Trouble obsessionnel compulsif

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Trouble obsessionnel-compulsif (TOC)
Classification et ressources externes
OCD handwash.jpg
Un lavage de mains répétitif est un symptôme du trouble obsessionnel-compulsif.
CIM-10 F42
CIM-9 300.3
DiseasesDB 33766
MedlinePlus 000929
eMedicine article/287681 
MeSH D009771
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le trouble obsessionnel compulsif (abrégé TOC) est un trouble mental caractérisé par l'apparition répétée de pensées intrusives - les obsessions - produisant de l'inconfort, de l'inquiétude, de l'appréhension et/ou de la peur ; et/ou de comportements répétés et ritualisés - les compulsions - pouvant avoir l'effet de diminuer l'anxiété ou de soulager une tension. Les obsessions et les compulsions sont souvent associées (mais pas toujours) et sont généralement reconnues comme irrationnelles par les personnes sujettes au TOC mais sont néanmoins irrépressibles et envahissantes, diminuant le temps disponible pour d'autres activités et menant parfois jusqu'à la mise en danger. Elles ne se fondent généralement pas sur des interprétations délirantes.

Les symptômes peuvent s'exprimer de façon très variable d'un patient à l'autre (incluant phobie de la saleté, lavage des mains, vérifications répétées, obsessions sexuelles).

Approximativement, entre un tiers et la moitié des adultes présentant un TOC rapportent que les premiers symptômes sont apparus dans l'enfance.

Malgré ces comportements irrationnels, le TOC est parfois associé à une intelligence supérieure à la moyenne[1].

D'après les critères du manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) et de la CIM-10, le TOC est considéré comme une entité psychopathologique qui remplace la névrose obsessionnelle. Le TOC est à distinguer du trouble de la personnalité obsessionnelle, aussi caractérisé par des obsessions, notamment de perfectionnisme et de désir de contrôle, et des compulsions mais dont le malade ne se plaint pas et qui n'est pas un handicap pour le sujet.

Dans le DSM-V, le TOC ne fait plus partie des troubles anxieux[2].

L'origine neurophysiologique du TOC reste mal comprise. Néanmoins, des altérations des ganglions de la base, du Cortex orbitofrontal ainsi que du Cortex cingulaire antérieur semblent être impliquées dans la physiopathologie de cette maladie. On sait aussi que la boucle neuronale de détection des erreurs est en suractivité. le circuit cérébral de la prise de décisions est également défaillant[3].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Nombre d'individu atteints de troubles obsessionnels-compulsifs dans le monde sur 100 000 habitants en 2002.
  •      Aucune donnée
  •      Moins de 45
  •      45-52.5
  •      52.5-60
  •      60-67.5
  •      67.5-75
  •      75-82.5
  •      82.5-90
  •      90-97.5
  •      97.5-105
  •      105-112.5
  •      112.5-120
  •      Plus de 120

Pouvant apparaître durant l'enfance ou à l'âge adulte avec une prévalence entre 1,5[4] et 2,5 %, le TOC est considéré comme le 4e trouble mental le plus fréquent[5]. Il atteint aussi bien les hommes que les femmes[6].

Il existe des formes familiales[7], et une prévalence plus grande chez les jumeaux homozygotes ("vrais jumeaux") par rapport aux jumeaux dizygotes, faisant supposer une participation génétique[8].

Une cause infectieuse, impliquant un mécanisme immunologique, est également évoquée (infection à streptocoques) bien qu'elle jouerait un faible rôle statistiquement[9].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Signes et symptômes[modifier | modifier le code]

Les troubles obsessionnels compulsifs se manifestent sous plusieurs formes. Les symptômes peuvent être proches de ceux du syndrome dépressif avec trouble de la personnalité, anxiété et expression d'une phobie. Ils y sont par ailleurs fréquemment associés[10]. Une dépendance à l'alcool est retrouvée dans un cinquième des cas[10]. Les troubles débuteraient le plus souvent dans l'enfance entre huit et douze ans et entre la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte[11]. Les manifestations sont très variées, et s'expriment typiquement dans la mise en œuvre d'actions rituelles mais peuvent également se limiter à des obsessions et/ou des compulsions mentales.

Les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif incluent le lavage, trouble d'origine phobique qui pousse une personne à devoir nettoyer et à se laver en permanence, par peur de contamination, de souillure ou de salissure en tout genre. Il peut dans certains cas provenir d'hypocondrie ; la vérification, trouble qui consiste à vérifier plusieurs fois de suite un fait ou une action qui pourrait avoir un effet négatif. Par exemple, vérifier les robinets de gaz, les portes, la lumière plusieurs fois. Cependant, cela peut aussi concerner des choses sans conséquences immédiates telles que l'orthographe d'un texte ou le résultat d'une opération arithmétique. Il faut ajouter la phobie d'impulsion, trouble phobique des personnes ayant peur de passer à l'acte, de perdre le contrôle de soi ou de faire quelque chose contre leur gré sans s'en rendre compte. La personne lutte en permanence contre ses idées et doit s'assurer en permanence de ce qu'elle vient de faire (peur de tuer quelqu'un, d'être violent avec une personne de son entourage, du suicide et autres erreurs dommageables pour la personne ainsi que pour son entourage).

Également, certains syndromes et autres types de troubles peuvent être perçus. Ils incluent le syndrome de lenteur primaire, syndrome rare qui entraîne une lenteur excessive dans la réalisation de certaines actions de la vie quotidienne. Essentiellement, car le patient s'assure par son extrême application qu'il ne peut entraîner de catastrophe, qu'il n'oublie rien ou qu'il agit parfaitement, selon l'obsession contre laquelle il tente de lutter ; la syllogomanie, durant laquelle un individu collecte plusieurs types d'objets et ayant de la difficulté à s'en débarrasser. Elles peuvent concerner une seule catégorie d'objet ou tous les objets sans différenciation. Cela s'appelle aussi le TOC des « amasseurs » ou des « collecteurs ». Aussi appelé le "trouble d'accumulation compulsive" ; les TOC d’ordre, obsession de la symétrie, l'ordre et le rangement. Parfois, le lavage compulsif ne provient pas d'une phobie et fait donc partie de cette catégorie. Les personnes se sentent obligés de tout ranger ; les compulsions cachées (ou compulsions cognitives), ces compulsions mentales caractérisent tous les TOC n'entraînant aucun rituel se manifestant par une action physique, « tout se passe dans la tête » (se répéter sans cesse des phrases (parfois sous forme de prières répétitives), se répéter sans cesse un ou plusieurs mots / nombres, calculer incessamment, additionner, retrancher... (voir Arithmomanie), pensées blasphématoires, images ou pensées perverses à propos de la sexualité et insultes mentales à l'égard de personne que l'on aime ou avec lesquelles on est en train de discuter).

La rumination peut également être perçue chez le patient. Elle se caractérise par un ressassement permanent d'idées dans la tête. Elle se différencie de la compulsion cachée pure car elle concerne des idées plutôt que des choses abstraites, et peut être accompagnée de rituels. La personne sait au fond d'elle-même qu'elle n'adhère pas à ces idées, mais se contraint tout de même à s'interroger dessus. Ruminations les plus courantes : peur d'aller en prison, d'être homosexuel, d'être pédophile, d'être polygame ou polyandre, de ne plus aimer quelqu'un, d'agresser physiquement quelqu'un. Elle se caractérise également par des questionnements méta-physiques permanents (par exemple sur la mort, la mémoire, la paternité, etc.). Dans tous les cas, si une peur de passer à l'acte intervient, un cas de phobies d'impulsion peut être diagnostiqué.

Symptomatologie[modifier | modifier le code]

Les troubles obsessionnels compulsifs consistent en des idées obsédantes (obsessions) et/ou des actes répétitifs (compulsions).

  • Obsessions : idéations, phobies (par exemple, une crainte excessive d'être souillé ou contaminé) ;
  • Compulsions : rites conjuratoires, pensées magiques, actes que le sujet sait dans la plupart des cas absurdes mais auxquels il ne parvient pas à résister. Les compulsions peuvent avoir l'effet de soulager l'anxiété ou de relâcher la tension[12]. Ce sont souvent des exacerbations d'actes normaux (par exemple, des lavages longs et très fréquemment renouvelés, vérifier constamment que la porte est bien fermée).

Les troubles obsessionnels compulsifs étaient anciennement appelés névrose obsessionnelle, mais le terme de névrose n'est plus utilisé comme entité psychopathologique, ni par l'OMS ni par l'Association Américaine de Psychiatrie (AAP) qui édite le DSM. L'occurrence d'un TOC est favorisée chez les personnalités obsessionnelles. Les premiers symptômes apparaissent en général à la fin de l'enfance ou pendant l'adolescence, parfois chez le jeune adulte. Le TOC peut entrainer une désocialisation avec risque de marginalisation et donc de déscolarisation chez les enfants et les adolescents ou de graves répercussions socio-professionnelles chez les adultes. Il est donc recommandé de consulter dès que les obsessions et rituels deviennent invalidants dans la réalisation des activités de la vie quotidienne.

Autres symptômes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des phobies.
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  • Répétition constante de mouvements avec les mains
  • S'arracher des mèches de cheveux, des cils ou des sourcils (Trichotillomanie)
  • Se ronger les ongles (Onychophagie)
  • Achats incontrôlés et excessifs
  • Toucher certaines choses un nombre de fois pair ou impair
  • Déplacer et replacer des objets (sentiment qu'ils sont mal rangés ou mal positionnés)
  • Éviter de marcher sur des lignes au sol (exemples cliniques : marcher en plaçant soigneusement ses pieds au centre des carreaux d'un carrelage, enjamber exagérément les lignes du sol)
  • Le comptage (le fait de compter tout et n'importe quoi)

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Les mécanismes physiopathologiques responsables du TOC font l'objet de nombreuses recherches de par le monde mais restent encore hypothétiques. Sur la base de l'efficacité des traitements médicamenteux, la sérotonine intra-cérébrale est supposée contribuer au mécanisme de la maladie. Parmi les hypothèses proposées, certaines évoquent une hypersensibilité des neurorécepteurs sérotoninergiques chez ces patients[6]. L'imagerie cérébrale suggère une hyperactivité au sein des ganglions de la base (en particulier le striatum ou les noyaux caudés) ainsi que dans les cortex orbitofrontal et cingulaire antérieur[13].[réf. insuffisante]

Fonctions cognitives affectées[modifier | modifier le code]

Diverses études cliniques ont montré une déficience des sujets atteints de TOC dans les tests neuropsychologiques standards, ou certains de leurs sous-items, suivants : Wisconsin Card Sorting Test, Iowa gambling task (en)[14], Tower of Hanoi 3-disk time, Colour Trails 1 time, Complex Figure Test immediate and delayed recall[15],[16] et Stroop Task alors que Digit Span Test - Forward et Backward - (en) et Corsi block-tapping test (en) évaluant la mémoire à court terme donnent des résultats normaux[17].

Affections associées[modifier | modifier le code]

  • Gilles de la Tourette

Jusqu'à 60 % des personnes ayant le syndrome de Gilles de la Tourette auraient également des TOC[18].

  • Schizophrénie

On retrouve entre 7,8 et 26 % de TOC chez les patients atteints de schizophrénie[19].

Traitements[modifier | modifier le code]

Préventif[modifier | modifier le code]

Des préventions et aides peuvent être associées aux TOC. Elles incluent une prise de conscience de la maladie. Cette prise de conscience inclut une rationalisation des faits du patient, de mettre en avant le côté rationnel par rapport au côté sens/sentimental/non rationnel, une différenciation rationnelle par le patient entre ses comportements normaux/modérés et la manifestation des troubles. Le patient doit différencier les pensées obsessionnelles et les pensées normales dont il a plus de contrôle pour pouvoir court-circuiter les schémas de raisonnement obsessionnel et diminuer par là l'emprise des TOC. (ex : différenciation entre la culpabilité normale et le sentiment de culpabilité exagéré qui handicape le patient dans ses moindres actes).

Certaines autres aides incluent le sport et/ou les relations sexuelles qui peuvent apporter un effet apaisant sur le patient; de même les occupations constructives telles que la concentration sur le travail ou des loisirs motivants, laissent moins de temps pour les comportements obsessionnels.

Traitements de première intention[modifier | modifier le code]

Deux types de traitements ont fait la preuve de leur efficacité dans le TOC : les médicaments tel que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)[20] et clomipramine[21] et les thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Seuls ou en association, ces traitements permettent d'obtenir une amélioration chez une majorité de patients.

  • Psychopharmacologie d'antidépresseurs, de type inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)[22] et clomipramine[23]. Des anomalies biochimiques, notamment un déséquilibre de la sérotonine et de la dopamine, pourraient contribuer aux TOC. Des études ont démontré un niveau anormal de l'activité de la dopamine et de la sérotonine dans le cerveau des individus présentant un TOC. Ces dysfonctionnements pourraient être classifiés comme un hyperfonctionnement dopaminergique dans le cortex préfrontal ainsi qu'un hypofonctionnement sérotoninergique dans les ganglions de la base.[réf. nécessaire] Le sérotonine est également vue comme un régulateur important de l'anxiété.[réf. souhaitée] Il semblerait que les récepteurs de la sérotonine chez les personnes souffrant de TOC soient sous-stimulés.[réf. nécessaire] Il est parfois nécessaire de prescrire les ISRS à une posologie supérieure à celle qui est préconisée dans les épisodes dépressifs. Le délai d'apparition des effets thérapeutiques peut atteindre trois mois et la réponse n'est parfois que partielle[24]. Une étude menée sur dix ans a trouvé que les ISRS sont inefficaces chez 40 à 60% des personnes ayant des TOC[25]. Les formes résistantes peuvent être améliorées par l'ajout d'un neuroleptique comme l'halopéridol ou la rispéridone[26]. Chez l'enfant, le traitement médicamenteux semble avoir une efficacité limitée[27]. Pour les antidépresseurs (ISRS), il est important de savoir que la dose efficace pour le traitement d'une dépression est inférieur à la dose efficace pour le traitement du TOC.
  • Psychothérapie cognitivo-comportementale : Elle repose sur l'exposition répétée et contrôlée aux stimuli anxiogènes, permettant ainsi au patient de reconnaître le caractère transitoire de l'anxiété et la non-sédation par son comportement de TOC[28]. Son efficacité est démontrée[29] mais elle peut être mal tolérée, du fait de l'anxiété générée, obligeant à arrêter la thérapie. Le taux de rechute est faible par rapport au traitement médicamenteux[6].

Néanmoins, 30 à 60% des patients atteints de TOC ne répondent pas aux traitements ou que partiellement. On considère que ces patients sont résistants. Des traitements dit alternatifs sont alors proposés aux TOC ne répondant pas aux traitements[30].

Traitements par stimulation invasive et non invasive[modifier | modifier le code]

  • La stimulation cérébrale profonde qui consiste à implanter des électrodes au niveaux des ganglions de la base a montré des résultats prometteurs[31],[32] pour des patients résistants aux traitements de première intention. Même si ce traitement représente une bonne alternative pour soigner les patients, il est limité aux formes les plus sévères de la maladie du fait de son caractère invasif et du risque d'infection liée à l'opération.
  • La stimulation magnétique transcrânienne (SMT ou TMS pour les anglophones) qui consiste à utiliser le champ magnétique pour modifier l'activité neuronale du sujet montre des résultats encourageants notamment par stimulation de l'aire motrice supplémentaire. D'autres cibles sont à l'étude comme le cortex orbitofrontal mais le manque de puissance du au trop faible nombre d'études ne permet pas de conclure pour l'instant à une efficacité de la TMS[33].
  • La stimulation transcrânienne par courant direct (tDCS) qui consiste à faire passer un très faible courant (l'équivalent d'une pile) au travers du cerveau est également une piste étudiée pour soigner le TOC. Du fait de sa récente redécouverte, peu d'études ont pour l'instant été publiées[34].

Autres traitements[modifier | modifier le code]

Psychothérapeutique[modifier | modifier le code]

  • La cure psychanalytique n'est en général pas considérée comme ayant prouvé cliniquement son efficacité dans le traitement en première intention de cette pathologie ; toutefois, son utilité reste reconnue pour favoriser les importantes transformations de la personnalité nécessaires après les traitements standards (cognitivo-comportemental et/ou psychopharmacologique)[35]. Considérés comme une expression de la névrose obsessionnelle, les symptômes du TOC traduisent, selon cette approche, un conflit intrapsychique ou une culpabilité interne[réf. nécessaire] et ne constituent donc pas une pathologie à part entière.
  • Thérapie stratégique: en particulier l'approche de la thérapie brève de l'École de Palo Alto, voir le cas traité par R. Fisch [36]. La méthode -stratégique/systémique/relationnelle/interactive- reste encore pour l'instant marginalisée en France. L'équipe de Nardone avait observé que 79 % des TOCs disparaissaient avec cette approche en quelques mois[37].
  • Traitement de l'angoisse par anxiolytiques. Ils sont peu efficaces dans les TOC et peuvent entraîner une dépendance. Toutefois, les antidépresseurs ISRS peuvent aussi entraîner une dépendance selon une méta-analyse danoise[38],[39].

Médicamenteux et plantes[modifier | modifier le code]

  • La D-cyclosérine semble augmenter l'efficacité des thérapies comportementales[40] mais ce résultat demande à être confirmé.
  • Une étude de phase I, datant de 2006, portant sur neuf sujets a montré un effet positif de la psilocybine. Utilisée à des doses sub-hallucinatoires et hallucinatoires, elle aurait entraîné une amélioration chez tous les sujets : une diminution de 23 à 100 % sur l'échelle d'obsessions et de compulsions de la Yale-Brown Obsessive-Compulsive Scale. Aucun des sujets n'aurait subi d'effets indésirables significatifs sauf un qui aurait expérimenté une hypertension transitoire[41],[42]. Des cas d'automédication avec de la psilocybine, du LSD et de la mescaline ont également été rapportés[43].
  • Le cannabis, le cannabidiol et le THC sont étudiés et marginalement prescrits comme traitement des TOC[44],[45].
  • Une étude randomisée en double aveugle datant de 2012 visant à évaluer l'efficacité de l'acétylcystéine (NAC) contre celle d'un placebo chez 48 patients présentant un TOC réfractaire aux antidépresseurs IRS a résulté en une réponse complète chez 52,6 % du groupe prenant de la NAC contre 15 % du groupe contrôle à la fin des douze semaines sur lesquelles s'est étalée l'étude[46]. L'acétylcystéine semble en outre un traitement prometteur des troubles du contrôle des impulsions, reliés au TOC[47].
  • Une étude randomisée en double aveugle menée sur une période de huit semaines comparant les effets d'un extrait de chardon-Marie et de la fluoxétine chez 35 adultes sujets au TOC n'a pas constaté de différence significative entre les deux groupes en termes de résultats et d'effets indésirables[48].
  • La nicotine semble atténuer les manifestations du TOC et l'anxiété[49],[50],[51],[52].
  • La mémantine a été proposée dans les TOC résistants dans un cas clinique[53]

Histoire et société[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Lacan a étudié le Caractère XVI des Portraits de Théophraste, qualifiant cet original à idées fixes d'« Obsessionnel de Théophraste ». Au-delà de la superstition, le deisidaimon (δεισιδαίμων en grec ancien) est un terme grec qui désigne un personnage atteint de trouble obsessionnel compulsif. Plutarque, dans l'opuscule De la superstition figurant parmi ses Œuvres morales, commente et critique le comportement d'un sujet atteint de deisidaimonia[54]. Théophraste lui-même décrit la superstition (deisidaimonia) comme une sorte de lâcheté vis-à-vis de la divinité.

Historiquement, les symptômes obsessionnels ont été repérés en psychiatrie depuis Philippe Pinel (les folies raisonnantes), Bénédict Augustin Morel (« délire émotif ») à Pierre Janet (« obsession et psychasthénie ») sous des appellations différentes. C'est le psychanalyste Sigmund Freud qui en a établi le profil le plus complet notamment à travers son histoire de la cure de « l'homme aux rats » atteint d'une névrose obsessionnelle (devenue « névrose de contrainte » dans les nouvelles traductions). Les auteurs successifs des DSMs et, notamment, Spitzer pour la troisième révision ont évacué la notion de névrose trop marquée pour eux par la psychanalyse. C'est ainsi qu'ils ont proposé de classer les symptômes obsessionnels dans des « troubles » qui s'intègrent dans une vision descriptive et comportementale, fortement marquée par la médecine somatique (organiciste).

Médias et société[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Le film Pour le pire et pour le meilleur met en scène Jack Nicholson dans le rôle d'un écrivain asocial atteint de TOC.
  • Le film Trust me met en scène un personnage violent atteint de TOC. Il s'agit du père du héros, un ancien militaire, qui souffre d'une obsession axée sur le rangement et la propreté.
  • Le film Les Associés, dans lequel Nicolas Cage souffre de troubles obsessionnels et est montré dans des compulsions au cours desquelles il doit ouvrir et fermer une porte trois fois de suite avant de pouvoir la franchir.
  • Le film Aviator raconte l'histoire vraie d'Howard Hughes. Une attention particulière est portée aux rituels de Hughes, notamment celui du lavage des mains et de son obsession de contamination qui l'a mené à finir ses jours isolé, avec le désir de se mettre à l'abri des microbes.
  • Le film Sans mobile apparent nous fait découvrir un inspecteur, l'inspecteur Caracalla, dont le rôle est tenu par Jean-Louis Trintignant qui n'arrête pas de se laver les mains.
  • Le film américain L'Incroyable Destin de Harold Crick, sorti en 2007, raconte l'histoire du personnage éponyme qui est atteint de TOC, et ne peut s'empêcher de tout compter.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • La pièce de théâtre Toc toc de Laurent Baffie : six patients sont dans la salle d'attente d'un neuro-psychiatre à la renommée internationale, spécialiste dans le traitement des TOC. Il ne consulte en France qu'une fois tous les 2 ou 3 ans, et ne voit jamais le même patient 2 fois. Coprolalie, arithmomanie, nosophobie, TOC de vérification, palilalie... les TOC s'entassent, se bousculent et se mélangent avec beaucoup d'humour dans le cabinet du docteur.
  • La pièce T.O.C. de Augustin d'Ollone.
  • La pièce Pièces de Philippe Minyana, parue en 2001 puis retravaillée par l'auteur pour le metteur en scène Laurent Brethome en 2012 sous le titre TAC. Le personnage principal, TAC, est un homme atteint de syllogomanie (ou "Trouble d'Accumulation Compulsive"), dont l'histoire s'inspire d'un fait divers réel.

Télévision[modifier | modifier le code]

  • La série télévisée Monk, met en scène Adrian Monk, un détective souffrant de troubles obsessionnels compulsifs. Ce trouble psychologique lui a coûté son poste de détective à la brigade criminelle de la police de San Francisco. Suite au meurtre de sa femme, Monk est traumatisé et il développe une peur excessive des microbes, du vide, de la foule et de tout le reste, ce qui ne facilite pas ses enquêtes.
  • Dans la série télévisée Esprits criminels, l'épisode 2 de la saison 1, intitulé Par feu et par flammes (titre original : Compulsion), met en scène les agissements d'une jeune étudiante pyromane atteinte de TOC centrés sur le symbolisme du chiffre 3.
  • Dans la saison 3 de la série Scrubs apparaît, le temps de quelques épisodes, le docteur Kevin Casey. Ce médecin souffre de plusieurs TOCs. Il ressent le besoin de recommencer son entrée dans l'hôpital qu'il juge ratée. Il répète continuellement son nom quand il se concentre. Il a la phobie des microbes, se lave les mains pendant des heures après une intervention et lave ensuite le savon. Il refuse par ailleurs d'utiliser les toilettes de l'hôpital, préférant rentrer chez lui quand le besoin s'en fait sentir.
  • Dans le téléfilm diffusé sur TF1, Le Monsieur d'en face, le personnage d'Yves Rénier est atteint de TOC. Il est surtout obsédé par le rangement et ne sort jamais de chez lui.
  • Dans le cinquième épisode de la saison 5 de la série NCIS : Enquêtes spéciales intitulé La veuve noire, Nikki Jardine (Susan Kelechi Watson) souffre de légers troubles obsessionnels compulsifs. Elle a notamment peur de la contamination et doit tout laver ; de plus, elle ne supporte aucun contact direct avec une personne.
  • Dans la série télévisée Glee, Emma Pilsbury, la psychologue scolaire, souffre de troubles obsessionnels compulsifs manifestés par un besoin récurrent de nettoyer bien que les objets ne soient pas visiblement sales.
  • Dans la série télévisée Bones l'épisode 22 de la saison 5 "La Fuite en avant" concerne un amasseur agoraphobe.
  • Dans la série télévisée The Big Bang Theory, le personnage de Sheldon Cooper présente certains symptômes de ce trouble, notamment sa manière de frapper à la porte, ou encore sa phobie des germes qui le pousse à prendre des précautions exagérées concernant sa propreté.
  • Dans la série télévisée Girls, à la fin de la saison 2, le personnage d'Hannah souffre de TOC. Elle se met alors à tout compter jusqu'à 8 et son comportement devient alors presque dangereux lorsque, pour se purifier, elle s'enfonce un coton-tige dans l'oreille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  4. (en) Kessler R, Berglund P, Demler O, Jin R, Walters E, « Lifetime prevalence and age-of-onset distributions of DSM-IV disorders in the National Comorbidity Survey Replication » Arch Gen Psychiatry 2005;62:593-602
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  54. NB : le titre en grec ancien Περὶ δεισιδαίμονία

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Botbol, Réponses à vos questions sur les TOC de l'enfant et de l'adolescent, Paris, Solar, 2005, ISBN 2-263-03795-0
  • Pierre-Henri Castel, Âmes scrupuleuses, vies d'angoisse, tristes obsédés: Obsessions et contraintes intérieures, de l'Antiquité à Freud, Ithaque, 2011.
  • Jean Cottraux, Les Ennemis intérieurs. Obsessions et compulsions, Odile Jacob
  • Rémi Neveu, Faire face aux toc, Ed Retz, ISBN 2-7256-2502-5 (manuel destiné aux patients).
  • Judith Rappoport, L'Enfant qui n'arrêtait pas de se laver., Odile Jacob, 1991.
  • Alain Sauteraud, Je ne peux pas m'arrêter de laver, vérifier, compter. Mieux vivre avec un TOC, ISBN 2-7381-1206-4 (réédition de 2002), Odile Jacob (ouvrage destiné aux patients)
  • Alain Sauteraud, Le Trouble obsessionnel compulsif. Le manuel du thérapeute, ISBN 2-7381-1527-6, Odile Jacob (approche cognitive et comportementale)
  • Encyclopédie médicale Chir, 1995. D'après le Dr Hantouche.
  • Franck Lamagnere, Manies Peurs et Idées Fixes. Connaitre les toc et les soigner. Ed. Retz
  • Nicolas Waquet, préface et notes aux Caractères de Théophraste. Ed. Rivages poche, 2010