Trouble envahissant du développement

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Troubles envahissants du développement
Classification et ressources externes
CIM-10 F84
CIM-9 299
DiseasesDB 33524
eMedicine ped/1780 
MeSH D002659
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Les troubles envahissants du développement (TED) sont des troubles du développement qui apparaissent dans l'enfance. Ils se caractérisent par des altérations de certaines fonctions cognitives qui affectent les capacités de communication et la socialisation de l'individu.

Symptomatologie[modifier | modifier le code]

Pour la CIM 10, les TED (code F84.0 à F84.9) sont définis comme un « Groupe de troubles caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales réciproques et des modalités de communication, ainsi que par un répertoire d'intérêts et d'activités restreint, stéréotypé et répétitif. Ces anomalies qualitatives constituent une caractéristique envahissante du fonctionnement du sujet, en toutes situations. » Les troubles envahissants du développement (TED) ont en commun une association de symptômes connue sous le nom de triade de Wing[1], du nom de la chercheuse anglaise Lorna Wing qui a prouvé par une étude clinique et statistique que cette association de trois catégories de symptômes survenait plus souvent que ne le voulait le hasard, donc qu'il s'agissait bien d'un syndrome (ensemble de signes survenant ensemble). Ces troubles incluent : troubles de la communication verbale et non verbale, troubles des relations sociales, et centres d'intérêts restreints et/ou des conduites répétitives.

La sévérité des symptômes est variable d'un individu à l'autre. La subdivision actuelle en 5 catégories très différentes l'une de l'autre complexifie encore les tableaux cliniques. La sévérité des symptômes est aussi variable au cours de la vie, avec une relative tendance spontanée à l'amélioration même en l'absence de prise en charge éducative spécifique, mais cette évolution spontanée favorable reste en général très modeste sauf dans les formes les moins sévères, et en excluant le syndrome de Rett à évolution neurologique dégénérative et les troubles désintégratifs de l'enfant], dont l'évolution psychopathologique est particulière. Il peut donc être amené à donner le diagnostic de TED à des personnes présentant des difficultés d'intensité radicalement différente. D'où le risque de voir disparaître le terme même d'autisme (et son adjectif autistique) comme antérieurement celui de psychose, d'où aussi la notion de « spectre autistique » pour désigner l'étendue des troubles caractéristiques des TED, par analogie avec le spectre du rayonnement solaire tel qu'il peut être observé en faisant passer un rayon de soleil à travers un prisme. Il est permis par la classification DSM-IV d'utiliser le diagnostic de trouble envahissant du développement non spécifié (TED-NoS) pour rendre compte de situations où les troubles ne sont présents que dans deux des trois catégories de symptômes, voire dans une seule des trois. Ce dernier diagnostic de TED-NoS englobe donc énormément de pathologies de présentations très diverses. Ainsi, les troubles de communication peuvent aller du mutisme total avec incompréhension du langage parlé et écrit et absence de mimiques congruentes à l'humeur, à des difficultés de communication portant essentiellement sur la pertinence de la communication verbale (en particulier sur le plan de la compréhension des implicites) et non verbale (communication gestuelle, expressions du visage) et sur l'adaptation à l'interlocuteur. Dans ces cas, le vocabulaire peut même parfois être précis, voire pédant, et le timbre de voix ou l'intonation peuvent sembler bizarres, mais ce ne sont pas des critères obligatoires.

Les troubles de la socialisation peuvent aller depuis l'absence de recherche de contact sociaux (même pour satisfaire des besoins physiologiques comme la faim), jusqu'à des situations où la personne cherche à avoir des amis mais ne sait pas comment s'y prendre, ou bien est une proie facile de la roublardise des autres, du fait d'une grande naïveté (très supérieure à ce qu'il peut être attendu chez une personne de même âge et de QI comparable). Enfin, les centres d'intérêt restreints et les conduites répétitives peuvent aussi varier, depuis des situations où la personne ne va s'occuper qu'à des conduites répétitives et non fonctionnelles (activité de dénombrement, stéréotypies gestuelles, tics, grimaces, déambulation, etc.) jusqu'à des persévérations, des difficultés à aborder d'autres sujets de conversation que les centres d'intérêt de la personne, ou des compulsions, des obsessions qui peuvent évoquer au premier abord un trouble obsessionnel compulsif. Il arrive dans les formes les moins sévères de TED que la personne concernée se rende compte du caractère hors du commun de ses centres d'intérêt, et développe des stratégies pour les dissimuler, ou en diminuer l'impact sur sa vie sociale. Il arrive parfois dans ces formes relativement peu sévères que ce critère soit tellement accepté par l'entourage, ou tellement atténué, qu'il n'est pas reconnu lorsque la personne consulte. Il n'est pas exceptionnel de trouver plusieurs personnes atteintes de troubles envahissants du développement à différents degrés dans une même famille élargie.

Classification[modifier | modifier le code]

La classification médicale de référence pour les troubles envahissants du développement est la Classification internationale des maladies 10e version (CIM-10) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), auxquelles correspondent les recommandations de 2010 de la Haute Autorité de santé[2]. Dans cette classification, ainsi que dans la classification américaine Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ces troubles s'inscrivent dans la catégorie des troubles du développement qui apparaissent chez le jeune enfant et qui persistent à l'âge adulte[3].

Depuis la troisième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III) en 1981, le terme de « psychose » disparait de la cinquième version de la Classification internationale des maladies (CIM version X) et du DSM-IV-TR. La psychose désigne, selon les auteurs, soit la gravité d'une pathologie au sens psychiatrique du terme, soit la précocité de l'atteinte du développement psychologique et affectif de l'enfant, soit enfin la structuration psychopathologique du sujet en référence aux approches psychanalytiques (freudienne, kleinienne, lacanienne). La synthèse des connaissances de la Haute Autorité de santé expose sur ce point que « les termes « psychose précoce » (cf. CFTMEA-R) ou « psychose infantile » et « psychose infantile précoce » sont contestés en raison des difficultés d’interprétation qu’ils entraînent[2]. » La communauté psychiatrique et psychologique française et la Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent utilise cependant toujours ce terme de psychose, et dans le cas de l'autisme de « psychose de survenue précoce »[réf. souhaitée]. Selon Geneviève Macé d'Autisme France, cette dernière approche aurait quatre inconvénients[4] : elle augmente l'angoisse des parents dont l'enfant reçoit des diagnostics différents ; elle fait obstacle en France à la recherche internationale sur la génétique de l'autisme ; elle privilégie l'hospitalisation au détriment d'une éducation adaptée ; et elle privilégie les théories psychanalytiques aux dépens d'autres approches.

Le DSM-IV est la référence de classification américaine, et le CFTMEA une référence française. Toutefois, en France, selon les recommandations de la Haute Autorité de santé[5], le diagnostic doit actuellement être posé sur la base des classifications internationales[6]. Lorsqu'un diagnostic est fait en utilisant la classification française CFTMEA, l'équivalence CIM-10 doit être explicitement mentionnée (l’utilisation des classifications internationales vise à permettre à tous les intervenants, professionnels et parents, d'avoir une meilleure communication par l’utilisation d’une même terminologie). Les troubles envahissants de développement tendent aujourd'hui à être regroupés sous l'appellation générique de troubles du spectre autistique (TSA), même s'il reste des distinctions au sein de ce spectre[7]. Selon une publication de juillet 2009 de l'association Autisme-Europe[8] : « Le terme de diagnostic TSA remplace à présent « autisme » ou encore « trouble envahissant du développement » afin de mettre l’accent sur la spécificité des troubles du développement social et la grande variabilité des symptômes individuels. »

Classifications de l’autisme et des TED[5]
CIM-10 CIM-10 DSM IV CFTMEA
F.84 TED TED Psychoses précoces (TED)
F.84.0 Autisme infantile Troubles autistiques Autisme infantile précoce – type Kanner
F.84.1 Autisme atypique

Autres troubles envahissants du développement

Troubles envahissants du développement
non spécifiés incluant l’autisme infantile
Autres formes de l’autisme
  • Psychose précoce déficitaire
  • Retard mental avec troubles autistiques
  • Autres psychoses précoces ou autres
  • TED
  • Dysharmonie psychotique
F.84.2 Syndrome de Rett Syndrome de Rett Troubles désintégratifs de l’enfance
F.84.3 Autres troubles désintégratifs de l’enfance Troubles désintégratifs de l’enfance
F.84.4 Troubles hyperactifs avec retard

mental et stéréotypies

Pas de correspondance Pas de correspondance
F.84.5 Syndrome d'Asperger Syndrome d'Asperger Syndrome d'Asperger
F.84.8 Autres troubles envahissant du développement
F.84.9 Trouble envahissant du développement non spécifié Trouble envahissant du développement non spécifié

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Ces troubles sont définis par la Classification internationale des maladies (CIM-10) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV). Les catégories diagnostiques retenues incluent[9] : autisme (autisme infantile, autisme atypique), syndrome de Rett, trouble désintégratif de l'enfance, syndrome d'Asperger et trouble envahissant du développement non spécifié. Le terme de trouble envahissant du développement fait référence à différents troubles : c'est pourquoi il correspond plutôt à une catégorie de diagnostic et non à un diagnostic spécifique.

Traitement[modifier | modifier le code]

Une recommandation de bonne pratique a été publiée en juillet 2011 par la Haute Autorité de santé[2]. Elle vise à améliorer le repérage des troubles et le diagnostic des TED chez l'adulte, quelle que soit sa situation grâce à une meilleure connaissance de l'autisme par les professionnels, quelle que soit leur qualification et leur lieu de pratique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://www.autism-resources.com/nonfictionauthors/LornaWing.html » (consulté le 12 mars 2010).
  2. a, b et c « Autisme et autres troubles envahissants du développement », sur Haute Autorité de santé (consulté le 12 mars 2010).
  3. « Les critères diagnostiques selon le DSM-IV » (consulté le 9 septembre 2013).
  4. « Trouble du développement », sur www.france-sante.org (consulté le 9 septembre 2013).
  5. a et b [PDF] « Recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic de l'autisme » (consulté le 9 septembre 2013).
  6. DSM-IV et CIM-1, Fédération française de psychiatrie (juin 2005), « Recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic de l’autisme ».
  7. Cette dénomination a été intégrée à l'édition TR du DSM IV, et les prochaines versions du DSM et de la CIM prévoient de revoir les critères de classification et d'identification.
  8. [PDF] « Personnes atteintes d'autisme, identification, compréhension, intervention » p. 7.
  9. (en) Pervasive developmental disorders ICD-10 Version:2010, CIM10/ICD10 classification OMS. Consulté le 12 mars 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]