Classification internationale des maladies

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La Classification internationale des maladies (CIM, en anglais : International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems, ICD), dont l'appellation complète est Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, est une classification médicale codifiée classifiant les maladies et une très vaste variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, empoisonnements, circonstances sociales et causes externes de blessures ou de maladies. La Classification internationale des maladies est publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et est mondialement utilisée pour l'enregistrement des causes de morbidité et de mortalité touchant le domaine de la médecine[1].

Descriptions[modifier | modifier le code]

La CIM a été conçue pour « permettre l'analyse systématique, l'interprétation et la comparaison des données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays ou régions à des époques différentes » (volume 2 p. 2). Les travaux pour l'élaboration de la dixième révision (CIM-10, en anglais : ICD-10) - actuellement utilisée (2006) - ont commencé en 1983 et ont été achevés en 1992. La CIM-9 ayant vu le jour en 1975, la CIM-10 a rompu le rythme décennal des révisions. L'un des motifs en est l'importance des modifications effectuées. L'OMS avait prévu que les révisions décennales seraient remplacées par des mises à jour. La première a été publiée en 1996, suivie d'autres selon un rythme annuel.

Les affections (symptômes, maladies, lésions traumatiques, empoisonnements) et les autres motifs de recours aux services de santé sont répertoriés dans la CIM avec une précision qui dépend de leur importance, c'est-à-dire de leur fréquence et de l'intensité du problème de santé public qu'ils posent (par exemple, le chapitre des maladies infectieuses est le plus gros et le plus détaillé parce que ces maladies sont la première cause mondiale de morbidité et de mortalité).

La CIM est une classification statistique et mono-axiale. Elle est statistique en ce sens que l'entité faisant l'objet d'un codage ne peut être attribuée qu'à une et une seule catégorie de la classification. Cela découle des règles de codage pour le choix de l'affection principale ou de la cause de mortalité. Elle est mono-axiale en ce sens que chaque entité (maladie) ne correspond qu'à un seul code, les ambiguïtés de classement étant levées par les règles d'exclusion. La CIM attribue aux entités répertoriées un code alphanumérique comportant trois à cinq caractères.

La CIM-10 comprend trois volumes, publiés respectivement en 1993 (vol. 1), 1995 (vol. 2) et 1996 pour le vol. 3.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1893, un médecin français, Jacques Bertillon, intronise la Classification des causes de décès lors d'un congrès à Chicago, aux États-Unis[2]. Cette classification a fait l'objet de cinq révisions décennales jusqu'en 1938. À la création de l'OMS en 1945, celle-ci se vit confier l'évolution et la mise à jour de la classification de Bertillon. La sixième révision devint en 1948 la Classification statistique internationale des maladies, traumatismes et causes de décès : elle cessait en effet de ne répertorier que les causes de décès pour s'intéresser de façon plus générale à la morbidité.

Versions[modifier | modifier le code]

CIM-6[modifier | modifier le code]

La CIM-6, publiée en 1949, était le premier manuel contenant une classification des troubles mentaux.

CIM-9[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste de codes CIM-9.

La CIM-9 termine sa neuvième révision en 1975[2] et est publiée par l'Organisation Mondiale de la Santé en 1977. Elle est finalement remplacée par la CIM-10, la version actuellement en utilisation par l'OMS use et par la plupart des pays mondiaux. Donnant une plus grande expansion des données, il est impossible de convertir les données exposées dans la CIM-9 avec les données exposées dans la CIM-10, bien qu'il existe certains guides d'utilisateur[3].

CIM-10[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de codes CIM-10.

Les projets de la CIM-10 ont débuté en 1983, et la nouvelle révision est faite par l'Assemblée mondiale de la santé en mai 1990. La dernière version est en utilisation par les États Membres de l'OMS dès 1994[4]. Le système de classification expose plus de 155 000 différents codes et permet à l'aide des diagnostics et procédures, une expansion significative sur 17 000 codes disponibles dans le CIM-9[5]. Plusieurs facilités sont disponibles sur le site officiel de l'OMS pour aider à son utilisation, et incluent un manuel, un mode d'emploi et des données à télécharger[1]. Certains pays ont adapté le manuel, comme la « CIM-10-AM », publiée en Australie en 1998 (également en utilisation en Nouvelle-Zélande)[6], et la "CIM-10-CA", commercialisée au Canada en 2000[7].

La table analytique comporte vingt-deux chapitres depuis 2006, du fait de sa plus récente mise à jour ; elle en comptait vingt et un auparavant. Chaque chapitre est divisé en catégories affectées d'un code à trois caractères, par exemple : asthme J45. La majorité des catégories propose un niveau de détail supplémentaire ou sous-catégorie dont le code est précisé par un quatrième caractère (séparé des trois premiers par un point), par exemple : asthme allergique J45.0. Les vingt-deux chapitres avec l'indication des codes des première et dernière catégories qu'ils contiennent sont les suivants :

Chapitre Codes Titre
I A00-B99 Certaines maladies infectieuses et parasitaires
II C00-D48 Tumeurs
III D50-D89 Maladies du sang et des organes hématopoïétiques et certains troubles du système immunitaire
IV E00-E90 Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques
V F00-F99 Troubles mentaux et du comportement
VI G00-G99 Maladies du système nerveux
VII H00-H59 Maladies de l'œil et de ses annexes
VIII H60-H95 Maladies de l'oreille et de l'apophyse mastoïde
IX I00-I99 Maladies de l'appareil circulatoire
X J00-J99 Maladies de l'appareil respiratoire
XI K00-K93 Maladies de l'appareil digestif
XII L00-L99 Maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané
XIII M00-M99 Maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif
XIV N00-N99 Maladies de l'appareil génito-urinaire
XV O00-O99 Grossesse, accouchement et puerpéralité
XVI P00-P96 Certaines affections dont l'origine se situe dans la période périnatale
XVII Q00-Q99 Malformations congénitales et anomalies chromosomiques
XVIII R00-R99 Symptômes, signes et résultats anormaux d'examens cliniques et de laboratoire, non classés ailleurs
XIX S00-T98 Lésions traumatiques, empoisonnements et certaines autres conséquences de causes externes
XX V01-Y98 Causes externes de morbidité et de mortalité
XXI Z00-Z99 Facteurs influant sur l'état de santé et motifs de recours aux services de santé
XXII U00-U99 Codes d'utilisation particulière

Seuls les vingt et un premiers chapitres sont actuellement présents dans l'édition papier de la CIM-10. Le chapitre XXII est accessible en anglais sur le site Internet de l'OMS, avec l'ensemble des mises à jour faites depuis 1996. Il est aussi accessible avec les mises à jour, en français, sur le site de l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation.

CIM-11[modifier | modifier le code]

La dernière version du système de la CIM-11 doit être soumise à l'Assemblée mondiale de la santé pour une commercialisation officielle dès 2015.

Controverses[modifier | modifier le code]

Chapitre V : Psychiatrie[modifier | modifier le code]

Cette classification qui globalement s'est alignée sur celle du DSM (particulièrement depuis la 4e révision DSM-IV) est très critiquée et pour les mêmes raisons[8],[9]. Par ailleurs, le fait qu'elle ne reprenne pas les "axes" du DSM fait que la liste des diagnostics a tendance à s'allonger sans fin et sans qu'on puisse clairement hiérarchiser ceux qui sont pertinents dans l'actuel, ceux qui relèvent d'un aspect structurel, etc. Enfin, la partie des diagnostics pédopsychiatrique (enfants et adolescents[10]) est insuffisante, ce qui a tendance à confondre pédopsychiatrie et psychiatrie de l'adulte dans une vision adultomorphe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) World Health Organization. Family of International Classifications. Consulté le 12 juillet 2011.
  2. a et b (en) WHO. History of the development of the ICD.
  3. World Health Organization. FAQ on ICD. Consulté le 12 juillet 2011.
  4. (en) WHO. International Classification of Diseases (ICD).
  5. (en) CMS Office of Public Affairs, « HHS Proposes Adoption of ICD-10 Code Sets and Updated Electronic Transaction Standards », sur U.S. Department of Health & Human Services,‎ 15 août 2008 (consulté le 22 octobre 2008)
  6. (en) New Zealand Health Information Service. ICD-10-AM. Consulté le 12 juillet 2011.
  7. (en) Canadian Institute for Health Information. ICD-10-CA. Consulté le 12 juillet 2011.
  8. M. Corcos : Un monde selon DSM une barbarie taxinomique Doin Éditeurs, 2010, (ISBN 2704012989)
  9. Garrabé J. : La classification française des troubles mentaux et la CIM : histoire comparatif, in l'Information psychiatrique, 4/89, 2013
  10. Xavier Pommereau, Michaël Brun & Jean-Philippe Moutte : L'Adolescence scarifiée, (L'œuvre et la psyché), L'Harmattan, 2009, (ISBN 2296075312)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sites officiels[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]