nouveaux traitements de psychotropes date des années 1950, et leur diffusion s'étend jusqu'aux années 1960 voire 1970. L'introduction des premiers neuroleptiques, le largactil puis l'halopéridol, fut une véritable révolution dans les services de psychiatrie et dans la prise en charge des malades psychotiques[4]. Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d'envisager et de généraliser des traitements psychiques à bas coût grâce au progrès des industries pharmaceutiques dans le domaine psychiatrique dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c'était possible, d'envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires. La camisole chimique constitue une évolution majeur de la psychiatrie moderne.

Certains psychiatres comme Henri Baruk et, dans une moindre mesure, Henri Ey s'opposaient à leur utilisation, les considérant comme une camisole chimique et disant que l'on ne peut se limiter à la prescription sans traiter les symptômes de façon réellement efficace.[réf. nécessaire]

Psychiatrie de secteur en France[modifier | modifier le code]

En France, le scandale de l'abandon des malades pendant la guerre 1939-1945, le renouveau démocratique et l'engouement pour les idéaux humanitaires d'égalité, de solidarité a donné naissance à des expériences de structures thérapeutiques originales, dans et hors des murs de l'hôpital. La question du malade mental est complètement repensée et évolue. Alors que jusque-là prévalaient surtout les dogmes d'internement et du paternalisme médical, un processus d'externalisation et de désinstitutionnalisation a été entrepris. Ce processus aboutira en France notamment à la création du système dit de psychiatrie de secteur avec l'adoption d'une circulaire en 1960. On peut définir le secteur comme une zone géo-démographique, la continuité de la prise en charge globale de la santé mentale d’une population par la même équipe dans un esprit de rupture avec la pratique ségrégative et hospitalo-centriste d'avant la deuxième guerre mondiale. Avec des services dotés de beaucoup moins de lits car cela coûte trop chère, mais de davantage de structures alternatives, intermédiaires (hôpitaux de jour, etc.) à l'hospitalisation. Le rôle des patients est aussi devenu plus actif par le biais d'associations ou encore de clubs de sociothérapie.

Le mouvement se poursuit dans les années 1970, en partie du fait de l'avènement des psychothérapies et des courants de l'antipsychiatrie[5] et du mouvement désaliéniste avec ceux de modernisation de la société et de nouvelles découvertes médicales neurologiques.

Évolutions et situation actuelle[modifier | modifier le code]

Nuage de mots-clés de l'article Psychiatrie (en date du 29 novembre 2012)

Actuellement, la situation de la psychiatrie varie d'un pays à l'autre. Dans certains, des progrès sont encore réalisés et dans d'autres, on observe des stagnations ou même des régressions en fonction du désengagement des États, du manque chronique de spécialistes, psychiatres, psychologues cliniciens, infirmiers et des restrictions budgétaires. En France la situation est différente ; la psychiatrie est dissociée de la neurologie. Outre les maladies mentales classiques, les affections encourues par la population soignée ont changé : les praticiens font face à la détresses sociales et économiques croissantes depuis les années 1970, à des interventions lors de catastrophes, des deuils, des migrations, ou encore à la prévention, au dépistage précoce, au « traitement » de l'échec scolaire, à l'excitation psycho-motrice, l'apathie, les dépressions, la fatigue professionnelle.

La demande de soins augmente, à l'instar d'une baisse de la démographie médicale (et d'une montée du nombre de psychiatre en France). Les grandes villes de France, de Suisse et de Belgique sont actuellement parmi les plus psychiatrisées d'Europe. En France par exemple, on compte 12 000 praticiens, (1 pour 5 000 habitants, soit bien plus que chez nombre de ses voisins européens qui sont en avance économiquement comme l'Allemagne par exemple et qui peuvent se doter de médecines alternatives telle que les psychothérapies en prévention de certaines maladies).

La vision de la maladie évolue d'un pays à l'autre. Certaines maladies ne sont pas décrites de la même façon en fonction du médecin qu'il soit neurologue, psychiatre, psychologue. Ainsi pour un même malade, il n'est pas traité de la même façon en Chine, aux Etats-unis ou en Arabie Saoudite et pour les mêmes raisons. La religion a mis du temps à se séparer de cette médecine psychiatrique. Les durées d'hospitalisation tiennent aujourd'hui compte de l'état du patient qui évolue, déterminée dans les nouvelles nomenclatures psychiatriques.

La psychiatrie moderne a cependant gardé le modèle paternaliste comme référence provenant de celui du début du 20ème siècle. De nombreux patients doivent être encore traitée et il reste du chemin à faire[évasif]. En effet 12 millions de français souffrent de trouble psychiatrique[6]et pour beaucoup aucune structure de soin adapté n'existe pour faire face à ce nombre qui croît de jour en jour. En Allemagne le modèle apportée est différent ainsi qu'en Italie où tous les hôpitaux psychiatriques ont été fermés (la loi Franco Basaglia) alors qu'en France cela n'est toujours pas le cas.

Christian Müller écrivait en 1982[7] : « quels que soient le temps et les modes, ce sont toujours les malades psychiques graves qui font les frais des idéologies, des mesures d'économies et autres décisions qui finissent par constituer des discriminations. »

Disciplines[modifier | modifier le code]

Classiquement, les disciplines de pédopsychiatrie, psychiatrie de l'adulte et psychogériatrie étaient différenciées. Différentes nouvelles spécialités se sont peu à peu dégagées, dans la mesure où une spécificité émergeait de leur pratique peuvent inclure : la psychiatrie du bébé et la psychiatrie mère - bébé ; la psychiatrie de l'adolescent, la psychiatrie transculturelle, l'addictologie, et la psychiatrie médico-légale (en), la psychiatrie d'urgence (en) en ce qui concerne les États-Unis, ainsi que la psychiatrie en situation humanitaire, et la psychotraumatologie.

Classification des troubles mentaux[modifier | modifier le code]

Espérance de vie corrigée de l'incapacité concernant les conditions neuropsychiatriques sur 100 000 habitants en 2002.
  •      Aucune donnée
  •      moins de 10
  •      10-20
  •      20-30
  •      30-40
  •      40-50
  •      50-60
  •      60-80
  •      80-100
  •      100-120
  •      120-140
  •      140-150
  •      plus de 150

La question des classifications des maladies mentales est au moins aussi ancienne que la discipline. Depuis Esquirol jusqu'à aujourd'hui on n'a de cesse de classifier les maladies mentales sous des angles différents, complémentaires ou contradictoires jusqu'aux louables tentatives de proposer une classification « unifiée », cohérente, scientifique (DSM) et internationales (CIM) qui est un semi échec car non adoptée dans tous les pays du monde. En fait, cette belle unanimité n'est pas pour demain et le projet d'unifier, malgré les forces en présence, les lobbys pharmaceutiques, l'OMS, l'Association américaine de psychiatrie (APA), reste encore largement contesté surtout en France et parmi les psychiatres et psychologues cliniciens soucieux d'une psychopathologie rigoureuse et non-réductrice[8].

« (…) Au centre, la clinique, qui constitue à titre d’accumulation empirique, raisonnée et cohérente, l’essentiel durable et perfectible de la psychiatrie ; le savoir-faire de la clinique, c’est la sémiologie, c'est-à-dire l’ensemble des pratiques qui permettent de déterminer comment tel patient au singulier correspond à telle partie du savoir clinique, plutôt qu’à telle autre ; mais à chaque moment de son histoire, la clinique se développe en utilisant des modèles qu’elle emprunte à diverses disciplines, aussi bien la psychanalyse, que la neurochimie, aussi bien la psychologie génétique que l’anatomie pathologique, aussi bien l’éthologie que la neurophysiologie : ce savoir de la clinique constitue la pathologie (en l’espèce, la pathologie mentale)[9]. »

Normal et pathologique[modifier | modifier le code]

La question de la norme a été amplement discutée sans qu'on ne soit arrivé à un minimum de consensus. C'est peut-être encore Georges Canguilhem[10] qui en a donné les meilleures définitions même si elles sont datées d'une certaine époque où la médecine neurologique était peu avancée (IRM).

En matière de troubles psychiques, la notion de maladie n'est pas univoque. Des questions se sont posées à savoir si le trouble obsessionnel compulsif, le trouble du déficit de l'attention, la psychose et l'anorexie, ou des addictions, sont bien des maladies. Cela est encore vrai pour les mannequins de mode qui se retrouvent prises dans un débat où l'on estime qu'elles seraient malades alors que leur profession exige d'être en sous-poids et que la position des médecins restent encore très floues[réf. souhaitée].

Dans un autre écrit ancien, Georges Lanteri Laura[11] revient sur ces questions et constate qu'il existe plusieurs modèles médicaux et que la sémiologie psychiatrique peine toujours à trouver son référent. Le modèle du paternalisme médicale prédomine dans la psychiatrie alors que dans la neurologie le modèle choisie est celui du libre consentement du patient. La situation n'a guère évolué bien que les avancées scientifiques des IRM permettent de nouvelles classifications et nomenclatures. On pourrait craindre qu'elle ait empiré avec les confusions de niveaux, la maladie, les traitements, les droits à être différent sans subir de ségrégation, à être guéris, le devoir de soigner, de se soigner[12][réf. insuffisante] et le manque de vigilance de certains hôpitaux qui se trouvent débordées de patient puisque le nombre de psychiatrisation et d'internement psychiatrique montre un très forte augmentation en atteignant le nombre record de 71000 personnes hospitalisées de force par an en 2010[13].

Classification DSM et CIM[modifier | modifier le code]

Deux grandes classifications des maladies mentales impliquent le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), proposé par l'Association américaine de psychiatrie, et la Classification internationale des maladies (CIM-10) de l'OMS. La méthode utilisée pour définir les maladies mentales se veut neutre et apolitique aux États-Unis que ce soit vis-à-vis des grands courants ou des régimes politiques, normes morales, etc. La méthode pour définir une maladie mentale est l'expérience clinique : différents psychiatres réunis pour la création du DSM analysent statistiquement les symptômes communs à des situations cliniques qu'ils reconnaissent proches. Ces classifications sont sujettes à révision, comme l'indique le TR (texte révisé) de DSM-IV-TR. Il existe également des classifications utilisées uniquement dans un pays déterminé, comme la Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent.

Le DSM et la CIM font l'objet de controverses sur ce qui est vu comme leur parti pris d'objectivation de la maladie mentale. Elles reposent sur une comptabilité de signes, de symptômes en quelque sorte « naturalisés » dans une démarche catégorielle. Elles s'écartent ainsi de la psychopathologie. On leur reproche[Qui ?] de n'être utile qu'aux recherches scientifiques neurologique et non psychologique, donc loin des préoccupations de la clinique et de s'être rangées au services des pharmacothérapies[14].

Les classifications sont faites pour ceux qui les lisent comme pour les patients et elles restent le meilleur moyen pour les psychiatres d'approfondir leurs connaissances sur des médicaments utiles qu'ils utilisent tous les jours que les industries pharmaceutiques tentent d'innover bien qu'ayant des manques de subvention[non neutre]. D'ailleurs, les psychologues qui peuvent dans certains cas encore exceptionnels prescrire un médicament, préfèrent souvent les descriptions dimensionnelles de la vie psychique aux classifications catégorielles que sont la CIM et le DSM . La Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent est davantage utilisée par les psychiatres français étant donnée son approche psychodynamique alors qu'il ne l'est beaucoup moins aux États-Unis.[réf. nécessaire]

Le psycho Dynamic Diagnostic Manual (PDM) publiée en 2006 par l'Alliance Of Psychoanalytic Organisations, est un autre système de classification des troubles mentaux qui a pour vocation de compléter le DSM IV-TR[15]. Le principal complément apporté par le PDM consiste dans l'ajout des dimensions psychologiques et psychodynamiques dans les diagnostics psychiatriques du DSM IV-TR. Ces ajouts étant tous empiriquement fondés, le PDM apparaît comme une tentative solide d'articuler la richesse du point de vue psychodynamique (psychanalytique) et la rigueur des recherches empiriques.[non neutre]

Principaux troubles pris en charge par la Psychiatrie[modifier | modifier le code]

  • Troubles pédopsychiatriques
    • Troubles de l'apprentissage
    • Troubles des habiletés motrices
    • Troubles de la communication
    • Troubles envahissants du développement
    • Troubles alimentaires pédiatriques
    • Troubles du contrôle sphinctérien
    • Déficit de l'attention
    • Retard mental
    • Autres
  • Troubles cognitifs
    • Delirium
    • Démences
    • Troubles amnésiques
    • Autres
  • Troubles psychiques
    • Abus de substance
    • Alcool
    • Amphétamines
    • Caféine
    • Cannabis
    • Cocaïne
    • Hallucinogènes
    • Solvants volatils
    • Nicotine
    • Opiacés
    • Phencyclidine
    • Anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques
    • Troubles liés à plusieurs substances
    • Troubles liés à une substance inconnue

Méthodes thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Psychothérapies[modifier | modifier le code]

Les psychothérapies sont des techniques qui visent à apporter un soin et à produire un changement chez le patient à travers la relation par la parole, ou bien par l'utilisation de médiations. Il en existe différents types. Les plus connues sont les psychothérapies psychanalytiques, les thérapies cognitives et comportementales, l'approche systémique et phénoménologique.

Ergothérapie[modifier | modifier le code]

L'ergothérapie participe à la stabilisation du patient dans son affection, à l'aide de médiateurs (activités médiatrices), de groupes.

Traitements médicamenteux[modifier | modifier le code]

On appelle médicament psychotrope un médicament destiné à traiter les troubles psychiatriques. Ces médicaments sont de découverte et d'utilisation relativement récentes, depuis les années 1950 et les travaux d'Henri Laborit. Une façon simple de les classer est de le faire en fonction de leur utilisation principale par les psychiatres (ce qui diffère d'un classement chimique) :

Stimulation magnétique transcranienne (TMS)[modifier | modifier le code]

La stimulation magnétique transcranienne (ou TMS, de l'Transcranial Magnetic Stimulation) est un procédé indolore et non invasif, ne requérant ni sédation ni anesthésie, qui consiste à stimuler le cortex cérébral de manière ciblée au moyen de courtes impulsions magnétiques (< 0,2 ms) dont l’intensité est comparable à celle utilisée en imagerie par résonance magnétique (jusqu’à 3 Teslas). Les impulsions magnétiques sont générées par une bobine appliquée sur la scalp du patient, dont le positionnement est guidé par un neuro-navigateur. La TMS est notamment utilisée en psychiatrie dans certains cas de dépression, ou pour le traitement d'hallucinations acoustico-verbales[16].

Sismothérapie[modifier | modifier le code]

La sismothérapie, ou électro-convulsivothérapie (ECT), vise à provoquer une crise épileptique en délivrant un courant faible et très bref au moyen de deux électrodes appliquées sur le crâne. L'intervention est réalisée sous anesthésie générale, avec curarisation pour limiter les contractions musculaires du patient, ce qui évite des complications sévères.

Approches[modifier | modifier le code]

Comme le définissait Johann Christian Reil, la psychiatrie comprend au moins trois approches liées entre elles : le modèle biologique s'appuie sur l'idée de dérèglements organiques, biologiques, notamment au niveau du fonctionnement cérébral, et qu'il faudrait corriger ; le modèle psychologique dans lequel on s'intéresse au psychisme de l'individu et qu'on traite par les psychothérapies ; le modèle social qui s'intéresse à l'interaction du patient avec son milieu, ainsi qu'au niveau collectif et social des troubles qu'il présente. D'autres approches décrivent le modèle bio-psycho-social, qui serait une forme d'intégration des trois approches précédentes, le modèle systémique et le modèle psychanalytique.

Packings[modifier | modifier le code]

La méthode du packing consiste à entourer le patient de draps humides placés au réfrigérateur pendant une heure, puis de couvertures avant la séance en ne laissant que la tête émerger. Ce traitement est effectué plusieurs fois par semaine en fonction de l'état de santé de l'enfant ou du patient le plus souvent adulte. Le froid n'est plus actuellement un principe obligé. Certains pédopsychiatres (le Dr A. Gillis) qui utilisent le packing ont abandonné le froid et réalisent des packs à la température corporelle.

Autres méthodes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Ancienne théorie et pratique en psychiatrie.

Les méthodes sont diverses, et peuvent être inusitées en médecine. Elles incluent notamment la lobotomie, la cure de Sakel (ou insulinothérapie), la malariathérapie, les packings, et la camisole de force.

Symptômes étudiés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sémiologie psychiatrique.

Organisations[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychiatrie en France.

En France, la psychiatrie publique est régie selon le principe de la sectorisation depuis les années 1960. En effet depuis cette date, chaque aire géographique bien délimitée, correspond à une unité ou à un pavillon donné. L'aire géographique concernée, d'environ 70 000 habitants, est donc « rattachée » à une unité de référence, où seront pris en charge tous les types de pathologies psychiatriques. Il n'y a donc plus un pavillon spécialisé par maladie : tous les patients sont réunis dans le même pavillon. Seule compte l'origine géographique. La santé mentale est prise en charge selon la modalité de la psychiatrie de secteur avec des structures alternatives afin d'organiser le suivi médico-psychologique en partenariat avec un hôpital de référence. Il existe trois modalités d'hospitalisation dans un service de psychiatrie : l'hospitalisation libre et deux formes d'hospitalisation sans consentement.

  1. L'HL ou « hospitalisation libre », dans laquelle le patient accepte volontairement les soins et a le droit de quitter l'établissement, même contre l'avis du médecin, comme dans n'importe quel autre hôpital. Ce type d'hospitalisation a lieu en hôpital public ou privé. C'est le mode habituel d'hospitalisation en service psychiatrique. Le patient y dispose des mêmes droits que ceux dont bénéficient les patients hospitalisés en hôpital général.
  1. L'ADRE ou « admission en soins psychiatriques sur décision du représentant de l'état » (ex- « HO »), est un mode d'admission décidé par un arrêté du préfet ou du maire au vu d'un certificat médical. S'il émane du maire, l'arrêté a une validité de 24 heures et devra être ensuite confirmé par le préfet. On peut ainsi soigner le malade sans son consentement ou contre sa volonté s'il n'est pas ou plus en mesure de juger et de comprendre la nécessité de soins et s'il y a trouble de l'ordre public ou risque pour la sûreté des personnes. La mise en place de cette mesure nécessite un certificat médical d'un médecin qui ne peut être un psychiatre exerçant dans l'établissement qui l'accueille. Le patient est ensuite examiné par un psychiatre hospitalier qui établit des certificats à 24 heures, 72 heures, entre le 5e et le 8e jour, puis mensuellement. L'hospitalisation complète ne peut pas se poursuivre au delà de 15 jours sans qu'elle soit approuvée par le juge des libertés et de la détention (JLD) qui est obligatoirement saisi par le directeur de l'établissement. Une demande de levée d'hospitalisation peut être faite au préfet par le psychiatre responsable du patient. Le préfet accepte ou pas la demande. En cas d'accord et dès retour de l'arrêté préfectoral, le patient n'est plus soumis à cette mesure et est considéré en HL. La nouvelle loi du 5 juillet 2011 permet aussi la poursuite des soins en ambulatoire (à domicile ou dans une structure alternative à l'hospitalisation complète) dans le cadre d'un programme de soins qui aura été soumis à l'approbation du préfet. Si ensuite le patient ne respecte le programme, il peut être de nouveau hospitalisé.
  1. L'ADT ou, « admission en soins psychiatriques sur demande d'un tiers » (ex- « HDT »), intervient lorsque le patient n'est pas en état de consentir aux soins en raison de ses troubles mentaux. L'admission nécessite :
  • une demande manuscrite d'un tiers (membre de la famille ou proche) connaissant le patient préalablement à la demande ;
  • les certificats médicaux circonstanciés de deux médecins dont l'un au moins est extérieur à l'hôpital d'accueil.

Comme dans la mesure d'ADRE, le psychiatre hospitalier établit des certificats à 24 et 72 heures, entre J5 et J8, puis mensuellement. L'hospitalisation ne peut pas se poursuivre plus de 15 jours sans l'accord du JLD. Le mode d'hospitalisation peut être levé à tout moment, par le tiers demandeur ou la famille du patient (levée requise à laquelle le psychiatre peut s'opposer sous certaines conditions), ou par un médecin de la structure qui rédigera un certificat de levée. Le patient sera alors considéré en HL. Une alternative est la mise en place d'un programme de soins qui permet la sortie du patient sous réserve d'un suivi à l'extérieur. Ce mode d'hospitalisation ne dépend pas du préfet mais du directeur de l'établissement qui décide de l'admission ou de la sortie du patient au vu des certificats établis par le psychiatre. Toutefois, il s'agit d'une décision liée, car le directeur doit suivre l'avis du psychiatre, contrairement au préfet qui dans la procédure d'ADRE peut refuser une demande de levée ou de programme de soins, ou demander une expertise par un psychiatre extérieur. Il existe deux variantes à cette modalité d'admission sur demande d'un tiers : En cas d'urgence, un seul certificat médical est requis et il peut alors émaner d'un psychiatre de l'établissement d'accueil. Dans cette procédure, les certificats suivants des 24 et 72 heures seront rédigés par des psychiatres distincts. Pour les personnes isolées ou sans famille et en cas de péril imminent pour la santé de la personne, le directeur pourra prononcer l'admission au vu d'un seul certificat d'un médecin extérieur à l'établissement, même en l'absence de demande d'un tiers.

La première loi ayant porté sur l'hospitalisation en psychiatrie date du 30 juin 1838. Elle a connu une longévité exceptionnellement longue de 152 ans tellement l'équilibre entre le soin, la sécurité et la liberté était difficile à maintenir. Le 27 juin 1990, une nouvelle loi vient se substituer à la première, avec pour objectif d'en corriger les imperfections, en particulier certains abus que permettait l'ancienne loi, et de se conformer au droit européen. Des dispositions nouvelles viennent renforcer les droits de la personne malade, la loi énonçant notamment que les restrictions de liberté devaient être strictement limitées aux nécessités liées aux soins. La loi no 2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge[17], est la dernière grande réforme des soins psychiatriques sans consentement. Imposée, sur son volet judiciaire par une décision du Conseil Constitutionnel du 26 novembre 2010[18] sur une question prioritaire de constitutionnalité[19], elle introduit le contrôle obligatoire du juge des libertés et de la détention en début de procédure (avant le 15e jour d'hospitalisation au plus tard, à peine de décision judiciaire de mainlevée acquise d'office), alors que sa saisine n'était que facultative dans les législations précédentes[18].

L'autre nouveauté de cette réforme est que la loi ne porte plus seulement sur l'hospitalisation complète, l'obligation de soins pouvant se poursuivre après la sortie du patient si un programme de soins est établi. Une lecture de la loi du 5 juillet se trouve sur le site du ministère sous la forme d'un résumé de ses principales dispositions[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Étymologie du papillon » (consulté en 15 décembre 2010).
  2. (en) F.E. James, « Psyche », The Psychiatrist,‎ 1991 (lire en ligne)
  3. Patrick Coupechoux (préf. Jean Oury), Un monde de fous : comment notre société maltraite ses malades mentaux, Paris, France, Seuil,‎ janvier 2006 (ISBN 978-2020812542, OCLC 300316847), p. 358
  4. . Jean-Noël Missa le décrit dans son ouvrage : Naissance de la psychiatrie biologique Naissance de la psychiatrie biologique. Paris, PUF, 2006, ISBN 2-13-055114-9. Il note en particulier l'étonnement de voisins d'ensembles hospitaliers belges qui en étaient arrivés à se demander s'il y avait encore des malades à l'intérieur !
  5. Le mouvement anti-psychiatrie est apparu au début des années 1960, d'interrogations critiques remettant en cause la psychiatrie traditionnelle. À partir de références théoriques très différentes Ronald Laing et David Cooper, ou Franco Basaglia en Italie, on en arrive à la conclusion que c'est « la psychiatrie qui fabriquerait la folie et que si elle n'existait plus, la folie disparaîtrait. »
  6. http://www.docbuzz.fr/2012/09/19/123-la-france-malade-12-millions-de-francais-souffrent-de-troubles-psychiatriques/ modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant
  7. Les institutions psychiatriques, Springer Verlag, Heidelberg, 1982
  8. Pour exemple, on peut prendre le cas du diagnostic T.O.C (Trouble obsessionnel compulsif). Personne ne contestera le fait qu'il est dérivé de la psychanalyse et particulièrement des écrits de Freud sur la névrose obsessionnelle ou névrose de contrainte où il fait référence à un fonctionnement psychique complexe, très élaboré dont la partie visible est par exemple des conduites de lavages (rituels obsessionnels)[non neutre]. Pour le DSM, la position de neutralité vis-à-vis des courants fait qu'on ne peut évidemment pas retenir la partie immergée de l'iceberg, le système de pensées sous-jacent aux rituels.[non neutre] On garde donc ce qui est visible, les comportements de lavages. Dès lors, le mot rituel perd de son sens puisqu'il présuppose une pensée. On confond ainsi rituels et stéréotypies ce qui fait qu'on ne peut nullement distinguer ce qui relève d'un fonctionnement psychotique (stéréotypies) et ce qui relève d'une organisation moins grave, la névrose obsessionnelle avec ses rituels. Le résultat est qu'on mélange névrose et psychose et qu'on traite les deux de la même manière ! C'est-à-dire par des antidépresseurs et des thérapies tirées du behaviorisme.[non neutre]
  9. Georges Lanteri Laura, La sémiologie psychiatrique: son évolution et son état en 1982 (article princeps) in l'Evolution psychiatrique, oct.-déc. 2007, vol. 72, no 4, ISSN 0014-3855.
  10. Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique (1943) réédition sous le titre Le normal et le pathologique, augmenté de Nouvelles réflexions concernant le normal et le pathologique (1966), 9e réed. PUF/Quadrige, Paris, 2005, ISBN 2-13-054958-6
  11. « La connaissance clinique : histoire et structure en médecine et en psychiatrie » (article princeps) in l'Evolution psychiatrique, no 47 (1982)
  12. En Suisse cette obligation n'est pas quelque chose d'abstrait puisque les assurances se mettent à demander aux médecins de doser par exemple les neuroleptiques dans le sang de leurs patients pour vérifier leur compliance ou non-compliance et ensuite leur donner ou leur retirer le droit aux prestations (Assurances perte de gains, assurance invalidité).
  13. http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/08/12/21112-10-internements-psychiatrie-se-font-sans-consentement modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant
  14. Jörg Blech, Les inventeurs de maladies : Manœuvres et manipulations de l'industrie pharmaceutique, Ed.: Actes Sud, 2008, ISBN 2-7427-7414-9
  15. Bouvet, C. (2010) « Le PDM améliore-t-il le DSM IV-TR pour la classification des pathologies des adultes ? L'exemple des troubles psychotiques et des personnalité schizoïde et paranoïdes »
  16. Lefaucheur J-P, André-Obadia N, Poulet E, Devanne H, Haffen E, Londero A, Cretin B, Leroi A-M, Radtchenko A, Saba G, Thai-Van H, Litré C-F, Vercueil L, Bouhassira D, Ayache S-S, Farhat W-H, Zouari H-G, Mylius V, Nicolier M, & Garcia-Larrea L. « Recommandations françaises sur l'utilisation de la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS): règles de sécurité et indications thérapeutiques [French guidelines on the use of repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS): safety and therapeutic indications] » Neurophysiol Clin 2011;41:221-295
  17. Texte de la loi no 2011-803 du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques sur Legifrance
  18. a et b André Bitton / « La loi du 5 juillet 2011, tournant sécuritaire et "putsch" judiciaire » L'Information psychiatrique 2013;89(1):9-12.
  19. Décision du Conseil constitutionnel no 2010-71 sur QPC, sur le site internet du Conseil constitutionnel
  20. http://www.sante.gouv.fr/la-reforme-de-la-loi-psychiatrie-de-1990-8-points-cles-pour-vous-guider.html

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie générale[modifier | modifier le code]

Bibliographies thématiques[modifier | modifier le code]

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