Eugénie Bastié

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bastié.
Eugénie Bastié
Versailles - Eugénie Bastié - 1.jpg
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Père
Fabrice Bastié (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Delphine Sabatié (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Eugénie Bastié, née le à Toulouse, est une journaliste et essayiste française.

Employée au Figaro, elle est également rédactrice en chef de la revue d'écologie intégrale d'inspiration catholique Limite. En 2016, elle fait paraître un essai critique du féminisme, Adieu mademoiselle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fille de Fabrice Bastié, paysagiste, et Delphine Sabatié, médecin nucléaire, Eugénie Bastié a quatre frères et sœurs ; elle grandit à Pibrac, en Haute-Garonne[1] au sein d'une famille catholique « solide »[2].

Après une scolarité en pension catholique[1], elle entre à l'Institut d'études politiques de Paris en 2009. Elle sort diplômée en 2014 après avoir suivi un Master affaires publiques. Elle obtient également une licence de philosophie[3] à La Sorbonne Paris-IV.

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle participe en 2013 à La Manif pour tous[4], sans être militante. Elle collabore de 2013 à 2015 à Causeur[5], site internet et hebdomadaire dirigé par Élisabeth Lévy. Après un stage au Figarovox, site débats et opinion du Figaro (considéré comme « plateforme de la droite dure du Figaro »[3]), elle est embauchée sur le site internet du Figaro en 2015[6], avec la recommandation d'Alexis Brézet[3].

Depuis 2014, elle intervient également à plusieurs reprises sur Radio Courtoisie, la « radio de toutes les droites », dans l'émission Le libre journal des débats, d'abord présentée par Benjamin Blanchard puis par Charles de Meyer, cofondateurs de l'ONG « SOS Chrétiens d'Orient ».

Elle devient rédactrice en chef du service politique de la revue d'« écologie intégrale »[note 1] Limite, créée en 2015 avec Gautier Bès de Berc, Camille Dalmas et Paul Piccarreta, qui se définit comme « une revue de combat culturel et politique, d’inspiration chrétienne »[7], considérée par Libération comme « la jeune garde ultraconservatrice catholique »[8].

En , invitée sur le plateau de Ce soir ou jamais, elle s'oppose à Jacques Attali dans une joute verbale à propos de la crise dite des migrants, pendant laquelle elle lance « le vieux monde est de retour », ce qui provoque un buzz médiatique sur internet[4]. En , lors de l'émission de télévision Flashtalk dont le sujet porte sur le féminisme où elle est invitée avec Caroline De Haas et Rokhaya Diallo, elle est victime d'un entartage, commis, précisément, par des militantes féministes[9].

En paraît son premier essai Adieu mademoiselle : La Défaite des femmes aux éditions du Cerf[10]. Elle y dénonce certains travers du féminisme et se dit elle-même « pro-vie », « antilibérale », mais refuse l'étiquette de « réac »[11]. Elle croit à la notion d'« héritage » mais pas à celle de « progrès ». L'essayiste royaliste Gérard Leclerc écrit sur cet essai dans la revue Royaliste : « surtout dialectiquement ciselé, très informé et portant le fer au cœur même d’un des débats les plus cruciaux de l’époque[12]. » Ses opposants lui reprochent d'avoir écrit un « livre entier sur le féminisme en occultant spectaculairement les violences sexuelles sauf pour parler de Cologne et stigmatiser les musulmans »[1].

En septembre 2016, elle tient une chronique dans le magazine AcTualiTy, sur France 2. Elle quitte toutefois l'émission dès le mois suivant[2],[13]. Depuis la rentrée 2016, elle tient une chronique dans l'émission Historiquement show, sur la chaîne Histoire dirigée par Patrick Buisson. Elle participe au Club de la Presse sur Europe 1 depuis janvier 2017.

Points de vue[modifier | modifier le code]

Sans être ouvertement affiliée à un parti politique[14], Eugénie Bastié est proche de La Manif pour tous (notamment Les Veilleurs) et révéla avoir voté pour Nicolas Dupont-Aignan au premier tour de l'élection présidentielle française de 2012[1]. Selon Terrafemina, elle se définit elle-même comme « en croisade contre le monde moderne », « anti-capitalisme, anti-libéralisme, anti-avortement, anti-mariage gay, et bien sûr, anti-féministe »[14]. Elle se déclare en réalité « alterféministe »[15]. Elle revendique comme mentors Élisabeth Lévy et Natacha Polony[16], mais de nombreux analystes la comparent volontiers à Éric Zemmour[2],[4],[17].

Opposée à l'avortement, Eugénie Bastié n'est toutefois pas opposée à sa légalisation. Elle estime d'autre part qu'en France des femmes sont « poussées à avorter » sans autre solution[2]. Elle refuse de se dire féministe : « Non, car pour moi le féminisme est une idéologie. On peut très bien être sensible à la condition des femmes et vouloir qu’elles soient épanouies sans être féministe, c’est-à-dire adhérer à une lecture du monde inventée par Simone de Beauvoir qui consiste à percevoir les relations entre hommes et femmes sous le prisme d’une domination qui dure depuis des siècles. C’est une vision quasi-complotiste du monde et même si j’entends sa critique, je n’y adhère pas[18]. »

Elle affirme, en 2017, que l’écart salarial entre les hommes et les femmes s'explique par « la maternité et le fait que les femmes s’arrêtent parce qu’elles ont des enfants et du coup, sont moins performantes au travail ». Et dans un même entretien, elle regrette que la vie professionnelle des femmes soit autant valorisée, et la vie de famille jugée comme dégradante, confortant son opposition à tout mouvement féministe[19].

Le , dans Le Supplément de Canal+, en réponse à Ali Baddou — lui demandant si elle pourrait voter pour Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2017 —, elle déclare « refuse[r] d'exclure ni d'adouber quiconque »[17],[20].

Denis Souchon, d'Acrimed, la décrit comme une éditocrate et un phénomène médiatique français[21].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Conférences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Johanna Luyssen, « Eugénie Bastié, déjà croisée » sur Libération, 18 mai 2016.
  2. a, b, c et d Audrey Kucinskas « Qui est Eugénie Bastié, la chroniqueuse déjà comparée à Eric Zemmour ? », L'Express, 3 septembre 2016.
  3. a, b et c Nolwenn Le Blevennec, « FigaroVox : rech. jeune plume qui vomit son époque », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  4. a, b et c Meddy Mensah, « Qui est Eugénie Bastié, la "fille spirituelle" d'Eric Zemmour ? » sur planet.fr, 29 avril 2016.
  5. Fiche sur Eugénie Bastié sur Causeur, consulté le 20 mai 2016.
  6. Fiche sur Eugénie Bastié sur Le Figaro, consulté le 20 mai 2016.
  7. Henri de Begard, « Eugénie Bastié : "Faites des enfants, pas des courses !" » sur lerougeetlenoir.org, 4 septembre 2015.
  8. Bernadette Sauvaget, «Limite», des réacs en vert et contre tous, sur Libération.fr,
  9. [vidéo] Flashtalk, « Le féminisme : Un gros mot ? Avec R.Diallo, Caroline De Haas, E.Bastié » sur YouTube, 3 décembre 2015.
  10. Présentation de Adieu mademoiselle sur le site des Éditions du Cerf, consulté le 20 mai 2016.
  11. Sirine Azouaoui, « Qui est Eugénie Bastié, le nouveau visage de la droite réac ? » sur Les Inrocks, 18 avril 2016.
  12. « La défaite des femmes » [PDF], article de Gérard Leclerc paru dans Royaliste page 9, 18 juin 2016.
  13. « Eugénie Bastié : souriez, votre redevance subventionne la nouvelle it girl d'extrême droite », sur brain-magazine.fr, .
  14. a et b « Eugénie Bastié : qui est cette anti-féministe qui fait tant parler d'elle? », sur TerraFemina.com.
  15. Daoud Boughezala, « Osez l’alterféminisme! », Causeur,‎ (lire en ligne).
  16. Théo Chapuis, « Eugénie Bastié, une jeune réac' dans le vent en access prime time sur France 2 », sur konbini.com.
  17. a et b Catherine Delvaux, « La petite Zemmour, mais en pire », qui est donc Eugénie Bastié ? », sur 7sur7.be, .
  18. http://www.lesinrocks.com/2016/10/01/actualite/feminisme-selon-eugenie-bastie-11868573/.
  19. Pour Eugénie Bastié : « Les femmes sont moins performantes »au travail ChEEk magazine 8 mars 2017.
  20. « Émission », sur canalplus.fr.
  21. « Je suis jeune, je suis une fille, je sais que je suis bankable ».

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :