Développement psychomoteur

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Le développement psychomoteur est l'évolution des acquisitions sensorielles, motrices et cognitives d'un individu au cours de sa vie. Il est évaluable par l'analyse de son comportement[1] . Ce développement est important chez le nourrisson et l'enfant, période de la vie où les acquisitions sont très nombreuses. Un retard de développement psychomoteur peut évoquer une pathologie neuropédiatrique ou pédopsychiatrique.

Le développement psychomoteur de l’enfant de 0 à 3 ans[modifier | modifier le code]

Ce développement est important chez l'enfant, ces périodes de la vie sont considérées comme celles où les acquisitions sont les plus nombreuses. Ce développement ne peut se faire que suivant un mode interactif entre ses différentes composantes et avec l'environnement relationnel de l'enfant.

Le terme de « développement psychomoteur » indique le caractère indissociable des aspects corporels et psychiques du développement. Il implique le parallélisme et la concomitance des progrès sur deux plans : la maturation neuromusculaire (tonus, motricité, sens) ; le développement psycho-affectif, cognitif et social. Le pivot de ces interactions est en fait social, soutenu par l'ensemble des émotions et des affects, des modifications toniques, mimiques et kinesthésiques que l'enfant éprouve au début de sa vie. Les premières cognitions, par exemple, s'organisent grâce aux interactions qui s'accumulent et à la synchronisation des vocalises et des échanges de regards entre le bébé et sa mère.

L'histoire psychomotrice diffère pour chaque enfant. Chaque situation requiert donc la plus grande attention, et une approche personnalisée pour identifier au plus tôt les signaux émis par l'enfant et sa mère. Le développement psychomoteur s'accomplit selon une succession d'étapes incontournables mais avec un rythme propre à chaque enfant, et une chronologie relativement souple dans une certaine mesure.

Pour les besoins de l'exposé les développements sensoriel, moteur, psycho-affectif et cognitif sont traités de façon différenciée. Cependant l'enfant grandit comme une entité globale, et les différents apports du développement s'enrichissent et se répondent dans un processus dynamique où les contextes sociaux et culturels ont toute leur importance.

Le développement psychomoteur de l'enfant suit plusieurs étapes[réf. souhaitée] :

  • 1re phase : nourrisson (0 à 1 mois) qui est une période impulsive pure où la motricité est spontanée il s'agit de réaction automatique primaire (réflexe archaïque) ;
  • 2e phase : phase émotionnelle : décrite par Henri Wallon ; la motricité perd de son caractère impulsif ;
  • 3e phase : phase de perfectionnement ; contrôle tonico-moteur (« exubérance motrice ») + apparition de la latéralisation (droitier/gaucher).

Description du développement sensoriel[modifier | modifier le code]

Audition[modifier | modifier le code]

L'enfant entend dans l’utérus. Dès la naissance il tourne la tête vers une source sonore, sans toutefois distinguer les différentes sources sonores. Cette localisation de la source sonore se fera vers le troisième mois, ce qui lui permettra de distinguer les bruits et les voix. La maturation du système auditif sera effective vers le sixième mois, le bébé étant alors sensible aux intonations et à la musique.

Un trouble de l'audition peut être détecté à l'examen du huitième jour. Il peut aussi survenir plus tard, par exemple du fait d'une otite chronique. L'enfant ne réagit pas à l'appel ou au bruit, ne développe pas un langage structuré, paraît trop sage. On peut observer un retard de la parole, des difficultés scolaires, un repli sur soi ou une hyper-excitabilité...

Olfaction[modifier | modifier le code]

Sens important dès la vie fœtale, puisque le fœtus perçoit l'odeur de sa mère contenue dans le liquide amniotique. L'olfaction est ainsi à la base de l'attachement mère-enfant dès la naissance. Un linge ou un « doudou » imprégné de l'odeur de la mère facilite la réassurance du bébé en l'absence de la mère (par exemple au berceau).

Goût[modifier | modifier le code]

Le bébé perçoit quatre saveurs primaires : salé, sucré, acide, amer. L'allaitement maternel favorise la découverte de ces saveurs différentes et développe le goût (via le développement des papilles gustatives), de même que la diversification alimentaire ultérieure.

Vision[modifier | modifier le code]

  • À la naissance, l'acuité visuelle est de 1/10, la perception nette se situe vers 30-50 cm de distance. Les paupières s'ouvrent et se ferment continuellement, telles celles d'une poupée.
  • Vers 8-10 jours, l'enfant fixe son regard sur les objets proches.
  • Vers 1 mois, arrêt des « mouvements automatiques » des paupières. Le bébé suit des yeux les objets de grande taille proches de lui, sur un angle de 90° et sur un plan horizontal.
  • À 2 mois le suivi des objets se fait sur un angle de 180°, toujours sur un plan horizontal. Le bébé voit les couleurs de façon pastelle (d'où les couleurs vives données aux jouets destinés aux jeunes enfants). Il est attiré par les visages humains, les fixe et leur sourit.
  • À 3-4 mois la vision est nette jusqu'à une distance de 80 cm, la poursuite du regard est verticale aussi bien qu'horizontale.
  • La vision binoculaire intervient vers 4-6 mois.
  • À 6 mois le développement de l'œil est achevé.
  • De 9 à 24 mois se met en place la coordination fine de la vision, aboutissant à la perception de la profondeur.
  • La vision périphérique s'installe de 12 à 18 mois.
  • À 24 mois l'acuité visuelle est de 10/10.

Toucher[modifier | modifier le code]

Le toucher est l'organisateur psychique de l'être humain, le sens à partir principalement duquel se développe le sentiment de l'unité du soi. Il est l'une des premières expériences du fœtus et du nouveau-né, dans le corps-à-corps avec sa mère (par exemple lors de la tétée).

La compétence tactile joue un rôle important, au travers des manipulations répétées, dans la découverte de son corps, des objets ensuite, puis dans l'apprentissage de l'environnement.

Développement moteur[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la prise de contrôle progressive par l'enfant de son système musculaire au fur et à mesure de la disparition de la motricité primaire (réflexes archaïques), de la maturation du système nerveux central, de la progression de son éveil, et de la répétition de ses expériences motrices. Ce développement moteur est indissociable du développement sensoriel avec lequel il fonctionne en interaction permanente.

Grandes lois du développement[modifier | modifier le code]

Le développement moteur est soumis à plusieurs lois, qui s'articulent selon un rythme variable suivant l'enfant et l'environnement.

Loi de différenciation 
L'activité motrice est d'abord globale, puis s'affine, devient de plus en plus élaborée et localisée. Le bébé passe d'une motricité réflexe à une motricité volontaire : réflexe d'agrippement (grasping) à 1-2 mois, préhension au contact d'un objet placé dans sa main à 3-4 mois, préhension volontaire à 5-6 mois.
Loi de variabilité 
La progression est non uniforme et non continue : périodes de progression rapide suivies de stagnations et de possibles régressions. Chaque enfant évolue donc à son rythme (exemple de la marche).
Loi de succession 
Elle se décompose elle-même en deux lois :
  • loi de progrès céphalo-caudale : le progrès moteur se fait du haut vers le bas du corps, depuis la libération du point d'appui de la tête vers la verticalisation des membres inférieurs ;
  • loi proximo-distale : du centre vers l'extérieur : le contrôle des segments proximaux du corps, tels que le tronc et les épaules, intervient avant celui des segments distaux comme la main.

Le développement des capacités posturales[modifier | modifier le code]

Durant les deux premiers mois la tête et le tronc sont mous, les membres hypertoniques (toujours fléchis). Progressivement l'axe du corps se tonifie, et bébé peut tenir sa tête droite et son dos ferme vers les 3ème-4ème mois, et peut vers la même période rouler sur le côté.

Vers le 5ème-6ème mois il acquiert la capacité de rester assis s'il est tenu. Il peut s'appuyer sur les mains, rouler du dos sur le ventre, faire l'avion. Deux mois plus tard (7ème et 8ème mois) il tient assis seul, et peut jouer avec ses pieds.

La reptation se met en place vers 6 mois, et le déplacement à 4 pattes se met en place lors du 8ème mois. Les premiers pas apparaissent généralement entre 11 et 15 mois, en même temps que la capacité à pousser un objet devant lui. La marche se développera jusqu'au 18ème mois, et jusqu'à trois ans l'enfant la perfectionnera jusqu'à pouvoir monter seul un escalier, jouer au ballon, courir, sauter à cloche-pied...

Le développement des capacités de préhension[modifier | modifier le code]

Elle permet à l'enfant de se saisir de ce qu'il a vu, et ainsi d'appréhender le monde extérieur par manipulation et découvertes.

Le nouveau-né possède un réflexe d'agrippement des objets placés dans sa main. Ce réflexe évolue pour lui permettre vers les 3ème-4ème mois d'attraper un objet placé au contact de sa main. À la même période il fait la découverte de ses mains. La préhension volontaire et prolongée intervient aux 5ème-6ème mois, ce qui lui permet de porter les objets à sa bouche.

La préhension s'affine progressivement. Les 7ème-8ème mois voient se développer la préhension en pince inférieure (entre le pouce et le petit doigt), la préhension en pince supérieure (entre le pouce et l'index) commençant à se mettre en place vers les 9ème-10ème mois. Dans le même temps l'enfant acquiert la capacité à relâcher volontairement et à jeter les objets.

La pince supérieure se perfectionne vers la fin de la première année. Les deux années suivantes permettent à l'enfant de maitriser des gestes de plus en plus précis et complexes, jusqu'à pouvoir manger ou se nettoyer seul, dessiner, tourner les pages d'un livre...

Conditions favorables du développement moteur[modifier | modifier le code]

Le développement moteur est lié non seulement à la maturation neurologique du cerveau, mais dépend aussi d'un régime alimentaire adapté, de conditions de vie, d'habitat et d'hygiène correctes, de la stimulation apportée par l'environnement, de l'affection chaleureuse et sécurisante offerte par les parents.

Le respect du développement de sa mobilité, et des activités adaptées au rythme de développement de l'enfant, sont également indispensables. Il est donc important de lui proposer des jouets correspondant à ses acquis, lui permettant de les approfondir et de faire de nouvelles découvertes. Jusqu'à 6 mois on lui proposera ainsi plutôt des objets orientés vers le « voir-entendre-toucher » (tels que peluches, hochets, mobiles musicaux, bouliers, tapis d'éveil...). De 7 à 10 mois environ ce seront plutôt les compétences de « saisir-jeter-pousser-mordiller » qui seront soutenus, par des objets tels que les cubes, les livres cartonnés, les gobelets gigognes. Vers 11-12 mois l'enfant aimera empiler, combiner, disperser, et appréciera les jouets à construire, les seaux, les pelles, râteaux… Puis viendront les jeux plus complexes permettant de « faire et défaire » vers 13-18 mois, et d'observer, imiter, imaginer, comprendre à partir de deux ans.

Théories psychanalytique du développement psycho-affectif[modifier | modifier le code]

La « naissance psychologique » de l'être humain est distincte de sa « naissance biologique ». Le processus de séparation psychique d'avec la mère est essentiel les trois premières années, et se prolonge tout au long de la vie.

La relation avec la mère : de la fusion aux prémices de la séparation[modifier | modifier le code]

Notion de dyade et phase symbiotique (jusqu'au 4ème mois) 
La dyade mère-enfant se constitue donc par la série d'échanges entre eux deux. Le sourire, notamment, constitue un organisateur du psychisme, il est le prototype des relations sociales du bébé avec son entourage. À ce titre il est un indice de fonctionnement de la dyade mère-enfant.
Au stade de la dyade la mère et l'enfant sont encore dans un état fusionnel où l'enfant ne fait pas de différence entre lui et sa mère. La mère joue alors le rôle de Moi auxiliaire de l'enfant. Le maternage permet à l'enfant de développer ses perceptions sensorielles : il perçoit peu à peu que la satisfaction des différents besoins provient d'un objet extérieur, représenté par la mère.

Différentes notions sont importantes à ce stade du développement :

  • l'attachement : Bowlby définit la pulsion d'attachement comme un besoin primaire, spécifique, présent à la naissance, avec des caractéristiques propre à l'espèce humaine, au même titre que la faim, la soif et le sommeil. La mère est dans cette perspective le premier objet primaire d'attachement. Le bébé est sécurisé par la présence de sa mère, et lorsqu'il commence à se déplacer par lui-même il ne s'éloigne pas d'elle au-delà d'une distance qui la lui laisse accessible. Cette pulsion d'attachement a aussi un rôle de socialisation. L'attachement se déplace en effet de la mère vers les proches, puis aux étrangers. Ceci aidera l'enfant à structurer sa personnalité ;
  • la préoccupation maternelle primaire : il s'agit de la capacité d'empathie qui permet à la mère de savoir ce dont son bébé a besoin, d'anticiper sur les besoins de son bébé. Elle se traduit par de nombreuses interactions comportementales (échanges de regards, paroles lors des repas), sentimentales (émotion, plaisir partagé), imaginaires et fantasmatiques (rêveries, fantasmes et désirs au sujet de l'enfant) ;
  • la sécurité par le Holding : Le Holding, notion décrite par Winnicott, désigne la façon dont l'enfant est porté physiquement et psychiquement par la mère (ou l'entourage). La mère favorise ainsi le sentiment d'exister du bébé : la qualité du portage (Handling), l'enveloppe corporelle que forme les bras de la mère et qui contient le bébé, le protège de la sensation de « partir en morceaux », favorisant ainsi la maturation du Moi de l'enfant ;
  • le stade oral : à la symbiose mère/enfant, qui se prolonge en partie tout au long de la première année, correspond un certain nombre de caractéristiques qui définissent le stade oral. À ce stade, la zone érogène est constituée par les lèvres, la langue et la cavité buccale tout entière. Il s'agit de faire passer à l'intérieur de soi des éléments de l'environnement extérieur, avec la nourriture ou les informations sensitivo-sensorielles (nutrition ou perception). C'est l'année consacrée à la préhension : prise d'aliments mais aussi prise d'informations au sens large. La fonction alimentaire sert de médiateur principal à la relation symbiotique mère-enfant et le plaisir oral vient s'étayer sur l'alimentation ;
  • du lien de l'allaitement à l'angoisse de sevrage : l'allaitement contribue donc aux interactions mère/nourrisson. Son arrêt se produit lorsque l'enfant et la mère éprouvent le besoin souvent inconscient de se tourner vers l'extérieur. Le sevrage, passage de l'alimentation lactée à l'alimentation diversifiée, se met alors en place dès les premiers mois, avec deux moments difficiles : le passage du sein à la tétine, qui prive l'enfant des sensations liées au sein ; et l'introduction de la cuillère (à partir du 4e-6e mois), qui amène une discontinuité supplémentaire dans l'alimentation. Il est important, lors de ce processus, que la mère accompagne l'enfant d'un « holding renforcé » à l'aide du toucher, du regard, de la parole. Le sevrage contribue au processus de séparation, et s'accompagne d'une angoisse de sevrage, qui est selon Freud une des angoisses constitutives de l'angoisse de séparation.

La prise de conscience par l'enfant de son état de sujet[modifier | modifier le code]

À partir du 4ème mois se met en place le processus de séparation-individuation, qui va permettre la différenciation du bébé et le développement de son image corporelle. Par l'exploration progressive de son environnement (permise par le développement moteur, qu'elle soutient en retour) l'enfant semble de plus en plus pressentir que son corps est un ensemble unifié et délimité.

L'angoisse du 8ème mois : Au cours du processus de séparation-individuation l'enfant se rend progressivement compte qu'il ne constitue pas une réalité unifiée avec sa mère. Il s'en aperçoit par le fait que sa mère est susceptible de disparaître, et qu'elle ne s'identifie pas avec les autres personnes de l'entourage. Il éprouve ainsi une angoisse lors de l'absence de sa mère, et un rejet des autres personnes de son entourage proche qu'il semble ne plus reconnaître. Ceci constitue l'angoisse du 8ème mois, apaisée par l'objet transitionnel (le « doudou ») qui crée l'illusion de la permanence de l'objet émotionnel. Le doudou est également la première possession de l'enfant, et participe à la créativité et à la vie imaginative de l'enfant.

L'activité motrice de l'enfant, constamment améliorée, joue un rôle fondamental dans l'évolution de la relation avec sa mère. Tout en restant dans une proximité physique rassurante l'enfant se sent inconfortable dans la relation symbiotique avec sa mère et commence à s'en éloigner par un ensemble de déplacements qui correspond à ses capacités motrices du moment. C'est le stade des essais, du 9ème au 16ème mois.

Le stade du rapprochement : du 15ème au 24ème mois. À ce stade la peur de l'enfant de perdre l'amour de sa mère devient évidente. C'est une période marquée par l'instabilité de l'humeur, par des mouvements alternatifs de rapprochement et d'éloignement. La sphère sociale s'élargit, dépassant le cadre mère-enfant pour inclure davantage le père, puis les pairs.

L'agressivité de la phase anale sous-tend cette période. Le stade anal, de 1 à 3 ans environ, correspond à l’acquisition de la notion de propreté chez l’enfant par le contrôle sphinctérien. C’est un premier pas vers la socialisation puisque bébé réalise qu'en fonction de son comportement il peut décider de faire plaisir ou non (narcissisme secondaire), et acquiert la capacité de dire « non ». Il s’agit de l’une de ses premières possibilités d’agir sur son environnement social. La phase anale présente ainsi des effets constructifs, notamment la revendication de l'autonomie par l'accès au « non ». L'enfant développe à ce moment la capacité à vivre seul, consolide son individualité et la permanence de l'objet émotionnel.

Suivra ensuite le stade phallique (au cours de la troisième année de vie), qui permettra notamment à l’enfant de prendre progressivement conscience de sa différenciation sexuelle.

L'acquisition du schéma corporel[modifier | modifier le code]

L'image de notre corps se constitue par identification au corps de l'autre, mais cette identification se construit aussi en parallèle avec le processus de différenciation que nous venons de décrire.

Entre 4 et 6 mois, l'enfant ne se reconnaît pas devant un miroir, il pense que c'est un autre enfant qui est en face de lui. Il le touche, lui parle, regarde derrière le miroir. Entre 6 et 8 mois il découvre que l'autre enfant dans le miroir n'est qu'une image et non un être réel. Vers 1 an il comprend que l'image du miroir c'est son propre corps. Il se perçoit comme un tout et s'identifie à l'image réfléchie. C'est sa mère qui, le regardant dans la glace, en lui disant « c'est toi, là » lui ouvre la voie de l'identification à l'image. (Lacan, le stade du miroir) C'est ainsi qu'il prend conscience de l'intégrité de son corps.

Développement cognitif[modifier | modifier le code]

Le développement intellectuel[modifier | modifier le code]

Le développement de l’intelligence est une activité de l’esprit, un processus intellectuel dont la fonction est la connaissance et l’apprentissage des acquis. Il est aussi appelé développement cognitif. Il est caractérisé par quatre phases, dont les deux premières sont :

  • De 0 à 18 mois : l'intelligence sensori-motrice. C'est une intelligence qui se développe grâce à l'expérience concrète : actions réflexes, actions découvertes par hasard sur le corps puis sur les objets, et enfin actions volontaires, intentionnelles.
  • De 18 mois à 3 ans : l'intelligence symbolique. L'enfant réfléchit avant d'agir, il aime les jeux symboliques (jouer à la poupée, à la dînette), il reproduit les actions des adultes en dehors de leur présence.

Langage verbal et expression corporelle[modifier | modifier le code]

Le développement du langage verbal et corporel sont sous-tendus par le développement intellectuel, aussi bien sensori-moteur que psycho-affectif. Ils sont également liés entre eux, et dépendent de l’environnement affectif et culturel (dès la vie fœtale) stimulant et source de stimulations, mais également de l’intégrité des systèmes sensoriels de réception et d’expression. La qualité et l’acquisition du langage de l’enfant dépend de l'attitude des adultes et de leur capacité à dialoguer avec l’enfant.

Étapes du langage verbal : Le langage verbal s’exerce dès les premières heures de vie et l'enfant, sensible à la voix humaine, va puiser au cours de ses interactions avec son environnement les éléments de reproduction et d’élaboration des sons, des mots et des phrases. À travers cet apprentissage c’est la construction de sa pensée que l’enfant va pouvoir développer. Durant les deux premiers mois l'enfant émet des vagissements, mais communique par les pleurs. Les 3ème et 4ème mois sont marqués par la vocalisation (voyelles), identique pour tous les enfants du monde, tandis que le babillage des 5ème et 6ème mois est influencé par l'environnement linguistique de l'enfant. À partir du 7ème mois apparaissent les monosyllabes (ma, pa, ba, da) qui s'organiseront progressivement entre elles, puis en mots et en phrases vers un an. L'enfant associe geste et parole dès le 9ème mois. L'explosion du vocabulaire et de la syntaxe se fera au cours de la deuxième et de la troisième année.

Étapes de l'expression corporelle : Le 2ème mois voit l'apparition des premiers sourires aux visages familiers (père, frère et sœur), et bien sûr essentiellement à la mère. Le 3ème mois est celui de l'apparition du langage du corps : frétillement actif, intentionnel et coordonné. Bébé s'agite, associant mouvements des pieds et des bras à des cris de joie ou de détresse. Il peut se crisper si sa mère veut le remettre au lit, tendre le corps vers l'objet convoité. Le développement de l'expression corporelle suivra ensuite celui des apprentissages sensori-moteurs et sociaux.

Intérêt pour le soignant[modifier | modifier le code]

Une connaissance approfondie du développement psycho-moteur normal permet au professionnel de s'assurer que les conditions d'un bon développement psychomoteur sont réunies, et de dépister un éventuel retard de développement. Le soignant exerçant auprès d'enfants à donc un rôle d'évaluation et de prévention essentiel :

  • évaluer le développement de l'enfant dans ses différents aspects psychomoteurs et psychoaffectifs : à partir de l'examen neurologique du nouveau-né (présence des réflexes archaïques : succion, points cardinaux, agrippement, marche automatique, Moro, extension croisée ; tonus), et à toutes les étapes du développement ;
  • assurer le recueil de données, par l'observation de l'enfant, en vue d'évaluer la qualité de la prise en charge au regard des besoins fondamentaux propres à cette période de la vie ;
  • dépister de manière précoce toutes les anomalies susceptibles d'entraver le développement de l'enfant : par exemple il est utile de savoir qu'un enfant sourd ne babille pas au 5ème-6ème mois ; de même une hypotonie, une somnolence, un manque de réactivité peuvent indiquer des troubles du sommeil ;
  • mener des actions de prévention et de promotion de la santé en faveur des enfants afin de réduire les facteurs de risques liés à une inadaptation de l'environnement de l'enfant ; assurer une information et une éducation des parents.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hayslip, Bert JR. et al. (2006) « Developmental Stage Theories » Chapter in:Michel Hersen & Jay C. Thomas (ed) Comprehensive Handbook Of Personality and Psychopathology. Retrieved October 14, 2012 [1]