Sevrage (toxicologie)

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Sevrage
Classification et ressources externes
CIM-10 F10.3 - F19.3
CIM-9 292.0
eMedicine article/819502 
MeSH D013375
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Le sevrage peut se référer à toute sorte de séparation, mais est plus communément utilisé pour décrire le groupe de symptômes qui surviennent lors d'un arrêt progressif ou brutal de dosages durant des prises de médicaments, drogues / substances associées et alcool; ou entre deux prises, cela concerne alors surtout les molécules à demi-vie courte. Il se produit alors une période de manque et un début de sevrage.

Le sevrage peut aussi apparaitre lors de la substitution d'un traitement médicamenteux par un autre traitement, que le nouveau traitement relève de la même classe ou d'une classe différente.

Avant de faire l'expérience du syndrome de sevrage[1], un individu développe, en premier lieu, une dépendance (ou répercussion) physique et / ou mentale (dépendance chimique). Cela survient lors de prises substantielles durant une période plus ou moins longue, et dont les doses ingérées dépendent. Ce trouble est caractérisé par un certain nombre de symptômes neurologiques centraux et périphériques, neuropsychiques, neurovégétatifs et métaboliques.

Cet arrêt peut se traduire par un « effet rebond » (augmentation des symptômes déjà présents avant la dépendance). De plus, les symptômes observés pendant le syndrome de sevrage sont souvent opposés à ceux observés en cas d'intoxication avec la substance. L'intensité du syndrome de sevrage est généralement lié à la durée et au degré d'addiction.

Le terme tend à se généraliser et il est alors question de « sevrage d'une ventilation assistée » lors de la sortie du coma[2].

Plus le sevrage est brutal (cold turkey (en)), plus les symptômes de sevrage en termes de sévérité et fréquence sont importants.

Tabac[modifier | modifier le code]

Le sevrage tabagique dure de quelques jours à quelques semaines. Le sevrage de nicotine dure environ 15 jours à 3 semaines, en fonction des individus, ses symptômes éventuels les plus fréquents sont les troubles du sommeil (insomnie, sommeil agité), l'irritabilité, l'anxiété, les humeurs dépressives, l'hyperactivité et l'augmentation de l'appétit[3].

Alcool[modifier | modifier le code]

Le sevrage alcoolique (de l'alcoolodépendance) dure environ sept jours. Ses symptômes les plus aigus surviennent de six à douze heures après la dernière prise d'alcool. Ils consistent, au niveau physique, en une hyperactivité sympathique, une augmentation de la transpiration, de la tachycardie, des trémulations (tremblement des extrémités), parfois des nausées ou des vomissements, une déshydratation, des malaises, de l'hypertension artérielle. Parfois il s'accompagne d'une crise comitiale (épilepsie), d'hallucinations visuelles, tactiles ou auditives, c'est le delirium tremens dans sa forme la plus sévère. Éventuellement (dans de rares cas) des douleurs du niveau de la mâchoire jusqu'au crâne peuvent apparaître.

Au niveau psychique, il s'accompagne d'anxiété, d'insomnies, de pensées obsédantes autour du produit et d'un état dépressif.

Traitement psychotrope[modifier | modifier le code]

Méthode de sevrage ou discontinuation[modifier | modifier le code]

La « méthode des 10% » est une méthode de réduction progressive d'un traitement Psychotrope conseillée notamment par Heather Ashton[4], Peter Breggin (en)[5], The Icarus Project[6], Freedom Center (en)[6] , le Centre belge d'information pharmacothérapeutique[7] , et la Clinical_Knowledge_Summaries (CKS)[8](Le CKS est une base de données de recommandations cliniques , c'est un service du National Institute for Health and Care Excellence (en)(NICE), lui même supervisé par le Département de la Santé du Royaume-Uni), afin de diminuer les symptômes survenant à l'arrêt ou lors de la baisse d'un traitement psychotrope. Cette méthode consiste à réduire la dose « en cours » de 10% toutes les 1, 2 ou 3 semaines. The Icarus Project conseille une baisse toutes les 2 ou 3 semaines[6] tandis que Peter Breggin conseille un palier de 7 à 10 jours (si la durée du traitement a été inférieur à un an de prise)[5]. Le CSK conseille une baisse de 5 à 10% toutes les 1 à 2 semaines ; ou 12% de la dose toutes les 2 semaines[8]. Le CSK recommande également le manuel d'Ashton pour plus d'informations sur le sevrage et le protocole[8],[9]. La dose « en cours » n'est pas la dose initiale, mais correspond à la dose restante après chaque diminution. The Icarus Project[6] et Heather Ashton[4] conseillent également lorsqu'il s'agit d'une molécule benzodiazépine ou antidépresseur à demi-vie courte, la substitution par une demi-vie plus longue pour diminuer la sévérité et la fréquence des symptômes de sevrage ou de discontinuation.

Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sevrage des benzodiazépines.

La dépendance peut apparaître après un traitement aux benzodiazépines poursuivi plusieurs semaines. Après un délai d'un à dix jours après la dernière prise, le sevrage est acquis, la durée et l'intensité varient en fonction de la molécule concernée.

Les symptômes du sevrage sont une anxiété, de l'irritabilité, des troubles du sommeil, des douleurs diffuses, des troubles sensoriels et digestifs. La tension artérielle peut subir une hypotension orthostatique. Dans ses formes les plus sévères, le sevrage s'accompagne de délire psychotique, de convulsions, d'hallucinations et de malaise avec perte possible de connaissance (crise comitiale).

Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines se produit chez 10 à 15 % des patients, les manifestations de sevrage ne disparaissent qu’après plusieurs mois, voire plusieurs années (jusqu'à 10 ans)[10],[11]. La raison n'est pas encore claire. Les neurotoxiques seraient stockés dans les corps gras du corps humain, en particulier dans le cerveau[12][réf. insuffisante].

L'origine génétique des troubles prolongés dus au sevrage aux benzodiazépines aurait été découverte par Oregon Health & Science University[13]. Les principaux symptômes de sevrage de longue durée sont l’angoisse, l’insomnie, la dépression, divers symptômes sensoriels et moteurs, des troubles gastro-intestinaux, ainsi que des troubles de la mémoire et des troubles cognitifs[14]. Les professeurs Heather Ashton, Malcolm Lader, Peter Breggin (en) et David Cohen travaillent sur ce syndrome[10]. Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines est un état iatrogène.

Antidépresseurs[modifier | modifier le code]

L'arrêt d'un traitement antidépresseur pris au long cours peut provoquer un syndrome de « discontinuation ». Ce syndrome est caractérisé par un ensemble de symptômes n'entrant pas pour autant dans la définition du syndrome de sevrage, car il n'y a pas de dépendance. On peut également citer le syndrome prolongé de sevrage qui peut apparaître sur le long terme.

Stimulants[modifier | modifier le code]

Cocaïne et amphétamines[modifier | modifier le code]

Le sevrage de la cocaïne ou des amphétamines dure quelques jours après l'arrêt des substances mais peuvent persister jusqu'à dix semaines après.

Les symptômes sont un état de malaise et un sentiment négatif général (dysphorie), une immense fatigue généralisée (asthénie), une incapacité à éprouver de la joie (anhédonie), des troubles du sommeil comme le somnambulisme ou le fait de parler en dormant (dyssomnie) et un état dépressif.

Caféine[modifier | modifier le code]

Le sevrage de la caféine dure de deux à trois jours après l'arrêt avec une persistance des symptômes pouvant aller jusqu'à plusieurs semaines. Ces derniers consistent en une irritabilité, de très forts maux de tête, la bradycardie, un état dépressif et une nette diminution des performances cérébrales due au faible taux de dopamine.

Opiacés[modifier | modifier le code]

Les effets du sevrage aux opiacés comme l'héroïne, commencent à se faire sentir entre six à douze heures après la dernière prise et disparaissent en une semaine. Pour les produits de substitution (méthadone, buprénorphine), les symptômes sont décalés dans le temps et plus longs.

Physiquement, de l'agitation, des lombalgies, une sensibilité accrue à la douleur (hyperalgésie), des larmoiements, un rhinorrhée, une augmentation de la transpiration, l'accélération du transit intestinal avec diarrhée et parfois vomissements, de la tachycardie, de l'hypertension et une dilatation anormale des pupilles (mydriase) peuvent être perçus. Les effets sur le psychique incluant anxiété, irritabilité, pensées obsédantes autour du produit, des troubles du sommeil et/ou un état dépressif. Sueurs froides, bouffés de chaleur, changements de température, incapacité de se sentir à l'aise dans son corps. Le sevrage brutal (cold turkey) dure de 5 à 15 jours, fonction de la dose pour l'héroïne, l'oxycodone, l'hydromorphone et la morphine. Pour ce qui est de la méthadone, en cas de sevrage du jour au lendemain, Les effets de sevrage peuvent durer jusqu’à deux mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Opioïdes », sur Centres Pharmacodépendances (consulté le 13 septembre 2011)
  2. « Le sevrage de la ventilation artificielle », sur Soins-infirmiers (consulté le 13 septembre 2011)
  3. « Tabagisme », sur www.passeportsante.net (consulté le 13 septembre 2011)
  4. a et b (en) « How to withdraw from benzodiazepines after long-term use », sur benzo.org (consulté le 24 mars 2015)

    « Switching to a long-acting benzodiazepine.(...)The larger the dose you are taking initially, the greater the size of each dose reduction can be. You could aim at reducing dosage by up to one tenth at each decrement. For example, if you are taking 40mg diazepam equivalent you could reduce at first by 2-4mg every week or two. When you are down to 20mg, reductions could be 1-2mg weekly or fortnightly. When you are down to 10mg, 1mg reductions are probably indicated. From 5mg diazepam some people prefer to reduce by 0.5mg every week or two »

    « Comment de sevrer des benzodiazépines après un usage prolongé ? »
  5. a et b (en) Peter R. Breggin, David Cohen, Your drug may be your problem, Perseus Publishing,‎ 1999, 279 p. (ISBN 0738203483), page 137« The 10 Percent Method . As noted, this method suggests that 10 percent of the initial dose be removed at each step(...)Seven to ten days is a reasonable length for each step if the duration of drug use has not exceeded one year.(...) Pharmacy textbooks often describe the 10 percent withdrawal method »
  6. a, b, c et d [PDF]The Icarus Project et Freedom Center, Guide Pour Décrocher des Médicaments Psychotropes En Réduisant Les Effets Nocifs,‎ 2012 (lire en ligne), page 47« une réduction de 10% ou moins de la dose initiale tous les 2-3 semaines, ou plus, serait une bonne ligne directrice. (...) Tout particulièrement avecles antidépresseurs et les benzodiazépines, il est parfois possible de faciliter le sevrage en les remplaçant par une dose équivalente d’un médicament similaire avec une “demi-vie” plus longue. »
  7. « Usage rationnel des benzodiazépines », sur cbip.be,‎ 2002 (consulté le 26 mars 2015)« Il est préférable de réduire la dose d’un dixième de celle-ci toutes les une à deux semaines »
  8. a, b et c (en) « Benzodiazepine and z-drug withdrawal: Withdrawing a benzodiazepine or z-drug », sur cks.nice.org (National Institute_for Health and Care Excellence (en)),‎ juillet 2013 (consulté le 26 mars 2015)« Withdrawal should be gradual (dose tapering, such as 5–10% reduction every 1–2 weeks, or an eighth of the dose fortnightly, with a slower reduction at lower doses), and titrated according to the severity of withdrawal symptoms. (...) For more information on withdrawal schedules for other benzodiazepines and z-drugs, see the Ashton Manual (available online at www.benzo.org.uk). »
  9. (en) « Benzodiazepine and z-drug withdrawal: Basis for recommendation », sur cks.nice.org (National Institute_for Health and Care Excellence (en)),‎ juillet 2013 (consulté le 26 mars 2015)« For information on switching for other benzodiazepines or z-drugs, see the Ashton Manual (...) "For more information on withdrawal schedules for other benzodiazepines and z-drugs, see the Ashton Manual" (...)Examples of drug withdrawal schedules: These are adapted from the Ashton Manual [Ashton, 2002c].(...) These recommendations are in line with published reviews and guidelines on withdrawing benzodiazepines and are based on expert opinion (...)Ashton, 2002b;(...); Ashton, 2011. »
  10. a et b « benzodiazépine » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 17 février 2011
  11. Les symptômes prolongés du sevrage.
  12. Les tranquillisants.
  13. « Alcohol and benzodiazepine addiction gene », sur www.bcnc.org.uk
  14. « Usage rationnel des benzodiazépines », sur www.cbip.be,‎ octobre 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]