Shotacon

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Le shotacon (ショタコン, Shotakon?) désigne au Japon l'attirance d'un homme ou d'une femme pour un jeune garçon. Ce mot provient du japonais. Il s'agit de la contraction de Shōtarō (正太郎?) complex, Shōtarō étant le nom générique de beaucoup de jeunes adolescents dans les animes, et notamment celui du héros de Tetsujin 28-gō.

Au Japon, le shotacon est plutôt un phénomène social. Il est traité dans de nombreux supports comme dans les romans, les nouvelles, les animes, les mangas, etc.

Il existe deux principaux courants dans le shotacon :

  • le Yaoi Shota, shota homosexuel, dans lequel les relations ont lieu entre un homme et un jeune garçon, mais aussi entre jeunes garçons ;
  • le Straight Shota, shota hétérosexuel, dans lequel les relations ont lieu entre une femme adulte et un jeune garçon.

Le shotacon dans les mangas ou les animes[modifier | modifier le code]

À l'extérieur du Japon, le terme est notamment utilisé pour désigner un genre de manga ou d'anime où des personnages masculins tout juste pubères, ou pré-pubères, sont représentés dans un contexte pornographique, érotique ou suggestif. Ce terme désigne également les relations entre mineurs de moins de 16 ans, qui apparaissent couramment dans de nombreuses séries telles que Shoujo Sect ~ Innocent Lovers, ou Loveless (ce dernier n'étant pas pornographique).

Les mangas shotacons doivent être distingués d'autres types de mangas à connotation sexuelle, érotique ou suggestive tels que par exemple les yaoi, les yuri, Shōjo-ai ou le Shōnen-ai (qui sont des concepts différents, bien que non incompatibles).

Exemples de mangas ou animes shotacons à caractère sexuel[modifier | modifier le code]

L'une des figures de proue du Straight Shota est Secret plotte (publié en France sous le nom de Cours particuliers, avec une traduction très approximative, dans Hentai mag). Son auteur, Newmen, analyse l'existence du Straight Shota comme répondant à l'envie du garçon adolescent (et par identification, du lecteur) d'être dominé en douceur.

Chez l'auteur Desilusion, la pénétration de garçons au moyen de vibromasseurs est une thématique récurrente. On trouve aussi de nombreuses occurrences de femmes adultes qui travestissent de jeunes garçons en filles et les forcent à parader dans la rue ou dans divers lieux publics (ShotaXone) simplement pour humilier le soumis. Il est à noter que la "victime" réagit souvent à ces provocations par des érections et une excitation importante, c'est le cas dans Pink Sniper et Boy Sopprano où le travestissement du garçon va jusqu'à lui faire porter un nom de fille et à l'inscrire dans une école uniquement féminine (mêlant du lesbianisme ambigu à la situation).

Dans d'autres cas, le travestissement conduit au transsexualisme, par opération chirurgicale, chimique ou magique. Le garçon peut aussi devenir un cuntboy (littéralement « garçon avec une chatte ») c'est-à-dire un garçon doté à la fois d'un vagin et d'un pénis, l'équivalent masculin du Futanari féminin. On le voit dans Pink Sniper ou dans Copipe! où un cuntboy vêtu en fille a un rapport sexuel avec une femme futanari vêtue en homme.

Aspects législatifs, le shotacon et la pédo-pornographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : pornographie.

Lorsque le shotacon se manifeste dans des mangas ou les animes à caractère pornographique, il est condamné dans certains pays en tant qu'œuvre pédo-pornographique[1],[2]. Comme pour toutes les œuvres pédo-pornographiques dites "virtuelles", la pertinence de son interdiction pose un problème entre la liberté d'expression et la perversité d'une œuvre avant tout fictive. La Cour suprême des États-Unis a pointé du doigt ce problème en censurant l'interdiction de ce types d'œuvres en 2002[1].

En France, le shotacon dans les mangas ou les animes est condamné aux termes de l'article 227-23[3] du code pénal. Ce type d’œuvres figuratives a été sans ambiguïté condamné grâce à l'ajout en 1998 du terme "représentation" dans cet article[1]. À l'heure actuelle, ne serait-ce que "le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne (…) ou de détenir (…) la représentation d'un mineur (…) [qui] présente un caractère pornographique", donc des shotacon, est punie de "deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende"[3].

Au Canada, l'apparition de l'alinéa b) de l'article 163 (1)[4] du code criminel en 2005 condamne désormais les mangas et les animes de type shotacon sans ambigüité[2]. En effet, ce type d’œuvres correspond aux termes de cet article en tant qu'"histoire illustrée de crime[4]".

Le Japon, pays source des shotacons, a une législation différente des autres pays, car il interdit les shotacons avec de vrais enfants - par exemple dans des films - mais permet les shotacons lorsque les personnages sont fictifs[2]. Plusieurs associations de protection de l'enfance s'élèvent contre de telles lois[5].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aleardo Zanghellini, « Article Underage Sex and Romance in Japanese Homoerotic Manga and Anime », Social Legal Studies, vol. 18, no 2,‎ 1er juin 2009, p. 159-177 (lire en ligne)
  • (en) David Lefranc, « De la représentation pornographique de l'enfance dans un dessin animé », Recueil Dalloz,‎ 20 mars 2008
  • France. Code pénal, art. 227-23 [lire en ligne (page consultée le 18 juin 2012)]
  • Canada. Code criminel, art. 163 [lire en ligne (page consultée le 10 décembre 2012)]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]