Trouble de la personnalité paranoïaque

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Trouble de la personnalité paranoïaque
Classification et ressources externes
CIM-10 F60.0
CIM-9 301.0
MedlinePlus 000938
MeSH D010260
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Le trouble de la personnalité paranoïaque est un trouble mental caractérisé par une paranoïa et une méfiance envahissante à long-terme des autres. Les individus souffrant de ce trouble de la personnalité peuvent être hypersensibles. Ils pensent être menacés et tentent de chercher tout signe de cette menace[1].

La tendance actuelle est de considérer qu'il existe un continuum allant de la normalité aux formes graves de paranoïa en passant par la personnalité paranoïaque. L'être humain normal peut, à certains moment, présenter de manière isolée de tels symptômes, qu'on pourra alors comprendre comme des défenses réactionnelles et labiles contre l'angoisse. Chez certaines personnes cependant, les traits de personnalité paranoïaque se rigidifient, s'installent de manière chronique et finissent par constituer une souffrance ou une gêne pour l'entourage. Il est alors question de trouble de la personnalité paranoïaque. Si un état délirant s'installe, on parle alors de paranoïa.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Deux fois plus fréquent chez l'homme que chez la femme, ce trouble est toutefois peu diagnostiqué puisqu'une grande partie des souffrants ne songe aucunement à consulter. L'age de début des manifestatoin délirante est aux environs de la quarantaine. La prévalence est donc très difficile à définir, estimée entre 0,4 % pour les études les plus optimistes, et 3,3 %.[réf. souhaitée]

Clinique du caractère paranoïaque[modifier | modifier le code]

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Quatre traits fondamentaux[modifier | modifier le code]

Quatre traits fondamentaux peuvent être décrits[réf. nécessaire] :

  • l'hypertrophie du moi ; c'est un trouble majeur de la paranoïa. Elle est considérée, par certain auteurs, comme le trouble princeps d'où découlent : la psychorigidité, obstination, intolérance, le mépris d'autrui et le fanatisme. Cette surestimation de soi entraîne l'orgueil ambitieux, la vanité, masqués parfois par une fausse modestie superficielle ;
  • la méfiance ; elle prépare les sensation de persécution par autrui, les sentiments d'isolement. Le sujet se sent entouré d'un univers malveillant et envieux. Elle s'associe assez fréquemment à la susceptibilité, à la réticence et à l'hyper vigilance ;
  • fausseté du jugement ; elle est secondaire à la pensée paralogique. Elle se traduit par des interprétations fausses et un subjectivisme pathologique. Elle se fonde sur un système où domine un sentiment de persécution ou de grandeur. L'autocritique ou le doute est impossible, l'autoritarisme et l'intolérance tyrannique vis-à-vis de l'opinion de l'entourage sont fréquents ;
  • l'inadaptation sociale ; elle est la conséquence aussi bien des trois traits décrits ci-dessus que de l'incapacité du sujet à subir un discipline collective. On remarque chez ces sujets une tendance à l'isolement, l'égocentricité. Leur sociabilité est faible, malgré la présence de mouvements pseudo-altruistes. L'attitude globale est exaltée, rigide avec un comportement revendicatif, rancunier, quérulent. Le niveau intellectuel peut être bon ; autodidacte du fait de son isolement, la réussite sociale est parfois surprenante.

Formes cliniques[modifier | modifier le code]

Selon la redondance du pôle qui établit le mode de relation avec l'extérieur (sthénique, effacé ou inquiet) certains auteurs[Qui ?] ont décrit[réf. souhaitée] trois variétés particulières de personnalités paranoïaques :

  • la personnalité paranoïaque de combat : Elle se caractérise par le fanatisme. Le paranoïaque est querelleur, obstiné. L'Hypertrophie du moi et la méfiance sont au second plan ;
  • la personnalité paranoïaque de souhait : Elle se caractérise par la dominance de l'isolement, de la fausseté de jugement, du sentiment de supériorité (idéaliste, inventeur méconnu) ;
  • la personnalité sensitive de Kretschmer.

DSM-IV[modifier | modifier le code]

La personnalité paranoïaque implique la présence d'au moins quatre des sept symptômes suivants :

  • le sujet s'attend, sans raison suffisante, à ce que les autres se servent de lui, lui nuisent ou le trompent ;
  • il est préoccupé par des doutes injustifiés concernant la loyauté ou la fidélité de ses amis et collègues, d'une façon plus générale de son entourage ;
  • il est réticent à se confier à autrui car il craint que sa confidence ne soit utilisée contre lui ;
  • il discerne des significations cachées, humiliantes ou menaçantes, dans des événements anodins ;
  • il est rancunier, ne pardonne pas d'être blessé, insulté ou dédaigné ;
  • il s'imagine des attaques contre sa personne ou sa réputation, auxquelles il va réagir par la colère ou la rétorsion ;
  • il met en doute de manière répétée et sans justification la fidélité de son conjoint.

Ces comportements ne doivent pas avoir lieu dans le cadre :

  • d'un trouble émotionnel accompagné de manifestations psychotiques ou d'un autre trouble psychique ;
  • d'un problème médical global.

Le trouble inclut des troubles paranoïaques généralisés de la personnalité, fanatique, quérulente et sensitive ; cependant, il exclut la schizophrénie.

Caractéristiques psychopathologiques[modifier | modifier le code]

Le comportement majeur de défense est un symptôme-clé. Il touche de nombreux domaines de la vie du sujet : la vie sociale, affective, professionnelle.

Le trouble de la personnalité paranoïaque constitue une forme a minima et un fond de développement de la paranoïa. On y trouve donc les formes atténuées des symptômes de celle-ci : hypertrophie du moi avec une surestimation de soi, notamment. Peu affectif, le patient se veut rationnel. Toutefois, on note la fausseté du jugement, une absence d'autocritique, un raisonnement se voulant logique mais s'appuyant sur des a priori partiaux, sortis de leur contexte global. On parle également de psychorigidité ou pensée psychorigide : le patient n'accepte aucun argument extérieur, qu'il soit positif ou négatif.

Méfiance et susceptibilité nourrissent l'attente d'être trompé par autrui. Cette attitude peut finalement entraîner directement la tromperie ou les cachotteries de la part de l'entourage qui, par retour, justifieront la méfiance... Le patient manque d'introspection, ne se remet que peu en cause, cache ses sentiments de peur que l'on s'en serve contre lui.

Personnalité sensitive[modifier | modifier le code]

C'est un type de personnalité paranoïaque marqué par un sens élevé des valeurs morales, l'orgueil (une haute estime de soi-même, qui conduit à se considérer comme jamais suffisamment reconnu à sa juste valeur), une hyperesthésie relationnelle entraînant une grande vulnérabilité dans les contacts sociaux, et une tendance à l'autocritique, à intérioriser douloureusement les échecs et une susceptibilité. On ne retrouve pas l'hypertrophie du moi, ni la quérulence présentes chez les autres personnalités paranoïaques.

Traitements[modifier | modifier le code]

Le trouble est relativement peu diagnostiqué et difficile à traiter : comme son homologue plus flagrant, il conduit le sujet à penser que lui se porte tout à fait bien, et que les autres sont responsables de son malheur. On exercera une prise en charge orientée vers la lutte contre le sentiment permanent d'insécurité, le développement de l'empathie, afin que le sujet sache mieux se mettre à la place des autres et adopter des points de vue différents et complexes.

Évolution[modifier | modifier le code]

La personnalité paranoïaque peut rester stable toute sa vie, mais elle constitue un terrain favorable au développement de troubles délirants (psychose paranoïaque), ou au délire de relations des sensitifs de Kretschmer (pour les personnalités sensitives).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robert J. Waldinger, « Psychiatry for Medical Students », sur American Psychiatric,‎ 1er août 1997 (ISBN 978-0-88048-789-4)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996
  • Q. Debray, « La personnalité paranoïaque : diagnostic », La Revue du praticien, 1993, vol. 43, n° 8, p. 1053-1054
  • P. F. Dubos, « La personnalité paranoïaque », Gazette médicale, 1994, vol. 101, n° 17, p. 12

Liens externes[modifier | modifier le code]