Syndrome de Wernicke-Korsakoff

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Wernicke–Korsakoff syndrome
Classification et ressources externes
Thiamine-2D-skeletal.png
Thiamine
CIM-10 E51.2, F10.6
CIM-9 294.0
OMIM 277730
MedlinePlus 000771
eMedicine med/2405 
MeSH D020915
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Le Syndrome de Wernicke-Korsakoff est une combinaison du syndrome de Korsakoff, qui rassemble une atteinte de la mémoire antérograde (perte de la mémoire à court terme), une confusion, une aphonie (mutisme) et une affabulation, et de l'encéphalopathie de Wernicke dont les symptômes sont une paralysie des yeux, un nystagmus (tremblement incontrôlable des yeux), un coma et, si le patient n'est pas traité, la mort.

Histoire[modifier | modifier le code]

Alors que la maladie de Wernicke fut initialement décrite en 1881 par un neuropsychiatre allemand[1] et la « psychose » de Korsakoff par un russe en 1889[2],[3], l'hypothèse d'une cause unique aux deux fut émise en 1897 par Muravieff, en russe : Муравьёв[4]. La cause précise ne fut identifiée que durant les années 1930, quand l'avitaminose fut évoquée pour la première fois par Bender et Schilder, et liée à un déficit en thiamine par Prickett en 1934, Alexander en 1940[5],[6].

Causes[modifier | modifier le code]

Cet état résulte d'une carence aiguë en thiamine (vitamine B1), à laquelle s'ajoute une carence chronique. La thiamine participe au métabolisme du glucose, et toute activité qui demande la métabolisation du glucose sans fournir de thiamine peut entraîner un syndrome de Wernicke-Korsakoff. On retrouve cette pathologie principalement chez les alcooliques chroniques et mal nourris[6],[7]. Au niveau du cerveau, les corps mamillaires sont atteints.

Vue 3D des corps mamillaires (en rouge).

Diagnostic[modifier | modifier le code]

On peut confirmer le diagnostic par une analyse sanguine du taux de thiamine. Le traitement le plus courant consiste à injecter de la thiamine par intraveineuse ou intramusculaire pour ralentir la maladie, puis un traitement sur le long terme, à base de pastilles orales, pour le rétablissement.

Encéphalopathie de Wernicke[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Encéphalopathie de Wernicke.

Les symptômes sont d'apparition aigüe. L'encéphalopathie de Gayet Wernicke débute souvent par des troubles oculomoteurs (nystagmus), paralysies des yeux (ophtalmoplégie) avec diplopie qui sont caractéristiques. On observe aussi fréquemment une impossibilité pour le malade de déglutir, des troubles de l'équilibre (ataxie), une confusion, une somnolence et une perte de la mémoire à court terme.

La triade classique est la confusion, l'ophtalmoplégie (paralysie oculomotrice) et ataxie (manque de coordination), cependant l'association de ces troubles n'est retrouvée que dans 10 % des cas[8].

Syndrome de Korsakoff[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Syndrome de Korsakoff.

Les symptômes majeurs du syndrome de Korsakoff sont[9] :

  • une amnésie antérograde ;
  • une désorientation temporo-spatiale c'est-à-dire une incapacité de se repérer par rapport au temps et à l’espace. En général, la désorientation temporelle précède la désorientation spatiale[10] ;
  • une difficulté à la restructuration perceptive (insight) ;
  • une anosognosie (méconnaissance/déni de la pathologie) ;
  • une amnésie rétrograde des dernières années de sa vie (l'individu ne se souvient plus de son passé -mais a tendance à se souvenir de son passé lointain- et ne peut plus acquérir de nouvelles informations en mémoire à long terme) ;
  • la répétition immédiate est conservée ;
  • fabulations et fausses reconnaissances ;
  • des persévérations (radotage) ;
  • une apathie et un émoussement émotionnel.

Dans les cas les plus typiques, il n'y a pas d'autres troubles cognitifs. Cependant, une altération des fonctions exécutives est fréquente avec une diminution des performances globales[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Article « Encéphalopathie de Wernicke (ou de Gayet-Wernicke) » sur le site anglophone « Who Named It? »
  2. Sergueï Korsakoff, « Étude médico-psychologique sur une forme des maladies de la mémoire », Revue Philosophique de la France et de l’Étranger, vol. 28,‎ 1889, p. 501-530 (lire en ligne [docx])
  3. (en) Article « Psychose et syndrome de Korsakoff » sur le site anglophone « Who Named It? »
  4. (en) M Victor et AH Ropper, Adams and Victor's Principles of Neurology, New York, The McGraw Hill Companies,‎ 2001, 7e éd., p. 1206-7
  5. (en) M Victor, RD Adams et GH Collins, The Wernicke-Korsakoff Syndrome and Related Neurologic Disorders Due to Alcoholism and Malnutrition, Philadelphia, F.A. Davis Co,‎ 1989
  6. a et b (en) Peters TE, Parvin M, Petersen C, Faircloth VC, Levine RL., « A case report of Wernicke's encephalopathy in a pediatric patient with anorexia nervosa--restricting type », J Adolesc Health., vol. 40, no 4,‎ 2007, p. 376-83. (lien PubMed?)
  7. (en) McCormick LM, Buchanan JR, Onwuameze OE, Pierson RK, Paradiso S., « Beyond alcoholism: Wernicke-Korsakoff syndrome in patients with psychiatric disorders », Cogn Behav Neurol., vol. 24, no 4,‎ 2011, p. 209-16. (liens PubMed? et DOI?, lire en ligne)
  8. (en) [PDF] Trust Protocol: The Newcastle Upon Tyne Hospitals, « Alcohol withdrawal » consulté le 10 août 2011.
  9. a et b C. Derouesné « Encéphalopathies alcooliques et carentielles » Encyclopédie médicochirurgicale juillet 2012
  10. (en) G.E. Berrios, « Disorientation states and psychiatry », Comprehensive Psychiatry, Elsevier, vol. 23, no 5,‎ 1982, p. 479-491 (ISSN 0010-440X, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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