Infibulation

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Infibulation féminine (correspondant au Type III de la classification de l'OMS

L’infibulation (dérivé de fibule, agrafe Page d'aide sur l'homonymie) est la suture de la majeure partie des grandes ou des petites lèvres de la vulve, ne laissant qu’une petite ouverture pour que l’urine et les menstruations puissent s’écouler. Elle est habituellement pratiquée sur une adolescente prépubère dans le but de lui empêcher tout rapport sexuel vaginal.

L’infibulation constitue une mutilation génitale féminine (MGF), au même titre que l’excision clitoridienne et des petites lèvres qui l’accompagnent souvent.

Elle est illégale dans la plupart des pays du monde.

Article détaillé : Excision clitoridienne.

Une désinfibulation est nécessaire (généralement lors du mariage) pour permettre le coït vaginal. Une femme peut subir plusieurs réinfibulations et désinfibulations au cours de sa vie.

Pratique[modifier | modifier le code]

L’infibulation est une pratique traditionnelle chez certains peuples. Il existe plusieurs variantes de cette mutilation, souvent effectuée en association avec l’excision clitoridienne et l’ablation des petites lèvres.

L’infibulation elle-même consiste, en général, en l’incision de la bordure des grandes lèvres sur presque toute leur longueur, puis leur suture l’une à l’autre, couvrant le méat urinaire et l’entrée du vagin. Elle ne laisse qu’un minime pertuis très postérieur (à l’arrière) pour le passage de l’urine et des règles.

La suture, la cicatrisation de l’agrafage de ce qui reste de l’ablation partielle des deux grandes lèvres, devra être séparée (désinfibulation) au moment du mariage.

La femme est fréquemment réinfibulée pendant ses grossesses pour être à nouveau désinfibulée avant chaque accouchement, de même lors d’absences prolongées de son époux.

De telles mutilations doivent être réalisées par un chirurgien. Dans certains pays, toutefois, ce sont les exciseuses qui effectuent l’infibulation puis qui réalisent, plus tard, la désinfibulation, généralement dans des conditions inappropriées (instruments inadéquats, non stérilisés, sans anesthésie, etc.), entraînant de grandes souffrances, ainsi que des risques d’hémorragie sévère et d’infection.

Désinfibulation[modifier | modifier le code]

La désinfibulation est un renversement partiel de l’infibulation, elle est nécessaire avant tout coït vaginal.

La désinfibulation consiste à sectionner la suture formée par l’accolement des grandes lèvres sur la ligne médiane afin de permettre l’accès à l’orifice externe du vagin et, par conséquent, pour permettre la pratique des rapports sexuels vaginaux. La femme réinfibulée pendant sa grossesse requiert également une désinfibulation (plus large) avant son accouchement.

La désinfibulation permet aussi de libérer le méat urinaire et retrouver une miction urinaire normale.

Suite à la désinfibulation, il est habituel de demander au couple d’avoir des relations sexuelles fréquentes pour éviter l’accolement et une réinfibulation secondaire.

Réinfibulation[modifier | modifier le code]

La réinfibulation est une nouvelle suture des lèvres précédemment séparées par une désinfibulation. Selon les usages locaux, une nouvelle suture des grandes lèvres peut être requise :

  • après séparation du conjoint (par décès, divorce, etc.),
  • après l’accouchement, sous le prétexte que les relations sexuelles seraient ainsi plus agréables pour l’homme, ou encore qu’il ne serait pas concevable d’avoir « la vulve exposée ».

Une réinfibulation dite secondaire peut survenir spontanément suite à une désinfibulation.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

L’infibulation est pratiquée, notamment, par les populations des pays d’Afrique situés en bordure du sud du Sahara et, en particulier, chez certaines ethnies d’origine Mandé se trouvant au Mali, au Sénégal, en Mauritanie ou encore au sud du Sahara. Elle a été interdite à la fin des années 1940 au Soudan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]