Jacques Lacan

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Jacques Lacan

Description de l'image  Jacques Lacan.jpg.
Biographie
Naissance
Décès (à 80 ans)
Nationalité française
Vie universitaire
Formation Psychiatrie
Titres Docteur en médecine, psychiatre (1932)
Approche disciplinaire Psychanalytique
Auteurs associés
Détracteurs Sacha Nacht
Partisans Françoise Dolto, Serge Leclaire, Jean-Bertrand Pontalis, Octave Mannoni, Moustapha Safouan, Jacques-Alain Miller, Élisabeth Roudinesco

Principaux travaux

Psychanalyse - Stade du miroir - Réel, symbolique et imaginaire - Signifiant - Sujet de l'inconscient - Forclusion

Jacques Lacan, né le à Paris 3e et mort le à Paris 6e[1], est un psychiatre et psychanalyste français.

Après des études de médecine, Lacan s'oriente vers la psychiatrie et passe sa thèse de doctorat en 1932[2]. Suivant également une psychanalyse avec Rudolph Loewenstein, il intègre la Société psychanalytique de Paris (SPP) en 1934, et en est élu membre titulaire en 1938. Ses premières communications, qui concernent son interprétation de l'épreuve du miroir empruntée à Françoise Dolto, donnent lieu à l'invention du stade du miroir en psychanalyse.

C'est après la Seconde Guerre mondiale que son enseignement de la psychanalyse prend de l'importance. Tout en se réclament d’un freudisme véritable — « le retour à Freud » —, son opposition à certains courants du freudisme (notamment l’Ego-psychology), l'aspect novateur de ses thèmes et sa conception de la cure conduisent à des scissions avec la SPP et les instances internationales. Tout en poursuivant ses recherches, Lacan donne des séminaires de 1953 à 1979, soit quasiment jusqu'à sa mort : successivement à l'hôpital Sainte-Anne, à l'École normale supérieure, puis à la Sorbonne.

Lacan a repris et interprété l'ensemble des concepts freudiens, mettant à jour une cohérence dégagée de la biologie et orientée vers le langage, en y ajoutant sa propre conceptualisation et certaines recherches intellectuelles de son époque (tel le structuralisme et la linguistique). Lacan compte parmi les grands interprètes de Freud et donne naissance à un courant psychanalytique : le lacanisme.

Figure contestée, Lacan a marqué le paysage intellectuel français et international, tant par les disciples qu'il a suscités que par les rejets qu'il a provoqués.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse (1901-1925)[modifier | modifier le code]

Minorité (1901-1923)[modifier | modifier le code]

Jacques-Marie Émile Lacan est le premier enfant d'une famille de cette moyenne bourgeoisie qui prospère durant la Belle Époque. Son grand père paternel Emile était un placier qui avait épousé la fille de son patron, vinaigrier à Orléans. Il grandit dans l'appartement parisien de ces grands parents, avec lesquels habitent ses parents. C'est un milieu catholique et conservateur. Sa mère, Émilie Baudry, fille de rentier, est très pieuse quand son père, Alfred, responsable financier des mêmes vinaigres Dessaux, accompli ses obligations religieuses sans ferveur remarquable. Son puiné nait en 1902 et meurt d'une hépatite en 1904. Sa sœur Madeleine, qui se mariera avec un cousin et s'installera en Indochine, nait en 1903. Marc, son cadet de sept ans, se fera moine bénédictin sous le nom de François[8].

Enfant tyrannique et lunatique[9], Jacques Lacan entre au collège Stanislas en 1907, où il suit très brillamment la scolarité primaire et secondaire. À quatorze ans, il découvre l' Éthique, dont il ne jugera que tardivement le « point de vue de l'éternité » moins tenable pour un être humain que l'impératif moral de Kant[10]. C'est explicitement[11] sur l'impossibilité d'interaction entre corps et esprit[12] établie en logique par Spinoza[13] que, devenu étudiant en médecine, il fondera son rejet d'une explication des délires par la lésion d'un organe[14]. Dans une époque où le fou continue bien souvent d'être vu comme un dégénéré et est enfermé comme un criminel, c'est encore sur l'Éthique[15] qu'il fondera tout aussi explicitement[16] sa démarche de considérer la folie raisonnante[17] non comme une altération de la raison mais comme l'expression d'un désir obéissant à une logique propre[18], différente du sens commun mais pas moins digne.

La fin de la Grande guerre est une rupture avec son milieu[19]. En classe de philosophie, il reçoit avec un intérêt vif l'enseignement de Jean Baruzi[20], auteur d'une thèse sur Jean de la Croix, qui pratique aussi Leibniz, Saint Paul et Angelus Silesius. Saint Paul sera une référence importante dans sa réflexion ultérieure sur le désir et la loi[21]. Angelus Silesius sera cité lui aussi à plusieurs reprises[22].

Son père, rentré du front, n'est plus le même, le père aimant de son enfance. Le fils renonce à la foi et découvre Dada à la La Maison des Amis des Livres[19]Soupault et Breton expérimentent l'écriture automatique, sorte d'association libre à visée littéraire simulant le petit automatisme mental des fous. Aussi est ce contre l'avis de son père qu'il débute des études de médecine à la rentrée 1919. Étudiant dans le quartier latin des années folles, il assiste à la première lecture d'Ulysse de James Joyce[19] que Sylvia Beach donne à la librairie Shakespeare & Co. le 7 décembre 1922.

Incertitudes maurrassiennes (1924-1925)[modifier | modifier le code]

En 1924, au terme de l'externat, il interrompt ses études de médecine et envisage de s'installer au Sénégal[23]. Introduit auprès de Maxime Weygand, il se présente à Léon Daudet en monarchiste nouvellement converti et sollicite avant son départ un appui, une entrevue de cinq minutes auprès de Charles Maurras[23] (Cf. note Maurras en fin d'article), peut être pour faire de la politique. D'après, semble-t il[24], les souvenirs de son frère Marc François, il rencontre effectivement Maurras et participe à des réunions de l’Action française.

La sociologie positiviste de Maurras qui présente le sujet comme un produit de son milieu[25], partant de sa culture, a pu créer un malentendu avec une conception qu'Édouard Pichon poussera jusqu'à l'absurde d'un inconscient national. Le jeune Lacan s'inspire[26] pour sa part de la thèse de l'éthologue Jakob von Uexküll[27] sur le rôle déterminant de l'environnement non pas seulement sur l'évolution des espèces mais sur l'élaboration d'un langage. Il se montre en cela fidèle au projet spinozien d'une anthropologie déterministe[28] selon laquelle l'illusion cartésienne du libre-arbitre[29] est le fruit de l'inconscience de ses déterminations[30] et préfigure[14] plutôt la conception de Claude Lévy-Strauss qui identifie le développement du psychisme individuel à un jeu dans la structure sociale à laquelle appartient cet individu[31].

Interne des asiles (1926-1932)[modifier | modifier le code]

L'entrée dans la langue des fous (1926-1927)[modifier | modifier le code]

Le départ pour les colonies n'aura finalement pas lieu et l'étudiant reprend son cursus à la Faculté de médecine de Paris en neurologie, la spécialité psychiatrie n'existant pas à l'époque.

Parce qu'il a perdu la foi pendant son adolescence et qu'il se sent une responsabilité d'ainé, il vit comme un échec personnel l'ordination sacerdotale de son frère à l'abbaye d'Hautecombe en 1926. Le 4 novembre, il fait sa première présentation de malade[32] à la Société neurologique de Paris, rivale fondée à la Pitié par Joseph Babinski, successeur de Jean-Martin Charcot, de la Société française de psychologie fondée par Pierre Janet à la Salpêtrière, et commence son internat l'année suivante.

Il s'initie pour les besoins de ses observations à la linguistique structuraliste de Ferdinand de Saussure à travers les compte rendus de Charles Pfersdorff[33] et le cours en Sorbonne d'Henri Delacroix[34], ancien élève d'Henri Bergson, cours dont il tirera en 1930 un exemple pour étudier un cas de psychose où le délire s'exprime par une forme de langage écrit[35]. C'est qu'il découvre à l'asile, l'hôpital psychiatrique de l'époque, que, contrairement à ce qui est enseigné mais dans la ligne de ce que Jules Seglas[36] a repéré en 1888[37] et publié en 1913 de la « mélancolie anxieuse », le déficit de la pensée des patients n'est pas antérieur mais consécutif à leurs hallucinations et qu'il arrive même que leurs délires, construits par négation (analgésie, hypocondrie, idée d'immortalité, mégalomanie, etc.), s'expriment, avant de conduire à la vésanie, avec force et vivacité dans un discours à la structure grammaticale singulière mais riche, notamment par des écrits plus ou moins poétiques[38]. Ce qu'il lui est donné d'observer, ce sont des cas Schreber in vivo.

L'école française des aliénistes et le surréalisme (1928-1930)[modifier | modifier le code]

C'est auprès du chef du service de l'asile de Maison Blanche Marc Trénel[39], élève de Paul Sérieux et spécialiste de la psychiatrie légale[40], qu'il apprend la clinique des troubles du langage[41]. Le 2 novembre 1928, il présente à la Société neurologique de Paris un cas de pithiatisme[42] résistant à la « psychothérapie »[43] dont il diagnostique, contre la nosographie enseignée et le consensus établi, la nature psychonévrotique[44] en l'absence de lésion organique[45].

Sa curiosité pour la criminologie éveillée par Marc Trénel, il exerce son année d'internat 1928-1929 à Infirmerie Spéciale des Aliénés de la Préfecture de police de Paris sous la direction de Gaëtan Gatian de Clérambault. C'est auprès de l'inventeur de l'automatisme mental et de l'érotomanie qu'il apprend à observer les néologismes « idéogéniques » par lesquels Paul Guiraud caractérise les langues psychotiques[46]. En dépit de son opposition au point de vue mécaniste et organiciste de Clérambault[47] et des jalousies sourcilleuses de celui ci[48][note 1], il reconnaitra en lui[39], non sans une ingratitude provocatrice à l'endroit des nombreux professeurs brillants dont il aura reçu l'enseignement[49] et Sigmund Freud, ni une ironie douce contre ceux qui se targuent d'une position supérieure, son « seul maître en psychiatrie »[50]. Par ailleurs, il qualifiera l'automatisme mental de Clérambault de « conception élémentaire »[38].

Comme son titre d'interne le permet, il ouvre une consultation privée dans son sombre rez de chaussée de la rue de la Pompe. En juillet 1930, après avoir lu dans une revue confidentielle, Surréalisme asdlr, L’Âne pourri de Salvador Dalí[51], il contacte le peintre et vient l'écouter dans sa chambre d'hôtel disserter sur les rapports entre création artistique et paranoïa. Il fréquente dès lors au café Cyrano de la place Blanche le directeur de la revue, André Breton, ancien infirmier psychiatrique sensible au rôle de suppléance joué par le délire et adepte de Freud qui est allé rencontrer celui ci à Vienne en 1922. Il est très ami avec Pierre Drieu La Rochelle, dont la femme délaissée, Olesia Sienkiewicz, dactylographie ses textes.

L'école allemande du Burghözli et le concept de personnalité paranoïaque (1930-1931)[modifier | modifier le code]

En août et septembre 1930, il accompli un stage à la Polyclinique du Burghözli, qui en est le service de psychiatrie ambulatoire, sous la direction de l'ex assistant de Carl Gustav Jung et successeur d'Eugène Bleuler, Hans Maier. Il poursuit l'expérience de soins sans enfermement systématique de 1931 à 1933 à l’hôpital qu'Henri Rousselle a ouvert en 1922[52] dans les locaux du service des admissions et de l'infirmerie de l'hôpital Sainte-Anne. Établissement autonome dirigé par Édouard Toulouse, c'est le premier service ouvert[52]. Avec son dispensaire et son service social[52], il préfigure, non sans insuffisances, la politique de secteur qui se mettra en place en 1960 à partir de l'impulsion donnée par Georges Daumezon.

C'est au cours de cet internat dans l'établissement Henri Rousselle à Sainte-Anne qu'il peut faire l'observation de la genèse de la paranoïa et du développement du délire à partir de ses propres prises en charge et les théorise comme un effet de structure[53]. Avec le chef de clinique Henri Ey, il applique la leçon d'Hans Maier de rapporter les symptômes, au-delà de leur description détaillée, à la personnalité propre du patient[54]. Pour faire valider sa formation, il se contraint à un discours conformiste sur l'hérédodégénérescence mais s'efforce d'y apporter toutes les nuances possibles[55]. Du côté du freudisme, ce ne sont que déchirements teintés de chauvinisme entre partisans et opposants de l'analyse profane, au spectacle duquel il assiste les 30 et 31 octobre 1931 avec son collègue Henri Ey lors de la sixième Conférence des psychanalystes de langue française.

C'est cependant dans le service voisin "Clinique des Maladies mentales et de l’Encéphale" que dirige Henri Claude à Sainte Anne même, qu'il perfectionne en compagnie d'Henri Ey[56] et Pierre Mâle la clinique. C'est là que Georges Heuyer, successeur d'Ernest Dupré en 1921, a introduit la psychanalyse dans l'institution hospitalière en confiant le poste de psychologue à Eugénie Sokolnicka et que Georges Dumas, enseignant en Sorbonne opposé à Henri Claude et à la psychanalyse, a fondé le célèbre Laboratoire de psychologie[52]. C'est là que le 18 juin 1931 lui est confié, ainsi qu'à Joseph Lévy-Valensi[57], l'examen d'une érotomane criminelle qui relève de la médecine légale.

Aimée ou la psychanalyse sortant du puits de la médecine (1932)[modifier | modifier le code]

Le cas Aimée lui donne les arguments de sa thèse de doctorat[2]. Soutenue fin 1932, celle ci, par une réfutation des explications organicistes[47] et un dépassement des théories psychogénétiques[58] universellement professées par les écoles française et allemandes, introduit, discrètement mais fermement, dans la psychiatrie institutionnelle la conception freudienne de la paranoïa. Elle lui confère le diplôme de docteur en médecine, spécialité médecine légale, ainsi que le titre d'assistant des hôpitaux, mais ce sont ses amis surréalistes[59] et son premier analysant[60] seuls qui mesurent l'importance de l'événement et saluent « (...) pour la première fois, une idée homogène et totale du phénomène hors des misères mécanistes où s’embourbe la psychiatrie courante. »[61].

Cette cure et cette thèse ne sont pas le premier acte ni le premier écrit de psychanalyse en institution hospitalière mais la première adoption de la théorie freudienne par la Faculté, sous la forme officielle d'un diplôme. Ils interviennent à un moment où la communauté internationale des psychiatres sollicitée par l'opinion publique est en particulier agitée par les scandales des crimes passionnels[62], tel le cas de Madame Lefebvre[63], et une révision permanente de la nosographie induite par la discussion des concepts freudiens à ce sujet[64]. Lacan y recourt à tout l'appareil théorique de son collègue viennois comme autant de preuves de la pertinence de ces concepts, pulsion insuffisamment socialisée, contenu manifeste et contenu latent du délire, narcissisme secondaire, fixation anale, irrésolution de l'Œdipe, homosexualité féminine refoulée, inefficience du surmoi, sublimation[65]... pour caractériser « paranoïas d'auto punition » et « paranoïas de revendication »[66].

Cette nosographie ne sera pas retenue mais son propos est de renouveler le « traitement moral » de Philippe Pinel en invitant le médecin à ne plus se contenter d'user de considération philanthropique mais de jouer des ressorts de la vie affective propre au patient et de la relation d'autorité qu'il entretient avec lui[67][note 2]. Jacques Lacan, par un renversement d'une morale qui fustige l'illusion[68] constatant la leçon spinozienne qu'au contraire la vie psychique de chacun est d'agir pour la satisfaction de ses différences[69], invite à reconnaître que chez le paranoiaque « les illusions n’ont pas moins de consistance et d’intérêt que les vérités »[70], c'est-à-dire qu'il a une personnalité propre, éventuellement productive et poétique, et non pas seulement altérée. Il s'agit de substituer à la tentative de dialogue normative une analyse des mécanismes de ces illusions au sein du monologue du psychotique pris au sérieux[71].

En un temps où un représentant de la psychiatrie en place tel Paul Guiraud concède à peine que « tout en conservant notre entière indépendance à l'égard de la psychanalyse orthodoxe, nous pensons que dans les cas de ce genre, il faut admettre l'action de mobiles inconscients »[72], l'innovation qu'apporte la thèse de Jacques Lacan est celle d'une cure en institution hospitalière de la paranoïa par la psychanalyse[66], que Sigmund Freud réservait a priori encore neuf ans plus tôt aux « troubles névrotiques »[73], c'est-à-dire à l'exclusion des psychoses telle la paranoïa dont il n'explicite la spécificité qu'en 1924[74].

Médecin des asiles (1933-1953)[modifier | modifier le code]

Un clinicien parmi les profanes (1933-1934)[modifier | modifier le code]

Invité le 21 juin 1932 à la Société psychanalytique de Paris, il a entamé quelques mois avant la soutenance de sa thèse une psychanalyse didactique auprès de Rudolph Loewenstein, médecin zurichois installé à Paris en 1926 et amant de Marie Bonaparte. Celle ci, unique analysante de Sigmund Freud en France avec Eugénie Sokolnicka, est la mécène de la SPP. En octobre 1933, il est invité par son professeur Hans Maier à écouter Ferdinand de Saussure lors de la conférence annuelle de la Société Suisse de Psychiatrie[54].

Quelques semaines plus tard, Man Ray et Paul Éluard[75], le sollicite au sujet du procès des sœurs Papin. Celui ci a pris une tournure politique, les partisans de l'ordre espérant une condamnation à mort[76]. L'assassinat de la patronne des deux domestiques est vu comme l'expression d'une révolte de classe. Jacques Lacan intervient[77] pour appuyer son collègue le Docteur Logre et les journalistes Jean et Jérôme Tharaud dans leur contestation des trois experts[78] qui ont conclu à la responsabilité pénale. Le cas lui est l'occasion de reprendre la conception des crimes passionnels formulée dans sa thèse à savoir que le passage à l'acte est la satisfaction d'un désir, une auto punition[79], résolvant un délire soudain. Il exclue de cette façon la préméditation. Il précise que l'énucléation à vif répond à une image, à réaliser donc, de soi au miroir de l'autre comme le corps morcelé qu'est le sujet hors construction œdipienne. Il s'appuiera sur le cas Papin pour réviser sa théorie des psychoses jusqu'en 1950[80].

Le 29 janvier 1934, il épouse Marie-Louise Blondin, dite Malou, sœur de son ami Sylvain Blondin, chirurgien des hôpitaux. Presque simultanément à l'obtention du titre de Médecin des asiles, sa demande d'adhésion à la SPP est agréée le 20 novembre 1934, trois jours après le suicide de son ancien professeur Gaëtan Gatian de Clérambault.

Danse intellectuelle sur un volcan (1935-1937)[modifier | modifier le code]

Les années trente sont celles de sa participation au séminaire qu'Alexandre Kojève, ruiné par la Grande Dépression, donne sur la phénoménologie hégélienne à l'École pratique des hautes études. C'est un lieu d'échange entre des personnalités très différentes Raymond Aron, Jean Hyppolite, Georges Bataille... Le cours, transcrit par Raymond Queneau, se prolonge dans un café de la place de la Sorbonne autour de Maurice Merleau-Ponty, Pierre Klossowski, Alexandre Koyré. Pour Lacan, c'est un moment de formation intellectuelle important[81]. Dans le discours de Kojève, il retrouve formulé en système ce que la clinique lui donne à observer, la conception spinozienne[82] du désir humain comme désir de désir, la dimension, primordiale pour Lacan comme pour Kojève, de la reconnaissance, voire l'affirmation de la nature imaginaire du moi[83].

En 1936, il déménage 97 boulevard Malesherbes, où il ouvre une consultation de psychanalyse. C'est là qu'en la présence silencieuse du psychiatre se tiennent les comités de rédaction de L'Acéphale, antithèse de la revue « scientifique » L'Encéphale. La revue prolonge dans le champ littéraire le combat politique du mouvement Contre attaque[84], dissous en mars 1936 à la suite de la rupture entre Georges Bataille et André Breton. Ce mouvement, soutenu par la revue La Critique sociale dans son opposition au stalinisme, était lui-même une dissidence fondée le 7 octobre 1935 en réponse à l'exclusion du Parti communiste des surréalistes, accusés par Ilya Ehrenbourg de « pédérastie », et en réaction au suicide de René Crevel.

En août, Jacques Lacan participe pour la première fois au congrès de l’IPA, qui se tient cette année à Marienbad. Il est invité le 31 juillet[85] à y prononcer une communication brève sur le stade du miroir, dont le texte est perdu[85], mais le président Ernest Jones, connu pour être peu complaisant, ne le laisse pas terminer au-delà des dix minutes imparties[86]. C'est la première fois qu'on ose ne pas se contenter de paraphraser Sigmund Freud, de se référer à des savants non psychanalystes, en l'occurrence Henri Wallon, de proposer un concept original. La réception est plutôt chaleureuse[87].

En 1937 nait son premier enfant, Caroline[9], future mère de Fabrice Roger-Lacan. « Malou » lui donnera deux autres enfants, Thibault, né en 1939, et Sibylle, née en 1940.

Ruptures (1938-1940).[modifier | modifier le code]

En 1938, l'Encyclopédie française fait appel à lui pour rédiger l'article Famille mais la reconnaissance par ses pairs, en fait Rudolph Loewenstein, de sa pratique de psychanalyste tarde, alors que son confrère Daniel Lagache, universitaire agrégé, est titularisé par la SPP dès 1937. De simple membre, il n'en devient lui-même membre titulaire que le 20 décembre 1938 après un exposé clinique illustrant la rénovation de la psychiatrie par la psychanalyse, en l'occurrence le concept d'impulsion et plus généralement la pratique de l'écoute des patients[6][6]. À la recherche d'une structure préœdipienne correspondant à un stade du moi morcelé, il en appelle à cette occasion à une notion de Réel, lieu d'une « pulsion à l'état pur » se manifestant par une « béatitude passive » face à l'horreur. Loewenstein a conditionné son soutien à cette candidature, qu'il continue sa psychanalyse avec lui. À peine titulaire, Lacan met fin à son analyse[note 3]. « L'analyste ne s'autorise que de lui même. »[88].

Au cours de l'année 1939, l'année de la mort de Sigmund Freud, il noue une liaison avec l'actrice cinématographique Sylvia Bataille, née Maklès. Elle est mariée à son ami Georges Bataille mais une vie de fête, de débauche et d'alcool les ont séparés depuis 1933[89]. Il est mobilisé et affecté à l'hôpital militaire des Franciscains à Pau[90].

Le 13 juin 1940, la veille de l'entrée des allemands dans Paris, sa consœur Sophie Morgenstern se suicide. Jacques Lacan, démobilisé des services de santé des armées, rejoint en famille Marseille, principale ville de la Zone libre, où il retrouve André Malraux à cours d'argent. Il prend en location la maison que ce dernier possède à Roquebrune pour abriter sa maîtresse enceinte. La mère de Judith Bataille s'étant imprudemment déclarée avec sa fille comme « juives » au commissariat de Cagnes, son futur gendre s'introduit subrepticement dans la salle où sont rangés leurs dossiers et les dérobe sur une étagère. Il retrouve la sœur de Sylvia Bataille et le beau frère de celle ci, André Masson à Montredon chez la Comtesse Pastré, dont l'association Pour que vive l'esprit cache des artistes, telle Youra Guller, sous le coup de la loi contre les « juifs » et sert d'antenne légale au réseau du Centre américain de secours.

Le silence de la guerre (1941-1944)[modifier | modifier le code]

En 1941, alors qu'ils sont tous deux encore mariés, nait leur enfant, Judith Bataille, à laquelle la loi confert le nom du mari de sa mère. Le choix du prénom d'une héroïne juive et castratrice est en soi un programme et dans la circonstance un défi. L'épouse légitime demande alors le divorce qui sera prononcé après guerre[9].

Plaque au 5, rue de Lille.

À cours d'argent, incapable de donner le secours financier qu'André Malraux lui a réclamé pour faire libérer son frère, il revient à Paris prendre son poste dans le service désormais dirigé par Henri Ey à Sainte Anne. Les patients, arrivant déjà dénutris, meurent de faim et de froid en masse. Une partie de l'hôpital est réquisitionnée par l'occupant pour servir d'hôpital militaire, une autre abrite le réseau communiste Front national sanitaire, que dirige Lucien Bonnafé[52]. Jacques Lacan y propose son aide à un confrère, Jacques Biézin[91], menacé par les lois antisémites, mais il reste en retrait de l'engagement de ses collègues résistants, Julian de Ajuriaguerra, Jean Talairach, Pierre Deniker, René Suttel, Henri Cénac-Thaly, qui est arrêté en 1943, le Capitaine Delcourt, Virginie Olivier alias Charlotte, qui meurt à Ravensbrück.

Durant toute l'Occupation, il s'interdit de publier ou d'enseigner mais il poursuit en privé son activité de psychanalyste qu'il transfert dans un nouvel appartement, 5 rue de Lille. Parmi ses patients, René Diatkine, un camarade de Julian de Ajuriaguerra. C'est durant ces années de silence qu'il s'initie[92] auprès de Paul Demiéville au chinois, langue « idéographique » qui interroge moins la vérité du signifiant que le rapport du signifié au signe.

De la Société psychanalytique de Paris à la Société française de psychanalyse (1945-1953).[modifier | modifier le code]

Des mouvements comme celui du linguiste Édouard Pichon, théorisant un inconscient national dépendant de la langue, passent à l'arrière-plan du fait des expériences récentes. L'exil de Loewenstein, amant de Marie Bonaparte, fervent défenseur du biologisme et ayant l'autorité morale des pionniers de la psychanalyse, amène un changement des rapports de forces[Lesquels ?]. Dans cet après-guerre à peine commencé, la figure de Lacan prend une importance, ne serait-ce que par effet d'aspiration : il fait partie des quelques titulaires d'avant-guerre n'ayant pas eu à choisir l'exil[9].

C'est à la fin des années 1940 et au début des années 1950 que le sujet des « séances courtes » commence à être traité par Lacan. Il s'agit en fait à l'époque davantage de séances de longueur variable que de séances véritablement courtes – comme vers la fin de sa vie où il donne des séances de quelques minutes à peine. Ce sujet devient le vase de Soissons de la psychanalyse française. Lacan reçoit un premier avertissement concernant ces séances en 1951[réf. souhaitée]. À la suite de la rébellion des élèves psychanalystes en 1953, due à l'obscurité du fonctionnement et à un certain autocratisme de l'institut qui est chargé de leur enseignement, une crise institutionnelle secoue la SPP. Cette crise mélange à la fois les problèmes de répartition des pouvoirs entre la Société de psychanalyse et l'institut, le poids respectif des différents courants et les pratiques – désapprouvées par presque tous à l'époque – de Lacan[réf. nécessaire]. Celui-ci est démis de son titre de président de la SPP. Daniel Lagache quitte la SPP et décide de fonder un institut d'inspiration universitaire, la Société française de psychanalyse, suivi par Françoise Dolto et Juliette Favez-Boutonnier. Lacan les suit, tout au moins pour un temps[9]. Il est donc une des causes, mais non le fomenteur, de cette première scission. L'International Psychoanalytical Association décide que la nouvelle société ne pourra être affiliée qu'après enquête sur ses méthodes d'enseignement et d'analyse – ce qui vise implicitement Lacan[réf. souhaitée].

Le théoricien du retour à Freud (1954-1981)[modifier | modifier le code]

De la Société française de psychanalyse à l'École française de psychanalyse (1954-1963).[modifier | modifier le code]

Lacan, collectionneur (Balthus, Renoir, Masson, Derain, Monet, Giacometti, dessins de Picasso, statuettes alexandrines et gréco-romaines, 5 147 livres)[7], acquiert L'Origine du monde en 1955.

Vers 1953-1954, Lacan opère un virage qui le fait abandonner momentanément ses références à Hegel (hégélianisme à la mode de Kojève) pour le structuralisme[93]. Quand Lacan a abordé la fonction du symbolique et la nécessité d'un pacte entre le moi et le petit autre, c'est là qu'il a pris ses appuis dans la notion de structure, qui est strictement équivalente à celle de langage. C'est dans son grand texte inaugural « Fonction et champ de la parole et du langage », qu'il se réfère aux études de Claude Lévi-Strauss, pour y énoncer, à sa suite, cette grande loi primordiale des échanges et de la parenté.

Il introduit par ailleurs en 1953 des concepts qui deviendront fondamentaux dans son œuvre, les trois registres : Réel, Symbolique, Imaginaire. Il commence à travailler à une théorie du signifiant en redécouvrant Ferdinand de Saussure et en s'appuyant sur Roman Jakobson[note 4]. C'est aussi là qu'il commence à citer régulièrement la thèse de Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté[note 5].

En 1960, Henri Ey organise un colloque à l'abbaye Saint-Florentin de Bonneval sur le thème de l'inconscient : il y réunit des psychanalystes de la jeune génération, des philosophes comme Gilles Deleuze, Merleau-Ponty et Jean Hyppolite. Presque tous les débats se rapporteront de près ou de loin[évasif] à la théorie lacanienne de l'inconscient, désormais formée dans ses grandes lignes et résumée par le mot d'ordre lacanien par excellence : « l'inconscient est structuré comme un langage ». Dès cette époque, en France, la psychanalyse semble se résumer à ce positionnement : être avec ou contre Lacan. Il a acquis une position centrale et cristallise les débats.

Les douze ans qui s'écouleront entre la fondation de la SFP et sa dissolution en 1965 sont une période de grands changements dans le paysage psychanalytique français. D'un point de vue institutionnel, il s'agira de dix ans de négociations pour que les psychanalystes ayant fait scission en 1953 soient reconnus par l'IPA. L'enquête de l'IPA se concentrera progressivement sur Lacan et ses séances dites courtes – en fait à l'époque de durée variable, cette durée étant toujours inférieure à la norme de l'IPA. L'enquête conclura en 1963 que la SFP pourra recevoir l'agrément si elle retire à Lacan (et à Françoise Dolto) son titre de didacticien, c'est-à-dire qu'elle lui enlève le droit de former des psychanalystes et de continuer son enseignement. Cela provoqua l'éclatement de la société fondée par Daniel Lagache, tous ceux ne pratiquant pas et ne soutenant pas la technique de Lacan se voyant condamnés à l'exclusion des instances internationales s'ils continuent à protéger Lacan. Ainsi naîtra en 1964 l'Association psychanalytique de France, sous les auspices de Daniel Lagache, Jean-Bertrand Pontalis, Didier Anzieu et Jean Laplanche. Pour les lacaniens, il s'agira de l'École française de psychanalyse, bientôt renommée École freudienne de Paris.

Lacan, chef d'école (1964-1979)[modifier | modifier le code]

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À soixante-trois ans, Lacan fonde sa propre « école ». Les statuts de la nouvelle école sont autocratiques en ce que Lacan y préside à tout[réf. nécessaire]. Ils sont aussi beaucoup plus avantageux pour les plus jeunes car ils sont moins hiérarchisés[réf. nécessaire]. Il n'y a en effet qu'un rang hiérarchique à proprement parler : celui qui sépare Lacan des autres. Les organes décisionnels sont toujours composés par lui et n'outrepassent jamais ses avis. La publication des Écrits en 1966 lui apporte une célébrité longtemps attendue[réf. souhaitée] : il fait dorénavant partie des ténors du structuralisme et son nom est cité à côté de ceux de Claude Lévi-Strauss, de Roland Barthes et de Michel Foucault. Cette célébrité nouvelle amène un afflux important de jeunes à l'EFP, jeunes qui se mettent à imiter son style, à s'habiller et à parler comme lui.[non pertinent]

Lacan introduit en 1969 une pratique expérimentale pour habiliter un psychanalyste comme psychanalyste de l'école, « la passe », qui se révèlera à la fois être un facteur de dissension et un échec selon l'aveu même de Lacan. Facteur de dissension parce que l'adoption de cette procédure provoque immédiatement une scission : plusieurs membres historiques dont François Perrier, Piera Aulagnier et Jean-Paul Valabréga démissionnent de l'EFP et fondent le quatrième groupe. Un échec, parce que cette procédure, faite pour éviter les pièges de l'idéalisation et de la bureaucratisation, va avoir l'effet inverse de celui souhaité. En onze ans, seulement dix-sept personnes « passeront » avec succès[réf. souhaitée].

Peu après la fondation de son école, Lacan opère un nouveau tournant dans son enseignement, qu'on appellera la « relève logiciste »[réf. souhaitée]. À la suite des interventions du tout jeune Jacques-Alain Miller, Lacan se tourne vers Frege, Gödel et la topologie. Son but est d'assurer que la réception de son enseignement ne soit pas sujette aux dérives qui ont marqué selon lui la réception de Freud. Les nœuds, les formes impossibles, les mathèmes vont désormais envahir les séminaires du maître et les rendre encore plus difficiles d'accès. Lacan espère ainsi sortir définitivement du caractère encore trop descriptif de ce qu'il qualifiera désormais de linguisterie[réf. souhaitée].

Après avoir suturé[pas clair] temporairement le sort de la psychanalyse à celui des sciences sociales, c'est l'échappée vers les sciences exactes : « Seule demeurait, unique aliment de l'ermite au désert, la mathématique[94]. » Maintenant qu'il n'est plus lié à aucune négociation, sa pratique en tant que psychanalyste relève quasiment de l'expérimentation débridée[non neutre]. Il peut aussi bien demander à une personne de venir trois fois pour trois séances éclairs de quelques minutes dans la même journée et la garder une heure entière la semaine d'après. Il avait déjà l'habitude de se lever, de parler, de manger, d'écrire pendant les séances : dorénavant il joue aussi avec des bandes de Möbius, des bouts de ficelle et de papier. Il reçoit à son cabinet tout le jour durant un flot ininterrompu de personnes. Les choses en sont à ce point que souvent on ne prend même pas rendez-vous.

Profitant de la réforme des universités consécutive aux événements de mai 1968, Lacan, d'abord assisté de Serge Leclaire, tente de s'implanter dans l'université par le biais d'un département de psychanalyse à Vincennes (Paris VIII). Malgré la proposition du président du département, il n'y occupera aucun poste, mais le département sera une sorte de bastion lacanien[non neutre]. Cette dernière expérience cristallisera les oppositions déjà existantes entre différents courants au sein de l'EFP. La reprise en main du département au nom de Lacan par Jacques-Alain Miller en 1974, marquée par le remplacement de plusieurs chargés de cours, provoqua une vive polémique à l'intérieur et à l'extérieur de la faculté, chez les psychanalystes et les non-psychanalystes[95].

Quelques années plus tard, le suicide d'une psychanalyste ayant échoué à la procédure de la « passe » sert de révélateur aux dissensions d'une école dont beaucoup doutent qu'elle soit encore dirigée par le maître et non par son entourage proche.[réf. souhaitée] En effet, Lacan a des absences[réf. souhaitée], se montre de plus en plus fatigué et délègue de plus en plus la gestion des affaires à son gendre Jacques-Alain Miller. Il décide de dissoudre l'EFP[note 6]. Après quelques années de crise perpétuelle, l'EFP, seule école fondée par Lacan, est dissoute le 5 janvier 1980.

Dissolution (1980-1981)[modifier | modifier le code]

Souffrant d'une cancer du colon dont il a tardé à se faire opérer, déjà très diminué depuis un accident de voiture survenu en 1978, Lacan réduit sans les cesser ses activités à partir de février 1980. Le 15 mars, il choisit, non sans humour, l'hôtel Pullmann Saint Jacques pour prononcer d'une voix claire et forte, debout pendant plus d'une heure devant un parterre de huit cent personnes une conférence intitulée Dissolution, qui est un programme de refondation de la « Cause freudienne ». Sa dernière intervention publique est donnée à la conférence internationale qui se tient à Caracas du 12 au 15 juillet 1980.

Le 16 novembre, il est très affecté par le passage à l'acte de Louis Althusser, qu'il se reproche de ne pas avoir pris en charge lui même. Durant ses derniers mois, il se remet d'une aphasie, conséquence d'un AVC, au domicile de sa fille Judith Miller et son gendre Jacques Alain Miller[96], où la chambre de son petit fils, polytechnicien, est disponible. Alors que son carnet de rendez vous est rempli[97], il meurt le 9 septembre 1981 à la clinique Hartmann à Neuilly sur Seine, d'une insuffisance rénale[9] consécutive à l'ablation en urgence de sa tumeur : « Je suis obstiné... Je disparais. »[7].

Le 10 septembre son frère Marc François, silencieux bénédictin, lui rend hommage en l'église Saint Pierre du Gros Caillou[98] : « Jacques Lacan a parlé ». Le corps est enterré par toute la famille, réunie physiquement mais pas moralement[99], dans le cimetière de Guitrancourt, près de La Prévoté, sa maison de campagne[96]. Le gendre est l'exécuteur testamentaire du défunt, chargé d'éditer et faire publier les vingt volumes posthumes des vingt cinq du Séminaire[note 7].

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

La grande majorité des séminaires et des écrits de Lacan est disponible sur internet[note 8]. Les écrits sont la partie aboutie et condensée de la pensée de Lacan, tandis que les séminaires montrent la pensée de Lacan en acte, avec des avancées, des reculs, des hésitations.

Les principaux apports de Lacan à la pratique de la psychanalyse[modifier | modifier le code]

Le retour à Freud[modifier | modifier le code]

L'enseignement de Jacques Lacan débute sur un mot d'ordre du retour à Freud. La volonté d'un retour à Freud suppose que Lacan considérait qu'il existait une lacune en France, donc un besoin de retourner à l'œuvre de Freud, de la retrouver, et qu'il mettait implicitement en cause la qualité des traductions, de l'enseignement des psychanalystes et des théoriciens de la psychanalyse de son époque. Lacan s'opposa dès ses débuts à ce qu'il considérait comme une dérive de la psychanalyse : l'ego-psychology[100], représentée par Anna Freud et Rudolph Loewenstein.

Outre les différends théoriques avec ses pairs, ce qui caractérise l'attitude de Lacan dans son retour à Freud, c'est une lecture qui ne cherche pas à rester dans l'orthodoxie freudienne, mais plutôt à dégager ce qu'il y a d'original chez Freud, ainsi que le formule Jean-Michel Rabaté[101] : « De même qu'Althusser se demandait comment lire Marx de façon “symptomatique”, en séparant ce qui est authentiquement “marxiste” de ce qui est purement “hégélien” dans ses écrits, Lacan se demande où et comment repérer les textes où Freud se montre authentiquement “freudien”. »

L'attitude de Lacan consiste à se réclamer de Freud tout en se moquant d'idées auxquelles Freud croyait fermement (comme la possibilité de réduire la psychologie, en dernière analyse, à la biologie[note 9]). Le retour à Freud ne consiste donc pas seulement en une critique de l'enseignement des élèves de Freud, mais en une critique - au sens étymologique, opérer un choix entre le bon et le mauvais - de l'enseignement de Freud, qui n'a pas toujours su, selon une optique lacanienne, rester fidèle à lui-même ou explorer les conséquences de ses découvertes.

C'est dans cette manière de concevoir son retour à Freud que l'on peut saisir la pensée lacanienne, qui retourne chaque fois à Freud, qui s'en réclame, et qui pourtant, pour des raisons parfois historiques - la linguistique n'avait pas, du temps de Freud, l'audience qu'elle aura dans les années cinquante - et souvent théoriques[note 10], en diffère considérablement.

La scansion des séances[modifier | modifier le code]

La formalisation de l'enseignement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : en:Matheme.

Les cartels et le plus un[modifier | modifier le code]

Les principaux concepts lacaniens explicitant la pensée freudienne[modifier | modifier le code]

La forclusion du Nom du Père[modifier | modifier le code]

Toute la réflexion de Jacques Lacan procède de l'observation par le psychiatre qu'il a été de la psychogénèse de la folie, sans l'éclairage de laquelle cette réflexion reste inaccessible. La folie n'est pas sans raisons : « n'est pas fou qui veut. » Pour élaborer cette clinique de la psychose, Jacques Lacan s'appuie sur la leçon donnée par Sigmund Freud[102] que « ce qui est forclos du symbolique fait retour dans le réel » c'est-à-dire que l'esprit qui, dans la première enfance, s'est construit sans le refoulement œdipien, produit, à certains moments pour lui significatifs, une hallucination (cf. supra cas Papin).

Le processus par lequel cet esprit se constitue en une structure psychotique plutôt que névrotique, Freud le décrit sous le terme de Verwerfung. Lacan, lecteur attentif de Freud, note comme lui que ce processus n'est pas un mécanisme projectif, une sorte de ressort à retard dont la cause du déclenchement serait bien difficile à expliquer. Il note comme lui qu' « il n'était pas exact de dire que sentiment réprimé au dedans fut projeté au dehors »[102]. Il précise ce que Freud n'a pas plus développé, qu'il s'agit non d'un refoulement qui finirait par éclater mais de l'absence d'acquisition d'un signifiant nécessaire à la communication métaphorique, celle qui permet de partager des significations. C'est la rencontre avec une image de ce signifiant non symbolisé, « sans nom », comme un horreur, qui déclenche le délire, une image d'autorité paternelle par exemple ou quoique ce soit qui appelle le sujet à être désigné.

Lacan schématise ce processus d'exclusion du langage métaphorique sous le terme de forclusion, c'est-à-dire non pas seulement un mécanisme projectif vers l'extérieur de soi plutôt qu'une intériorisation appelée refoulement, mais encore la non introduction dans le discours tenu à l'enfant de l'image d'un tiers extérieur à la dyade qu'il forme avec sa mère, un père qui fasse symbole. De là ses recherches sur le stade du miroir et sa réflexion sur la structure du langage.

Le pousse à la femme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Daniel Paul Schreber.

« L'inconscient est structuré comme un langage »[modifier | modifier le code]

« L'inconscient est structuré comme un langage »[103] n'est pas un postulat mais une hypothèse nouvelle à l'épreuve d'une clinique héritée des écoles de psychiatrie française et allemande et de la pratique psychanalytique, hypothèse déjà sous-jacente sinon explicite dans l'étude que fait Sigmund Freud des lapsus et des jeux de mot par exemple. C'est une phrase centrale dans l'élaboration théorique de Lacan qui donne une assez bonne idée générale de sa pensée. Elle rappelle, en utilisant le concept d'inconscient, que Lacan s'inscrit dans le courant psychanalytique. Elle indique, avec le terme de structure, l'approche particulière de Lacan, qui est l'approche structuraliste. Enfin, elle spécifie son apport, qui consiste principalement dans l'importance donnée à la nature du langage dans l'explication du fonctionnement psychique[104].

Pour expliciter la chose, il prend appui sur les trois œuvres majeures de Freud, L'Interprétation des rêves, Psychopathologie de la vie quotidienne et Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient. C'est ainsi qu'il effectue un « retour à Freud ».

Une interview qu'il accorde à Madeleine Chapsal, pour L'Express, en 1957[105], révèle la portée de ce qu'il avance[note 11] :

« Voyez les hiéroglyphes égyptiens : tant qu'on a cherché quel était le sens direct des vautours, des poulets, des bonshommes debout, assis, ou s'agitant, l'écriture est demeurée indéchiffrable. C'est qu'à lui tout seul le petit signe “vautour” ne veut rien dire ; il ne trouve sa valeur signifiante que pris dans l'ensemble du système auquel il appartient. Eh bien ! les phénomènes auxquels nous avons affaire dans l'analyse sont de cet ordre-là, ils sont d'un ordre langagier.
Le psychanalyste n'est pas un explorateur de continents inconnus ou de grands fonds, c'est un linguiste : il apprend à déchiffrer l'écriture qui est là, sous ses yeux, offerte au regard de tous. Mais qui demeure indéchiffrable tant qu'on n'en connaît pas les lois, la clé. »

Lacan se livre alors à un plaidoyer pour démontrer en quoi toute l'œuvre freudienne peut et doit être lue avec l'appui de ces références linguistiques et que, pour ces raisons mêmes, ce qui fait l'efficience de la psychanalyse est lié au fait de parler, qu'elle est une expérience de parole.

Il propose la métaphore d'un hamac :

« l'homme qui naît à l'existence a d'abord affaire au langage ; c'est une donnée. Il y est même pris dès avant sa naissance, n'a-t-il pas un état civil ? Oui, l'enfant à naître est déjà, de bout en bout, cerné dans ce hamac de langage qui le reçoit et en même temps l'emprisonne ».

Lalangue et structure : métaphore et métonymie.[modifier | modifier le code]

La métaphore dans la chaîne des signifiants.

Freud avait désigné l'inconscient comme concept explicatif majeur du fonctionnement psychique. Il avait tâché de l'étudier à partir de ses manifestations, qu'elles soient normales[106] ou pathologiques[107]. L'abandon des méthodes d'hypnose et de suggestion a marqué un tournant dans la pensée freudienne, tournant qui a commencé à permettre à la psychanalyse de sortir de la simple technique de suggestion et de psychothérapie. À partir de ce moment, Freud n'interprète plus la maladie psychique qu'en fonction de la parole du patient. Lacan pousse cette logique de la démarche freudienne jusqu'à son inversion et décrit le langage même, celui dans lequel le sujet se construit initialement par des échanges avec sa mère, le générateur même des névroses et psychoses. Il appelle lalangue, par allusion à la lallation, cet aspect structurant d'un discours.

Lacan[108] souligne que, dans les travaux de Freud, l'inconscient se laissait saisir de deux manières : lorsque le locuteur ou le rêveur commet un déplacement (dire un mot à la place d'un autre) ou lorsqu'il produit une condensation (le mot d'esprit « famillionaire », « famillionär » en allemand, analysé par Freud[109]). Il affirme que le déplacement et la condensation, en l'espèce de la métonymie et de la métaphore, sont les deux seuls moyens de produire de la signification si l'on se réfère aux analyses de Jakobson[110], et qu'ainsi l'inconscient a un fonctionnement comparable à celui du langage.

Lacan a donc voulu renouveler la réception de Freud en opérant une lecture structuraliste de son œuvre, utilisant pour cela les outils de la linguistique. Ces outils, il ne fera pas que les réutiliser, il les remaniera pour servir son propos. C'est à la fois cette volonté de renouvellement de la lecture de Freud et le remaniement des outils théoriques de la linguistique qui valent à Lacan son succès auprès des uns et son rejet par les autres[111].

Le nouage du Réel, du symbolique et de l'imaginaire ou le concept de structure[modifier | modifier le code]

Lacan fait apparaître dans la psychanalyse, la perspective structuraliste : en opérant une lecture rigoureuse de Freud[note 12], il montre que Freud est déjà dans une perspective structurale, à partir de la deuxième topique[112].

Lacan a affirmé à plusieurs reprises devoir sa conception de la structure à Claude Lévi-Strauss[note 13], qui a été lui-même un lecteur attentif de Freud[113],[114]. Et la thèse de Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté, est l'ouvrage écrit par un contemporain le plus cité dans les séminaires de Lacan[115]. Il convient donc, sans pour autant admettre sans critique préalable que la structure de Lacan et la structure de Lévi-Strauss sont les mêmes, de s'intéresser à la définition du terme de structure que Lévi-Strauss peut développer dans l'ouvrage en question.[style à revoir]

Nœud borroméen illustrant l'intrication du Réel, du Symbolique et de l'Imaginaire au sens lacanien.

Une définition illustrant le sens que l'anthropologue français donne à ce terme est :

« Les institutions humaines elles aussi sont des structures dont le tout, c'est-à-dire le principe régulateur, peut être donné avant les parties, c'est-à-dire cet ensemble complexe constitué par la terminologie de l'institution, ses conséquences et ses implications, les coutumes par lesquelles elle s'exprime et les croyances auxquelles elle donne lieu. Ce principe régulateur peut posséder une valeur rationnelle sans être conçu rationnellement ; il peut s'exprimer de façon arbitraire, sans pour autant être privé de signification[116]. »

De cette définition ressort que le « tout » de la structure en est le principe régulateur, indépendant des parties. La structure chez Lévi-Strauss est structure logique, c'est un ensemble de relations entre des termes interchangeables.

Selon Lacan, ce principe régulateur, la structure du sujet, c'est l'intrication de trois fonctions : le Réel, le Symbolique, l'Imaginaire (ce qu'il appellera R.S.I). En 1972, il représente cette intrication des trois fonctions par le nœud borroméen (qu'il appellera aussi le nœud-bo). Il suffit que n'importe lequel parmi les trois anneaux soit rompu pour que tous les anneaux soient indépendants. Ce « tripode R.S.I », comme il sera appelé par Lacan lui-même, marque à la fois l'aboutissement de ses recherches antérieures, dans une perspective topologique, en même temps qu'un nouveau paradigme[117],[118]. C'est un des concepts clef de son œuvre.

Le parlêtre ou de l'importance du langage[modifier | modifier le code]

La Bataille de San Romano, Paolo Uccello. Dans le séminaire V, Lacan s'appuie sur cette scène de bataille et sur une histoire drôle pour illustrer une des particularités du symbolique : la généricité (ou la stéréotypie).

Élève et analysant de Jacques Lacan, Charles Melman affirme dans un ouvrage de témoignages : « En premier lieu, il s'est agi pour Lacan de souligner ce que Freud n'a pas pu ou n'a pas osé faire, à savoir montrer combien le langage est ce qui ordonne notre rapport au monde aussi bien qu'à nous-mêmes[119]. »

La pensée de Lacan pourrait être définie comme une théorie structurale du désir et du langage. Théorie du désir, parce que l'essence de l'être humain est le désir pour le lecteur de Spinoza que sera Lacan toute sa vie. Théorie du langage, parce que c'est par celui-ci que l'on a accès à l'inconscient. Théorie structurale, car le langage répond à des logiques internes que les recherches linguistiques du XXe siècle ont réussi à subsumer sous le terme de structure[note 14]. Or, la structure, pour Lacan, est à la fois ce qui produit et ce qui est la réalité de l'inconscient. En effet, l'inconscient n'est pas un stock de non-conscient, il correspond à un ensemble de processus actifs[note 15].

Ainsi, lorsque Lacan avance la théorie des trois ordres (Réel, Symbolique, Imaginaire), il le fait en s'appuyant sur ses réflexions concernant la nature, non du langage en général, mais de l'humain, l'être parlant (qu'il surnommera le parlêtre). Le fait d'apprendre le langage nous coupe en quelque sorte du monde : ainsi naît le Réel, ce qui ne peut être nommé, ce qui ne relève pas du langage. Le langage dans lequel nous naissons contient des valeurs, il organise le monde dans lequel nous vivrons avant même que nous soyons nés[note 16], cette dimension organisatrice et de distribution de la valeur, Lacan l'appelle le symbolique. Quant à l'imaginaire, il désigne la manière dont le sujet se perçoit par le truchement des autres et du langage dans lequel il se trouve.

La théorie lacanienne est à ce point tournée vers le langage qu'on peut en déceler l'importance dès son travail sur le stade du miroir. Lorsque l'enfant fait la différence entre l'image et la représentation, qui est exactement ce que décrit le stade du miroir, il ne fait rien d'autre que découvrir le signe, c'est-à-dire ce qui est mis là pour autre chose, qui désigne cette chose et qui pourtant ne l'est pas. Dans ce sens, on peut rapprocher le stade du miroir et le travail de Jerome Bruner sur l'attention conjointe chez le nourrisson, qui représente pour lui le début de l'accession au langage et la structure relationnelle sur laquelle l'apprentissage de la langue pourra s'appuyer.[réf. souhaitée]

Les principaux apports originaux de Lacan à la théorie psychanalytique[modifier | modifier le code]

Article connexe : terminologie lacanienne.

Le stade du miroir : le moi au miroir de l'autre[modifier | modifier le code]

Articles connexes : petit autre, Grand Autre, objet a et schéma L.

Situation et enjeux[modifier | modifier le code]

Objet de la première communication donnée par Lacan à un colloque international[note 17], le stade du miroir n'a cessé d'accompagner sa réflexion pendant toute son œuvre[note 18]. En effet, dans sa réflexion sur ce stade ou cette phase, Lacan va reposer de manière tout à fait neuve un certain nombre de problèmes propres à la psychanalyse : sur la nature du moi, sur les rôles - pas clairement séparés chez Freud - du moi idéal et de l'idéal du moi, mais aussi sur la nature du narcissisme, point crucial de la théorie psychanalytique.

Les stades du miroir[modifier | modifier le code]

Lacan ayant commencé à travailler sur ce concept vers 1936 et l'ayant remanié jusqu'en 1960 environ, on comprendra aisément qu'il est impossible de réduire une réflexion de plus de vingt ans à une seule théorie. Il y aura par exemple le stade du miroir avant et après l'invention des trois ordres que sont le Réel, le Symbolique, et l'Imaginaire. Il y aura le stade du miroir avant et après l'invention de l'objet (a). Ce concept s'inscrira donc dans l'histoire de la réflexion lacanienne et, malgré sa célébrité qui pourrait laisser croire à quelque chose de simple et de réutilisable hors même du lacanisme, il est nécessaire pour le comprendre de le restituer dans les problématiques propres à la pensée de son inventeur.

Le stade du miroir est avant tout une réflexion sur deux concepts : celui de corps propre, le terme (wallonien) de corps propre désignant l'intuition de l'unité de sa personne par le bébé, et celui de représentation - c'est-à-dire à la fois la capacité à organiser les images et à se situer dans l'ordre de ces images. Lacan affirme que l'enfant anticipe sur son unité corporelle pas encore physiologiquement accomplie - du fait de la maturation incomplète du système nerveux - en s'identifiant à une image extérieure qu'il a été capable de différencier des autres : la sienne. Pour avoir pu différencier son image de celle des autres, il a fallu qu'il comprenne la différence entre l'image (au sens de tout ce qui est vu) et la représentation - l'image qui est mise à la place de ce qu'elle figure. Ma propre image dans le miroir ne peut être en effet qu'une représentation, elle me montre ce qu'en aucun cas je ne saurais voir directement, sans utiliser d'artifice. C'est ainsi que l'on peut comprendre une première différence entre le Je, celui qui voit son image et qui s'identifie à celle-ci, et le moi, l'image à laquelle l'enfant s'identifie.

Version finale du schéma du stade du miroir selon Lacan. S barré : le sujet divisé. M : Miroir. À : le grand Autre. C : le corps propre. a : l'objet du désir. i'(a) : moi idéal. S : sujet de l'inconscient. I : idéal du moi.

Cela découvre le sens de l'identification pour Lacan : c'est une tension entre un Je, qu'il renommera plus tard "sujet de l'inconscient"[note 19], et un moi toujours social, posé dans l'ordre de la logique (puisque le corps distingué comme étant le corps propre l'est du fait d'une induction logique) et dans l'ordre social (plus tard Lacan soulignera l'importance du fait que l'assentiment d'un adulte soit donné à ce qui n'est qu'une intuition d'identification). Le stade du miroir, c'est donc l'aliénation active du sujet à une image, image qui ne peut servir à ce processus d'identification que si elle est reconnue à la fois comme artificielle par l'enfant et désignée comme représentation adéquate par l'adulte.

On croit parfois que le stade du miroir dévoile un moment du développement de l'enfant. Or ce qu'il entend dévoiler c'est la dynamique même de l'identification, dynamique qui reste la même tout au long de l'existence. Il décrit la structure - que Lacan appelle encore paranoïaque en 1949 - du sujet, divisé entre le Je, bientôt le sujet de l'inconscient, et le moi. Le Moi est redéfini comme une instance qui relève de l'image et du social, pur mirage, mais mirage nécessaire.

Le stade du miroir est-il un concept lacanien ?[modifier | modifier le code]

Lacan avait l'habitude de faire des emprunts à ses contemporains. Concernant le stade du miroir, les pages d'Henri Wallon dans Les origines du caractère chez l'enfant[120] sont régulièrement citées, ainsi que les origines kojéviennes de la définition dynamique de l'identification conçue comme mouvement. Élisabeth Roudinesco[9] rappelle aussi que la distinction Moi/Je qu'opère Lacan dans différents textes, et très importante pour sa réflexion, a certainement pour origine les remarques d'Édouard Pichon sur la difficulté qu'il y avait à traduire le Ich de Freud systématiquement par moi alors que dans certains contextes, le Je paraissait plus adapté[note 20]. Même si ces problèmes de traduction ont effectivement intéressé Lacan, le Je lacanien est avant tout un Je imaginaire.

Néanmoins, sans nier l'apport de tous ces penseurs, la réflexion lacanienne sur le stade du miroir n'a que peu à voir avec la dialectique du développement que l'on retrouve chez Henri Wallon, qui n'a pas pour objet de recherche les problèmes conceptuels concernant l'identification en psychanalyse, comme il ne s'intéresse pas au narcissisme, ni à la nature imaginaire ou non du moi ou de l'objet du désir. Si l'on peut supposer une importance considérable de l'hégélianisme à la manière de Kojève, celle-ci s'efface dès 1954, peu de temps après l'entrée en jeu des concepts de Réel, Symbolique et Imaginaire.

Quant à l'apport de Pichon concernant la distinction Je/Moi, on sait que cette distinction subira des aventures conceptuelles bien éloignées des considérations théoriques du grammairien. Lacan a emprunté à Kojève, à Wallon, à Pichon, voire à Dali[note 21], mais force est de constater que le stade du miroir selon Lacan n'a, en définitive, rien de Wallonien, de Kojèvien, de Pichonien ni de Dalinien.

Le graphe du désir[modifier | modifier le code]

Les quatre discours[modifier | modifier le code]

Article détaillé : lien social.

Le sinthome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : sinthome.

Lacan et la philosophie[modifier | modifier le code]

La question des rapports entre l'œuvre de Lacan et la philosophie peut se poser de différentes manières. En premier lieu, il est possible de se questionner sur l'influence de la philosophie dans le parcours intellectuel de Lacan et sur ce que celui-ci a pu emprunter aux différents penseurs dont il faisait la lecture. On peut aussi s'interroger sur l'importance du travail de Lacan pour la philosophie[note 22], voire, avec Jean-Pierre Cléro, se demander s'il existe une philosophie de Jacques Lacan.

Importance des références philosophiques dans l'œuvre de Jacques Lacan[modifier | modifier le code]

Le problème de l'importance et de l'influence possible de la philosophie dans l'œuvre de Lacan est complexe. Il est indéniable que la philosophie de Hegel (réinterprétée par Kojève) a eu une importance considérable dans le cheminement intellectuel de Lacan. Ses rencontres avec Heidegger, et sa cotraduction de l'article Logos avec une amie germaniste montre l'intérêt qu'il aura porté à une philosophie dont on retrouve les traces dans ses séminaires[note 23]. Il n'est pas douteux que ses relations avec Merleau-Ponty ont été d'une importance considérable, ne serait-ce que parce que ce dernier aura encouragé une redécouverte de Saussure, mais son influence en tant que philosophe reste à démontrer. Jean-Pierre Cléro[121] a souligné l'importance de la théorie des fictions de Bentham dans l'élaboration de la pensée lacanienne (que l'on se souvienne à ce propos de la phrase de Lacan : « La vérité a structure de fiction. »). Le concept de Réel aurait aussi été forgé en pensant à l'usage qu'en fait Georges Bataille dans ses ouvrages[note 24], qu'à défaut de catégorie où faire entrer ce dernier, on peut classer comme philosophe. Mikkel Borch-Jacobsen est allé jusqu'à affirmer que les idées de Lacan doivent beaucoup plus à ces penseurs qu'à Freud et ne seraient en somme qu'une philosophie déguisée[122].

Cependant, malgré ses nombreuses amitiés avec des philosophes, malgré une culture philosophique certaine et les nombreuses références faites dans ses séminaires à des philosophes et à leurs concepts[note 25], Lacan affichera avec persistance une méfiance, voire une défiance — qu'il partage d'ailleurs avec Freud — envers la discipline fondée par Socrate[123]. Lacan agit plus envers la philosophie comme si elle était une boîte à outils où il pourrait aller piocher des concepts qu'il recyclerait à la mode de l'inconscient lacanien.

Importance de l'œuvre de Lacan pour la philosophie[modifier | modifier le code]

De son vivant Lacan intéressa des philosophes tels Louis Althusser[note 26] ou Michel Foucault[124]. Ses travaux sont ensuite repris aux États-Unis dans le champ des "cultural studies", en partie parce que Judith Butler, après Juliet Mitchel, a utilisé des concepts lacaniens pour son travail de critique philosophique des processus de socialisation et des rapports de force dans la société contemporaine. D'un point de vue plus européen, Slavoj Žižek, Giorgio Agamben et Alain Badiou sont les trois philosophes les plus connus à se réclamer ouvertement de Lacan dans leur réflexion philosophique.

D'autres comme Alain Juranville affirment que Lacan révolutionne le concept même de vérité en introduisant l'idée que la vérité serait nécessairement partielle[125] et Gérard Granel opère un recroisement entre la perspective lacanienne et la perspective heideggerienne sur les questions de la vérité, du sujet et de la science[126].

Lacan et le féminisme[modifier | modifier le code]

L'affirmation de la primauté du phallus parmi les autres signifiants a fait considérer à certains et à certaines que son approche était phallocentrée. Dominique Sels, dans son commentaire du Banquet, apporte un argument textuel en faveur de cet avis[127]. Lacan, de ce fait, a toujours souffert d'une mauvaise réputation dans les mouvements féministes et de libération sexuelle. Il a été critiqué sur ce point par Luce Irigaray[128] ou Judith Butler[129],[130].

Cet avis n'est pourtant pas partagé de façon unanime et surtout pas par les psychanalystes, notamment les psychanalystes femmes. Liliane Fainsilber[131], reprend pas à pas les approches de Lacan concernant la différence des sexes et la sexualité féminine, en particulier la question laissée en suspens par Freud de la jouissance féminine. Juliet Mitchell, dans un ouvrage de 1975[132], considère que la théorie lacanienne et le féminisme ne sont pas incompatibles. Plus récemment, les travaux de Lacan ont été utilisés par Bracha L. Ettinger[133],[134].

Quant à un phallocentrisme de la théorie lacanienne, Lacan, pour définir la différence entre les sexes, affirme que les hommes croient avoir le phallus quand les femmes croient en manquer, alors que personne ne le possède et que tous le désirent[135]. Car le phallus lacanien est un signifiant, le signifiant d'un manque. Ce terme, « phallus », ne doit pas être confondu avec l'organe, le pénis[136]. Le choix de la dénomination de ce signifiant du « manque » comme phallus, et l'asymétrie du rapport à ce signifiant entre homme et femme laisserait pourtant ouverte la possibilité d'une critique d'une vision considérée comme phallocentrique. Laquelle vision renverrait à une vision structuraliste de la différence des sexes ou, des genres, qui restent historiquement, culturellement et politiquement déterminés.[réf. nécessaire]

Pour atteindre cette question cruciale, il est toutefois nécessaire de s'orienter avec les différents moments de l'orientation lacanienne. La première période de son enseignement, orientée par le stade du miroir et la captation imaginaire, constitue une étape fondamentale, il s'est fait connaître surtout par la période où il élève au "signifiant" tous les outils qui servaient sa théorie. C'est en continuant ce travail de "signifiantisation" (selon Jacques Alain Miller) qu'il va dépasser cette approche structuraliste, fondée à partir du travail de Saussure. Que faire de ce reste qui ne parvient pas à s'attraper dans la théorie du signifiant ? Il rejoint la théorie de la libido freudienne, la dépasse vers cet au-delà du principe de plaisir.[réf. nécessaire] Il va faire surgir "la chose", das ding d'un retour à Freud dans Le séminaire, Livre VII, L'éthique de la psychanalyse. Puis revisiter l'"objet" de La relation d'objet, titre d'un de ces séminaires. Il porte attaque là, à l'idée de complétude, de combler le manque, et vise une autre approche.

Introduisant la facilité de la position féminine quant au rapport au désir, il décale la fixité de la vision opaque[Quoi ?] accordée à la sexualité féminine. Aucun objet ne saurait être pris comme objet de complétude mais son nouveau statut est comme objet qui cause le désir. Comparant et opposant l'obsessionnel qui tue le désir à la quête effrénée de l'hystérique à maintenir son désir insatisfait : point de frustration, et un pas de côté sur la théorie de la privation[réf. nécessaire].

L'objet atteint sa forme ultime de "pièce détachée" en 1962-1963, quand il traite la question de l'angoisse dans Le séminaire, Livre X, L'angoisse. Revisitant la place à donner à la marque signifiante ou à l'objet, il prépare un changement de cap sur la théorie du manque. Il va déclarer concernant la sexualité féminine : « on nous rabat les oreilles avec l'histoire du Penis » et la théorie du manque. Il évoque déjà la trompeuse jouissance phallique, et décline que l'impuissance n'est pas là où on croit ! Il dénonce aussi le masochisme féminin comme fantasme de l'homme[137].

Lacan précise encore plus sa pensée que dans l'article « La signification du phallus » des Écrits, en 1958, quand en 1960 dans ses « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine » : il énonce, partant d'une étape de la castration symbolique supposée reliée à la subjectivité d'un Autre de la loi, que l'altérité des sexes assurément dénaturée, fait de l'homme le relais pour que la femme devienne cet Autre à elle-même, comme elle l'est pour lui.

Ces développements sur la sexualité féminine, ou l'homosexualité sont loin de s'opposer au féminisme[138]. Souvent mal compris quand il énoncera que "LA" femme n'existe pas en barrant d'un trait le "La", c'est pour lui reconnaître son caractère d'Unicité et pour ne pas recouvrir d'un universel, ce qui est le propre féminin. Une et PAS-TOUTE, seront des outils pour se confronter à la question de la jouissance féminine qui ne se réduit pas à la jouissance phallique. Dans ses tableaux de la sexuation, du Le séminaire, Livre XX, Encore, il tente de faire surgir comment passer de l'idée d'impuissance à l'impossible. Dévoilant la diffraction de la jouissance féminine[Quoi ?], vers une jouissance Autre, il apportera des éclairages précieux à la théorie des genres qui ne sont pas biologiques mais choix de position subjective[139]., [140]

Réception et critiques[modifier | modifier le code]

Un tore est engendré par la rotation d'un cercle autour d'un autre cercle.

Bricmont et Sokal[modifier | modifier le code]

Alan Sokal et Jean Bricmont, dans leur ouvrage commun Fashionable Nonsense (Impostures intellectuelles), épinglent les abus ou les mésusages de termes scientifiques par des penseurs contemporains tels Jean Baudrillard, Gilles Deleuze ou Michel Serres, et consacrent leur premier chapitre à Lacan.

Sokal et Bricmont précisent :

« Nous ne prétendons pas juger la psychanalyse de Lacan, la philosophie de Deleuze ou les travaux concrets de Latour en sociologie. Nous nous limitons aux énoncés qui se rapportent soit aux sciences physiques et mathématiques, soit à des problèmes élémentaires en philosophie des sciences[141]. »

Ils soulignent que Lacan ne donne jamais de justification à son utilisation de surfaces étudiées en topologie pour traiter ou décrire la « jouissance » (considérée comme un espace au sens topologique du terme) ou la « structure du névrosé » (censée être un tore).

Ils soulignent que l'usage de la métaphore étant généralement de rendre plus accessible le propos, parler de bouteille de Klein ou de tore ne semble pas de nature à rendre celui-ci plus accessible. À moins peut-être qu'il ne parte de l'expression « tourner en rond », utilisée pour décrire la pensée de quelqu'un qui revient sans cesse aux mêmes idées, et qu'il la croise avec la définition du tore en se disant que le névrosé ne fait pas toujours le même raisonnement en boucle : il ne suis pas un fil mais se déplace dans un espace. Malheureusement cette forme de pensée dans laquelle il se meut a comme un creux au centre : ce n'est pas une sphère, métaphore classique d'une pensée cohérente depuis Platon.

Ils épinglent ensuite l'usage de termes mathématiques issus de l'arithmétique qui, faisant fi de leur définition technique, se réclament de leur rigueur, par exemple : « La vie humaine pourrait être définie comme un calcul dans lequel zéro serait irrationnel. » Or zéro est un nombre entier donc un nombre rationnel. La phrase signifie donc « La vie humaine pourrait être définie comme un calcul où quelque chose de vrai est faux ». Lacan ne s'est jamais expliqué sur le sens de cette phrase, qu'il définit comme une métaphore mathématique, cette notion elle-même restant à définir.

Pour finir, les auteurs s'intéressent à l'usage des paradoxes concernant les fondements des mathématiques (paradoxes de Russell ou de Cantor). Tout en admettant que les mathématiques sont dans ce domaine moins maltraitées, ils soulignent « qu'aucun argument n'est donné pour relier ces paradoxes appartenant aux fondements de la mathématique et la béance qui constitue le sujet en psychanalyse[142] ».

Mathématiciens[modifier | modifier le code]

Les mathématiciens en général n'approuvent pas la manière dont Lacan utilise les notions mathématiques. Ainsi, dans le magazine Tangente[143], les auteurs soulignent que Lacan utilise les mathématiques comme un réservoir de métaphores, sans que ses raisonnements soient valides mathématiquement comme ceux de Newton. Cet abus des mathématiques sert à donner aux théories de Lacan l'illusion d'une profondeur, et d'une légitimité scientifique. Dans le journal Quadrature, Bernard Randé compare les écrits de Lacan à Mickey Parade[144].

Chomsky[modifier | modifier le code]

Le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky, qui a connu Lacan dans les années 1970, a confié qu'il le considérait comme un « charlatan conscient de l'être qui se jouait du milieu intellectuel parisien pour voir jusqu'à quel point il pouvait produire de l'absurdité tout en continuant à être pris au sérieux[note 27] ».

Laplanche[modifier | modifier le code]

Le psychanalyste Jean Laplanche critique Lacan par sa conceptualisation de l’inconscient comme discours et langage au lieu de l'idée freudienne des représentations inconscientes comme images visuelles prélinguistiques.

Linguistes : débats sur la conception lacanienne des liens entre langage et inconscient[modifier | modifier le code]

Le psychanalyste Alain Costes[145], affirme en premier lieu que l'identification du concept freudien de déplacement à celui, linguistique, de métonymie, et symétriquement de la condensation (toujours au sens de Freud) à la métaphore, est impossible. Reprenant une critique faite à Lacan par Jean Laplanche[note 28], il ajoute que dans la topique freudienne, le langage relève du niveau préconscient et non de l'inconscient. Il affirme ainsi que Lacan n'est pas du tout freudien dans sa conception de l'inconscient.

Le linguiste Georges Mounin affirmait quant à lui, dans un article ayant fait beaucoup de bruit[146], que Lacan mésusait des concepts saussuriens, et que son enseignement à l'ENS « ruinait quinze ans d'enseignement » de la linguistique dans cette école. Un autre linguiste, Michel Arrivé, tout en soulignant les différences entre le signe lacanien et le signe saussurien, ne les considère pas comme des distorsions mais comme l'adaptation que nécessite la transposition d'un univers conceptuel à un autre[147]. C'est ainsi que Lacan remodèle le concept saussurien de signifiant pour construire une logique du signifiant originale.

Philosophes catholiques[modifier | modifier le code]

Le philosophe Jean Guitton pour sa part en dénonçant cette idée selon laquelle en psychanalyse, et comme le pensait Freud, presque tous les maux sont d'ordre sexuels, a dit de Lacan : « L'on a toujours l'impression avec Lacan qu'autrui n'est qu'un être, un objet dont on voudrait abuser, et de ne pas le pouvoir librement là serait l'origine de tous les problèmes psychiques. »

Culte de la personnalité[modifier | modifier le code]

Lacan a également été critiqué pour la création d'un culte de la personnalité parmi ses disciples. Le psychologue Dylan Evans, auteur du Dictionnaire d'introduction de la psychanalyse lacanienne (1996) et plus tard de Le lacanisme déçu, signale : « Les disciples de Lacan assument simplement comme une vérité n’importe quelle phrase que le “maître” ait dite. Ses textes sont perçus comme une des Saintes Écritures. Était-ce cela une simple projection de ces disciples ? Se peut-il qu’ils l’aient placé à la place du sujet étant censé savoir, à la place où les patients illusoirement situent l’analyste[148] ? ».

Évitement de l'action[modifier | modifier le code]

Le psychologue communautaire argentin Alfredo Moffatt écrit à propos de Lacan critiqué pour son accent sur la langue et le discours au détriment de la matérialité de la réalité sociale :

« Nous pensons que cet évitement de la réalité de l’école lacanienne qui domine actuellement dans le champ de la psychothérapie, a été fonctionnelle dans notre pays grâce à sa capacité à nier ce qui se passait. Pendant la dictature militaire, se contaminer avec le réel était très dangereux, un patient militant “brûlait”[149] ».

Homophobie[modifier | modifier le code]

Élisabeth Roudinesco montre dans sa biographie de Jacques Lacan[150] qu'il fut le premier à accepter des homosexuels en analyse. Certains auteurs, comme Didier Eribon[151], ont cependant dénoncé la teneur hétérocentrée, phallocentrique, sexiste, misogyne et homophobe des théories et des propos de Lacan[152].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes de référence utilisés ou commentés par Lacan[modifier | modifier le code]

Lacan est l'un des commentateurs de l’œuvre de Sigmund Freud dont on peut citer en particulier :

À cela s'ajoutent des ouvrages non psychanalytiques parmi lesquels on peut citer :

Ouvrages biographiques[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

Introductions à la théorie[modifier | modifier le code]

Études thématiques[modifier | modifier le code]

  • Éric Marty, Lacan et la littérature, coll. Le Marteau sans maître, Éditions Manucius, 2005.
Lacan et la philosophie
  • Bernard Sichère, Le moment Lacanien, Paris, Grasset, 1983 puis 2004. 210 p. (ISBN 9782253130666).
  • Alain Juranville, Lacan et la philosophie, Paris, PUF, 1984, 495 p. (ISBN 9782130382867).
  • Teresa Brennan, A Lacanian Controversy in Feminism, Melbourne University, 1986, 280 p.
  • Bernard Baas, Le désir pur (parcours philosophique dans les parages de Jacques Lacan), Louvain, Peeters, 1992, 220 p., (ISBN 90-6831-432-7).
  • Teresa Brennan, History after Lacan, New York, Routledge, 1993, 254 p.
  • Elizabeth Grosz, Jacques Lacan : a Feminist Approach, Routledge, 1995, 218 p.
  • Bernard Baas, De la Chose à l'objet (Jacques Lacan et la traversée de la phénoménologie), Louvain-Paris, Peeters & Vrin, 1998, 256 p., (ISBN 90-429-0702-9).
  • Elizabeth Grosz, Jacques Lacan:A Feminist Introduction, Routledge, 2002, 224 p.
  • Juan Pablo Lucchelli, Métaphores de l'amour, Étude lacanienne sur Le Banquet de Platon, Presses Universitaires de Rennes, 2012.
Lacan et la religion
  • Pierre Daviot, Jacques Lacan et le sentiment religieux, Toulouse, Erès, 2006 (ISBN 2749206537).
  • Lucrèce Luciani-Zidane, L'acédie, le vice de forme du christianisme ; De saint Paul à Lacan, Paris, Le Cerf, 2009.
Lacan et la linguistique
  • Michel Arrivé, Langage et psychanalyse, linguistique et inconscient, coll. « Linguistique nouvelle », PARIS, PUF, 1994 (ISBN 2130464645).
  • Juan Pablo Lucchelli, Lacan avec et sans Lévi-Strauss, éd. Cécile Defaut, 2014.
Lacan et la psychanalyse
  • Guy Le Gaufey, Le lasso spécualaire : une étude traversière de l'unité imaginaire, Paris, EPEL, 1997, 287 p. (ISBN 2908855283).
  • Bruno Dal-Palu, L’énigme testamentaire de Lacan, L’Harmattan, Paris, 2004, 334 p.
  • Juan Pablo Lucchelli, Le transfert, de Freud à Lacan, Rennes, Presses Universitaires, 2009.
  • Winnicott avec Lacan, ouvrage collectif dirigé par Catherine et Alain Vanier, Paris, Éditions Hermann, 2010, collection "Psychanalyse".

Ouvrages critiques[modifier | modifier le code]

Renvois[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Clérambault ne pardonnera pas à son élève d'être passé, pour sa thèse, dans le camp adverse, celui d'Henri Claude et de la psychanalyse. Querelleur fameux, il l'accusera publiquement, au cours d'une séance de la Société médicopsychologique, de plagiat, ce à quoi le jeune docteur lui a répondu avec un aplomb inouï. Il empêchera Jacques Lacan d'obtenir l'agrégation.
  2. Il s'agit principalement des techniques de l'injonction thérapeutique et de la scansion de l'analyse et de la perlaboration.
  3. Voici ce que son psychanalyste Rudolph Loewenstein en dira à Marie Bonaparte : Ce que vous me dites de Lacan est navrant. Il a toujours présenté pour moi une source de conflit, d'une part son manque de qualités de caractère, d'autre part, sa valeur intellectuelle que j'estime hautement, non sans désaccord violent, cependant le malheur est que quoi que nous soyons convenus qu'il continuerait son analyse après son élection, il n'est pas revenu. On ne triche pas sur un point aussi important impunément (ceci entre nous). J'espère bien que ses poulains analysés à la va-vite, c'est-à-dire pas analysés du tout, ne seront pas admis (...). Lettre du 22 février 1953.
  4. Comme beaucoup d'emprunts de Lacan, ceux qu'il a fait à Jakobson ne recevront jamais l'aval du grand linguiste qui restera néanmoins toujours un ami personnel du psychanalyste.
  5. Claude Lévi-Strauss, lui aussi ami de Lacan, affirmera toute sa vie ne rien comprendre à ce que disait Lacan en général et de son œuvre en particulier.
  6. De nombreux doutes ont été exprimés quant au fait que la décision de dissolution soit véritablement une décision de Lacan. Roudinesco (op. cit.), tout en citant les opinions contraires, affirme qu'il est probable que la décision soit bien de Lacan lui-même.
  7. Neuf ont été publiés dans la collection Champ freudien des éditions du Seuil jusqu'au 6 septembre 2011, date à laquelle Jacques Alain Miller rompt son contrat avec le président-directeur général de cette maison parce que la compagne de celui ci, Élisabeth Roudinesco, publiait une biographie controversée. La controverse a porté sur le manque de sources rigoureuses (des propos de famille, des on dit...) et la traduction anglaise, qui avait du être confiée à des détracteurs de Jacques Lacan. Depuis, la publication du Séminaire se poursuit à la maison sœur de La Martinière, à un rythme toujours trop lent au goût des spécialistes, au point que certains ont intenté un procès (ils ont naturellement été déboutés de leur demande de « déclassification » de documents privés).
  8. Pour les textes cités dans cet article, on peut se reporter au site Gaogoa ou à celui de l'école lacanienne de psychanalyse ELP
  9. Se reporter au Discours de Rome.
  10. Charles Melman affirmera même : « En premier lieu, il s'est agi pour Lacan de souligner ce que Freud n'a pas pu ou n'a pas osé faire, à savoir montrer combien le langage est ce qui ordonne notre rapport au monde aussi bien qu'à nous-mêmes. » in Collectif, Quartier Lacan, Témoignages sur Jacques Lacan, L'Espace Analytique, Denoël, 2001, 106 p. (ISBN 2207252531).
  11. Manifestement, il s'agit d'un pillage d'idées de Cassirer et de Bergson, où Lacan confond à tort linguistique et psychologie[réf. nécessaire].
  12. désignée par le « retour à Freud », cf. section supra.
  13. Par exemple : « Comme nous-mêmes faisons du terme de structure un emploi que nous croyons pouvoir autoriser de celui de Claude Lévi-Strauss. » Cf. Perspectives structurales, in La psychanalyse, 1961, no 6, p. 111-147
  14. « La structure, c'est le langage. » disait Lacan dans sa seule intervention pour la télévision, cf. Télévision, réalisation Benoît Jacquot, 1973. Disponible sur www.ubu.com.
  15. Pour une exposition assez pédagogique de cette conception d'un inconscient actif, opposé à l'inconscient topique, simple lieu accueillant des contenus non-conscients, on peut se reporter aux réponses données par Lacan aux questions posées par les étudiants de la Faculté des Lettres de Paris in Cahiers pour l’analyse, no 3, Paris, Seuil, octobre, 1975.
  16. On peut voir dans cette théorie l'influence de Claude Lévi-Strauss, mais aussi celle, plus rare chez Lacan, de Ludwig Wittgenstein. En effet, ce dernier a donné tout un cours, édité sous le titre de Remarques sur les couleurs (traduction de Bemerkugen über die Farben par Gérard Granel et Élizabeth Rigal, Mauvezin : Trans-Europ-Repress, 1984, 133 p.) où il souligne le fait que certaines tribus n'ont que deux mots pour les couleurs (un pour les couleurs chaudes et un autre pour les couleurs froides) et sont incapables de reconnaître, au sein des couleurs chaudes, le jaune de l'orange, par exemple.
  17. Cette communication donnée en français à Marienbad en 1936, dont le texte a été perdu, n'est plus accessible que par des notes prises par Françoise Dolto qui n'ont pas encore fait l'objet d'une édition. Pour ce qui est de la réflexion lacanienne sur ce point, on se reportera à l'article de l'encyclopédie française Les complexes familiaux disponible sur internet, ainsi qu'à l'article - très important - Le stade du miroir comme formateur de la fonction du je, telle qu’elle nous est révélée, dans l’expérience psychanalytique. Communication faite au XVIe Congrès international de psychanalyse, à Zurich le 17-07-1949. Première version parue dans la Revue Française de Psychanalyse 1949, volume 13, no 4, p. 449-455. Ce stade du miroir reviendra à plusieurs reprises dans l'œuvre de Lacan, en particulier dans le séminaire Les écrits techniques de Freud, ainsi que dans le séminaire sur l'angoisse. Pour une recension de toutes les occurrences du concept dans les séminaires de Lacan, se reporter à H. Krutzen, Jacques Lacan, séminaire, 1952-1980 : index référentiel, Paris : Anthropos : Diffusion, Economica, 2000, 862 p. (ISBN 2717840648).
  18. La littérature consacrée à ce concept clef dans la réflexion de Lacan est par ailleurs abondante. Pour la partie historique, on peut consulter l'article d'Élisabeth Roudinesco, Le stade du miroir, histoire d'une archive introuvable, publié dans Lacan, sous la direction de Jean-Michel Rabaté, coll. les compagnons philosophiques, Bayard, Paris, 2005 (ISBN 2227474963). Pour la partie théorique, on consultera le très complet : Le lasso spéculaire : une étude traversière de l'unité imaginaire, Guy Le Gaufey, Paris : E.P.E.L., 287 p., [1997] (ISBN 9782908855289).
  19. Il ne laissera d'ailleurs plus guère de place au concept de Je à proprement parler, ne lui donnant plus que le statut de shifter au sens ou ce terme est utilisé en grammaire anglaise, et qui est bien rendu par une de ses traductions française, « embrayeur ».
  20. Néanmoins, Guy Le Gaufey, dans l'ouvrage sus-cité, souligne que cette distinction peut aussi bien venir d'un contexte tout à fait différent, c'est-à-dire la lecture des conférences données sous le titre de Méditations cartésiennes par Edmund Husserl et traduites par Pfeiffer et Lévinas en 1931 (aux éditions Vrin).
  21. Dès sa thèse lorsqu'il avança l'idée de connaissance paranoïaque.
  22. C'est ce que fit Alain Juranville dans son ouvrage Lacan et la philosophie, Paris : Presses universitaires de France, 1984, 495 p. (ISBN 9782130382867).
  23. On peut prendre pour exemple les digressions sur le concept de présence que l'on trouve dans le premier séminaire de Lacan. Leur relation avec les réflexions sur l'« ouvertude de l'être » dans la première partie de Être et Temps de Heidegger est assez évidente. Alain Juranville, dans l'ouvrage cité plus haut, affirme quant à lui que cette influence se voit surtout dans le concept de Réel.
  24. Le livre Théorie de la religion, (Paris : Gallimard, 1973-1986, 159 p. (ISBN 9782070705771)) donne un exposé systématique de la pensée de Georges Bataille, dans lequel ce concept de réel, proche de l'usage qu'en fait Lacan, est primordial.
  25. Par exemple : « Le ressort de l’amour. Un commentaire du Banquet de Platon » in Le Séminaire VIII : Le transfert (1960-61), Seuil, 1991.
  26. qui accueillit Lacan à l'ENS et qui fut tenté par le rapprochement de la psychanalyse et du marxisme voir notamment L. Althusser Freud et Lacan, Éditions des grandes têtes molles de notre époque, 1964
  27. « In the case of Lacan, for example—it's going to sound unkind—my frank opinion is that he was a conscious charlatan, and was playing games with the Paris intellectual community to see how much absurdity he could produce and still be taken seriously. I mean that literally. I knew him. » dans « Noam Chomsky: an Interview », Radical philosophy, no 53, août 1989, p. 32.
  28. Jean Laplanche émet cette critique dans le rapport coécrit avec Serge Leclaire, L'inconscient, une étude psychanalytique, présenté en automne 1960 au Colloque de Bonneval sur l'inconscient. Pour J. Laplanche, c'est « l'inconscient » qui « est la condition du langage ». Cf. Jean Laplanche – Serge Leclaire, « L’inconscient une étude psychanalytique », in Jean Laplanche, Problématiques IV L’inconscient et le çà, Paris, PUF, 1981, p. 261-321 (ISBN 2-13-036714-3).
  • Maurras : La fréquentation de cercles aussi opposés que les surréalistes et la Droite catholique caractériserait une position anticonformiste prononcée et une attention particulière aux problèmes du langage. Même lorsqu'il se sera bien éloigné des thèses de son mouvement, Lacan reconnaitra en Charles Maurras un maître de la langue française (Cf. le point de vue de Roudinesco, 1986, 1994). Élisabeth Roudinesco[153] et les détracteurs de Jacques Lacan[154], avec lesquelles celle ci prend ses distances[155], lisant dans le midrashiste[24] marié à une femme d'origine juive un antisémite[156] inspiré par Léon Bloy[157] et Édouard Pichon[158], voient en Maurras une étape dans la genèse de sa pensée Lacan. L’idée que la société se compose plus de familles que d’individus, l’insistance sur la longue durée au détriment de l’événementiel, la perception de l'inanité des convulsions révolutionnaires et de l’importance primordiale du langage[159] ne découleraient pas de l'origine œdipienne des Complexes familiaux mais seraient un certain héritage positiviste de la pensée maurrassienne : « Partant de Maurras, il arrivait ainsi à Freud, pour rappeler […] combien la tradition, malgré les apparences, pouvait favoriser le progrès[160]. » Par ailleurs, devant le retentissement du nazisme auquel il assiste en 1936, Lacan éprouve « un sentiment de dégoût »[161].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 3/461/1901, avec mention marginale du décès (consulté le 22 avril 2012).
  2. a et b J. Lacan, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, coll. Points essais, Seuil, Paris, 1975.
  3. B. Ogilvie, Lacan, la formation du concept de sujet (1932-1949), p. 5, Collect° "Philosophies", PUF, Paris, décembre 1993 (1er édition août 1987) (ISBN 2-13-042118-0).
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  8. Notice d'autorité sudoc : http://www.idref.fr/02695799X#070
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  12. B. de Spinoza, « Tant qu'on considère les choses comme des modes devant être pensés, nous ne devons expliquer l'ordre de la nature entière, c'est-à-dire l'assemblage des causes, que par l'attribut de la Pensée et en tant qu'on les considère comme des modes de l'Etendue, l'ordre de la nature entière ne doit être expliqué que par l'attribut de l'Etendue. », Éthique, II, 7, scolie.
  13. B. de Spinoza, « L'ordre et assemblage des idées est le même que l'ordre et assemblage des choses. », Éthique, II, 7.
  14. a et b B. Ogilvie, Lacan, la formation du concept de sujet (1932-1949), p. 63, Collect° "Philosophies", PUF, Paris, décembre 1993 (1re édition août 1987) (ISBN 2-13-042118-0).
  15. B. de Spinoza, « L'un quelconque affect de chaque individu diverge de l'affect d'un autre autant que l'essence de l'un differt de l'essence de l'autre. », Éthique, III, 57.
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  17. J.-É. Esquirol, Des maladies mentales considérées sous les rapports médical, hygiénique et médico-légal, t. II, p. 791, Paris, 1838.
  18. B. Ogilvie, Lacan, la formation du concept de sujet (1932-1949), p. 64, Collect° "Philosophies", PUF, Paris, décembre 1993 (1re édition août 1987) (ISBN 2-13-042118-0).
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  28. B. Ogilvie, Lacan, la formation du concept de sujet (1932-1949), p. 16 & 17, Collect° "Philosophies", PUF, Paris, décembre 1993 (1re édition août 1987) (ISBN 2-13-042118-0).
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  70. B. Ogilvie, Lacan, la formation du concept de sujet (1932-1949), p. 31, Collect° "Philosophies", PUF, Paris, décembre 1993 (1re édition août 1987) (ISBN 2-13-042118-0).
  71. B. Ogilvie, Lacan, la formation du concept de sujet (1932-1949), p. 17, Collect° "Philosophies", PUF, Paris, décembre 1993 (1re édition août 1987) (ISBN 2-13-042118-0).
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  109. Sigmund Freud, Le mot d'esprit dans sa relation à l'inconscient, Paris, Gallimard, 1974, 409 p..
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  126. Gérard Granel, « Lacan et Heidegger, réflexions à partir des Zollikoner Seminare » in Avtonomova, Natalia Sergeevna, Lacan avec les philosophes, Éditions Albin Michel, 1991
  127. Dominique Sels, Les Mots de l'amour arrivent d'Athènes, éditions de la Chambre au Loup, 2008, p. 62.
  128. Luce Irigaray, Ce sexe qui n'en est pas un, Paris, Minuit, 217 p., 1977 (ISBN 9782707301550)
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  132. Juliet Mitchell, Psychanalyse et féminisme, trad. Françoise Basch, Françoise Ducroq, Catherine Léger, Paris, Éditions des Femmes, 1975. Cette même auteur, assistée de Jacqueline Rose, a par ailleurs traité plus spécifiquement de la question dans Feminine sexuality : Jacques Lacan and the école freudienne, Londres, Macmillan Press, 1983, 187 p. (ISBN 0333341554). Ouvrage non traduit.
  133. Bracha L. Ettinger, Regard et espace-de-bord matrixiels, Bruxelles, La Lettre Volée, 1999 (ISBN 2873171022).
  134. Bracha L. Ettinger, The Matrixial Borderspace, avec des introductions de Judith Butler, Griselda Pollock et Brian Massumi, University of Minnesota Press, 2006 (ISBN 0816635870).
  135. Le séminaire, Livre V, Les formations de l'inconscient », Seuil, Paris, 1998, 517 p. (ISBN 2020256681).
  136. J. Lacan, « La signification du phallus » in ''Écrits'', Seuil.
  137. J. Lacan Le séminaire, Livre X, L'angoisse, Seuil, Paris, 2004, p. 222
  138. « Lacan lui-même n’avait pas spécialement de sympathie pour les féministes, pas non plus d’antipathie particulière » in Danièle Lévy « Lacan, le féminisme et la différence des sexes », Cités, 4/2003 (no 16), p. 79-85. .
  139. Pierre Naveau, Enseignement de l’École de la Cause freudienne, « Études lacaniennes , 2009-2010 Lecture des Séminaires XVI, XVIII et XX : Les hommes, les femmes et les semblants » Conférence du 26 novembre 2009 consultable ici : http://www.causefreudienne.net/uploads/document/bd83a6d0634e0e26cd3c103c7f257cba.pdf
  140. « Le désir ne se structure pas en suivant la nature mais en termes symboliques, suivant ce que l’histoire du sujet vient à inscrire de marques de jouissance dans son corps ; il se remanie en suivant les lois du déplacement et de la combinatoire de la langue. Telles sont les conclusions générales auxquelles mène l’expérience mille fois répétée de la psychanalyse. » in Danièle Lévy « Lacan, le féminisme et la différence des sexes », Cités, 4/2003 (no 16), p. 79-85.
  141. Sokal et Bricmont, Impostures intellectuelles, éd. Odile Jacob, 1997, p. 20-21 (ISBN 2738105033).
  142. Sokal et Bricmont, Impostures intellectuelles, p. 36.
  143. Tangente, no 106, septembre 2005.
  144. « Nombres premiers homozygotes », Quadrature, no 58, octobre-décembre 2005.
  145. Alain Costes, Lacan, le fourvoiement linguistique : la métaphore introuvable., préface de Jean Laplanche, PUF, collection Voix nouvelles en psychanalyse, Paris, 2003, 235 p. (ISBN 2130529143).
  146. Georges Mounin, Quelques traits du style de Jacques Lacan, la Nouvelle Revue française (1er janvier 1969, p. 84-92).
  147. Michel Arrivé, Signifiant saussurien et signifiant lacanien, Langages, (Vol.19, no 77, 1985).
  148. Evans, Dylan. From Lacan to Darwin. University of the West of England, Bristol, UK.
  149. Thérapie de crise. La psychologie d'urgence, Buenos Aires, 2007.
  150. Lacan esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, éd. le Seuil, Paris 1993.
  151. Réflexions sur la question gay, Fayard, Paris, 1999. (ISBN 2213600988)
  152. "Politisation de l'ordre sexuel", Albert Ledorze Éditions L'Harmattan, 2008
  153. J. Mehlman, Translator’s Foreword, in E. Roudinesco, Jacques Lacan & Co : a history of psychoanalysis in France (1925-1985), University Of Chicago Press, Chicago, octobre 1990.
  154. J. Mehlman, The Paranoid Style in French Prose: Lacan with Léon Bloy, in Oxford Literary Review, vol. XII, Edinburgh University Press, Édimbourg, 1990.
  155. E. Roudinesco & F. Pommier, Psychanalyse et homosexualité : réflexions sur le désir pervers, l’injure et la fonction paternelle, in Cliniques méditerranéennes, no 65, Érès, Toulouse, juin 2002 (ISSN 0762-7491).
  156. J. Mehlman, The Suture of an Allusion: Lacan with Leon Bloy, in Legacies: Of Anti-Semitism in France, University of Minnesota Press, Minneapolis, 1983.
  157. J. Mehlman, The Suture of an Allusion: Lacan with Léon Bloy, in SubStance, vol. XI, no 1, Issue 33-34, p. 99-110, University of Minnesota Press, Minneapolis, 1982.
  158. J. Mehlman, Translator’s Foreword, in E. Roudinesco, Jacques Lacan & Co : a history of psychoanalysis in France (1925-1985), p. XIV, University Of Chicago Press, Chicago, octobre 1990.
  159. Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, éd. Flammarion, 2006, p. 324.
  160. Élisabeth Roudinesco, Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, éd. Fayard, 1993, p. 201.
  161. Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de psychanalyse, Paris, Fayard,‎ 2011, p. 881
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