Paraphrénie

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Paraphrénie
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CIM-10 F22.0, F20.0
CIM-9 297.2
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La paraphrénie est un trouble mental caractérisé par un délire paranoïde avec ou sans hallucinations (comme les symptômes positifs de la schizophrénie) sans troubles cognitifs (symptômes négatifs)[1],[2],[3]. Ce trouble se distingue aussi de la schizophrénie par une occurrence moins élevée, moins d'inadaptation prémorbide et une progression plus lente[4]Ce type de trouble atteint habituellement les personnes âgées et a une prévalence estimée entre 2 et 4 %[2],[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terme de « paraphrénie » est popularisé par Karl Ludwig Kahlbaum en 1863 qui décrit les tendances de certains troubles psychiatriques qui surviennent durant une certaine transition dans la vie[4],[5]. Le terme a également été utilisé par Emil Kraepelin en 1919[4],[5].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les principaux symptômes de la paraphrénie incluent les délires paranoïde et les hallucinations[1],[6]. Les délires ont souvent un thème de persécution, bien qu'ils peuvent également être de nature érotique, hypocondriaque ou mégalomane. La majeure partie des hallucinations associées à la paraphrénie sont auditives, avec 75 % des patients rapportant souffrir de ce type de trouble. Cependant, les hallucinations tactiles, visuelles ou olfactives ne sont pas exclues[6],[1]. La paranoïa et les hallucinations peuvent se mélanger sous forme de « voix menaçantes ou accusatrices venant du voisinage [et] qui sont fréquemment rapportées par le patients comme dérangeantes et injustes[1]. » On ne retrouve pas des symptômes qui sont fréquents dans d'autres troubles mentaux proches. Il n'y a aucune détérioration de l'intellect, de la personnalité ou des habitudes n'est rapporté chez les patients[6]. Les patients sont propres et ne sont pas dépendants[6]. Les patients s'orientent correctement aussi bien dans le temps que dans l'espace[1].

La paraphrénie est différente de la schizophrénie car bien que ces deux maladies mentales répondent par des délires et des hallucinations, les patients schizophrènes montrent des changements et une détérioration de la personnalité, tandis que les patients paraphrènes maintiennent une personnalité non-atteinte et des réponses affectives normales[2],[6].

Causes possibles[modifier | modifier le code]

La paraphrénie est souvent associée à une maladie neurologique comme une tumeur, un accident vasculaire cérébral, un élargissement des ventricules cérébraux ou trouble neurodégénératif[4].

Certains patients paraphrènes, qui souffrent d'une perte significative visuelle et auditive, sont isolés et possèdent peu, voir aucun, contact social, ne possèdent pas toujours un domicile fixe, ne sont pas mariés ou n'ont pas d'enfants et s'adaptent mal à leur environnement[7],[8],[4]. Bien que ces facteurs ne causent pas la paraphrénie, ils prédisposent significativement les individus au développement de ce trouble.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic de la paraphrénie n'étant pas inclus dans le DSM-IV ou la CIM-10, certaines études reconnaissent cette condition comme « un diagnostic viable distincte de la schizophrénie, avec des facteurs organiques qui jouent un rôle significatif chez les patients[4]. » Comme telle, la paraphrénie est considérée comme différente de la schizophrénie et de la démence progressive chez les personnes âgées[2]. Ravindran (1999) a développé une liste de critères diagnostiquant la paraphrénie, en accord avec des recherches effectuées à cette même période avant sa publication[8].

Les psychothérapeutes diagnostiquent souvent les patients paraphrènes comme souffrant de psychoses atypiques, de troubles délirants, de psychoses non spécifiée ailleurs, de trouble schizo-affectif et d'état de persécution persistants chez les adultes[4].

Traitement[modifier | modifier le code]

Des recherches suggèrent que les patients paraphrènes répondent bien aux antipsychotiques[1],[8]. Herbert pense que la Stélazine mélangée au Disipal était un traitement efficace[7]. Bien que la thérapie comportementale peuvent aider les patients à réduire leur panique liées aux délires, la psychothérapie n'est pas un traitement considéré efficace[8].

Pronostic[modifier | modifier le code]

Les individus paraphrènes ont une espérance de vie similaire à la population générale[1],[2],[4],[9]. La guérison des symptômes psychotiques semblent rare[1],[2],[7]. Les patients faisant face à une détérioration lente du système cognitif et le trouble peuvent mener à la démence dans certains cas[2],[4],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Almeida OP, Howard HF. & Levy R. (1992) « Late paraphrenia: a review » International Journal of Geriatric Psychiatry, 7, 543-548. DOI:10.1002/gps.930070803
  2. a, b, c, d, e, f et g (en) Roth, M. (1955). The natural history of mental disorder in old age. The British Journal of Psychiatry, 101, 281-301
  3. (en) Roth, M. & Kay, D. W. K. (1998). Late paraphrenia: A variant of schizophrenia manifest in late life or an organic clinical syndrome? A review of recent evidence. International Journal of Geriatric Psychiatry, 13, 775-784
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Casanova, M. F. (2010). The pathology of paraphrenia. Current Psychiatry Reports, 12, 196-201.
  5. a et b (en) McKenna, P.J., Schizophrenia and related syndromes, Psychology Press,‎ 1997, 239–242 p. (ISBN 978-0-86377-790-5, lire en ligne)
  6. a, b, c, d, e et f (en) Kay, D. W., & Roth, M. (1961). Environmental and hereditary factors in schizophrenias of old-age (late paraphrenia) and their bearing on general problem of causation in schizophrenia. Journal of Mental Science, 107, 649.
  7. a, b et c (en) Herbert, M. E., & Jacobson, S. (1967). Late paraphrenia. British Journal of Psychiatry, 113, 461.
  8. a, b, c et d (en) Ravindran, A. V., Yatham, L. N., & Munro, A. (1999). Paraphrenia redefined. Canadian Journal of Psychiatry-Revue Canadienne De Psychiatrie, 44, 133-137.
  9. (en) Roth M. & Kay DWK. « Late paraphrenia: A variant of schizophrenia manifest in late life or an organic clinical syndrome? A review of recent evidence » International Journal of Geriatric Psychiatry 1998;13:775-84. PMID 9850874