Marion Maréchal-Le Pen

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Marion Maréchal-Le Pen
Marion Maréchal-Le Pen en 2012.
Marion Maréchal-Le Pen en 2012.
Fonctions
Conseillère régionale
de Provence-Alpes-Côte d'Azur

(1 an, 6 mois et 19 jours)
Élection 13 décembre 2015
Président Christian Estrosi
Renaud Muselier
Groupe politique Front national (présidente)
Députée française

(5 ans)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 3e de Vaucluse
Législature XIVe
Groupe politique Non-inscrits
Prédécesseur Jean-Michel Ferrand
Successeur Brune Poirson
Biographie
Nom de naissance Marion Jeanne Caroline
Maréchal
Date de naissance (28 ans)
Lieu de naissance Saint-Germain-en-Laye
(Yvelines, France)
Nationalité Française
Parti politique FN
Père Samuel Maréchal
Mère Yann Le Pen
Entourage Jean-Marie Le Pen
(grand-père)
Marine Le Pen (tante)
Marie-Caroline Le Pen (tante)
Philippe Olivier (oncle par alliance)
Diplômée de Université Panthéon-Assas
Religion Catholicisme
Site web marionlepen.fr

Marion Maréchal-Le Pen, née le à Saint-Germain-en-Laye, est une femme politique française.

Elle est membre du Front national (FN), dont le cofondateur et premier président, Jean-Marie Le Pen, est son grand-père, et dont la présidente suivante, Marine Le Pen, est sa tante.

En 2012, elle est élue députée dans la troisième circonscription de Vaucluse, ce qui fait d'elle la seule élue FN à l'Assemblée nationale et, à 22 ans, la plus jeune députée de l'histoire de la République française. Tête de liste du FN aux élections régionales de 2015 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle réalise le meilleur score du parti en France et devient conseillère régionale.

Elle se retire de la vie politique à la suite de l'élection présidentielle de 2017.

Jeunesse et vie privée[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen est la fille de Yann Le Pen et de Samuel Maréchal, qui l'a reconnue après avoir rencontré sa mère, alors que Marion a deux ans[1]. Elle porte, à titre d'usage, le nom de famille de sa mère, adjoint à celui de son père. Elle a un frère cadet, Romain[2].

L'Express révèle, en 2013, que le journaliste et diplomate Roger Auque est le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen ; celle-ci porte plainte contre le magazine, qui est condamné à lui verser 10 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée[3],[4]. Le , Roger Auque meurt à l'âge de 58 ans, des suites d'un cancer[5]. Dans ses mémoires posthumes, Au service secret de la République, il confirme être le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, qui ne l'aurait rencontré qu'en 2002[6],[7]. Depuis cet épisode, Roger Auque écrit n'avoir cessé de voir sa fille et avoir joué un rôle de conseiller dans sa vie, comme « un parrain plutôt qu'un père »[8].

Elle est la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, fondateur, premier président puis président d'honneur du Front national, et la nièce de Marine Le Pen, qui a succédé à Jean-Marie Le Pen à la tête du parti[9]. En 1992, à l'âge de deux ans, elle apparaît dans les bras de son grand-père sur une affiche officielle de sa campagne régionale en Provence-Alpes-Côte d'Azur[10]. Elle grandit dans la demeure familiale de Montretout, à Saint-Cloud[2]. Son père estime que « Montretout a été pour Marion une vraie école de la vie politique »[11]. D'après Vanity Fair, c'est Samuel Maréchal qui « a fait l’éducation politique de Marion »[12]. En revanche, elle côtoie assez peu Jean-Marie Le Pen[13]. Elle emménage de nouveau à Montretout après la naissance de sa fille[14], puis s'installe à Garches après son retrait de la vie politique, en septembre 2017[13].

Études[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen est inscrite dans une école publique jusqu'au CM1 : y recevant des menaces de mort d'après son père, Samuel Maréchal, et sur les conseils d'une enseignante qui suggère de rejoindre l'enseignement privé, elle est ensuite inscrite à l'institution traditionaliste Saint-Pie-X de Saint-Cloud, qu'elle fréquente jusqu'à la cinquième[2],[15]. Elle juge cette expérience « fondamental[e] dans [son] apprentissage »[2]. Elle y côtoie notamment Madeleine de Jessey[16].

En parallèle de ses études, elle travaille en 2011 comme serveuse à l'hôtel Pershing Hall. Son employeur la renvoie quand il découvre qu'elle est la petite-fille de Jean-Marie Le Pen[17].

En 2012, elle obtient un master 1 en droit public à l'université Panthéon-Assas[18],[19]. Elle abandonne ensuite ses études pour se consacrer pleinement à sa fonction de députée[20].

Vie matrimoniale[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen se marie, le à Saint-Cloud, avec Matthieu Decosse, âgé de 30 ans, chef d'entreprise dans l'événementiel[21]. Le suivant, elle accouche d'une fille, prénommée Olympe en hommage à Olympe de Gouges[12],[22]. Elle se sépare de Matthieu Decosse en 2016[23],[24].

Religion[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen est catholique pratiquante[2]. Petite-fille de pasteur du côté paternel, elle a fait sa première communion et sa confirmation à l'Institution St-Pie X de St-Cloud, école catholique traditionaliste où elle a effectué une partie de sa scolarité[25]. Elle participe régulièrement au pèlerinage de Chartres, organisé par les catholiques traditionalistes de Notre-Dame de Chrétienté[25], et au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle[17].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts (2008-2012)[modifier | modifier le code]

Elle explique avoir été rapidement obligée de se politiser car étant identifiée « comme petite-fille de Jean-Marie Le Pen »[26].

Au lycée[27], elle est d'abord proche de « certains milieux de jeunes UMP » et s'affirme « séduite par le personnage de Nicolas Sarkozy »[28]. Après avoir été déçue par celui-ci[28], elle adhère au Front national à l'âge de 18 ans[18] et milite au Front national de la jeunesse (FNJ), alors dirigé par David Rachline[29]. Marie-Christine Arnautu affirme que « si elle est revenue vers le Front national, ce n'est certainement pas sous l'impulsion de son père, de sa mère ou de son grand-père, ni même de ses amis : c'est parce qu'elle-même a décidé que c'était là que ça devait se passer »[27]. Elle entre en politique lors de l'élection municipale du à Saint-Cloud, en se présentant en septième position sur la liste FN, qui obtient 6,3 % des voix[30],[31].

Lors des élections régionales de 2010, sollicitée par Marie-Christine Arnautu, Marion Maréchal-Le Pen figure en deuxième position sur la liste du Front national dans les Yvelines[32], en position non éligible[26]. Elle explique alors y « faire ses classes » et se déclare proche de sa tante Marine Le Pen, qui n'est pas encore à la tête du parti[32]. La liste menée en région Île-de-France par Marie-Christine Arnautu obtient 9,3 % des suffrages au premier tour[33],[34].

Députée de la XIVe législature (2012-2017)[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen en présence (de gauche à droite) de Louis Aliot, Gilbert Collard, Édouard Ferrand et Gaël Nofri, lors de la célébration des 40 ans du Front national, en 2012.

Après avoir envisagé d'être candidat à l'élection législative de 2012 dans la troisième circonscription de Vaucluse, Jean-Marie Le Pen appelle sa petit-fille à s'y présenter, jugeant la circonscription gagnable et voulant effacer l'« affront » de l'affaire de Carpentras, dans laquelle le FN avait été indirectement accusé[35],[36]. En 2007, Guy Macary, candidat du Front national dans cette circonscription, avait obtenu seulement 7,8 % des voix[37]. D'abord réticente, Marion Maréchal-Le Pen accepte finalement de se porter candidate[10]. Son suppléant est Hervé de Lépinau, alors vice-président de la Ligue du Sud[38]. Selon Le Figaro, elle a bénéficié du soutien du maire d'Orange, Jacques Bompard, qui aurait mis à son service ses réseaux locaux pendant la campagne[39]. Son parachutage s'inscrit dans la tradition des figures de premier plan du FN de « chercher des terres d’élection favorables, même lorsqu’ils ont antérieurement construit un fief politique ailleurs »[40].

Le , elle arrive en tête du premier tour avec 34,6 % des suffrages exprimés, en ballottage avec le député UMP sortant, Jean-Michel Ferrand, et la socialiste Catherine Arkilovitch[41],[42]. Cette dernière se maintient en dépit de la consigne du Parti socialiste[43]. Le , au second tour, Marion Maréchal-Le Pen est élue députée avec 42,1 % des voix, dans une triangulaire face aux candidats de l'UMP (35,8 %) et du PS (22,1 %)[44],[42]. Elle crée ainsi la surprise en mettant un terme à la série de réélections de Jean-Michel Ferrand, qui était député depuis 1986[45].

Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop, souligne le rôle du maintien de Catherine Arkilovitch au second tour dans l'élection de Marion Maréchal-Le Pen[46],[47]. D'après L'Express, qui cite certains élus socialistes, ce maintien a été soutenu par l'entourage de Claude Haut, président socialiste du conseil général de Vaucluse, et aurait été la contrepartie du maintien de la candidate du Rassemblement bleu Marine dans la cinquième circonscription de Vaucluse (qui n'a finalement pas eu lieu), ce qui aurait permis de favoriser le socialiste Jean-François Lovisolo. Marion Maréchal-Le Pen n'accorde aucun crédit à cette thèse et explique le maintien de Catherine Arkilovitch par les mauvais rapports entre le PS local et Jean-Michel Ferrand[48]. Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections, nie tout échange de bons procédés avec le FN et affirme qu'« il n'y a ni preuve ni mobile »[49].

Son élection et l'abaissement de l'âge requis pour se présenter de 23 à 18 ans en 2011 lui permettent de devenir, à 22 ans, la plus jeune députée de l'histoire de la République française[50]. Le , lors de l'élection du président de l'Assemblée nationale, elle est secrétaire de séance en tant que benjamine des députés[51]. Elle est la seule élue à l'Assemblée nationale qui soit membre du Front national, Gilbert Collard ayant été élu député du Gard sous les couleurs du Rassemblement bleu Marine sans avoir adhéré au parti[52].

Exercice du mandat[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale, elle siège en tant que députée non-inscrite[53]. Elle est membre de la commission des Affaires étrangères[54],[55]. Son assistant parlementaire spécialisé dans les médias et la communication est un ancien membre du « directoire » du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), ancien journaliste au mensuel Le Choc du mois et ancien militant RPR puis UMP[56],[57] ; il travaille également auprès d'Aymeric Chauprade[58]. Ses deux autres assistants parlementaires sont Alexandre Heuzey (Paris) et Rémy Rayé (Carpentras) ; Victoria Dufour, ancienne trésorière du Groupe union défense à Lyon, a également été son assistante durant la première année de son mandat. Elle a confié sa communication à une entreprise lyonnaise, Janus international, dirigée par des anciens de l'Action française[57].

Marion Maréchal-Le Pen en 2013.

Elle vote pour certains textes gouvernementaux, comme la création du contrat de génération ou le projet de lutte contre la fraude fiscale[59]. En 2013, dans le cadre du projet de loi retranscrivant des directives européennes en matière environnementale, elle dépose un amendement concernant les zones industrielles à risque classées Seveso, d’abord accepté et soutenu par le rapporteur PS du texte, Philippe Plisson, — une première pour Marion Maréchal-Le Pen — et finalement rejeté au sein de la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire puis dans l’hémicycle, ce qui suscite une controverse[60]. Elle signe ou cosigne une quinzaine de propositions de loi, dont une sur la reconnaissance du « génocide vendéen » en s'appuyant sur les travaux de l'historien Reynald Secher[59],[2]. Elle défend à l'Assemblée les fondamentaux du FN, comme la préférence nationale en matière de logement ou la suppression de l'Aide médicale d'État[59]. Jean-Marie Pottier de Slate relève que « si le ton ou le vocabulaire sont souvent plus policés que ceux du grand-père, les interventions moins souvent interrompues, elle ne recule pas devant les formules définitives » et se confronte plusieurs fois à Manuel Valls et Bernard Cazeneuve[59]. Jérémy Collado de Slate souligne qu'elle est « connue du grand public pour ses interventions musclées à l'Assemblée nationale » et qu'elle « se lâche encore plus lorsqu'elle revient sur ses terres d'élection, pour séduire un électorat très marqué à droite »[61].

Membre du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale, Marion Maréchal-Le Pen manifeste en commission un intérêt pour la question russe, critiquant notamment la non-livraison de deux frégates Mistral ou les sanctions commerciales contre la Russie, et se rend à plusieurs reprises en Russie à l'invitation des autorités (en décembre 2012, en octobre 2015 et en novembre 2016)[59],[62],[63]. Elle indique qu'elle se rend régulièrement à l'ambassade de Russie, encouragée en ce sens par Marine Le Pen[64]. Le , elle effectue une visite au Reichstag, à Berlin, à l'occasion des 50 ans du traité de l'Élysée, pour une rencontre entre les députés français et les députés allemands[65]. En mars 2016, elle répond à l'invitation de la Ligue du Nord, parti populiste italien allié au FN au sein d'Europe des nations et des libertés, groupe politique du Parlement européen[66]. En novembre 2016, elle se félicite de la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, en raison de son « refus de l'ingérence à l'étranger » et de son engagement « pour une politique qui serait moins belliqueuse, pour discuter et travailler avec la Russie »[67]. Alors que Stephen Bannon, directeur de campagne puis conseiller en chef de Donald Trump à la Maison blanche, la qualifie d'« étoile montante » et annonce son intention d'ouvrir une antenne de son média Breitbart News en France, elle se dit prête à « travailler » avec celui-ci[68].

En août 2015, Marion Maréchal-Le Pen est invitée à prendre la parole aux universités d’été organisées par l'Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon et par la Province des dominicains de Toulouse à la Sainte-Baume (Var). D'après l'hebdomadaire chrétien La Vie, c'est la première fois qu'« un élu du Front national de premier plan est invité à prendre la parole en tant que catholique lors d'une rencontre organisée par des représentants de l'Église »[69]. Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, estime à ce sujet qu'« une digue a sauté » entre l'Église et le FN, tout en considérant « qu'une majorité des évêques français doit être hostile à ce dialogue »[70]. De son côté, Jean-Michel Di Falco, évêque de Gap et d'Embrun, indique que « cette initiative ne [le] choque pas », tout en précisant qu'il « ne partage pas l’ensemble des idées de ce parti »[71]. Pour le sociologue Philippe Portier, « cette invitation est le point d’aboutissement d’une réflexion menée depuis une dizaine d’années par les catholiques »[72].

Élue dans un contexte de recomposition de la droite vauclusienne[73], elle tente elle-même de prolonger ce processus à son profit[74]. Ne souhaitant pas mener une liste aux élections municipales de 2014, elle opte pour une présence, en 10e position, sur la liste FN à Sorgues (Vaucluse) ; la liste est devancée par celle du candidat UMP sortant, qui l'emporte au premier tour[75]. Invitée en mai 2016 avec Louis Aliot et Gilbert Collard du Rendez-vous de Béziers, rassemblement de personnalités de droite et d'extrême droite organisé par Robert Ménard, elle le quitte prématurément pour manifester son désaccord avec certains propos tenus à cette occasion sur son parti, notamment par le maire de Béziers[76]. Elle destine sa réserve parlementaire à plusieurs chantiers dans sa circonscription, mais également à des communes situées en dehors de celle-ci et dirigées par le FN ou des alliés (Le Pontet, Camaret-sur-Aigues), contrairement à l'usage parlementaire[77].

Après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, elle annonce qu'elle rejoint la réserve opérationnelle, rappelée à cette occasion par l'exécutif, et appelle les « patriotes » à faire de même[78]. En septembre 2016, elle dépose son dossier pour intégrer le 21e régiment d'infanterie de marine (RIMA) de Fréjus « parce que c'est une ancienne troupe coloniale et qu'il participe à de nombreuses opérations extérieures »[79]. Mais, en février 2017, l'armée ne donne pas une suite favorable à sa demande alors que plusieurs parlementaires ont déjà rejoint les rangs de la réserve opérationnelle[80].

Responsabilités au Front national (2012-2017)[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen est secrétaire de la fédération FN de Vaucluse de 2012 à 2016[81],[82].

Au congrès du Front national de , elle arrive première du vote des militants pour le comité central du parti, devançant, avec 80 % des suffrages, Louis Aliot (76 %), Steeve Briois (70 %) et Florian Philippot (69 %), qui est régulièrement présenté comme son rival[83]. Elle n'intègre pas le bureau exécutif, la plus haute instance du parti, refusant « que Marine Le Pen se fasse reprocher le fameux « Front familial » comme on entend si souvent de façon injuste » — eu égard à la présence de Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen. Elle explique également ce choix par le refus de la présidente du FN de constituer des vice-présidences politiques, qui avaient fait l'objet de son intérêt[84]. Dans le nouvel organigramme du FN, rendu public par Marine Le Pen en février 2015, ses soutiens sont marginalisés au profit de ceux de Florian Philippot[85],[86]. Elle est membre du bureau politique du parti[63].

En juillet 2016, elle relance la Fête des Bleu-blanc-rouge (BBR), dont la dernière édition avait eu lieu en 2006, avec un « rassemblement BBR Grand Sud » au Pontet sur la « thématique médiévale »[87],[88]. L'événement attire environ 1 500 militants et une centaine d'élus FN[88], ainsi que Marine Le Pen, alors que la presse évoque des tensions entre elle et Marion Maréchal-Le Pen[89]. À cette occasion, elle assure n'avoir « jamais renié la filiation politique avec Jean-Marie Le Pen » et vouloir « instaurer, à long terme, cette tradition de fête populaire autour des neuf fédérations du Grand Sud »[88]. L'historienne Valérie Igounet considère qu'en reprenant l'intitulé « BBR », « Marion Maréchal Le Pen prolonge donc la tradition FN tout comme son grand-père »[87].

Invoquant un agenda chargé, elle décline la proposition de Marine Le Pen de jouer un rôle important dans l'organigramme de sa campagne présidentielle de 2017, et en particulier le poste de porte-parole ; elle intègre le conseil stratégique avec peu de soutiens, contrairement à Florian Philippot[63],[90],[91].

Conseillère régionale de PACA (2015-2017)[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen à Carpentras, en novembre 2015.
Panneaux électoraux à Saint-Didier (Vaucluse), en vue du premier tour des élections régionales.

En , après l'annonce du retrait de la candidature de Jean-Marie Le Pen, au cœur d'une polémique en raison de certains de ses propos, elle est désignée tête de liste FN aux élections régionales de décembre en Provence-Alpes-Côte d'Azur[92]. Tout en se déclarant « en désaccord sur le fond » avec les déclarations de son grand-père[93], elle se prononce contre l'exclusion de celui-ci du FN[94]. D'après le politiste Joël Gombin, cette prise de position minoritaire s'explique par le fait qu'elle est la seule à disposer au FN d'une double légitimité (à la fois « charismatique », en raison de son patronyme, et « politique », avec son mandat de députée) et par le fait qu'elle propose une « vision plus classique du FN »[95].

Elle propose notamment le développement d'un patriotisme économique régional en donnant la priorité aux entreprises régionales pour les marchés publics, la réorganisation de la formation professionnelle en investissant en priorité le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication et la mise en place d'une police régionale dans les TER[96]. Lors de la campagne, elle reprend principalement les thèmes de prédilection du Front national, en particulier les questions identitaires et d'immigration[97] : elle déclare ainsi refuser que la région « passe de la Riviera à la favela »[98]. Au fil des mois, elle obtient le ralliement de plusieurs élus de droite, notamment d'Olivier Bettati, conseiller municipal divers droite à Nice et ancien adjoint de Christian Estrosi, qui est désigné tête de liste FN dans les Alpes-Maritimes[99],[100], ainsi que de Philippe Vardon, fondateur du mouvement identitaire Nissa Rebela[101].

Durant cette campagne, elle est la seule tête de liste du FN à ne pas avoir pas souscrit aux crédits obligatoires du micro-parti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, ce qui la met à l'abri des poursuites judiciaires lancées dans le cadre de l'« affaire Jeanne »[102].

À l'issue du premier tour, le , la liste qu'elle conduit arrive en tête, avec 40,6 % des voix, devant la liste de droite menée par le député et maire de Nice, Christian Estrosi (26,5 %), et la liste du député socialiste Christophe Castaner (16,6 %)[103]. Ce dernier se retire du second tour et apporte son soutien à Christian Estrosi pour faire barrage à Marion Maréchal-Le Pen[104]. Le 13 décembre 2015, au second tour, la liste de Christian Estrosi obtient 54,78 % des suffrages contre 45,22 % pour celle de Marion Maréchal-Le Pen[103]. Il s'agit du meilleur score obtenu dans une région par le Front national lors de ces élections, Marine Le Pen obtenant trois points de moins en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Florian Philippot neuf points de moins en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine[105],[106]. Le FN réalise par ailleurs le meilleur résultat de son histoire en Provence-Alpes-Côte d'Azur, obtenant 42 élus dans le nouveau conseil régional[103],[107].

Élue conseillère régionale pour le département de Vaucluse, elle prend ses fonctions le suivant et devient présidente du groupe FN[108].

En retrait de la vie politique (depuis 2017)[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen confie dès 2015 ne pas vouloir faire de la politique toute sa vie et exprime son souhait de travailler un jour dans le secteur privé[109],[110].

Pendant la campagne présidentielle de 2017, elle multiplie les réunions publiques, mais celles-ci ne sont pas relayées par l'appareil du FN[111]. Dans le même temps, Marine Le Pen interdit à sa nièce de participer à L'Émission politique sur France 2 et la qualifie de personne « assez raide » et « inexpérimentée »[112],[113],[114]. Cette décision intervient alors que les vues de Florian Philippot sont privilégiées par la direction du parti depuis 2012[115],[116],[117] et que la ligne libérale-conservatrice défendue par Marion Maréchal Le Pen apparaît majoritaire au sein de l'électorat frontiste[118],[119],[120],[121],[122]. Au cours de la campagne, Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot affichent publiquement leurs différends[122].

Après l'échec de Marine Le Pen (photo) à l'élection présidentielle de 2017, Marion Maréchal-Le Pen se retire de la vie politique.

En particulier après le déclenchement de l'affaire Fillon, la ligne de Marion Maréchal-Le Pen semble cependant plusieurs fois mise en avant à travers l'influence dans l'appareil de campagne de Philippe Olivier, son oncle par alliance, et de Philippe Vardon, un de ses proches[123],[124]. Marion Maréchal-Le Pen se réjouit du virage « identitaire/sécuritaire » pris par sa tante juste avant le premier tour[12]. Vanity Fair indique que « sa mission non officielle est d'aller à la pêche aux députés de droite fronto-compatibles »[12] : l'accord d'entre-deux-tours de la présidentielle avec Nicolas Dupont-Aignan est ainsi perçu comme étant favorable à ses orientations[125],[126]. Après le débat télévisé d'entre-deux-tours et la large défaite de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, elle exprime « une part de déception », regrettant notamment une trop faible place accordée au thème de l'immigration durant la campagne[127],[128].

Le 9 mai 2017, elle annonce qu'elle renonce à briguer un nouveau mandat de députée aux élections législatives (pour lequel elle était pourtant donnée favorite)[129] et qu'elle compte démissionner du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur[130]. Le 29 mai 2017, elle assiste à sa dernière séance plénière du conseil régional[131], dont elle démissionne peu après[132]. Lors des législatives du mois suivant, son suppléant à l'Assemblée nationale, Hervé de Lépinau, échoue de justesse à maintenir la circonscription dans le giron FN[133].

Pour justifier son retrait, Marion Maréchal-Le Pen met en avant des « raisons personnelles et politiques », en particulier son souhait de s'occuper davantage de sa fille et sa volonté de découvrir le monde de l'entreprise[134],[135]. D'autres facteurs sont avancés, notamment ses désaccords avec Florian Philippot et Marine Le Pen[136],[137],[138] et la mauvaise prestation de cette dernière lors du débat d'entre-deux-tours[139]. Dans un entretien à Valeurs actuelles présenté comme son « testament politique », Marion Maréchal-Le Pen affirme qu'elle appartient « à la droite Buisson » et que « la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires » au moyen de « la question identitaire »[140],[141].

À partir de septembre 2017, elle suit des formations en comptabilité-gestion et en anglais, espérant intégrer par la suite une entreprise en tant que cadre supérieur[142],[143].

Alors que son retour en politique est envisagé à l'horizon 2021-2022[144], les études d'opinion la créditent d'un taux d'opinions favorables supérieur à celui de Marine Le Pen[145], qui est majoritairement perçue par les Français comme un « handicap » pour le Front national, contrairement à sa nièce[146],[147]. Lancé en septembre 2017, le magazine L'Incorrect, dirigé par certains des anciens collaborateurs de Marion Maréchal-Le Pen, est présenté comme l'organe de presse de ses partisans[148],[149].

Opinions et prises de position[modifier | modifier le code]

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Un temps séduite par Nicolas Sarkozy, Marion Maréchal-Le Pen déclare, en 2012, ne pas être d'extrême droite, et se montre favorable à l'« union des droites »[150],[28], depuis la droite nationale jusqu'à l'extrême droite radicale[95]. Elle se définit en 2016 comme une « femme de droite, souverainiste et identitaire »[151]. Reprenant la thèse de la tripartition des droites de René Rémond, elle dit se situer « à la confluence de la droite légitimiste et de la droite bonapartiste », et dit être marquée par La Cause du Peuple de Patrick Buisson, ouvrage dans lequel elle a vu « exposés de manière claire, les fondements de [sa] droite nationale, identitaire, et sociale »[152]. Qualifiée dans la presse de « libérale-conservatrice »[153],[154] ou de « catholique conservatrice », elle représente l'aile droite du FN[57]. Pour le journaliste Laurent de Boissieu, Marion Maréchal-Le Pen incarne au sein du FN « une opposition officieuse, se revendiquant de droite, économiquement nationale-libérale […] et sociétalement conservatrice »[155]. Joël Gombin estime que « sur un plan stratégique, c’est Marion, et non Marine, la vraie héritière de Jean-Marie Le Pen »[95]. Ce dernier considère que « Marine est comme un médecin : elle est généraliste. Marion est plus tranchée : c’est une catholique nationaliste ; elle incarne le vrai Front »[12].

Elle est une admiratrice de Napoléon Bonaparte à travers notamment la biographie que lui a consacrée Jacques Bainville ; elle indique cependant ne pas être monarchiste[57]. Elle fonde sa doctrine sur les lectures d'Ernest Renan, Maurice Barrès et Jacques Bainville[55]. Pour l'historien Laurent Joly, elle « incarne l’héritage maurrassien », notamment à travers ses « propos ouvertement contre-révolutionnaires »[156]. Selon L'Express, « son catholicisme structure sa pensée et ses relations »[2]. Le politologue Jean-Yves Camus souligne cependant la modération de son affirmation catholique doctrinale par rapport à une ancienne branche traditionaliste du FN incarnée par Bernard Antony[157]. Le politiste Joël Gombin observe sous son égide « le rapprochement entre les nationaux-catholiques et les identitaires, qui viennent de deux familles idéologiques, et sont en voie de fusion autour [d'elle] »[158].

Pour Jean-Yves Camus, Marion Maréchal-Le Pen représente un électorat « méridional, héritier du poujadisme : des artisans, commerçants et classes moyennes sensibles à l'idée de libérer les énergies productives »[159]. Pour son confrère Sylvain Crépon, elle développe un discours « sensible à la question identitaire, à l’immigration, ce qui correspond aux attentes de son électorat du sud-est, et pas seulement pied-noir »[160]. Cette ligne politique et son ancrage territorial la distinguent de certains cadres du FN, de Marine Le Pen et Florian Philippot en particulier[159],[160],[161].

Jérôme Fourquet, de l'Ifop, estime, en août 2015, que « le positionnement plus libéral et droitier de la députée de Vaucluse ne se traduit pas par une prime pour celle-ci parmi les CSP+ ou dans l’électorat de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012 ». Selon lui, la similarité des cotes de popularité de Marion Maréchal-Le Pen et de Marine Le Pen dans différents segments de la population française « semble indiquer que pour réelles que soient les différences de tonalités des deux discours, la puissance des marques « FN » et « Le Pen » pèse bien plus lourd »[161]. Pour le journaliste Laurent de Boissieu, « si la ligne officielle du FN est effectivement celle de Marine Le Pen, les militants et les cadres semblent, à des degrés certes variables selon les thématiques, bien plus sur la ligne de Marion Maréchal-Le Pen »[162]. En janvier 2017, un sondage indique que 52 % des sympathisants du Front national se disent plus proches des idées portées par Marion Maréchal-Le Pen que de celles soutenues par Florian Philippot (29 %) ; cette avance est encore plus prononcée chez les jeunes de 18 à 24 ans (66 % contre 8 %)[163].

Société[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen en 2014.

Contrairement à d'autres membres du Front national, dont Marine Le Pen, elle se prononce contre le rétablissement de la peine de mort en France[15], mais pour une « perpétuité réelle »[164]. Joël Gombin explique cette position par son catholicisme et son attachement au droit à la vie[165].

Favorable au droit à l'avortement, elle critique néanmoins les recours excessifs à cette pratique et se prononce pour son déremboursement par la Sécurité sociale, déclarant que « ce n'est pas à l'État de réparer les inattentions de certaines femmes »[166],[167],[168],[150]. Cette position l'oppose en 2016 à Marine Le Pen et à Florian Philippot : elle s'en étonne alors, affirmant que le programme présidentiel de Marine Le Pen en 2012 était sur cette ligne[169],[170]. L'historienne Valérie Igounet note qu'au vu des soutiens qui s'expriment alors à son endroit, « elle semble loin d’être « minoritaire » et « isolée » sur cette question… pour reprendre les termes de Florian Philippot »[171]. À l'Assemblée, elle critique, concernant l'extension du délit d'entrave à l'IVG, « un véritable féminisme patriarcal » qui semble voir les femmes comme « des êtres complètement stupides »[59].

Elle s'oppose à la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, défilant plusieurs fois dans les rues de Paris, entourée de cadres du parti et de sympathisants, mais sans Marine Le Pen, qui se montre plus réservée sur le sujet[172],[173]. Elle soutient à cette occasion le Printemps français[174] et envisage une possible « alliance » avec le mouvement Sens commun, courant des Républicains issu de la contestation[175]. Elle participe également à un rassemblement des Veilleurs en 2015[176]. Pour la journaliste Marie-Pierre Bourgeois, « c'est La Manif pour tous qui fait véritablement naître politiquement Marion Maréchal-Le Pen »[177]. À l'Assemblée, elle dénonce les méthodes du gouvernement face à « la vaste mobilisation populaire contre le mariage et l’adoption homosexuels : publication de chiffres falsifiés, propagande antifasciste, répression lors de manifestations, prisonniers politiques »[59]. En 2013, elle signe, avec Gilbert Collard et Jacques Bompard, une vingtaine d'amendements — tous rejetés — sur le projet de loi, pour vider le projet de sa substance, reconnaître une clause de conscience pour les maires, empêcher l'« immigration nuptiale » depuis les pays où le mariage gay n'est pas reconnu, interdire l'adoption ou la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples homosexuels ou obtenir « un état des lieux de l’application de la théorie du gender en France »[59]. Lors de la campagne pour les élections régionales de 2015 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle annonce sa volonté de stopper les subventions du conseil régional de PACA aux plannings familiaux et aux associations LGBT, qu'elle juge trop politisées[178],[179]. Pour Sébastien Chenu, élu FN homosexuel, « Maréchal-Le Pen n'a pas tenu de propos homophobes, mais a juste eu des prises de position pas très gay friendly »[180].

Sur Radio Courtoisie, en octobre 2015, elle s'étonne, concernant le mariage civil, qu'il faille « demander l’autorisation à la République française » pour recevoir un sacrement. Elle se dit favorable à la laïcité en tant qu'« outil utile contre la propagation […] des revendications de certains musulmans », mais contre « le laïcisme, c’est-à-dire la religion de la laïcité, qui voudrait que l’on rejette la religion de toute sphère publique »[181]. Dans un entretien au quotidien Présent, elle estime que les musulmans « ne peuvent avoir exactement le même rang que la religion catholique » en France, tout en jugeant qu'« il n'y a aucun phénomène d'islamophobie en France »[182]. Elle demande la dissolution de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF)[183]. En juillet 2015, elle présente ses excuses aux protestants, en rappelant que son grand-père fut pasteur, après avoir salué « l’esprit de Résistance » des habitants de la Provence en mettant sur le même plan la lutte contre la Réforme et celle contre l’occupation allemande[184].

Marion Maréchal-Le Pen, contrairement à Marine Le Pen ou à Florian Philippot, adhère à la théorie du grand remplacement et affirme qu'« il y a aujourd'hui un effet de substitution sur certaines parties du territoire de ce qu'on appelle les Français de souche par une population nouvellement immigrée »[185]. Au cours de la campagne des élections régionales de 2015, elle déclare déplorer « le remplacement continu d’une population par une autre, qui apporte avec elle sa culture, ses valeurs et sa religion »[186]. Estimant « urgent de rétablir nos frontières », elle appelle notamment à la suspension provisoire de la convention de Schengen[187],[183]. Elle se prononce pour la fin de la double nationalité, du droit du sol et du regroupement familial[188] et pour l'expulsion immédiate des étrangers condamnés pour crimes et délits[183].

Économie[modifier | modifier le code]

Sur le plan économique, elle déclare : « L'État a fait la France, l'étatisme l'a tuée. Ma génération critique fortement l'assistanat. Il faut remettre le goût du travail, réformer la protection sociale »[56]. Lors d'un bureau politique du FN, elle a notamment contesté la priorité donnée, selon elle, à l'économique et au social plutôt qu'à la sécurité et à l'immigration au sein de son parti : « Sinon on fait du sous-Chevènement ou du sous-Mélenchon »[10].

En février 2016, elle mentionne les mesures économiques structurelles qu'elle juge prioritaires : « le rétablissement des comptes publics, la réforme du droit du travail, la réforme du statut des fonctionnaires, la réforme fiscale, la simplification administrative »[189]. Elle déclare que c'est seulement une fois ces réformes réalisées qu'il doit être question de l'avenir de la France dans la zone euro, avec l'engagement de négociations entre la France et les autorités européennes[189]. Les marges de progression électorales du Front national se situent selon elle, en particulier sur les questions économiques, « sur l'électorat de droite »[189]. En septembre 2016, après l'annonce de la fermeture du site d'Alstom à Belfort, elle déclare que la nationalisation de l'entreprise « peut être une solution, mais une solution ultime », estimant que l'entreprise « touche à l'indépendance française et à un savoir-faire » et regrettant qu'il n'y ait pas eu de « traitement économique en amont, avec un patriotisme économique »[190]. Durant la campagne présidentielle de 2017, elle affirme que le Front national souhaite « évidemment remettre en cause les régimes spéciaux » de retraite avant d'être contredite par sa tante[191].

Marion Maréchal-Le Pen est à l'origine du cercle frontiste Cardinal (dont Axel Loustau prend la tête), destiné à rassembler des patrons de petites et moyennes entreprises, afin de faire remonter leurs doléances à Marine Le Pen[192]. En juin 2016, celle-ci enjoint à Marion Maréchal-Le Pen de retirer des amendements déposés à l'Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi travail, les jugeant trop libéraux[193],[194].

Institutions[modifier | modifier le code]

Tout en défendant la Cinquième République et en s'inscrivant dans le « camp républicain », elle déplore une « obsession pour la République », estimant que celle-ci « ne prime pas sur la France », qui a connu de « nombreux autres régimes politiques » au cours de son histoire[195],[196]. Elle précise être « d'une génération un peu saoulée par les « valeurs de la République », qu'on nous sert en permanence et dont on ne sait pas ce qu'elles recouvrent, ce qui évite d'aller sur le fond des idées »[197].

En 2016, elle est chargée au Front national de la direction d'un groupe de travail sur les institutions. Elle appelle notamment à un renforcement des moyens de démocratie directe (référendum d'initiative populaire sur tous les sujets, obligation de référendum pour toute réforme constitutionnelle), à la mise en place du scrutin proportionnel pour toutes les élections, à la réduction du nombre de parlementaires et à l'instauration d'un septennat non renouvelable pour le président de la République[198],[199].

Marion Maréchal-Le Pen souhaite négocier des clauses de non-participation de la France à certaines politiques européennes, qui bénéficient déjà à plusieurs États membres de l'Union européenne (Royaume-Uni, Irlande, Danemark, Pologne)[200]. Elle se prononce pour la primauté réelle de la Constitution française sur les traités européens[198] et pour le retrait de la France de l'Union européenne[12]. Le Monde indique que lors des débats parlementaires sur la loi organique qui garantit l'application du pacte budgétaire européen en France, « Marion Maréchal-Le Pen passa presque inaperçue. Qu'elle s'exprime à la tribune en discussion générale dans un silence indifférent ou qu'elle défende deux amendements pas particulièrement partisans, la jeune élue semblait n'avoir de frontiste que le nom »[201].

Favorable à la sortie de la France de la zone euro, elle se montre cependant plus mesurée sur ce point que d'autres membres du Front national, estimant que l’euro « n’est pas le seul problème de compétitivité » en France[202]. Si Florian Philippot assure que la France peut sortir de la zone euro dans un délai de six mois après une victoire du FN à l'élection présidentielle, Marion Maréchal-Le Pen juge cette prévision peu crédible[203].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le tome 1 de la bande-dessinée de François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, où Marine Le Pen gagne l’élection présidentielle de 2017, Marion Maréchal-Le Pen devient ministre de l'École et des Savoirs fondamentaux[204]. Elle est élue présidente de la République le 5 juin 2022 dans le tome 2, Totalitaire[205].

Dans le roman de politique-fiction de Michel Wieviorka, Le séisme. Marine Le Pen présidente (2016), avec un scénario similaire, elle devient ministre de la Culture et de l'Identité nationale[206].

En 2015, le rappeur Kaaris cite son nom dans une chanson intitulée Briller. L'année suivante, c'est le chanteur Black M qui l'interpelle dans un morceau intitulée Je suis chez moi. En 2017, le rappeur Sofiane lui dédie un morceau qui porte son nom, et le rappeur Orelsan la mentionne dans sa chanson Christophe.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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