Dysmorphophobie
|
|
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie ou en liens externes.
Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références.
|
| Dysmorphophobie | |
| Classification et ressources externes | |
| CIM-10 | F45.2 |
|---|---|
| CIM-9 | 300.7 |
| DiseasesDB | 33723 |
| eMedicine | med/3124 |
La dysmorphophobie ou dysmorphobie est la crainte obsédante d'être laid ou malformé. Ce terme vient du psychiatre italien, Enrico Morselli en 1891 : Sulla Dismorfofbia et Sulla Tafefobia due forme nonperance descritte di Pazzia con idée fisse. Morselli était un correspondant de Freud. À l'époque, les phénomènes psychiatriques étaient classés selon des catégories dans la même manière que des catégories biologiques. C'est-à-dire, qu'ils étaient classés de manière dite « naturelle » selon une description d'un fixation. La dysmorphophobie est aussi appelée « hypochondrie » par certains[Qui ?] psychanalystes, ou BDD (Body Dysmorphic Disorder) par des médecins Américains, comme K. Phillips, psychiatre reconnue mondialement, qui considère ces troubles comme une maladie à part entière. </ref> livre de Ka. Phillips.
Pour le psychanalyste, la dysmorphophobie traduit, « une absence de symptôme ». Il convient donc d'écouter le sujet lorsqu'il tente de construire un « symptôme » qui peut ensuite être analysé[1].
Pour le psychiatres rédacteurs des DSM successifs, c'est un trouble psychologique caractérisé par une préoccupation ou une obsession concernant un défaut dans l'apparence, fût-ce une imperfection légère réelle (taches de rousseur, grand nez, peau marbrée, rides, acné, cicatrices), voire délirante. Pour les psychanalystes, ces manifestations constituent une forme d'invasion par le réel traumatique (une forme de jouissance).
Pour K. Phillips , qui s'est spécialisée dans l'étude et le traitement de cette maladie, c'est une maladie à part entière, fréquente, de l'ordre de 1 % de la population, méconnue, et très douloureuse dans les cas sévères. Elle a présenté ses études et ses traitements dans un ouvrage "Broken mirror", en langue anglaise, </ref> livre de Ka. Phillips. Le psychiatre français, Pr J.Tignol, valide et divulgue ses travaux dans un ouvrage intitulé "Les défauts physiques imaginaires" et dans une publication récente, avec ses collègues, </ref> J. Tignol et al. - 2012- Body Dysmorphic Disorder (BDD) la presse médicale n° 41 .
Sommaire |
Description [modifier]
Le principal facteur de risque est l'abus émotionnel ou sexuel de l'enfance, ou le harcèlement scolaire http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1633716/
Ces idées fixes peuvent engendrer une dépression sévère ou des tentatives de suicide. Les individus souffrant de ces obsessions ont la certitude inébranlable d'avoir le visage, ou alors une partie de leur corps, monstrueux. Elles ont une image dégradée et déformée d'eux-mêmes et des craintes déraisonnables de rejet à cause de l'interprétation qu'ils font de leur apparence et du regard des autres. Les médecins reconnaissent deux formes de cette maladie : une forme accompagnée d'hallucinations et une forme sans hallucination. Pour les psychanalystes, il s'agit plutôt de l'expression d'une névrose, ou d'une psychose. Les névrosés peuvent avoir des hallucinations visuelles tout comme les psychotiques. Différencier ces deux structures est primordial. Cependant, il n'y a qu'une écoute attentive de longue durée qui permet d'écarter le diagnostic d'une psychose pour un patient ne présentant pas d'autres signes. Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), les patients (hommes et femmes) développent des pratiques rituelles compulsives pour couvrir leur(s) défaut(s). Pour les psychanalystes, ces pratiques enrichissent le tableau clinique et permettent parfois au sujet d'appréhender quelque chose de la cause de son malaise. Ces pratiques peuvent être le point de départ pour l'invention d'un symptôme analysable.
Les malades peuvent rester un temps considérable en face d'un miroir pour tenter de se rassurer mais l'effet est souvent inverse. En effet, selon Lacan, l'agressivité face à sa propre image fait partie d'une étape constitutive du sujet mais l'engluement spéculaire ne permet pas en soi une sortie du cycle vicieux de cette jouissance solitaire (la jouissance pour un psychanalyste lacanien fait référence à une répétition "au delà du principe du plaisir"). Les individus souffrant de ces phénomènes cherchent de manière compulsive des médecins, des médicaments ou ont recours à la chirurgie plastique. Ils peuvent parfois aller jusqu'à utiliser des méthodes dangereuses pour améliorer leur apparence. Certains peuvent pratiquer l'auto-chirurgie, et certains se suicident. Or les causes ne sont généralement pas liées à l'image en elle-même.K. Phillips décrit abondamment les divers comportements observables: les obsessions de laideurs visuelles qui peuvent durer des heures, le rituel du miroir, le camouflage, la pratique des chirurgies esthétiques, le secret, la honte, l'isolement. Le malade peut se replier et se couper de tout en vironnement, de sorte que sa qualité de vie est altérée, jusqu'à l'impossibilité d' assurer ses besoins vitaux quotidiens, se nourrir, faire les courses, le ménage....
Traitement [modifier]
Le traitement est souvent difficile, mais des médicaments tels que les antidépresseurs sérotoninergiques (ISRS - Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) soulagent l'individu pendant un temps.
Et même plus, pour K. Phillips, </ref> livre de Ka. Phillips, c'est le traitement spécifique de cette maladie qui répond spécifiquement à ces molécules, avec, selon cette spécialiste, de très bons résultats. Elle les cite dans son ouvrage; elle insiste sur le fait qu'il peut être nécessaire de les prendre à fortes doses, et indispensable de les prendre très régulièrement. Elle présente dans son ouvrage un protocole de soins pour le suivi des patients, y compris en cas d'échec, doses alors revues, changement d'IRS....
Parfois, un échec, une rupture ou une trahison amicale conduisent un individu jeune à se focaliser sur un défaut et à se persuader qu'il est la cause de toute sa souffrance. Le détail physique devient l'argument pour refuser les relations avec les autres, surtout quand il s’agit de séduire. Parfois, la dysmorphophobie s'enracine dans la peur de la sexualité. Leur laideur imaginaire leur permettra de se protéger de la confrontation aux choix sexuels et de ne pas quitter l’enfance si rassurante. Cette détresse est parfois mal comprise par les parents. Pourtant, il ne faut surtout pas minimiser la douleur et le mal-être profond. L’adolescent a besoin de réconfort et le trouble peut s’atténuer de lui-même grâce à la maturité et la confiance acquise peu à peu en grandissant.
Cependant, si la dysmorphophobie persiste, cela deviendra un véritable handicap. Une thérapie s’avèrera nécessaire pour traiter le trouble profond dont la dysmorphophobie est le symptôme;-la maladie pour K. Phillips. Il s’agira de venir à bout du manque de confiance, grâce à une thérapie comportementale ou analytique. La meilleure attitude pour les parents est surtout de ne pas minimiser la souffrance bien réelle de leur adolescent, de ne pas le culpabiliser et de l’accompagner et le soutenir si celui-ci entame une thérapie.
K. Phillips, </ref> livre de Ka. Phillips, a étudié les comorbidités possibles avec: la dépression, la phobie sociale, les comportements obsessionnels compulsifs. Des ressemblances existent avec l'anorexie. Par contre,les liens avec la schizophénie sont peu fréquents.
Parmi les thérapies complémentaires, K. Phillips,</ref> livre de Ka. Phillips, utilise les thérapies cognitivo-comportementales, qu'elle-même et ses collègues ont adaptées aux soins de la dysmorphophobie(BDD). Dans son ouvrage, elle présente les lignes générales de ses traitements.
Les parents doivent montrer qu’ils comprennent son mal-être mais en même temps doivent lui expliquer que celui-ci n'est pas fondé. L'enfant ou l'adolescent a besoin d’être rassuré, entouré pour reprendre confiance, s’habituer à son corps et l’accepter avec plaisir et espoir. Lorsque la dysmorphophobie s'inscrit dans la durée, il s'accompagne d'un isolement social progressif et destructeur de la qualité de vie, l'adulte pouvant alors vivre obsédé et démotivé.
Notes et références [modifier]
- Article de G . Guillet et J. Lonceint http://www.therapeutique-dermatologique.org/spip.php?article1081&lang=fr
Bibliographie [modifier]
- Barbara Bonneau, "J'ai tué mon père et je suis dans la glace", articulation entre le rejet du signifiant primordial et l'image spéculaire, Observation clinique d'une dysmorphophobie" 1992, «[1] » Galerie des textes, Bibliothèque l'Université de Paris VII Denis Diderot.
- Barbara Bonneau, Thèse Université Paris VII, 2001, Les mots dans l'œil, Le discours du schizophrène et l'image de son corps, Étiologie différentielle des dysmorphophobies.«[2] » Galerie des textes, Bibliothèque l'Université de Paris VII.
- Barbara Bonneau, Un jeu(je) de cheval, une invention schizophrène 2003, traduction de "The eye(I) of the horse, a schizophrenic's invention" in June 2003 Analysis, n°12, The Australian Centre for Psychoanalysis, Trobe University Press. Dans les deux langues sur le site « Galerie des textes ».
- Barbara Bonneau, Les Mots dans l'œil, jeux de la vérité de l'être spéculaire,' 2004.
- Liliane Goldsztaub et Sébastien Dupont, Lucia et ses mains "masculines" : de la dysmorphophobie adolescente au suspens de la sexuation », Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 2006, n° 54(5), p. 304-314.
- Phillips, K. A. (1996). The broken mirror Understanding and treating body dysmorphic disorder. New York: Oxford University Press., ouvrage plusieurs fois édité. http://www.google.fr/#hl=fr&tbo=d&sclient=psy-ab&q=Ka+PHillips+broken+mirror&oq=
site:body dysmorphic disorder programm at rhoad Island Hospital.
- Tignol J. - 2006 les défauts physiques imaginaires -ed. O.Jacob.
- Jean Tignol, Corinne Martin-Guehl, Bruno Azouizerzate,2012-