Agoraphobie

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Agoraphobie
Classification et ressources externes
CIM-10 F40
F40.00 Agoraphobie indéfinie, F40.01 Avec trouble panique, F40.02 Sans trouble panique
CIM-9 300.22 Sans trouble panique, 300.21 Avec trouble panique
MeSH D000379
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L'agoraphobie (du grec ancien ἀγορά / agorá (« place publique », « assemblée ») et φόβος / phóbos (« peur »)) est une phobie correspondant à la peur des lieux publics, des espaces ouverts, et par extension, de la foule. Cette phobie se manifeste par un sentiment d'insécurité dans les lieux publics ou les vastes espaces et par la peur de ne pas pouvoir s'échapper en cas de problème.

Elle ne doit pas être confondue avec l'ochlophobie qui correspond à la peur de la foule en tant que masse oppressive.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1871, le neuropsychiatre berlinois Carl Westphal invente le terme d'« agoraphobie » après avoir remarqué que certains de ses patients manifestaient une anxiété extrême et même un sentiment de terreur s'ils devaient se rendre sur certaines places publiques de la ville[1].

Prévalence et incidence[modifier | modifier le code]

L'agoraphobie touche de 2 à 4 % de la population. Sous sa forme mineure (agoraphobie simple) elle se développe entre la fin de l'adolescence et la trentième année environ. La forme majeure s'accompagne généralement de troubles paniques et survient entre 30 et 45 ans.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Si l'origine de ce trouble diffère selon les sujets, il survient le plus souvent à la suite d'un traumatisme psychique (accident, deuil, chômage…). Il peut s'accompagner d'autres syndromes, phobies ou troubles compulsifs (dépression, claustrophobie…).

L'angoisse générée par cette manifestation phobique peut être de différente intensité selon le sujet. Certains sujets peuvent avoir des attaques de panique. À l'exception des personnes présentant des pathologies particulières (insuffisance cardiaques, asthme…), les attaques de panique n'ont aucun danger pour la santé. Néanmoins, les victimes comparent ces épisodes à une sensation de mort imminente.

Ces attaques de panique présentent une ou plusieurs caractéristiques psychologiques et manifestations physiques :

  • palpitations, tachycardie (accélération du rythme cardiaque) ;
  • tremblements ou secousses musculaires (d'où vient le nom de spasmophilie) ;
  • douleur, gênes thoraciques ;
  • sensation d'étranglement, souffle court ;
  • parfois, déréalisation ou dépersonnalisation.

Les patients subissent une forte peur soudaine, les sensations de vertige, d'étouffement, de perte de contrôle, accompagnées des manifestations physiques d'une angoisse intense, ce qui les amène à redouter les situations dans lesquelles ils craignent d'avoir peur (peur d'avoir peur = phobophobie). Ils peuvent alors élaborer un processus dit d’« évitement », consistant à éviter toute situation représentant l'objet de leur phobie.

Dans ce dernier cas, l'agoraphobe risque ainsi d'entrer progressivement dans un processus de dé-sociabilisation et présenter à terme un syndrome dépressif majeur.

Traitement[modifier | modifier le code]

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont aujourd'hui les plus indiquées dans le traitement de ce trouble. La relaxation et l'apprentissage du contrôle de soi (émotions et manifestations corporelles conséquentes) va permettre au patient d'atténuer l'anxiété persistante et de se confronter plus sereinement aux situations redoutées. Pour cela, une technique de désensibilisation systématique met le patient en situation phobogène, en imagination, dans un premier temps, puis progressivement, en situation réelle « in vivo ». Également appelée thérapie d'exposition qui consiste en une exposition répétée, progressive et contrôlée, à l'environnement posant problème, dans l'objectif de désensibiliser le patient. La thérapie d'exposition peut comprendre l'identification des pensées qui surgissent face à l'environnement, la réflexion sur ces pensées, et le changement des pensées si elles sont inappropriées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Carl Westphal, « Die Agoraphobie, eine neuropathische Erscheinung », Archiv. Psychiatr. Nervenkr, 1871-72;3:138-161.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kathryn Milun, Pathologies of modern space : empty space, urban anxiety, and the recovery of the public self, Rotledge, New York, 2007, 325 p. (ISBN 978-0-415-95274-3)
  • Jean-Luc Émery, Surmontez vos peurs : vaincre le trouble panique et l'agoraphobie, Odile Jacob, Paris, 2008, 302 p. (ISBN 978-2-7381-2094-6)
  • Franck Peyré, Faire face à l'agoraphobie : foule, isolement, endroits clos, hauteurs, transports, conduite, etc., Retz, Paris, 2006, 231 p. (ISBN 978-2-7256-2503-4)
  • Dominique Servant, Attaques de panique et agoraphobie : diagnostic et prise en charge, Masson, Paris, 2001, 197 p. (ISBN 978-2-294-00442-1)
  • Hiel, Moi, ago (ou la vie d'une agoraphobe), Genre : Témoignage, 2009, 174 p. (ISBN 978-2-7466-1347-8)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

  • Copycat (1995), dans lequel Sigourney Weaver campe une psychologue devenue agoraphobe après l'agression d'un de ses patients.
  • Thomas est amoureux (2001), a pour thème l'agoraphobie.
  • Citadel (2012), voit le héros devenir agoraphobe à la suite de l'agression de son épouse.
  • Les Derniers Jours (2013), thriller post-apocalyptique dans lequel une épidémie d'agoraphobie se propage sur la planète.
  • The Best Offer, La migliore offerta, film dramatique italien de Giuseppe Tornatore, sorti en 2013.

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Ludographie[modifier | modifier le code]

  • Heavy Rain, développé par le studio français Quantic Dream : Ethan Mars, l'un des personnages principaux, est devenu agoraphobe à la suite de la mort de son premier fils, la foule lui rappelant l'accident. Au cours du jeu, il sera atteint par plusieurs crises.

Lien externe[modifier | modifier le code]