Réflexe archaïque

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Les réflexes archaïques sont des réflexes, ou mouvements automatiques involontaires, caractéristiques des nouveau-nés en réponse à certains stimuli, sans modulation et ayant un bas niveau de différenciation[1],[2]. Leur intensité varie d’un enfant à l’autre et d’une situation à l’autre[3]. Ils sont systématiquement recherchés par le médecin ou la sage-femme lors du premier examen médical. Ils témoignent du bon développement du système nerveux et d'un tonus musculaire satisfaisant. Ils peuvent être considérés comme des échafaudages grâce auxquels les étapes du développement neuro-sensoriel et moteur de l'enfant peuvent être franchies avec succès[4].

Les réflexes primaires sont essentiellement contrôlés par le tronc cérébral puisqu’à la naissance, la maturation du système nerveux central demeure inachevée et la myélinisation présente se fait initialement dans les voies sous-corticales. Ultérieurement, cette myélinisation atteindra les voies cortico-spinales (cortex cérébral) qui assureront l’intégration progressive des réflexes primaires et le contrôle volontaire des mouvements, généralement entre les 3e et 6e premiers mois de vie[3],[5],[2]. La persistance des réflexes au-delà d'un certain âge peut être le signe d'un trouble du développement.

Un trouble de développement ou une lésion au niveau du système nerveux (ex : paralysie cérébrale, traumatisme crânien cérébral, accident vasculaire cérébral, démence, etc.) peut entraîner la persistance des réflexes primaires ou la réémergence de ceux-ci ainsi que la perturbation de l’acquisition du contrôle moteur et des réactions posturales[3] qui influenceront le niveau de fonctionnement et d’autonomie de la personne dans ses activités de la vie quotidiennes.

Les réflexes archaïques sont[6],[7] :

  • Réflexe de succion : un mouvement de succion rythmique est observé quand on lui touche la commissure des lèvres. Ce réflexe permet l’alimentation.
  • Réflexe de préhension (grasping en anglais): Quand une stimulation est effectuée sur la surface palmaire ou plantaire du nourrisson, il effectue une flexion ferme des doigts ou des orteils du (des) membre(s) stimulé(s). Sa prise est si forte qu’il est possible de soulever l’enfant. Ce réflexe aide au lien d’attachement entre les parents et l’enfant. Sa disparition permet la préhension volontaire[3],[8],[5],[2],[9].
  • Réflexe de Moro ou de défense (réflexe des bras en croix ou d’embrassement): le nourrisson réagit à un stimulus soudain (lumière, son, changement de positions rapide, perturbation de la surface où il repose, etc.) en écartant brusquement ses bras et ses jambes et les ramène dans un mouvement d’étreinte comme pour s’agripper à sa mère. Ce réflexe se fait de façon symétrique ; une asymétrie indiquerait une atteinte de type neurologique ou alors musculosquelettique[1],[8],[5],[2],[9].
  • Réflexes de redressement et de la marche automatique: lorsque l'on place le nourrisson en position verticale et que l'on lui fait toucher une surface solide avec les pieds, il se redresse en étendant ses jambes et son tronc, en étant légèrement incliné vers l’avant et se met à "marcher" spontanément un bref moment, sans contrôle postural[1],[8],[5],[2].
  • Réflexe de fouissement: lorsqu'on place le nouveau-né sur le ventre de sa mère immédiatement après l'accouchement, il rampe jusqu'au sein maternel et cherche le mamelon[10].
  • Réflexe des points cardinaux ou de recherche : la stimulation tactile de la joue entraîne une rotation de la tête vers le côté stimulé et le bébé ouvre la bouche pour téter. Ce réflexe contribue à faciliter l’allaitement au sein[8],[5].
  • Réflexe de survie : lorsque couché sur le ventre ou lorsque son visage est recouvert par un drap, par exemple, il relève sa tête et la remue pour dégager son nez ou pour faire tomber le tissu. En cas d’échec, il peut aussi employer ses bras[2].
  • Réflexe de nage : lorsque le nourrisson a la face dans l’eau, il va effectuer des mouvements de bras et de jambes pour patauger/nager. Ce réflexe ne l’empêche toutefois pas d’avaler de l’eau ; le parent doit donc réagir rapidement[11],[9].
  • Réflexe tonique asymétrique du cou (réflexe de l’escrimeur) : lorsque, couché sur le dos, la tête de l’enfant est tournée d’un côté (par lui-même ou par une tierce personne), l’extension du bras du même côté que la tête ainsi que la flexion du bras opposé ont lieu. Ce réflexe joue un rôle dans le développement de la coordination visuo-motrice[2]. Si ce réflexe persiste, l’intégration bilatérale sera affectée. L’enfant aura de la difficulté à étendre le bras d’un côté sans tourner la tête du même côté, à fléchir un bras sans tourner la tête du côté opposé et à ramener ses deux membres sur la ligne médiane. Il lui sera donc difficile ou impossible d’amener de la nourriture à sa bouche, de tenir un objet avec les deux mains, de tenir un objet devant soi à l’aide d’une main tout en le regardant, etc.[12].
  • Réflexe tonique symétrique du cou : lorsque, en position assise ou quadrupède, la tête du nourrisson est penchée vers l’avant, une flexion des membres supérieurs et une extension des membres inférieurs se produisent. À l’inverse, lorsque la tête est basculée vers l’arrière, les membres supérieurs s’étendent et les membres inférieurs se fléchissent. Si ce réflexe persiste, l’enfant sera incapable de maintenir son équilibre en étant à quatre pattes ni de ramper sans fixer sa tête. Il lui sera difficile de passer de couché à assis puisque, en levant la tête, ses jambes s’étendront et contreront le mouvement voulu[12].

D’autres réflexes primaires existent mais ne sont pas traités ici. Aussi, certains réflexes primaires demeurent présents, même en grandissant : le hoquet, le bâillement, l’éternuement, la déglutition, la toux, le clignement des yeuxetc.[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Bolduc, R. (1997). Psychomotricité et pédagogie : Favoriser le développement de l'enfant (Logiques ed.). Montréal: Logidisque inc.
  2. a, b, c, d, e, f et g Maria de Notariis, Elisa Macri, Nathalie Idelette Thébaud, Annie Veilleux. (2008). Regarde-moi : Le développement neuromoteur de 0 à 15 mois (CHU Sainte-Justine ed.). Montréal: Prologue Inc.
  3. a, b, c et d Case-Smith, J. (2005). Occupational Therapy for Children. Missouri: Elsevier Inc.
  4. Marie claude Maisonneuve, Maman, Papa, j'y arrive pas, Editions Quintessence,‎ 2008, 126 p. (ISBN 9782913281929, lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e Lacombe, J. (2007). Le développement de l'enfant de la naissance à 7 ans. (De Boeck). Bruxelles.
  6. Josiane Lacombe, Le développement de l'enfant de la naissance à 7 ans, De Boeck Education,‎ 2004, 15 p. (ISBN 2804123251, lire en ligne)
  7. Max Budowski, « Le développement psychomoteur du nourrisson : quand penser à une anomalie ? », La revue du praticien médecine générale, Tome 20, no 744/745,‎ 10 octobre 2006, p. 1023-1024 (lire en ligne)
  8. a, b, c et d Gassier, J. (1996). Développement Psychomoteur de l'enfant (Masson. Vol. 7). Paris.
  9. a, b et c Mosby. (2005). Mosby's Dictionary of Medicine, Nursing & Health Professions (7th ed.).
  10. P Duverger et J Malka, Développement psychomoteur du nourrisson et de l’enfant et ses troubles, 2008.
  11. Berk, Laura E.. Child Development. 8th. États-Unis : Pearson, 2009.
  12. a et b Pendleton et al. (2006). Pedretti's Occupational Therapy: Practice Skills for Physical Dysfunction (6th ed.): Mosby.