David Rachline

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rachline.
 Ne doit pas être confondu avec David Rochline.
David Rachline
David Rachline en 2015.
David Rachline en 2015.
Fonctions
Sénateur du Var
En fonction depuis le
(2 ans 7 mois et 22 jours)
Élection 28 septembre 2014
Groupe politique RASNAG
Prédécesseur François Trucy
Maire de Fréjus
En fonction depuis le
(3 ans 1 mois et 18 jours)
Élection 30 mars 2014
Prédécesseur Élie Brun
Conseiller régional de Provence-
Alpes-Côte d'Azur

(4 ans 6 mois et 10 jours)
Élection 21 mars 2010
Président Michel Vauzelle
Biographie
Date de naissance (29 ans)
Lieu de naissance Saint-Raphaël (Var, France)
Nationalité Française
Parti politique FN (depuis 2002)
Site web davidrachline.fr

David Rachline, né le à Saint-Raphaël, est un homme politique français.

Membre du Front national depuis ses 15 ans, il est élu en 2014 maire de Fréjus, puis sénateur du Var. Alors âgé de 26 ans, il devient le benjamin du Sénat et une figure symbolique de la percée du FN aux élections municipales et sénatoriales de 2014.

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

David Rachline est le fils du militant socialiste Serge Rachline[1], dont les grands-parents juifs ont migré en France depuis l'Ukraine[2], et de Dominique Vandra[3]. David Rachline revendique sa non-judéité « selon les codes », expliquant ne pas être circoncis, ne pas avoir eu de Bar Mitzvah, son père étant quant à lui « juif non pratiquant »[1]. Il se définit comme un « agnostique qui cherche »[4]. Il est en couple avec une ex-employée d'une entreprise agricole[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il explique s'être « intéress[é] de près à l'action politique et militante », puis avoir adhéré au FN après avoir été « scandalisé [des] persécutions politiques, judiciaires et financières » ayant touché Catherine Mégret lorsqu'elle mit en place, en tant que maire de Vitrolles, une allocation de naissance d'un montant de 5 000 F (762 €) pour les enfants de parents français ou ressortissants de l'Union européenne, mesure qu'il soutenait en 2008[6]. Il adhère au Front national en 2002, à l'âge de 15 ans, « extrêmement motivé du fait de l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle »[7]. Titulaire d’un baccalauréat professionnel « comptabilité »[7], il abandonne ses études de droit[8] à dix-huit ans pour se consacrer au parti[9], en particulier pour relancer l'appareil frontiste dans l’est du Var[7].

Il accède à la présidence de la section varoise du Front national de la jeunesse (FNJ) en 2006[7] et participe activement à la dernière campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, en 2007[9] — il est alors président des « Jeunes avec Le Pen »[7]. Il est également candidat suppléant aux législatives et élu au comité central du FN en 2007[7].

En 2008, il prend la tête du FNJ au niveau national, puis devient le conseiller Web de Marine Le Pen[9].

En 2008, il est élu conseiller municipal de Fréjus[10]. Deux ans plus tard, il devient conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, élu sur la liste conduite par Jean-Marie Le Pen. En 2011, il est battu de peu dans le canton de Fréjus, mais réalise l'un des meilleurs scores du parti au niveau national : 48,50 % des voix contre le candidat UMP Élie Brun[11].

Mediapart indique qu'il est « parmi les soutiens les plus actifs » de Marine Le Pen lors de son accession à la présidence du FN[7]. Lors de l'élection présidentielle de 2012, il est coordinateur de la campagne web de celle-ci[7] et salarié de l'entreprise Riwal de Frédéric Chatillon[12].

Maire de Fréjus[modifier | modifier le code]

Article connexe : Mosquée de Fréjus.

En 2014, David Rachline est tête de liste Front national lors des élections municipales à Fréjus. Au premier tour, il remporte 40,30 % des voix devant les listes de droite de Philippe Mougin (18,85 %) et d'Élie Brun (17,60 %), ainsi que devant la liste socialiste d'Elsa Di Meo (15,58 %). Au second tour, sa liste l'emporte avec 45,55 % des suffrages, devant celles de Philippe Mougin (30,43 %) et d'Élie Brun (24,01 %). Sa mère est aussi conseillère municipale de Fréjus[3]. Fréjus devient alors la ville la plus peuplée dirigée par un membre du FN[13].

Après s'être opposé au projet de mosquée de Fréjus lorsqu'il était dans l'opposition au conseil municipal, et avoir fait de ce dossier l'un de ses principaux thèmes de campagne, il prend un arrêté suspendant le chantier une fois élu[14]. Cet arrêté est suspendu en urgence par le tribunal administratif[14]. Les travaux sont achevés en juin 2015[14]. Malgré l'avis favorable de la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité, David Rachline refuse de donner l’autorisation d’ouvrir le bâtiment[14]. Le 17 septembre 2015, le tribunal administratif de Toulon ordonne l'ouverture exceptionnelle du bâtiment pour l'Aïd al-Adha[14]. David Rachline organise alors un rassemblement « contre la mosquée illégale » et « une justice à double vitesse », ainsi qu'un référendum sur la question : « Voulez-vous d'une mosquée à Fréjus ? »[14]. Selon lui, cette mosquée serait entachée d'« illégalités en matière d'urbanisme et de sécurité »[14]. Il réfute toute « provocation » et stigmatisation des musulmans[14].

Le 9 novembre 2015, le juge des référés du Conseil d'État estime que le refus d'autoriser l'ouverture du bâtiment constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte et à la liberté d’expression[15]. Le 3 décembre 2015, la municipalité est condamnée à verser 6 500 euros à l’association El-Fath, gestionnaire du projet, qui n’a toujours pas pu ouvrir sa salle de prière[16]. Le 19 janvier 2016, le Conseil d'État ordonne au préfet du Var d'autoriser l’ouverture de la mosquée alors que ce dernier l'avait refusée après une demande de l'association El-Fath[16].

D'après le journaliste à Libération Dominique Albertini, « c’est à [la] pression [de Pierre Sautarel, responsable du site François Desouche] que l’on attribue la croisade du maire FN de Fréjus, David Rachline, contre l’ouverture d’une mosquée dans sa ville – alors que celui-ci semblait avoir renoncé à s’y opposer »[17].

Sénateur du Var[modifier | modifier le code]

À 26 ans, élu dans le Var à l'occasion des élections sénatoriales de 2014, il devient le plus jeune sénateur de l'histoire de la Cinquième République et l'un des deux premiers sénateurs FN[18]. Dans la foulée, il renonce à ses fonctions de conseiller régional[19].

Élection présidentielle de 2017[modifier | modifier le code]

Il est le directeur de campagne de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2017[20].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Au sein du FN, il ne s'inscrit dans aucun clan et présente un profil consensuel[7]. Il est proche de la « GUD connection », un groupe d’anciens militants du Groupe union défense (GUD) qui ont créé un réseau de sociétés travaillant pour le Front national et qui conseillent Marine Le Pen[7].

En 2006, dans le contexte du mouvement contre le contrat première embauche, il crée « Force étudiante », un syndicat national « de riposte » à « l’activisme de l’extrême gauche syndicale » et aux blocages des établissements scolaires ; il soutient à la fois les opposants à la loi et les opposants aux manifestations[7]. En 2016, il s'oppose à la fois au projet de loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, qui selon lui « va faire énormément de mal aux plus fragiles de nos compatriotes, va faciliter la vie aux très grandes entreprises », et aux manifestations contre cette loi, en dénonçant les syndicats « qui bloquent honteusement notre pays »[7]. Dans le cadre des débats au Sénat sur le projet de loi, en juin 2016, il dépose des amendements jugés trop libéraux et favorables aux entreprises par Marine Le Pen, qui lui demande de les retirer et d'appeler au retrait de la loi[21],[7].

De sensibilité nationaliste révolutionnaire et très influencé par l'extrême droite italienne, il fait un passage à Égalité et Réconciliation, le mouvement fondé et présidé par Alain Soral[22], qu'il invite d'ailleurs à le soutenir lors des élections cantonales de 2008 à Fréjus et à y tenir une conférence[23]. Il quitte Égalité et Réconciliation en 2009[12]. En 2014, il déclare à ce sujet : « Je n’ai strictement aucun rapport avec Alain Soral depuis qu’il a quitté le FN. J’étais proche de lui parce qu’il était membre du Front national. Mon unique corpus est celui du parti[23]. »

Mediapart relève en 2016 qu'« au Sénat, où il est élu depuis deux ans, l’islam est [...] au cœur de ses interventions, même si c’est à la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable qu’il siège »[7].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Le , le parquet de Bobigny ouvre à son encontre et à celle de Steeve Briois une information judiciaire pour avoir partagé en octobre 2016 sur sa page Facebook un message incitant à la violence à l'encontre du maire de Sevran Stéphane Gatignon[24].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans la bande dessinée d'anticipation de François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, où Marine Le Pen gagne l’élection présidentielle de 2017, David Rachline devient ministre de la Santé et des Sports[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nolwenn Le Blevennec, « David Rachline du FN : « Je ne suis pas juif selon les codes », sur Le Nouvel Observateur, .
  2. « David Rachline, un jeune loup du FN au discours policé », france3-regions.francetvinfo.fr, 30 mars 2014.
  3. a et b Nicolas Barriquand, « Fréjus : Rachline, grand manitou du laboratoire FN », sur L'Express, .
  4. Charlotte Rotman, « David Rachline, graine de FN », Libération,
  5. Mariana Grépinet, « Les révélations de la campagne », Paris Match, semaine du 20 au 26 avril 2017, pages 32-33.
  6. Nicolas Barriquand, « Municipales à Fréjus : quand le FN Rachline prônait la prime de naissance des Mégret », L'Express, 27 mars 2014.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Marine Turchi, « David Rachline, une victoire pour la «GUD connection» », sur Mediapart, .
  8. Camille Polloni, « David Rachline, le FN génération Marine » sur Les Inrockuptibles, 26 octobre 2009.
  9. a, b et c « David Rachline, le jeune qui monte au Front », europe1.fr, 30 mars 2014.
  10. Résultats des élections municipales 2008
  11. Résultats des élections cantonales 2011
  12. a et b 5 choses à savoir sur David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen L'Obs, 17 septembre 2016
  13. Marine Turchi, « Dans les villes FN, les relations tumultueuses avec la presse locale », sur Mediapart, .
  14. a, b, c, d, e, f, g et h Marine Turchi, « En pleine fête de l'Aïd, des maires FN multiplient les provocations », sur www.mediapart.fr, Mediapart, .
  15. Louise Fessard, « A Draguignan, le procureur requiert la démolition de la mosquée de Fréjus », sur Mediapart, .
  16. a et b « Le préfet du Var sommé d’ouvrir la mosquée de Fréjus malgré l’opposition du maire FN », sur Le Monde, .
  17. Marine Turchi et Dominique Albertini, « Comment le FN et ses alliés occupent le terrain numérique », sur Mediapart, (consulté le 3 octobre 2016).
  18. « David Rachline (FN), plus jeune sénateur de la Ve République », France 3 Côte d'Azur, 28 septembre 2014.
  19. Abel Mestre, « Sénatoriales : le FN a ratissé bien au-delà de ses grands électeurs », Le Monde, 29 septembre 2014.
  20. Thomas Legrand, « La droite à front renversé », franceinter.fr, 13 septembre 2016.
  21. Voir sur marianne.net.
  22. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Qui va diriger le FNJ ? », Droite(s) extrême(s), 19 janvier 2011.
  23. a et b Nolwenn Le Blevennec, « Municipales : un ancien proche d’Alain Soral peut remporter Fréjus », Rue89, 24 février 2014.
  24. « Steeve Briois et David Rachline visés par une information judiciaire pour propos haineux  », sur L'Obs (consulté le 28 avril 2017)
  25. François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, Les Arènes, 2015, page 55.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]