Folie à deux

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Folie à deux
Classification et ressources externes
CIM-10 F24
CIM-9 297.3
DiseasesDB 34350
eMedicine med/3352 
MeSH D012753
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La folie à deux ou psychose partagée est un syndrome psychiatrique manifestée par la transmission de symptômes délirants d'un individu à un autre[1]. Il existe des folies partagées à trois, quatre voire des folies à plusieurs. La vision délirante du monde du patient souffrant de la psychopathologie est adoptée par d'autres individus avec lesquels il est en contact. La folie à deux peut se produire, par exemple, dans une cellule familiale, où la mère (ou le père) souffre d'une psychose, dont certains des symptômes sont reproduits par les enfants. La folie à deux serait une forme a minima de l'hystérie collective.

De récentes classifications psychiatriques désignent les symptômes en tant que trouble psychotique partagé (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR)) (297.3) et trouble délirant induit (F.24) dans la classification internationale des maladies, bien que l'expression « folie à deux » soit largement utilisé. Le trouble est pour la première fois conceptualisé au XIXe siècle dans la psychiatrie française[2].

Description[modifier | modifier le code]

Cette description est tirée d'une étude d'Enoch et Ball intitulée Uncommon Psychiatric Syndromes (2001, p. 181) : Margaret et son mari Michael, tous les deux âgés de 34 ans, ont découvert qu'ils souffraient de folie à deux et étaient atteints de troubles délirants de persécution. Ils croyaient que certaines personnes s'introduisaient dans leur maison, y répandaient de la poussière et « usaient leurs chaussures ». Ces deux individus ont exposé un diagnostic de contagion émotionnelle.

Ce syndrome est communément diagnostiqué lorsque deux ou plusieurs individus concernés vivent à proximité et sont socialement ou physiquement isolés, et ont peu d'interaction avec les gens du monde extérieur.

Sous-types

Ils sont différenciés par la manière dont l'idée délirante s'est propagée :

  • folie imposée : l'idée délirante est imposée par une personne dominante (nommée sous le nom de primaire, inductrice ou principale) à une ou plusieurs autres personnes (nommée sous le nom de secondaire, receveuse ou associée). Il est supposé que la personne secondaire ne sera pas trompée si elle est laissée à elle-même. Le traitement de la personne primaire seule suffira souvent à faire disparaître les idées délirantes chez la personne secondaire.
  • folie simultanée : les deux personnes souffrent d'idées délirantes de manière indépendante avec influence réciproque des délires. Les idées délirantes deviennent identiques ou très proches. Dans un autre cas, deux personnes prédisposées aux délires déclenchent des symptômes réciproquement chez l'autre[3].

La folie à deux est une curiosité psychiatrique. Le DSM IV actuel[Quand ?] propose qu'une personne ne peut être diagnostiquée comme délirante qu'à partir du moment où la croyance en question est ordinairement partagée par d'autres personnes qui ont la même culture ou sous-culture. Toutefois, se pose le problème de savoir à quel moment une croyance considérée comme délirante dans le cadre d'une folie à plusieurs, devient légitime du fait d'un grand nombre de personnes qui la partage. Quand un grand nombre de personnes commence à croire à des choses de manière évidemment fausse et potentiellement inquiétante, que ces choses soient partagées uniquement par ouï-dire, ces croyances ne sont pas considérées comme des délires, mais sont plutôt évoquées sous le terme d'hystérie collective.

Folie à deux et pharmacopsychoses[modifier | modifier le code]

Des rapports ont indiqué qu'un phénomène similaire à la folie à deux a été induite par l'agent incapacitant anticholinergique Benzilate de 3-quinuclidinyle à la fin des années 1960[4],[5], et plus récemment en 1999, par des anthropologues dans la forêt tropicale d'Amérique du Sud qui avaient consommé un breuvage de lianes l'Ayahuasca[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Dr. Nigel Eastman in the BBC documentary 'Madness In The Fast Lane' », Documentarystorm.com,‎ 2010-09-24 (consulté en 2011-05-31)
  2. Berrios G E (1998) Folie à deux (by W W Ireland). Classic Text Nº 35. History of Psychiatry 9: 383–395
  3. (en) Dewhurst, Kenneth; Todd, John, « The psychosis of association: Folie à deux. », Journal of Nervous and Mental Disease, vol. 124,‎ 1956, p. 451–459 (DOI 10.1097/00005053-195611000-00003)
  4. (en) « Incapacitating Agents », Brooksidepress.org (consulté en 2011-05-31)
  5. (en) « Medscape Access », Emedicine.com (consulté en 2011-05-31)
  6. (en) « Ayahuasca – a shamanistic medicinal ritual », Kira Salak (consulté en 2011-05-31)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Halgin, R. & Whitbourne, S. (2002) Abnormal Psychology: Clinical Perspectives on Psychological Disorders. McGraw-Hill. ISBN 0072817216
  • Enoch, D. & Ball, H. (2001) Folie à deux (et Folie à plusieurs). In Enoch, D. & Ball, H. Uncommon psychiatric syndromes (Fourth edition). London: Arnold. ISBN 0340763884
  • Wehmeier PM, Barth N, Remschmidt H, « Induced delusional disorder. a review of the concept and an unusual case of folie à famille », Psychopathology, vol. 36, no 1,‎ 2003, p. 37–45 (PMID 12679591, DOI 10.1159/000069657)
  • (en) Hatfield, Elaine, Caccioppo, John T., & Rapson, Richard L., Emotional contagion (Studies in Emotional and Social Interaction), Cambridge, UK, Cambridge University Press,‎ 1994 (ISBN 0-521-44948-0)
  • (en) Metzner, Ralph, editor, Ayahuasca: Human Consciousness and the Spirits of Nature, New York, NY, Thunder's Mouth Press (ISBN 1-56025-160-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]