Marc Dutroux

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Marc Dutroux
Pédophile, tueur en série, trafiquant, kidnappeur
Naissance 6 novembre 1956 (58 ans)
Ixelles (Belgique)
Condamnation 17 juin 2004
Sentence Prison à perpétuité
Viols sur mineures suivis de meurtres
Affaires Affaire Dutroux
Victimes 7 dont 5 tuées
Période 5 juin 1995 - 15 août 1996
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Régions Flandre et Wallonie
Ville Grâce-Hollogne, Ostende,
Tournai, Bertrix,
Marchienne-au-Pont
Arrestation 15 août 1996

Marc Dutroux, né le 6 novembre 1956 à Ixelles en Belgique, est un électricien de profession, condamné à la prison à perpétuité dans ce qui est appelé « l'affaire Dutroux ».

En 2004, il est reconnu coupable d'assassinats, de viols sur mineurs, de séquestrations, d'association de malfaiteurs et de trafic de drogue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un couple d'instituteurs, Marc Dutroux est l'ainé d'une famille de cinq enfants (trois frères et une sœur)[1]. Ses parents —Victor Dutroux et Jeanine Lauwens — se sont rencontrés en 1956 à Bruxelles, et en novembre de la même année, sa mère donne naissance à Marc Dutroux, elle affirmera par la suite que c'était un enfant non désiré[2]. Son père affirme également n'être pas sûr qu'il soit son fils naturel : « qu'on a eu une relation, elle venait de quitter un autre copain. Donc, elle était peut-être enceinte de l'autre »[3]. Durant son enfance, lui et sa famille vivent quatre ans au Burundi[2], puis retournent en Belgique pour s'installer à Obaix[4]. Ses parents se séparent en 1972 ; son père est décrit comme une personne « volage »[5] ayant de « nombreux troubles psychiatriques »[2], et sa mère comme « calculatrice, égoïste et sournoise » par Marc Dutroux[6]. L'un de ses frères se suicide en 1992[1], Marc Dutroux mettra en cause sa mère dans son geste, en évoquant des relations incestueuses qu'elle aurait eues avec lui[6].

Sa scolarité en primaire est qualifiée de « normale » par sa mère, même si certains de ses enseignants de l'époque, le décrivent comme « indiscipliné et insupportable »[2]. Durant son enseignement secondaire, il se fait renvoyer des établissements de Morlanwelz, Fleurus et Charleroi pour des problèmes disciplinaires, puis obtient un diplôme d'électricien à Nivelles, mais Marc Dutroux n'est pas conservé par cette école, car il « vendait des photos osées à un élève de l'internat »[2]. Pendant sa jeunesse, son loisir favori est le patin à glace où il est qualifié « d'excellent patineur »[7],[8].

À sa majorité, il part de la maison familiale pour habiter dans un kot à Gosselies. À cette époque, d'après Libération, il essaye d'exercer le métier d'ajusteur tout en se prostituant avec des personnes homosexuelles pour gagner de l'argent[5]. Sa mère déclare : « Je n'ai jamais pensé qu'il pouvait être effectivement homosexuel [même si] jusqu'à l'âge de 18 ans, il n'a jamais fait preuve d'une attirance particulière pour les femmes […] il donnait l'impression qu'il pensait qu'une femme était un objet que l'on couche sur un lit »[2].

En 1975, Marc Dutroux entame une relation avec Françoise Dubois, une orpheline[5] âgée de 17 ans connue à la patinoire de La Louvière[9],[2]. Ils se marient l'année suivante et ont deux garçons, Dany et Xavier, nés respectivement en 1977 et 1979[10]. Le couple divorce en 1983, sa femme se plaignant de ses infidélités et de coups qu'elle a reçus[5], Marc Dutroux aurait expliqué à sa mère : « je l'ai refilée à un ami parce qu'elle ne me convenait plus »[2]. Deux ans auparavant[10] à la patinoire de Forest, Marc Dutroux rencontre Michelle Martin, institutrice âgée de 21 ans[9], il devient son amant tout en lui dissimulant sa situation familiale[11],[12]. À la suite de son divorce avec Françoise Dubois en 1983, Michelle Martin le rejoint à Charleroi dans la section de Goutroux[12], et le couple donne naissance en 1984, à un garçon prénommé Frédéric[10].

Selon le journal Libération, c'est à partir de cette période que Marc Dutroux avec plusieurs complices, effectuent de nombreux larcins en volant « tout ce qu'il trouve » et en rackettant des personnes âgées, notamment sa propre grand-mère[5]. Ensuite, il se rend en Europe centrale où il ramène en Belgique de « très jeunes filles », qu'il séquestre puis viole, parfois devant Michelle Martin[5],[13]. Lors de son procès en 2004, différents experts le décrivent comme « vrai psychopathe » plutôt que comme un pédophile, mettant en avant que « sa sexualité n'est pas uniquement orientée vers les enfants »[14].

Le 16 décembre 1988, alors qu'il est incarcéré à prison de Jamioulx, Marc Dutroux épouse Michelle Martin[12],[15]. Le couple aura deux autres enfants nés en septembre 1993 et novembre 1995, Andy et Céline[16],[12]. Selon Le Parisien, Marc Dutroux ne s'est jamais occupé de ses garçons, il désire avant tout une fille dans le but d'y pratiquer l'inceste pour « l'initier à l'amour »[7]. Étant arrêté durant l'été 1996, il ne put commettre ce crime sur Céline[7]. En 2003, alors qu'ils sont tous les deux emprisonnés, Marc Dutroux et Michelle Martin divorcent après 15 ans de mariage[17].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Premières condamnations[modifier | modifier le code]

En 1979, Marc Dutroux est condamné à une peine d'un mois d'emprisonnement pour vol, puis en 1988, à quatre mois de prison pour recel[18].

Le 4 février 1986, Marc Dutroux et Michelle Martin sont emprisonnés, ils sont accusés de séquestrations, d'enlèvements et de viols de mineures de moins de 16 ans[19] commis entre 1983 et 1985[13]. Michelle Martin est libérée en avril 1986, mais Marc Dutroux reste incarcéré[12]. En avril 1989, ils sont condamnés à respectivement 13 ans et demi et 5 ans de prison[19]. En août 1991, Michelle Martin est libérée, puis en avril de l'année suivante, Marc Dutroux sort de prison en bénéficiant d'une libération conditionnelle[19], même si le procureur et les psychiatres s'y sont opposés[20].

En novembre 1992, il est accusé d'attouchements sexuels sur des jeunes filles à la patinoire de Charleroi. Interrogé par la Police communale, il est aussitôt relâché sans être inquiété[21],[20].

Du 6 décembre 1995 au 20 mars 1996, Marc Dutroux est emprisonné à la prison de Jamioulx, pour l'enlèvement et la séquestration de deux délinquants, à la suite d'un différend après le vol d'un camion[22],[19],[23].

Affaire Dutroux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Dutroux.

En août 1996, il est arrêté avec Michelle Martin et deux complices dans ce qui est appelé « l'affaire Dutroux ». Accusé de viol et de meurtre sur des enfants et de jeunes adolescentes, cette affaire connaît un retentissement international. Elle met également en exergue les dysfonctionnements de la Justice et de la Police belge de par le passé de Marc Dutroux. En avril 1998, ce dernier parvient à s'évader pendant son transfert au palais de justice de Neufchâteau ; il est rattrapé quelques heures plus tard dans les bois de Chiny. Ce nouvel incident provoque une vague d'indignation en Belgique, ce qui contraint deux ministres à démissionner[24].

Le 17 juin 2004, Marc Dutroux est condamné à l'emprisonnement à perpétuité pour cinq assassinats, pour être le chef d'une association de malfaiteurs impliquée dans des enlèvements d'enfants, de séquestrations, de viols avec torture et de trafic de drogue[25].

En 2012, emprisonné à la prison de Nivelles, Dutroux demande à pouvoir purger sa peine à l'extérieur de la prison sous la surveillance d’un bracelet électronique[26], ce qui lui est refusé[27].

Demande de libération conditionnelle[modifier | modifier le code]

Le 24 novembre 2012, Marc Dutroux provoque l'émoi en Belgique en annonçant via son avocat Pierre Deutsch qu'il allait demander sa libération conditionnelle[28], comme son ex-épouse Michelle Martin.

Selon les termes de la loi, il devient en effet libérable le 30 avril 2013, au tiers de sa peine[28][pas clair].

Le 3 février 2013, dans un débat télévisé sur les ondes de la RTBF, le médecin de Dutroux, Michel Manage, déclare que ce dernier n'a pas changé en seize ans de détention, ce qui ne plaide pas en sa faveur[29].

Le tribunal d'application des peines doit statuer sur sa demande le 4 février 2013 à Bruxelles[30]. Plusieurs groupes ayant annoncé leur présence sur place, dont le groupe d'extrême-droite Mouvement Nation, cette comparution fera l'objet de mesures de sécurité exceptionnelles : Marc Dutroux sera escorté par 10 membres des unités spécialisées dans les transferts de la police fédérale (Gotts), transporté à bord d'un véhicule blindé escorté par un convoi de véhicules policiers et survolé par un hélicoptère de la police fédérale, le palais de justice étant surveillé par quatre pelotons supplémentaires de la police locale[30].

Les victimes de Dutroux n'ayant pas le droit d'être entendues par le tribunal d'application des peines, Jean-Denis Lejeune et Laetitia Delhez, représentés par l'avocat Georges-Henri Beauthier, décident d'attaquer l'État belge devant la Cour européenne des droits de l'homme[29].

Sa demande est finalement rejetée le 18 février 2013 par le TAP de Bruxelles en raison du risque de récidive et de « l'absence de perspective de réinsertion »[31].

Documentaire télévision[modifier | modifier le code]

Faites entrer l'accusé, présenté par Christophe Hondelatte, en août 2003, avril 2006 et mai 2009, Marc Dutroux, le démon belge, sur France 2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b La sœur de Marc Dutroux se confie à la presse sur Bel RTL, 11 août 2007
  2. a, b, c, d, e, f, g et h M. Ka., « Dutroux vu par sa mère » sur La Dernière Heure, 27 décembre 2003
  3. Céline Bayet, « Les étranges confidences du père de Marc Dutroux » sur 7sur7, 15 septembre 2009
  4. M. Ka., « Procès Dutroux - "Son père était fou!" » sur La Dernière Heure, 15 janvier 2004
  5. a, b, c, d, e et f Pascale Nivell, « Marc Dutroux, 47 ans, ferrailleur et récidiviste » sur Libération, 2 mars 2004
  6. a et b « Marc Dutroux, un personnage extrêmement manipulateur » sur Le Soir, 24 avril 1998
  7. a, b et c Valérie Brioux, « Un manipulateur assoiffé d'argent » sur Le Parisien, 24 février 2004
  8. Marc Metdepenningen et René Haquin, « Marc Dutroux patineur » sur Le Soir, 11 mai 2004
  9. a et b Marc Metdepenningen, « Marc Dutoux : portraits de famille » sur Le Soir, 6 mai 2004
  10. a, b et c Chronologie de Marc Dutroux sur Le Parisien, 24 février 2004
  11. Michelle Martin, 44 ans. L'épouse dévouée sur Libération, 1er mars 2004
  12. a, b, c, d et e Annick Hovine, « Michelle Martin, d'une » sur La Libre Belgique, 26 février 2004
  13. a et b Marc Dutroux, symbole du mal absolu pour des millions de Belges sur 20 minutes, 13 juin 2006
  14. AFP, « Dutroux, un vrai psychopathe » sur le site de TF1, 5 mai 2004
  15. Michelle Martin, studieuse et intelligente mais soumise sur La Libre Belgique, 10 mai 2004
  16. An.H., « Effarouchée, peureuse, Michelle Martin? Non, manipulatrice! » sur La Libre Belgique, 31 mars 2004
  17. Jean-Pierre Stroobants, « En Belgique, l'ancienne compagne de Marc Dutroux est libérable » sur Le Monde, 31 juillet 2012
  18. Marc Dutroux, intelligent et manipulateur sur La Libre Belgique, 19 février 2004
  19. a, b, c et d Affaire Dutroux : Les grandes dates du dossier sur le site de la RTBF, 5 août 2011
  20. a et b Fabrice Aubert, « Affaire Dutroux : l'horreur qui révulsa la Belgique » sur le site de TF1, 29 février 2004
  21. Rapport de la Commission Dutroux II sur Le Soir, 17 avril 1997
  22. Marc Metdepenningen, « L'ex-inspecteur Georges Zicot sur le banc des prévenus » sur Le Soir,10 janvier 2005
  23. Élisabeth Fleury, « Dutroux nie le meurtre d'un complice » sur Le Parisien, 15 avril 2004
  24. AFP et Reuters, « Sa cavale réveille les démons de la Belgique » sur Libération, 24 avril 1998
  25. Valérie Gas, « Marc Dutroux jugé coupable » sur RFI, 17 juin 2004
  26. Dutroux introduit une demande de bracelet électronique, sur 7sur7, 14 septembre 2012
  27. AFP, « Belgique. Marc Dutroux a fait une demande de bracelet électronique » sur Ouest-France, 14 septembre 2012
  28. a et b Marc Metdepenningen, « Dutroux demande sa libération conditionnelle », Le Soir,‎ 24 novembre 2012
  29. a et b « Libération conditionnelle: une loi sur mesure pour Marc Dutroux? », RTBF Info,‎ 3 février 2013
  30. a et b « Libération conditionnelle: mesures de sécurité renforcées pour la venue de Marc Dutroux à Bruxelles », RTL Info,‎ 1 février 2013
  31. « Belgique : Marc Dutroux reste en prison », sur leparisien.fr,‎ 18 février 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]