Sevrage (toxicologie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir sevrage.
Sevrage
Classification et ressources externes
CIM-10 F10.3 - F19.3
CIM-9 292.0
eMedicine article/819502 
MeSH D013375
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le sevrage peut se référer à toute sorte de séparation, mais est plus communément utilisé pour décrire le groupe de symptômes qui surviennent lors d'un arrêt progressif ou brutal de dosages durant des prises de médicaments, drogues / substances associées et alcool. Avant de faire l'expérience du syndrome de sevrage[1], un individu développe, en premier lieu, une dépendance (ou répercussion) physique et / ou mentale (dépendance chimique). Cela survient lors de prises substantielles durant une période plus ou moins longue, et dont les doses ingérées dépendent. Ce trouble est caractérisé par un certain nombre de symptômes neurologiques centraux et périphériques, neuropsychiques, neurovégétatifs et métaboliques.

Cet arrêt peut se traduire par un « phénomène de rebond » (augmentation des symptômes déjà présents avant la dépendance). De plus, les symptômes observés pendant le syndrome de sevrage sont souvent opposés à ceux observés en cas d'intoxication avec la substance. L'intensité du syndrome de sevrage est généralement lié à la durée et au degré d'addiction.

Le terme tend à se généraliser et il est alors question de « sevrage d'une ventilation assistée » lors de la sortie du coma[2].

Tabagisme[modifier | modifier le code]

Le sevrage tabagique dure de quelques jours à quelques semaines. Le sevrage de nicotine dure environ 15 jours à 3 semaines, en fonction des individus, ses symptômes éventuels les plus fréquents sont les troubles du sommeil (insomnie, sommeil agité), l'irritabilité, l'anxiété, les humeurs dépressives, l'hyperactivité et l'augmentation de l'appétit[3].

Alcoolisme[modifier | modifier le code]

Le sevrage alcoolique (de l'alcoolodépendance) dure environ sept jours. Ses symptômes les plus aigus surviennent de six à douze heures après la dernière prise d'alcool. Ils consistent, au niveau physique, en une hyperactivité sympathique, une augmentation de la transpiration, de la tachycardie, des trémulations (tremblement des extrémités), parfois des nausées ou des vomissements, une déshydratation, des malaises, de l'hypertension artérielle. Parfois il s'accompagne d'une crise comitiale (épilepsie), d'hallucinations visuelles, tactiles ou auditives, c'est le delirium tremens dans sa forme la plus sévère. Éventuellement (dans de rares cas) des douleurs du niveau de la mâchoire jusqu'au crâne peuvent apparaître.

Au niveau psychique, il s'accompagne d'anxiété, d'insomnies, de pensées obsédantes autour du produit et d'un état dépressif.

Substances[modifier | modifier le code]

Antidépresseurs[modifier | modifier le code]

La dépendance apparaît rapidement et les notices des molécules mentionnent un arrêt de la prise de substances par palier pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois, voire années. Les antidépresseurs de type Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRI), et particulièrement la paroxétine entrainent bien souvent de graves symptômes de sevrage.

Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

La dépendance peut apparaître après un traitement aux benzodiazépines poursuivi plusieurs semaines. Après un délai d'un à dix jours après la dernière prise, le sevrage est acquis, la durée et l'intensité varient en fonction de la molécule concernée.

Les symptômes du sevrage sont une anxiété, de l'irritabilité, des troubles du sommeil, des douleurs diffuses, des troubles sensoriels et digestifs. La tension artérielle peut subir une hypotension orthostatique. Dans ses formes les plus sévères, le sevrage s'accompagne de délire psychotique, de convulsions, d'hallucinations et de malaise avec perte possible de connaissance (crise comitiale).

Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines se produit chez 10 à 15 % des patients, les manifestations de sevrage ne disparaissent qu’après plusieurs mois, voire plusieurs années (jusqu'à 10 ans)[4],[5]. La raison n'est pas encore claire. Les neurotoxiques seraient stockés dans les corps gras du corps humain, en particulier dans le cerveau[6][réf. insuffisante].

L'origine génétique des troubles prolongés dus au sevrage aux benzodiazépines aurait été découverte par Oregon Health & Science University[7]. Les principaux symptômes de sevrage de longue durée sont l’angoisse, l’insomnie, la dépression, divers symptômes sensoriels et moteurs, des troubles gastro-intestinaux, ainsi que des troubles de la mémoire et des troubles cognitifs[8]. Les professeurs Heather Ashton, Malcolm Lader, Peter Breggin et David Cohen travaillent sur ce syndrome[4]. Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines est un état iatrogène.

Stimulants[modifier | modifier le code]

Cocaïnomanie ou dépendance aux amphétamines[modifier | modifier le code]

Le sevrage de la cocaïne ou des amphétamines dure quelques jours après l'arrêt des substances mais peuvent persister jusqu'à dix semaines après.

Les symptômes sont un état de malaise et un sentiment négatif général (dysphorie), une immense fatigue généralisée (asthénie), une incapacité à éprouver de la joie (anhédonie), des troubles du sommeil comme le somnambulisme ou le fait de parler en dormant (dyssomnie) et un état dépressif.

Caféïnisme[modifier | modifier le code]

Le sevrage de la caféine dure de deux à trois jours après l'arrêt avec une persistance des symptômes pouvant aller jusqu'à plusieurs semaines. Ces derniers consistent en une irritabilité, de très forts maux de tête, la bradycardie, un état dépressif et une nette diminution des performances cérébrales due au faible taux de dopamine.

Opiomanie[modifier | modifier le code]

Les effets du sevrage aux opiacés comme l'héroïne, commencent à se faire sentir entre six à douze heures après la dernière prise et disparaissent en une semaine. Pour les produits de substitution (méthadone, buprénorphine), les symptômes sont décalés dans le temps et plus longs.

Physiquement, de l'agitation, des lombalgies, une sensibilité accrue à la douleur (hyperalgésie), des larmoiements, un rhinorrhée, une augmentation de la transpiration, l'accélération du transit intestinal avec diarrhée et parfois vomissements, de la tachycardie, de l'hypertension et une dilatation anormale des pupilles (mydriase) peuvent être perçus. Les effets sur le psychique incluant anxiété, irritabilité, pensées obsédantes autour du produit, des troubles du sommeil et/ou un état dépressif. Sueurs froides, bouffés de chaleur, changements de température, incapacité de se sentir à l'aise dans son corps. Le sevrage brutal (cold turkey) dure de 5 à 15 jours, dépendamment de la dose pour l'héroïne, l'oxycodone, l'hydromorphone et la morphine. Pour ce qui est de la méthadone, en cas de sevrage du jour au lendemain, Les effets de sevrage peuvent durer jusqu’à 2 mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Opioïdes », sur Centres Pharmacodépendances (consulté le 13 septembre 2011)
  2. « Le sevrage de la ventilation artificielle », sur Soins-infirmiers (consulté le 13 septembre 2011)
  3. « Tabagisme », sur Passe-port Santé (consulté le 13 septembre 2011)
  4. a et b « benzodiazépine » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 17 février 2011
  5. Les symptômes prolongés du sevrage.
  6. Les tranquillisants.
  7. (en) « Alcohol and benzodiazepine addiction gene », sur BCNC
  8. « Usage rationnel des benzodiazépines », sur Cbip,‎ Octobre 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]