Phan Châu Trinh

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Phan Châu Trinh (1872-1926) est un patriote vietnamien pacifiste né à Tay Loc dans la Province de Quảng Nam.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père était un riche propriétaire foncier lettré, qui avait participé à la “résistance des lettrés”, mais il fut tué en 1885 par d’autres dirigeants de ce mouvement qui le suspectaient de trahison. Ainsi, Phan Châu Trinh est devenu orphelin à 13 ans dans une famille de patriotes. Son frère ainé a été élevé dans la langue classique chinoise “Han” et a réussi aux examens triennaux pour devenir un mandarin de haut rang. En 1905, il a démissionné de son poste dans la bureaucratie mandarinale pour opposition à la monarchie traditionnelle vietnamienne et au système mandarinal, en faveur d’une république démocratique. Pourtant, il y avait des résistances monarchiques avec des empereurs détrônés pour patriotisme par l'Administration coloniale française qui a intronisé le Prince Vinh San à 8 ans en 1907 sous le nom dynastique de Duy Tan (détrôné en 1916 pour patriotisme et exilé à l'île de la Réunion).

Dans la lignée familiale patriotique, le militant activiste Phan Châu Trinh fut arrêté par suite du mouvement de la “grève des impôts” de 1908, exilé au Bagne de Poulo Condor et puis en France où, vivant des travaux de photographie, il mena des activités révolutionnaires pendant un certain temps avec Nguyên Ai Quoc (Hô Chi Minh). Il rentra à Saigon en 1925 et y mourut l'année suivante en 1926. Ses funérailles furent l'occasion de manifestations patriotiques à l'échelle nationale. Phan Châu Trinh était partisan d'une lutte pacifique : il s'agissait d'élever la conscience nationale et le niveau culturel du peuple pour réaliser l'union contre l'Administration coloniale. Il voulait enterrer la monarchie et le mandarinat pour une république démocratique moderne. Cette lignée familiale patriotique a continué jusqu'à sa petite-fille, Madame Nguyên Thi Binh.

La résistance des lettrés[modifier | modifier le code]

En contraste aux révoltes et jacqueries paysannes contre la colonisation française s’est organisée la résistance des lettrés dont faisait partie aussi le père de Hô Chi Minh, petit mandarin, comme beaucoup d’autres mandarins de tout rang.

En 1883, la cour de Huê signait le Traité “Harmand” reconnaissant l'occupation française. La résistance menée par les lettrés, dont de nombreux mandarins, et nommée “Servir le roi” qui a duré de 1885 Ã 1896. Son échec montrait la faillite de l'orthodoxie confucéenne. Deux tendances se firent jour au sein de l'intelligentsia traditionnelle :

Les uns, convaincus de l'inutilité et de la futilité de la lutte, acceptaient de collaborer avec l'Administration coloniale et les autres continuaient le combat en composant avec l'idéologie démocratique occidentale, idéologie acquise à travers les traductions chinoises d'œuvres philosophiques du XVIIIe siècle français.

Trois grandes figures marquèrent la seconde tendance: Phan Boi Chau, Phan Châu Trinh et Nguyên Ai Quoc (le futur Hô Chi Minh).

En 1925, Phan Boi Chau (58 ans) envoya de Hangzhou une lettre en chinois classique à Ly Thuy (autre nom de Nguyên Ai Quoc, Hô Chi Minh), 35 ans, militant alors en Chine également. Phan Boi Chau (1867-1940) préconisait la lutte armée pour reconquérir l'indépendance nationale en misant sur l'aide du Japon, "pays des “jaunes et de même culture”. Il créa le mouvement “Voyage à l'Est” pour envoyer des étudiants dans ce pays. Il en fut expulsé et dut militer en Chine et au Siam (Thaïlande). Kidnappé par les Français à Shanghai, il fut soumis à un régime de résidence surveillée à Huê jusqu'à la fin de sa vie.

Phan Chu Trinh critique la ligne révolutionnaire adoptée par Phan Boi Chau: elle est selon lui illusoire puisque le Japon est aussi une puissance impérialiste. Il considère celle de Nguyên Ai Quoc comme irréaliste: rester à l'étranger pour fomenter “l'agit-prop” dans le pays en attendant une occasion favorable pour revenir faire la révolution? C'est une entreprise vaine.Phan Châu Trinh conseille à Nguyên Ai Quoc de revenir au pays tout de suite pour appliquer sa stratégie de lutte pacifique.

Nguyên Ai Quoc (HôChi Minh) a suivi sa propre voie tortueuse plus pragmatique qu'idéologique d'un communisme instrumental pour un nationalisme fondamental, laquelle a mené à la Révolution d'août de 1945 qui a mis un terme à 80 ans de domination coloniale. Il a su lier la cause nationale aux mouvements de lutte internationale, combinant avec bonheur les stratégies des 2 ainés et prédesseurs Phan: Phan Boi Chau et Phan Châu Trinh, celui de la lutte armée avec une aide extérieure et celui de la voie pacifique par l'éducation populaire et l'élévation de la conscience nationale. À partir de la Brigade de propagande armée, l'Armée populaire vietnamienne a réalisé ces deux stratégies de lutte armée et d'élévation de la conscience nationale, quand la fortune des armes sert d'argument favorable à des négociations, comme celles des Accord de Genève de 1954 et des Accords de paix de Paris de 1973.

Conclusion[modifier | modifier le code]

De multiples tendances nationalistes ont fleuri et rivalisé, mais la tendance nationaliste de Hô Chi Minh a réusi en liant sa cause nationale à la lutte internationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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