Pénis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Verge.
Pénis d'éléphant d'Asie en phase d'érection.

Le pénis (ou la verge) est l’organe mâle de copulation et de miction chez les mammifères. Il constitue, avec les testicules, l’appareil génital externe du mâle.

Chez les mammifères

Un baculum (os pénien) de morse mesurant 59 cm de long.

La plupart des marsupiaux, sauf les deux espèces les plus grandes des kangourous, ont un pénis bifurqué, c’est-à-dire qu’il se divise en deux colonnes indépendantes[1].

Le plus gros pénis du règne animal appartient à la baleine bleue. Celui-ci peut atteindre 2,4 m[2].

Chez certains mammifères euthériens (à l'exclusion des monotrèmes et des marsupiaux), le pénis est renforcé par le baculum (mot latin signifiant « canne »), ou os pénien. Il est absent chez les humains, mais présent chez presque tous les autres primates, comme le gorille et le chimpanzé. Cet os facilite le rapport sexuel.

Le pénis est homologue au clitoris femelle, puisque les deux se développent à partir de la même structure embryonnaire.

Le pénis (et le clitoris) des mammifères ont une fonction importante dans le comportement de reproduction. Les récepteurs sensoriels péniens (et clitoridiens) transmettent les sensations de la copulation au niveau du système de récompense[3], ce qui favorise le développement de la motivation sexuelle[4].

Chez les hominidés, au cours de l’évolution, la sexualité s'est progressivement dissociée des cycles hormonaux[5],[6], 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones ont été altérés[7],[8] et le réflexe sexuel de la lordose n'est plus fonctionnel. En raison de ces modifications du système nerveux, les informations sensorielles péniennes (et clitoridiennes) deviennent plus importantes. On observe que les activités sexuelles des hominidés changent : elles ne sont plus limitées à la copulation[9],[10], mais se développent autour de la stimulation du pénis (ou du clitoris). Le comportement de reproduction a évolué vers un comportement érotique où le pénis joue un rôle majeur[11],[note 1].

Chez l’homme

Le pénis humain.
Article détaillé : Pénis humain.

Le pénis humain se constitue de trois couches de tissu :

De même origine embryonnaire que le clitoris, le pénis présente une structure identique : le corps caverneux – corpus cavernosum – correspondant aux piliers du clitoris, convergeant en avant vers la symphyse pubienne pour former le corps du clitoris (constitué du coude – appelé aussi genou – et de la hampe). Le pénis est homologue au clitoris, puisque les deux se développent à partir de la même structure embryonnaire. De récentes recherches tendent à montrer davantage encore la similitude entre ces deux organes du point de vue de leur anatomie et de leur physiologie. Cette similitude est particulièrement visible chez la hyène tachetée, chez qui le clitoris prend les proportions et la forme d’un pénis, est complété par des grandes lèvres gonflées par deux boules graisseuses, et constitue un ensemble ressemblant alors tout à fait au sexe du mâle, rendant ainsi la distinction très difficile entre les sexes de cette espèce.

Le bout distal du corps spongieux élargi et côniforme constitue le gland du pénis (glans penis). Le gland est entouré par le prépuce (preputium), un pli de peau qui peut se retirer pour découvrir le gland. Le prépuce s’attache au-dessous du gland par une bande de peau, le frein.

L’urètre (urethra), qui constitue la dernière partie du tractus urinaire, traverse le corps spongieux ; sa sortie, le méat urétral (meatus urethralis), se trouve au bout du gland. L’urètre sert également à la miction et à l’éjaculation.

Le pénis est capable d’érection lors de stimulation sexuelle, ce qui permet le coït. L’éjaculation accompagne la plupart du temps l’orgasme.

L’anatomie du pénis humain se distingue de celle du pénis de la plupart des autres mammifères par l’absence de baculum, un os qui sert à ériger le pénis avant l’acte de copulation. Les corps caverneux du pénis humain se gorgent de sang pour atteindre l’érection.

Le pénis humain est un peu plus important, relativement à la masse corporelle, que celui des autres mammifères.

Chez les autres animaux

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Les reptiles et les geckos possèdent deux pénis appelés hémipénis[12],[13], logés dans des poches à la base de la queue.

Coutumes

Dans certaines traditions culinaires, le pénis entre dans la composition d’un plat préparé. C'est le cas de l'ahkoud ou akoud en Tunisie, dans lequel du pénis de taureau est mélangé avec d'autres abats.

Notes et références

Notes

  1. Les distinctions entre “comportement sexuel”, “comportement de reproduction” et “comportement érotique” sont expliquées dans les articles Comportement érotique et Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin H. Johnson et Barry J. Everitt dans leur ouvrage Reproduction, 5e edition, publié chez De Boeck Université en 2001, car les différences neurobiologiques, cognitives et comportementales entre les espèces modifient la dynamique du comportement sexuel. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de ces distinctions est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.

Références

  1. (en)Discoveries about Marsupial ReproductionDiscoveries about Marsupial Reproduction, Anna King, 2001. Consulté le 20 février 2010.
  2. (en)The Largest Penis in the World - Both for humans and animals, size does matter!, Stefan Anitei, Science Editor, posté sur Softpedia le 5 janvier 2007. Consulté le 20 février 2010.
  3. Matsumoto J., Urakawa S., Hori E., de Araujo M.F., Sakuma Y., Ono T., Nishijo H. Neuronal responses in the nucleus accumbens shell during sexual behavior in male rats. The Journal of Neuroscience, 32(5):1672-1686, 2012
  4. Pfaus J.G., Kippin T.E., Coria-Avila G.A., Gelez H., Afonso V.M., Ismail N., Parada M. Who, what, where, when (and maybe even why)? How the experience of sexual reward connects sexual desire, preference, and performance. Archives of Sexual Behavior, 41(1):31-62, 2012
  5. Jean-Pierre Signoret, « Sexuel (Comportement) », Encyclopædia Universalis, vol. 11.0,‎ 2006
    version électronique
  6. J. Buvat, « Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques », Contracept. Fertil. Sex., vol. 24, no 10,‎ 1996, p. 767-778
  7. (en) Nei M., Niimura Y., Nozawa M. The evolution of animal chemosensory receptor gene repertoires: roles of chance and necessity. Nat. Rev. Genet., 9(12):951-963, 2008
  8. (en) ZHANG J. , WEBB D. M. Evolutionary deterioration of the vomeronasal pheromone transduction pathway in catarrhine primates, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 100(14):8337-8341, 2003.
  9. FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965. Le livre existe en français, mais il est plus difficile à trouver : Le comportement sexuel chez l'homme et l'animal, R. Laffont, 1970
  10. Bagemihl B. Biological Exuberance. St Martin's Press, 2000
  11. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  12. (en)Hemipenes - Melissa Kaplan’s - Herp Care Collection, dernière mise à jour faite le 18 décembre 2009.
  13. (fr) Définition de hémipénis, Dictionnaire des sciences animales.

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes