Élie Bloncourt

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Élie Bloncourt
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1942, 1945-1947
1936
Gouvernement IIIe République, IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Résidence Aisne

Élie Bloncourt, né le à Basse-Terre (Guadeloupe) et mort en 1978 à Antony, est un homme politique et résistant français.

Jeunesse en Guadeloupe[modifier | modifier le code]

Élève boursier, Elie Bloncourt obtient son baccalauréat en 1913 au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre mais doit arrêter ses études à la mort de sa mère, qui l'élevait seule avec ses cinq frères et sœurs.

Invalide de guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Il est mobilisé en 1915, à la suite des lois sur la conscription coloniale, et combat dans les Dardanelles, à Salonique et en Macédoine ottomane. Il profite d'une permission pour se marier en Guadeloupe en 1917 mais repart pour la région de Verdun sans attendre la naissance de son fils. Il combat ensuite dans le département de l’Aisne, au sein de la division Marchand. Blessé au visage en , il perd définitivement la vue et il est laissé pour mort sur le champ de bataille, finissant la guerre dans un hôpital allemand.

Vie professionnelle et politique dans l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Rendu à la vie civile, il s’installe en métropole avec sa femme et son fils, apprend le braille et la dactylographie et s’inscrit à la Sorbonne où il obtient une licence de philosophie en 1921. Devenu professeur, il s'installe à La Fère, près de Laon. À partir de 1934, il représente son canton d’adoption au conseil d’arrondissement de Laon et au conseil général de l’Aisne, puis est élu député aux législatives de 1936.

Résistant 1940-1945[modifier | modifier le code]

Absent de l'assemblée lors du vote des pleins pouvoir au Maréchal Pétain en 1940, il intègre rapidement la Résistance et devient président de la SFIO pour la zone occupée. Il contribue à la mise en place du Groupe Libération-Nord, dont il est un des premiers responsables pour le département de l’Aisne. Il organise ensuite le réseau Brutus chargé de surveiller les mouvements de la Wehrmacht. En 1944, le Conseil national de la Résistance le désigne pour diriger le Comité de Libération de l’Aisne. Au cours de la libération de Paris, il investit les bureaux de la rue Oudinot au nom du Gouvernement provisoire de la République française, puis, à Laon, prend officiellement possession de la préfecture le .

Militantisme politique après la Libération[modifier | modifier le code]

Après la Libération, Élie Bloncourt reprend ses fonctions de professeur de philosophie au lycée Charlemagne. Réélu député de l’Aisne en 1945 aux côtés de son ami Jean Pierre-Bloch, il siège à la commission des territoires d’Outre-Mer. À l’instar de son frère Max Clainville-Bloncourt[1], Élie Bloncourt revendique un socialisme sans concession. Déçu de l’évolution de la SFIO, il se montre hostile aux tendances modérées de Léon Blum et Daniel Mayer. En 1947, mécontent de la rupture socialo-communiste, il ne se représente pas aux élections et quitte le parti. Il fonde alors le MSUD (Mouvement socialiste unitaire et démocratique qui deviendra par la suite le Parti socialiste unitaire) et publie La Bataille socialiste. Il adhère ensuite à l'Union de la gauche socialiste, qui rassemble des chrétiens de gauche, des trotskistes et d’anciens communistes, mais quitte ce mouvement lorsque celui-ci participe à la fondation du Parti socialiste unifié en 1958. En 1971, à l'âge de 75 ans, il rejoint finalement le nouveau Parti socialiste refondé par François Mitterrand au Congrès d'Épinay.

En 1968, il est témoin à décharge au procès des dix-huit nationalistes guadeloupéens déférés devant la Cour de sûreté de l'État à la suite des sanglants événements de .

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. : Oruno D. Lara, Mortenol ou les infortunes de la servitude, p. 518 : XIXe ‑ XXe siècle : 1850-1950, Paris, Editions L'Harmattan,‎ 2001. (notice BnF no FRBNF376937764)