Martin Van Maele

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Illustration tirée de L'histoire de Francion (1925).

Martin Van Maele, parfois A. Van Troizem, de son vrai nom Maurice Martin, est un dessinateur français, né le 12 octobre 1863 à Boulogne-sur-Seine et mort le 5 septembre 1926 à Varennes-Jarcy. Spécialisé dans l'illustration érotique, il est l'un des plus grands illustrateurs du premier quart du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Grande danse macabre des vifs : Van Maele satiriste (1905)

La vie de Martin Van Maele est peu connue : actif de 1901 à 1926, il serait né en 1863 de Virginie Van Maele et Louis Martin, graveur et professeur à l'école des Beaux-Arts de Genève[1]. Il débute sa carrière en 1901 en illustrant Les premiers Hommes dans la Lune d'Herbert George Wells édités par Félix Juven. L'année suivante, Van Maele illustre quelques couvertures d'aventures de Sherlock Holmes publiées par le même éditeur.

En 1901 également, il commence à travailler pour l'éditeur érotique Charles Carrington, illustrant des ouvrages sadomasochistes, mais aussi Anatole France et Apulée. Van Maele y publie également, en 1905, un ouvrage plus personnel, La Grande Danse macabre des vifs, quatre série de dix dessins satiriques et humoristiques, dans lesquels la sexualité s'offre comme premier aperçu de la mort. Après l'expulsion de France de Carrington, en 1907, il travaille pour Jules Chevrel et illustre Choderlos de Laclos, Michelet et Diderot. De 1909 à 1919, Van Maele ne publie que cinq livres, peut-être à cause de la guerre.

À partir de 1920, il travaille avec Jean Fort, et continue à illustrer des classiques de l'érotisme littéraire (l'Arétin, Verlaine, Sorel, etc.) en parallèle à des ouvrages de Pierre Mac Orlan, principalement sadomasochistes, mais laissant également place à des pratiques plus rarement évoquées en littérature, comme la klysmaphilie. Van Maele décède en 1926 alors qu'il achevait d'illustrer les Dialogues de l'Arétin.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Illustration[modifier | modifier le code]

Cunnilingus, illustration couleur de Martin Van Maele
  • Anatole France, Thaïs, Charles Carrington, Paris, 1901.21 eaux-fortes originales
  • Wilhlm Reinhard (trad. Jean de Villiot), La flagellation des femmes en Allemagne, Charles Carrington, Paris, 1901. 20 illustrations.
  • Margaret Anson (trad. Jean de Villiot), Une société de flagellantes. Réminiscences et révélations d’une soubrette de grande maison..., Charles Carrington, Paris, 1902.
  • Conan Doyle, Aventures Extraordinaires,15 illustrations, Librairie Félix Juven, Paris 1902.
  • Anatole France (trad. A. R. Allinsob), The Well of Santa Clara (Le puits de Sainte Claire), Charles Carrington, Paris, 1903.
  • Jean de Villiot, La flagellation amoureuse dans l'histoire des mœurs et dans la littérature, suivie de la flagellation des femmes, en France sous la Révolution et la terreur blanche Charles Carrington, Paris, 1904, 5 eaux-fortes de M.V.M.
  • Jean de Villiot, Dix-sept ans : étude sociale, Charles Carrington, Paris, 1905. Eaux-fortes.
  • Apulée (trad. Jean de Montlyard), L'Âne d'or, Charles Carrington, Paris, 1905. 21 eaux-fortes. Réédition Jean de Bonnot, Paris, 1991.
  • Paul Verlaine, La Trilogie érotique : Amies, Femmes, Hombres, Charles Carrington, Bruxelles, 1907. Quinze compositions originales.
  • Aimé Van Rod, Nos Belles flagellantes, Édition parisienne, Paris, 1907. Dix dessins hors-texte.
  • Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, Jules Chevrel, Paris, 1908. Vingt eaux-fortes.
  • Jules Michelet, La Sorcière, Jules Chevrel, Paris, 1911. Réédition Jean de Bonnot, 1987, 15 eaux-fortes d'inspiration satanique et d'une grande beauté.
  • Edgar Allan Poe (trad. Charles Baudelaire), Dix contes, Librairie Dorbon-Ainé, Paris, 1912. 95 compositions originales gravées sur bois par Eugène Dété.
  • Denis Diderot, La Religieuse, Jules Chevrel, Paris, 1916.10 eaux-fortes h.-t.
  • Sadinet, Petites cousines : souvenirs érotiques d'un homme de qualité touchant les jolies petites cousines... les bonnes à tout faire... les femmes du monde et les belles filles de province, À la folie du jour (Jean Fort), 1919.10 Eaux-fortes attribuées à Van Maele.
  • Claude de Saint-Hieble, L'Instrument des apothicaires, Jean Fort, coll. « Les Amis du bon vieux temps », Paris, 1920.
  • Edmond Haraucourt, La Légende des sexes, Au Clos Bruneau, Paris, 1921. 12 gravures.
  • François Béroalde de Verville, Le Moyen de parvenir, Jean Fort, Paris, 1921. Dix-huit eaux-fortes en couleurs et en hors-texte et 65 vignettes dans le texte.
  • Pierre Fély, Les Princesses de Cythère, chronique libertine de l'histoire., Jean Fort, coll. « Les Amis du bon vieux temps », Paris, 1922., 1 frontispice gravé et 8 hors-texte de M.V.M.
  • Charles Sorel, L'Histoire comique de Francion. En laquelle sont découvertes les plus subtiles finesses et trompeuses inventions tant des hommes que des femmes de toutes sortes de conditions et d’âges., Jean Fort, Paris, 1925. 17 eaux-fortes et de 16 compositions.
  • Pierre de Jusange, La Comtesse au fouet, Jean Fort, coll, Paris, 1926. 8 illustrations hors-texte.
  • Docteur Gastien Fowler, Maison des flagellations, Jean Fort, Collection des Orties Blanches, Paris, 1926.
  • Pierre l'Arétin, Dialogues, Jean Fort, 1927. Soixante-six illustrations in-texte et 10 hors-texte. Van Male étant mort pendant la réalisation des illustrations, certaines sont de Luc Lafnet.
  • Ovide, Les amours ; L'art d'aimer ; Les Héroïdes ; Les remèdes d'amour ; Les cosmétiques, Jean de Bonnot, Paris, 2000.

Autres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Martin Van Maele, La Grande Danse macabre des vifs, Charles Carrington, 1905. 40 illustrations. Réédition Déesse, Nanterre, 1980.
  • Martin Van Maele, The Satyrical Drawings of Martin Van Maele, Cythera Press, New York, 1970.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa fiche sur The Erotica Bibliophile.